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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 14:57

EXCELLENT ARTICLE qui explique bien ce qu'il adviendrait si les Etats-Unis déclenchaient une guerre nucléaire contre la Russie. Tous les êtres vivants mourraient, et pas seulement les Humains. C'est dire l'Inconséquence des militaires et va-t-en-guerre étatsuniens qui ne cessent leurs provocations en Syrie, sans réfléchir un seul instant au désastre planétaire qui pourrait anéantir toute vie.

 

« Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait »

Des experts du nucléaire abordent les dangers d'une guerre entre les États-Unis et la Russie

Par Bryan Dyne et Barry Grey

Depuis la frappe de missiles du 6 avril par l’administration Trump contre une base aérienne syrienne, les tensions entre les États-Unis et les puissances européennes et la Russie sont à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Dans leur rhétorique, les États-Unis et leurs alliés cherchent surtout à défendre l'attaque non provoquée, tandis que la Russie répond en augmentant son appui militaire pour le régime de Bashar al-Assad.

La plus récente escalade de ces tensions est le largage d’une bombe à effet de souffle d'artillerie lourde (MOAB) GBU-43/B par l’armée américaine en Afghanistan. Une MOAB est une bombe de 10 tonnes, la plus puissante arme non nucléaire dans l’arsenal de l’armée américaine. Elle n’avait jamais encore été utilisée au combat.

Bien que la cible officielle soit un complexe de grottes et de tunnels de l’État islamique dans la province de Nangarhar, le réel objectif était de démontrer à l’Iran, la Russie, la Syrie, la Corée du Nord, la Chine et à toutes autres nations qui se mettent dans le chemin des intérêts mondiaux de l’impérialisme américain qu’il n'y a aucune limite à la violence que l’armée américaine est prête à infliger à ceux qu’elle considère comme ses ennemis.

Ce qui est frappant à propos de la couverture médiatique de la crise géopolitique actuelle est l'absence de discussion, que ça soit de la part du New York Times, du Washington Post, de Fox News, de MSNBC ou CNN, des conséquences d’un échange nucléaire. La prochaine étape après une MOAB est une ogive thermonucléaire tactique de faible puissance, une arme dont le pouvoir de destruction est bien plus grand. Néanmoins, personne dans les médias corporatifs n’a demandé: qu’arriverait-il si de telles armes étaient utilisées en Syrie, en Iran ou en Corée du Nord ou encore contre la Russie ou la Chine ?

Cela soulève deux autres questions: la situation actuelle est-elle proche d'un conflit direct et d'une escalade militaire entre les États-Unis et la Russie qui mèneraient à une guerre nucléaire ? Combien de personnes mourraient dans un tel conflit ?

Pour faire la lumière sur ces questions, le World Socialist Web Site s'est entretenu séparément avec deux experts sur les dangers d’une guerre nucléaire, Steven Starr et Greg Mello.

Steven Starr est scientifique principal à Physicians for Social Responsibility (Médecins pour la responsabilité sociale) et associé de la Nuclear Age Peace Foundation (Fondation pour la paix à l’ère nucléaire). Ses articles sur les dangers environnementaux d’une guerre nucléaire ont été publiés dans le Bulletin of Atomic Scientists et dans la publication du Centre pour le contrôle des armes, l'énergie et les études environnementales de l'Institut de physique et de technologie de Moscou.

World Socialist Web Site: Selon vous, combien grand est le risque d’un conflit militaire entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie ou avec la Chine sur la Corée du Nord?

Steven Starr: Je crois qu’il y a un très grand danger que cela se produise. Les Russes sont alliés avec [le président syrien Bashar al-]Assad et font reculer l'ÉI. Ils ont repris Alep et cela a rendu les médias et l’establishment politique hystériques, puisque ce n’est pas de cette façon qu’ils voulaient que la guerre finisse. Trump a fait campagne pour une détente avec la Russie, pour une politique non interventionniste. Lorsque [le secrétaire d’État Rex] Tillerson était en Turquie, il a dit qu’Assad pouvait rester. Mais cinq jours plus tard, les États-Unis lançaient des missiles de croisière sur la Syrie.

En raison de l’attaque de 59 missiles des États-Unis contre une base aérienne syrienne, nous avons essentiellement détruit les relations avec la Russie. Nous avons franchi le Rubicon. La Russie a suspendu le protocole de sécurité aérienne qui fournissait des canaux de communication visant à prévenir des contacts dangereux entre les aéronefs américains et russes. Cela donnera le droit à la Russie et à la Syrie de choisir de tirer ou non sur les avions américains. Les Russes ont déjà l’espace aérien syrien et ils ont mentionné qu’ils allaient augmenter la capacité de la défense aérienne syrienne. Qu’arrivera-t-il quand les avions américains vont se faire abattre par les Russes ?

WSWS: Une chose qui vaut la peine d’être mise en contraste est les reportages faux et complètement malhonnêtes des grands médias et l’ampleur des conséquences des politiques qui sont mises en oeuvre. Cela est déjà grave de diffuser de la propagande au nom de l’establishment politique américain, mais lorsqu'il est question d'une politique qui entraînera la destruction de la planète, cela prend une toute nouvelle dimension.

SS: D'après ce que je vois, les « nouvelles » internationales publiées par les journaux d’importance sont en grande partie devenues de la propagande, particulièrement après les événements en Ukraine et en Crimée en 2014. Bien qu’on s’attende toujours à un biais dans les reportages de chaque pays, les médias occidentaux ne semblent plus contraints par le besoin de fournir des faits pour appuyer leurs arguments et allégations. Il n’y a eu aucune investigation à propos de l’attaque chimique en Syrie; Trump a lancé la frappe de missiles avant qu'une quelconque enquête puisse être menée.

La CIA est profondément impliquée dans ce processus. Il n’y a que six mégasociétés qui possèdent 90% des médias américains et occidentaux, et ils ne publient aucune histoire qui serait contraire à la ligne de parti officielle de Washington. La censure par omission où aucune dissidence n'est permise est la caractéristique centrale de ce qu’on entend aujourd’hui. L’usage de « sources officielles » sans preuve concrète crée un faux récit qui est utilisé pour appuyer les actions de l’armée américaine.

Ainsi, il y a un silence total dans les médias à propos des conséquences possibles d’une guerre avec la Russie. Quand avez-vous entendu des médias traditionnels parler des conséquences d’une guerre nucléaire avec la Russie ?

WSWS: Qu’arriverait-il s’il y avait une autre attaque des États-Unis sur la Syrie, peut-être suivant une autre attaque fabriquée à l’arme chimique ?

SS: La situation pourrait s’intensifier très rapidement, particulièrement depuis que les relations entre les États-Unis et Moscou se sont détériorées jusqu’à leur pire état dans l’histoire. J'ai lu dans un article qu’il y a des plans pour déployer 150.000 soldats américains en Syrie. Étant donné qu’il y a des troupes russes et iraniennes en Syrie (à la demande du gouvernement syrien), cela serait une décision incroyablement stupide pour les États-Unis d’envoyer des forces militaires d’envergure en Syrie. Cela serait très difficile d’éviter la troisième guerre mondiale.

Si les États-Unis et la Russie entrent dans un conflit militaire direct, éventuellement un côté ou l’autre commencera à perdre. Alors, soit il admet sa défaite, soit il intensifie la situation. Et quand ceci arrive, la possibilité d’utiliser l'arme atomique devient plus grande. Dès que les bombes nucléaires commenceront à être lancées, l’escalade à grande échelle d’une guerre nucléaire pourrait avoir lieu très rapidement.

WSWS: À quel point cela serait-il catastrophique ?

SS: Les États-Unis et la Russie ont chacun environ 1000 armes nucléaires stratégiques d’au moins 100 kilotonnes, toutes prêtes à être lancées dans l’espace de 2 à 15 minutes. Puisque cela prend environ 9 minutes à un missile d’un sous-marin américain pour frapper Moscou, cela veut dire que le gouvernement russe pourrait riposter. Et ceux-ci ne sont que les missiles qui sont prêts à être lancés immédiatement.

Les États-Unis et la Russie ont 3500 armes nucléaires stratégiques opérationnelles et déployées (chacune avec une puissance explosive minimale de 100.000 tonnes de TNT) qu’ils peuvent faire exploser en moins d’une heure. Ils ont 4600 autres armes nucléaires en réserve, prêtes à être utilisées. Il y a environ 300 villes aux États-Unis et 200 villes en Russie avec une population supérieure à 100.000 personnes. Étant donnée la quantité d’armes nucléaires, la plupart des grandes villes risquent fort d'être touchées.

Probablement que 30% de la population américaine et russe périraient dans la première heure. Quelques semaines après l’attaque, les retombées radioactives tueraient un autre 50% ou plus.

L’hiver nucléaire, l’une des conséquences environnementales à long terme d’une guerre nucléaire, entraînerait probablement la famine et la mort pour la plupart des gens sur la planète en l’espace de quelques années d’une guerre nucléaire d’envergure par les États-Unis et la Russie. La couche de fumée stratosphérique mondiale produite par l'incinération nucléaire empêcherait la plupart des rayons du soleil d’atteindre la surface de la Terre, produisant les conditions météorologiques d'une ère glaciaire qui durerait au moins 10 ans.

Une autre conséquence rarement discutée d’une guerre nucléaire est une impulsion électromagnétique en haute altitude, ou IEM. L'explosion d’une arme nucléaire considérable à haute altitude (150 à 300 km d’altitude) produira une énorme impulsion d’énergie électrique qui détruira les circuits électroniques sur une zone de dizaines de milliers de kilomètres carrés sous l’explosion. Une seule détonation au-dessus de la côte Est américaine détruirait le réseau et causerait la fusion du cœur de toutes les centrales nucléaires touchées par l’IEM. Imaginez 60 Fukushima arrivant en même temps aux États-Unis.

Greg Mello est secrétaire et directeur général du Groupe d’étude de Los Alamos, une organisation qui a fait des recherches sur les dangers d’une guerre nucléaire et qui prône le désarmement depuis 1989. Ses recherches et analyses ont été publiées dans le New York Times, le Washington Post, le Bulletin of Atomic Scientists et dans Issues in Science and Technology.

WSWS: Quel rôle ont joué les démocrates dans les tensions accrues entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie ?

Gregg Mello: Aussi récemment qu’en 2013, lorsqu’il y a eu une fausse attaque à l’arme chimique en Syrie, je ne crois pas que les démocrates appuyaient autant la guerre qu'ils le font aujourd’hui. Mais maintenant, en raison de la candidature d’Hillary Clinton, l’attisement des tensions avec la Russie et l’hyperbole néo-maccarthyste ont vraiment augmenté, marginalisant même ceux à l’intérieur du parti qui osent exprimer le moindre scepticisme à propos de l’histoire officielle, comme la membre du Congrès Tulsi Gabbard. Et c’est une personne qui est allée en Syrie pour découvrir ce qui se passait réellement. Elle a découvert que la majorité des gens en Syrie veulent que les États-Unis arrêtent de financer les rebelles et qu’ils sont satisfaits avec les efforts du gouvernement Assad pour chasser Al-Qaïda et l’ÉI. Mais elle se fait réduire au silence.

WSWS: Pourriez-vous nous parler des intérêts corporatifs en jeu ?

GM: Cinquante-neuf missiles de croisière coûtent beaucoup d’argent. Chaque missile utilisé coûte, je suppose, entre 1 et 1,6 million $, donc la frappe au total a coûté entre 60 et 100 millions de dollars. Ceci n’inclut pas les coûts de déploiement des navires et d’autres éléments qui composent une frappe. C’est probablement le double, si vous incluez ces éléments. En termes des missiles, s’ils sont remplacés, ceci est un revenu pour n’importe quelle compagnie qui les remplace.

Les compagnies reçoivent également de la publicité gratuite de telles frappes. J’ai vu le vidéo de la part de Brian Williams de MSNBC, qui a louangé les missiles utilisant les paroles de Leonard Cohen, « Je suis guidé par la beauté de nos armes » (I’m guided by the beauty of our weapons). Ceci est un clip publicitaire inestimable, surtout lorsque les mêmes images et vidéos des missiles sont aux bulletins télévisés et partout sur le NET. Je suis persuadé que leurs valeurs boursières ont, littéralement et figurativement, explosé.

Mais ce ne sont que des broutilles comparées aux très grosses sommes qui proviennent des tensions continues avec la Russie et le besoin du gouvernement américain de dominer le monde. Nous ne parlons pas de millions de dollars, mais des milliards; vraiment, des billions. Pour maintenir l’idée que nous devrions être dans toutes les parties du monde, les États-Unis dépensent sur toutes les composantes de la défense nationale environ un billion par année. Donc, cela augmente vraiment rapidement.

Et l’armée américaine vient de recevoir une augmentation à son budget de base qui est comparable au budget de défense entier de la Russie. Aux États-Unis, nous dépensons plus d’argent sur l’armée que tous nos adversaires potentiels combinés. C’est là que se trouve l'argent.

On pousse NATO à acheter l’équipement militaire de point, compatible avec le nôtre. Toutes ces ventes d’armes avec nos propres achats nationaux valent des billions. C’est ce que ces frappes cherchent à maintenir. Un modèle de dépenses militaires à une échelle colossale.

Cela va de pair avec les questions géopolitiques que vous avez mentionnées.

WSWS: Pourriez-vous parler davantage des questions géopolitiques ?

GM: Trump a dit qu’il n'irait pas en Syrie, mais il n’y a aucune politique cohérente là-dessus. Supposons qu’il y ait une autre frappe, est-ce que cela impliquera la Russie ? Est-ce que cela tuera des Russes ? Qu’est-ce que Poutine ou tout autre dirigeant russe sentira le besoin de faire alors ?

Stephen Cohen, professeur émérite en études russes à l’Université de Princeton et l'Université de New York, a noté que le premier ministre russe Dmitri Medvedev a qualifié les relations américano-russes de « ruinées ». Et Medvedev n’est pas un partisan de la ligne dure contre l’Occident. Pour qu'il dise ça, vous pouvez juste imaginer ce que les généraux et les autres qui ont des positions plus radicales murmurent dans l’autre oreille de Poutine.

Si nous faisons une autre frappe, soit avec un avion américain ou un de la « coalition », il pourrait facilement être abattu par les armes antiaériennes de pointe qu’ont déployées la Syrie et la Russie. Cela provoquerait un tollé dans l’establishment politique américain pour en faire plus, pour doubler la mise sur notre erreur. Finalement, c’est difficile de voir comment une campagne aérienne pourrait avoir un effet décisif sur la guerre en Syrie sans créer un risque extrême d’escalade entre les États-Unis et la Russie.

En termes géopolitiques, la situation en Syrie a tellement évolué vers le maintien d'Assad au pouvoir et le recul des terroristes qu’une attaque américaine sur la Syrie serait inefficace, ou bien endommagerait considérablement les intérêts russes, humilierait la Russie et tuerait ses soldats ainsi que ceux d’Assad. Cela ferait pencher la balance vers une Troisième Guerre mondiale.

L’idée que l’empoisonnement à Khan Sheikhoun ait été causé par des armes chimiques ou des précurseurs relâchés par une attaque conventionnelle contre un entrepôt ou un atelier d’armes d’Al-Qaïda, soit le rapport qui a été produit par le gouvernement russe, fait le plus de sens étant donné tout ce que l’on sait. La notion qu’Assad ou certains éléments rebelles dans son armée ont largué des armes chimiques sur leur propre peuple, au moment où Assad gagnait militairement et politiquement, est ridicule.

Maintenant nous voyons que les États-Unis ne veulent pas que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques mène une enquête sur l’attaque. Vraiment ?

L’OIAC est la police du monde pour les armes chimiques, une entité que les États-Unis ont aidé à créer. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 pour avoir vérifié que toutes les armes chimiques en Syrie avaient été détruites. Elle les a détruites sur un navire américain. Dans ce cas et dans tous les autres, l’OIAC étudierait soigneusement dans un laboratoire agréé les preuves amassées dans la chaîne de possession. Toutes ces mesures sont essentielles lorsqu'il est question de guerre et de paix. On collecterait les preuves de la même façon que dans le cas d'un meurtre très médiatisé.

Ceci n’est pas arrivé dans la plus récente attaque à l’arme chimique; et les États-Unis ne veulent pas que cela se produise. Au lieu de cela, les États-Unis ont récemment publié un communiqué des « faits », un bout de papier rédigé supposément par toutes les 17 agences de renseignement, mais sans en-tête ou signature, qui utilise des termes ambigus comme « nous sommes confiants ». Rien n'indique quelle agence a signé ni quelles preuves ont été réellement fournies. En plus, une attaque comme celle-ci prend quelques semaines à investiguer, pas quelques jours.

Tout ceci arrive parce que la Syrie est l’un des plus importants carrefours entre les hydrocarbures du Moyen-Orient et les consommateurs européens. Si vous voulez avoir du pétrole et du gaz naturel du Qatar jusqu’en Europe sans passer par l’Iran, vous devez avoir des oléoducs qui passent par la Syrie. Ceci est particulièrement important si vous ne voulez pas que l’Europe soit dépendante du gaz naturel russe, si vous voulez prévenir l’Allemagne et la Russie et le reste de l’Asie d'être encore plus intégrés économiquement. Le gouvernement américain ne veut pas que l’Europe soit dépendante des hydrocarbures fournis par la Russie ou l’Iran.

Donc, réellement, la Syrie est une guerre par procuration entre les États-Unis et les autres puissances régionales – l’Iran allié avec la Russie – pour le contrôle sur le gaz et le pétrole qui va vers l'Europe. De plus, Israël veut le contrôle du plateau du Golan afin de pouvoir forer dans cette région.

Il faut aussi considérer que la production pétrolière chinoise semble avoir plafonné. L’exportation nette de pétrole dans le monde, qui est le pétrole qui peut être acheté sur le marché international, commence très tranquillement à diminuer.

Puisqu’un baril de pétrole produira plus de valeurs dans des pays comme la Chine et l’Inde, car les travailleurs sont payés beaucoup moins, la Chine peut toujours surenchérir sur les États-Unis et l’Europe pour le pétrole. Considérant le libre marché, ils le feront. Avec ce problème, les pays producteurs de pétrole utilisent eux-mêmes plus de pétrole avec l'augmentation de leur population et de leur économie, ce qui produira inévitablement une crise dans l’accessibilité et la disponibilité du pétrole. Cette crise éclatera dans les années 2020 et cela implique un potentiel conflit entre les grandes puissances pour ces ressources.

Ce n'était pas comme ça durant la guerre froide parce que les États-Unis et la Russie, ainsi que nos alliés, avaient assez de ressources. Mais maintenant, le pétrole bon marché s’écoule et il n’y a pas de remplaçant abordable. Le risque d'un conflit, incluant un conflit entre les grandes puissances nucléaires, augmente.

WSWS: Combien de personnes perdraient la vie durant la première journée d’une telle guerre?

GM: À première vue, dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait. Quelques personnes dans l’hémisphère sud pourraient survivre, mais probablement même pas.

Même seulement quelques armes nucléaires pourraient mettre fin au gouvernement et à l’économie américaine. Cela ne prendrait pas grand-chose pour détruire la chaîne d’approvisionnement « juste à temps », les marchés financiers et l’Internet. Le système entier est très fragile, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Même dans une guerre nucléaire en quelque sorte limitée, disons une guerre où seuls les silos et les bases aériennes ICBM étaient ciblés, il y aurait tellement de retombées des champs d’ICBM à eux seuls que la majeure partie du Midwest serait rasée, incluant des villes comme Chicago.

Et il y a ensuite le problème des centrales nucléaires dans lesquelles sont entreposées, dans les piscines de stockage du combustible irradié et leurs zones d’entreposage, de très grandes concentrations de radioactivité. Si leur approvisionnement en électricité est interrompu, ces centrales risquent fort de prendre feu et de voir leur cœur entrer en fusion, comme nous l’avons vu à Fukushima.

Comprenez bien qu’une guerre nucléaire n’est pas une ou deux bombes de l'ampleur de celle d’Hiroshima. On ne peut pas imaginer la guerre nucléaire. Une guerre nucléaire veut dire un hiver nucléaire. Cela veut dire l’effondrement des systèmes administratifs très fragiles au niveau électrique, financier et gouvernemental qui garde tout le monde en vie. Nous serions chanceux de recommencer au début du 19e siècle. Et si suffisamment d'armes explosent, la disparition de la couche d’ozone voudrait dire que toute forme de vie ayant des yeux pourrait être aveuglée. Les effets combinés d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie voudraient dire qu'essentiellement tous les mammifères terrestres et de nombreuses plantes disparaîtraient. Il y aurait une extinction dramatique dans le monde biologique.

Je crois que de nombreuses sections de l’armée américaine n'y comprennent rien. J’ai parlé à des gens du Conseil de sécurité nationale et ils pensent que la Russie va reculer. Je les ai suppliés, il y a environ 18 mois, d’emmener quelques diplomates vétérans de l’ère de la guerre froide de l’école réaliste, des gens comme l’ancien ambassadeur en Russie Jack Matlock, qui avait été nommé par Ronald Reagan, de tenter de les convaincre que la Russie ne fera pas simplement ce que l’on veut, qu’elle a également ses propres intérêts légitimes que nous ferions mieux de comprendre et de prendre en considération.

WSWS: Comment pensez-vous que l'on doive aborder le problème de la guerre nucléaire ?

Je dirais que les efforts pour diminuer les inégalités dans le monde sont au cœur de la gestion de la menace de guerre nucléaire. Nous devons nous débarrasser de l'influence du complexe militaire, industriel et financier. Si tant de pouvoir est concentré entre si peu de mains, et que les inégalités sont si élevées, les gens au pouvoir sont aveuglés par leur position. Ils sont isolés des problèmes de la société. De telles inégalités économiques et surtout politiques – mènent à une certaine stupidité politique. Cela pourrait causer notre destruction. Les masses ignorantes ne sont pas le problème. C’est l’ignorance et l’arrogance de ceux au sommet. C'est toujours ça le problème.

SOURCES : https://www.wsws.org/fr/articles/2017/avr2017/nucl-a28.shtml

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 04:19
Escalade nucléaire en Europe : la bombe B61-12 est testée

Article intéressant de Manlio Dinucci qui montre, si besoin est, que les Etats-Unis sont en train de préparer une GUERRE NUCLEAIRE CONTRE LA RUSSIE. Nous savons qu'il y a déjà des bombes US stockées dans divers pays européens, comme l'Allemagne, Hollande, mais ils ont l'intention d'y rajouter leurs nouvelles bombes qui seront fabriquées d'ici 2020. Les pays frontaliers de la Russie étant également mis à contribution, on s'en doute. Déjà, en 2014, ils ont entraîné des pilotes polonais sur des chasseurs-bombardiers F-16C/D dans un exercice OTAN de GUERRE NUCLEAIRE, et selon "toute probabilité les B61-12 seront déployées aussi en Pologne et dans d’autres pays de l’Est. Des chasseurs F-16 et autres avions Otan à double capacité conventionnelle et nucléaire sont déployés, par roulement, dans les républiques baltes au bord de la Russie."

Voilà des lustres que les Psychopathes Américains accusent la Russie de tous les maux dans le SEUL BUT de DECLARER une guerre contre ce pays. Nous pouvons remonter très loin dans le temps pour constater ce fait. Le "Communisme" était un PRETEXTE, au même titre que la GUERRE FROIDE que ces malades mentaux ont sciemment instaurée pour GELER toutes les relations avec l'Union Soviétique. Maintenant, depuis plusieurs mois, nous avons droit à l'INGERENCE RUSSE dans les Elections Américaines qui n'est qu'une ACCUSATION SANS PREUVE pour, encore et toujours OSTRACISER le Président Russe... dont le SEUL TORT, à leurs yeux, est d'être INTERVENU en Syrie pour éviter qu'elle ne devienne comme la Libye et que Bachar Al-Assad ne finisse comme Kadhafi ou Saddam Hussein. Mais retenons surtout que l'INTERVENTION du Président Poutine avait pour BUT de LUTTER ACTIVEMENT CONTRE LES EGORGEURS protégés et armés par les USA et leurs satellites, dont la France. Voilà une chose que ces fous ont en travers de la gorge. Un Prétexte de plus pour TOUJOURS PROVOQUER LES RUSSES et EVITER qu'ils n'entretiennent de bons liens avec l'Administration Trump. Toutes les dernières chasses aux sorcières contre le Président Américain en sont la preuve vivante... et c'est sans doute pour cette raison qu'ils vont TOUT FAIRE POUR LE DESTITUER... il faut s'y attendre.

 

Escalade nucléaire en Europe : la bombe B61-12 est testée

par Manlio Dinucci

 

Les États-Unis viennent de tester chez eux les composantes non-nucléaires de la super-bombe atomique B61-12. Celle-ci peut donc désormais être fabriquée en série. Au sein de l’Union européenne, prétendument facteur de paix, elle équipera l’armée de l’Air italienne, en violation à la fois du Traité de non-prolifération nucléaire et de la Constitution italienne.

Les réflecteurs politico-médiatiques, pointés sur l’escalade nucléaire dans la péninsule coréenne, laissent dans l’ombre celle qui est en train de se préparer dans la péninsule italienne. L’Air Force Nuclear Weapons Center communique le 13 avril 2017 que, dans le polygone de Nellis au Nevada, « un chasseur F-16 de l’U.S. Air Force a largué une bombe nucléaire B61-12 inerte, démontrant la capacité de l’avion d’utiliser cette arme et testant le fonctionnement des composants non-nucléaires de la bombe, y compris l’armement et activation du système de contrôle, le radar altimétrique, les moteurs des fusées de rotation et l’ordinateur de contrôle ».

Cela indique que la B61-12, la nouvelle bombe nucléaire états-unienne destinée à remplacer la B61 stockée en Italie et dans d’autres pays européens, est désormais dans la phase d’ingéniérisation qui prépare la production en série. Les nombreux composants de la B61-12 sont projetés et testés dans les laboratoires nationaux de Los Alamos et Albuquerque (Nouveau Mexique), de Livermore (Californie), et produits dans une série de sites au Missouri, Texas, Caroline du sud, Tennessee. S’ajoutent à ceux-ci la section de queue pour le guidage de précision, fournie par Boeing.

La B61-12 n’est pas une simple mise à jour de la version précédente, mais une nouvelle arme : elle a une tête nucléaire à quatre options de puissance sélectionnables en fonction de l’objectif à frapper ; un système de guidage qui permet de la larguer non pas à la verticale, mais à distance de l’objectif ; la capacité de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement dans une première frappe nucléaire.

Le test confirme que la nouvelle bombe nucléaire peut être larguée par des chasseurs F-16 (modèle C/D) de la 31st Fighter Wing, l’escadrille de chasseurs-bombardiers US basée à Aviano (Pordenone), prête à l’attaque actuellement avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fas, la Fédération des scientifiques américains). La B61-12, spécifie le communiqué, peut être larguée aussi par des chasseurs-bombardiers Tornado PA-200, comme ceux du 6ème Escadron de l’Aéronautique italienne basés à Ghedi (Brescia), prêts à l’attaque nucléaire actuellement avec 20 bombes B61. En attendant qu’arrivent aussi à l’aéronautique italienne les chasseurs F-35 dans lesquels, annonce l’U.S. Air Force, « sera intégrée la B61-12 ».

Que des pilotes italiens soient entraînés à l’attaque nucléaire sous commandement US —écrit la Fas [1]— est démontré par la présence à Ghedi du 704th Munitions Support Squadron, une des quatre unités de l’U.S. Air Force déployées dans les bases européennes (outre l’Italie, en Allemagne, Belgique et Hollande) « où les armes nucléaires US sont destinées au lancement par des avions du pays hôte ». Les pilotes des quatre pays européens et de Turquie sont entraînés à l’utilisation des B-61, et maintenant des B61-12, dans le Steadfast Noon, l’exercice annuel Otan de guerre nucléaire. En 2013 il s’est déroulé à Aviano, en 2014 à Ghedi.

Selon le programme, les B61-12, dont le coût est prévu de 8 à 10 milliards de dollars pour 480 bombes, commenceront à être fabriquées en série en 2020. Dès lors elles remplaceront les B-61 en Italie et dans les autres pays européens. Des photos satellite, diffusées par la Fas, montrent que dans les bases d’Aviano et Ghedi, et dans les autres en Europe et Turquie, des modifications ont déjà été effectuées dans cet objectif. On ne sait pas combien de B61-12 sont destinées à l’Italie, mais il n’est pas exclu, étant donné la croissante tension avec la Russie, que leur nombre soit plus grand que celui des actuelles B61. Il n’est pas exclu non plus que, en plus d’Aviano et Ghedi, elles se trouvent déployées dans d’autres bases, type celle de Camp Darby où sont stockées les bombes de l’U.S. Air Force.

Le fait que, à l’exercice Otan de guerre nucléaire qui s’est déroulé à Ghedi en 2014, aient pris part aussi pour la première fois des pilotes polonais avec des chasseurs-bombardiers F-16C/D, indique que selon toute probabilité les B61-12 seront déployées aussi en Pologne et dans d’autres pays de l’Est. Des chasseurs F-16 et autres avions Otan à double capacité conventionnelle et nucléaire sont déployés, par roulement, dans les républiques baltes au bord de la Russie.

Une fois initié en 2020 (mais sans exclure avant aussi) le déploiement en Europe de la B61-12, définie par le Pentagone comme « élément fondamental de la triade nucléaire USA » (terrestre, navale et aérienne), l’Italie, officiellement pays non-nucléaire, se trouvera transformée en première ligne d’une encore plus dangereuse confrontation entre USA/Otan et Russie. Le général James Cartwright lui-même, ancien chef du Commandement stratégique des Etats-Unis, prévient que « des armes nucléaires comme les B61-12 de plus petite puissance (entre 0,3 et 50 kilotonnes) et plus précises augmentent la tentation de les utiliser, et même de les utiliser en premier plutôt qu’en représailles ». Dans ce cas il est certain que l’Italie serait la première cible de l’inévitable représaille nucléaire.

[1] “Status of World Nuclear Forces”, Hans M. Kristensen and Robert S. Norris, Federation of American Scientists.

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

http://www.voltairenet.org/article196050.html

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Published by Sarah Markus - dans Encerclement de la Russie
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 06:02

Article de Richard Parry...

L’hystérie qui entoure le RussiaGate a pris de l’ampleur après que le président Trump a renvoyé le directeur du FBI, Comey, mais la grande question est de savoir si un « coup d’État en douce » est en train de se dérouler ou pas aux États-Unis, rapporte Robert Parry.

Où est Stanley Kubrick quand on a besoin de lui ? S’il n’était pas mort en 1999, il serait un parfait réalisateur pour transformer l’hystérie contemporaine à propos de la Russie en un théâtre de l’absurde reprenant son classique de la guerre froide, Dr Strangelove – Dr Folamour –, une satire très moqueuse sur la folie du nucléaire et la non moins folle idéologie qui la sous tend.

Pour alimenter mon point de vue, le Washington Post a publié jeudi une longue histoire intitulée « Attention, un russe dans la Maison Blanche », article portant sur un photographe russe autorisé à entrer dans le bureau ovale pour photographier la réunion entre le président Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le Post a cité les plaintes d’anciens responsables du renseignement américains qui ont présenté la présence du photographe russe comme « une éventuelle violation du système de sécurité » en raison du « danger qu’un dispositif d’écoute ou tout autre équipement de surveillance ait pu être amené dans le bureau ovale, caché dans les appareils photos ou un autre appareil électronique ».

Pour accentuer plus encore la tension, le Washington Post a cité un commentaire Twitter du dernier directeur adjoint du président Obama, David S. Cohen, déclarant « Non, ce n’était pas » une bonne décision d’admettre le photographe russe qui travaille également pour l’agence de presse russe Tass, celle qui a publié la fameuse photo.
On imagine très bien Boris et Natacha [affublés, comme par hasard, de prénoms russes, NdT], les méchants espions du dessin animé Bullwinkle, déguisés en photographes et glissant des micros entre les coussins des canapés.

Ou on entend très bien comment les Russes menacent de nouveau « de souiller tous nos fluides corporels précieux », comme le Dr. Folamour, le général Jack D. Ripper, nous en prévenait dans le film de 1964.

Revoir cette brillante tragi-comédie pourrait être une bonne idée pour nous rappeler comment les Américains peuvent devenir fous quand ils sont inondés de propagande anti russe, comme c’est de nouveau le cas maintenant.

Abattre Trump

Je me suis rendu compte que beaucoup de démocrates, de libéraux et de progressistes détestent tellement Donald Trump qu’ils pensent que tous les prétextes sont bons pour le faire tomber, même si cela profite aux néoconservateurs et autres va-t-en-guerre. Beaucoup de ceux qui détestent Trump considèrent le RussiaGate comme le moyen le plus susceptible d’arriver à destituer Trump, donc cette fin souhaitable justifie, pour eux, tous les moyens.

Certaines personnes m’ont même dit qu’elles pensaient vraiment qu’il incombait aux médias de masse, aux forces de l’ordre, aux renseignements, et aux membres du Congrès de s’engager dans un « coup en douce » contre Trump, également connu sous le nom de « coup constitutionnel » ou « coup par l’État profond », tout ceci pour le « bien du pays ».

L’argument est qu’il incombe parfois à ces institutions de « corriger » une erreur commise par les électeurs américains, dans notre cas, l’élection d’un individu largement non qualifié en tant que président du pays. Certains militants anti Trump considèrent qu’il est de la responsabilité des journalistes « responsables », des fonctionnaires du gouvernement et d’autres personnes de jouer ce rôle de « gardien », de ne pas simplement « résister » à Trump [ou juste le surveiller, NdT], mais de carrément le destituer.

Il y a des contre-arguments évidents à ce point de vue, en particulier qu’il transforme la démocratie américaine en une caricature d’elle-même. Il impose également aux journalistes de violer la responsabilité éthique qui leur demande de faire des rapports objectifs, de ne pas prendre parti dans les disputes politiques.

Mais le New York Times et le Washington Post, en particulier, ont clairement indiqué qu’ils considèrent Trump comme un danger visible et immédiat pour le système américain et ont donc mis de coté toute obligation de neutralité.

Le Times justifie son hostilité ouverte envers le président par l’alibi qu’il est de son devoir de protéger « la vérité »; le Washington Post a adopté un slogan visant Trump, « La démocratie se meurt dans l’obscurité ». En d’autres termes, les deux journaux politiques états-uniens les plus influents poussent effectivement à un « coup en douce » sous le prétexte de défendre la « démocratie » et la « vérité ».

Mais le problème évident avec ce « coup en douce » est que le processus démocratique états-unien, aussi imparfait qu’il l’a été et l’est encore, a maintenu l’unité de ce pays diversifié depuis 1788, à l’exception notable de la guerre civile.

Si les Américains pensent que les élites de Washington cherchent à faire tomber un président élu – même un clown comme Donald Trump – cela pourrait déchirer le tissu de l’unité nationale, qui subit déjà une tension extraordinaire due au clivage politique.

Cela signifie que ce « coup en douce » doit prendre l’apparence d’une enquête sérieuse sur quelque chose de grave pour justifier la destitution du président, celle ci pouvant être accompli par le Congrès, sa démission forcée ou l’application du vingt cinquième amendement qui permet au vice-président et à la majorité du Cabinet ministériel de juger un président comme étant incapable d’assumer ses fonctions (bien que cela puisse exiger les deux tiers des voix des deux chambres du Congrès si le président combat la manœuvre).

Un gros « scandale »

C’est là que le RussiaGate entre en scène. L’allégation vaseuse selon laquelle Trump et/ou ses conseillers étaient en une sorte de collusion avec les responsables du renseignement russe pour biaiser les élections présidentielles de 2016, fournirait probablement une accusation suffisamment extrême pour justifier la destitution d’un président.

Et, compte tenu de la détermination de nombreux personnages clés de l’establishment pour se débarrasser de Trump, il n’est pas surprenant que personne ne se soucie du fait qu’aucune preuve réelle et certifiée n’ait été révélée publiquement pour étayer les allégations du RussiaGate.

Il n’existe même pas de preuves publiques données par les agences gouvernementales américaines selon lesquelles la Russie s’est « mêlée » des élections de 2016 ou – même si la Russie a transmis les courriels du parti Démocrate à WikiLeaks – il n’y a aucune preuve que la magouille résulterait d’une collusion avec Trump ou son équipe de campagne.

Le FBI enquête sur ces soupçons depuis au moins neuf mois, s’assurant même un mandat contre Carter Page dans le cadre de la loi sur la Surveillance des renseignements étrangers, un Américain que Trump a brièvement employé comme conseiller en matière de politique étrangère, lorsqu’il était critiqué pour n’avoir aucun conseiller dans ce domaine.

L’une des infractions présumées de Page est d’avoir prononcé un discours, dans le cadre d’une conférence académique à Moscou en juillet 2016, qui était légèrement critique à l’égard de la manière dont les États-Unis traitaient des pays de l’ex-Union soviétique. Il a également vécu en Russie et a rencontré un diplomate russe qui – sans que Page ne le sache – avait été identifié par le gouvernement américain comme un agent des renseignements russes.

Il semble que ce soit suffisant, en ces jours de nouveau McCarthysme, pour qu’un américain fasse l’objet d’une puissante enquête de contre renseignement.

Le FBI et le ministère de la Justice auraient également inclus dans le cadre de l’enquête du RussiaGate, la stupide plaisanterie faite par Trump pendant sa campagne, demandant aux Russes d’aider à trouver les dizaines de milliers de courriels qu’Hillary Clinton a effacés du serveur qu’elle utilisait en tant que secrétaire d’État.

Le 27 juillet 2016, Trump a déclaré en plaisantant : « Je vais vous dire, Russie : si vous écoutez, j’espère que vous pourrez trouver les 30 000 courriels manquants. »

Le commentaire correspond bien au sens de l’humour noir, provocateur et souvent de mauvais goût de Trump, mais a été saisi au passage par les démocrates comme s’il s’agissait d’une suggestion sérieuse – comme si quelqu’un utiliserait une conférence de presse pour exhorter sérieusement à quelque chose comme ça. Mais il semble que le FBI en soit au point de saisir tout grain qui puisse alimenter son moulin.

Le Guardian a rapporté cette semaine que « les responsables du Department Of Justice [DoJ] ont refusé de publier les documents [au sujet du commentaire de Trump] au motif que cette divulgation pourrait ‘interférer avec l’enquête’ ». Dans une déposition à la cour fédérale de Washington DC, le DoJ déclare qu’«en raison de l’existence d’une enquête active et en cours, le FBI prévoit qu’il … gardera tous les enregistrements sous clé».

« La déclaration suggère que le commentaire provocateur de Trump de juillet dernier est considéré par le FBI comme pertinent pour sa propre enquête en cours. »

Les accusations du New York Times

Vendredi, dans la foulée du renvoi du directeur du FBI, James Comey, par Trump et de la remarque faite par le Président disant que le RussiaGate est « un vrai canular », le New York Times a réédité ce qu’il appelle «la connexion Trump-Russie» dans un éditorial de première page pour essayer de mettre quelques flammes derrière l’écran de fumée.

Bien que le Times reconnaisse qu’il y a « beaucoup d’inconnues » dans le RussiaGate et qu’il semble ne pas avoir trouvé la moindre preuve de collusion, ce journal considère néanmoins qu’un grand nombre de conseillers de Trump et de membres de sa famille sont des traîtres parce qu’ils ont eu quelques relations avec des responsables russes, des entreprises russes ou des partenaires russes.

A propos de Carter Page, le Times écrit : « Les responsables américains pensent que M. Page, conseiller en politique étrangère, a eu des contacts avec des responsables du renseignement russe durant la campagne. Il a également prononcé un discours pro-russe à Moscou en juillet 2016. M. Page était auparavant employé par le bureau Merrill Lynch de Moscou, où il a travaillé avec Gazprom, une énorme entreprise publique. »

Vous voudrez peut-être laisser tomber certains de ces mots, en particulier la partie sur Page « tenant un discours pro-russe à Moscou », qui a été cité comme l’une des principales raisons pour lesquelles Page et ses communications ont été ciblées en vertu d’un mandat FISA.

J’ai pris la peine de lire le discours de Page et l’appeler « pro-russe » est une exagération énorme. Il s’agissait d’un exposé largement académique qui critiquait le traitement par l’Occident, après la guerre froide, des nations formant l’ancienne Union soviétique, et qui disait que la course effrénée vers un système libéral a entraîné des conséquences négatives, comme la propagation de la corruption.

Et même si le discours était « pro-Russie », The New York Times ne respecte-t-il pas la notion profonde de liberté d’expression américaine ? Apparemment non. Si vos mots soigneusement choisis peuvent être déformés en quelque chose de « pro-Russie », le Timessemble penser qu’il est normal que l’Agence nationale de sécurité [la NSA] espionne vos téléphones et lise vos courriels.

Le cas ukrainien

Une autre cible du Times est le conseiller politique vétéran, Paul Manafort, accusé de travailler comme « consultant pour un parti politique pro-russe en Ukraine et pour l’ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui était soutenu par le Kremlin».

Ce que le Times oublie, c’est que ce parti politique ukrainien, qui avait un fort soutien des Ukrainiens d’ethnie russe, et pas seulement de la Russie, a participé à un processus démocratique et que Ianoukovitch a remporté une élection reconnue par les observateurs internationaux comme libre et équitable.

Ianoukovitch a ensuite été évincé en février 2014 par un violent putsch qui a été soutenu par la secrétaire d’État états-unienne, Victoria Nuland, et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt. Le putsch, qui a été exécuté par des nationalistes de droite et même des néonazis, a provoqué la guerre civile ukrainienne et la sécession de la Crimée, des événements clés dans l’escalade de la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui, entre l’OTAN et la Russie.

Même si je ne suis pas fan des mercenaires politiques américains vendant leurs services pour des élections étrangères, il n’y avait rien d’illégal ou même d’inhabituel à ce que Manafort conseille un parti politique ukrainien. Ce qui, sans doute, était beaucoup plus offensant, était le soutien des États-Unis à ce coup d’État anticonstitutionnel qui a renversé Ianoukovitch, même après qu’il avait accepté un plan européen pour les élections anticipées qui permettait de le renvoyer de la présidence de façon pacifique.

Mais le Times, le Post et pratiquement tous les médias traditionnels occidentaux ont soutenu les putschistes ukrainiens et ont applaudi au renversement de Ianoukovitch. Cette attitude est devenue un tel préjugé collectif que le Times a même banni l’idée qu’il y aurait eu un coup d’État.

Pourtant, le plus grand problème politique auquel sont confrontés les États-Unis est que les néoconservateurs et leurs partenaires juniors, les libéraux interventionnistes, contrôlent maintenant presque tous les leviers de la politique étrangère américaine. Cela signifie qu’ils peuvent essentiellement dicter comment les événements mondiaux seront perçus par la plupart des Américains.

Les néocons et les faucons libéraux veulent également poursuivre leurs guerres ouvertes au Moyen-Orient en organisant l’engagement d’autres forces militaires américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie – et peut-être même ouvrir une nouvelle confrontation avec l’Iran.

Dès le début du deuxième mandat d’Obama, il est apparu clairement aux néocons que la Russie devenait le principal obstacle à leurs plans parce que le président Barack Obama travaillait en étroite collaboration avec le président Vladimir Poutine sur une variété de projets qui ont sapé les espoirs de guerre totale des néocons.

En particulier, Poutine a aidé Obama à obtenir un accord pour que la Syrie abandonne ses stocks d’armes chimiques en 2013 et faire en sorte que l’Iran accepte des contraintes sévères à son programme nucléaire en 2014. Dans les deux cas, les néocons et leurs acolytes libéraux voulaient la guerre.

Immédiatement après l’accord sur les armes chimiques de Syrie, en septembre 2013, les néoconservateurs américains ont commencé à se concentrer sur l’Ukraine, que le président de la Fondation nationale pour la démocratie, Carl Gershman, considère comme« le grand prix » et un premier pas vers l’éviction de Poutine.

Gershman, de la NED [National Endowment for Democracy] a intensifié ses opérations en Ukraine, tandis que la secrétaire adjointe Nuland, la femme de l’archi néocon Robert Kagan, a commencé à faire pression pour un changement de régime à Kiev (avec d’autres néocons, y compris le sénateur John McCain).

Le coup d’État de l’Ukraine en 2014 a enfoncé un coin géopolitique entre Obama et Poutine, puisque le président russe ne pouvait pas ne rien faire alors qu’un régime fortement anti-russe prenait violemment le pouvoir en Ukraine, pays qui est le chemin habituel utilisé pour les invasions de la Russie et qui, en plus, abrite la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol en Crimée.

Plutôt que de défendre la précieuse coopération fournie par Poutine, Obama est entré dans le flot politique et s’est joint au Russia-bashing tandis que les néocons levaient leurs armes et mettaient Poutine dans le viseur.

Un obstacle inattendu

Puis, pour les néo-conservateurs, 2016 fut l’année de l’attente enthousiaste d’une présidence d’Hillary Clinton afin de donner plus d’élan à cette coûteuse nouvelle guerre froide. Mais Trump, qui avait plaidé pour une nouvelle détente avec la Russie, a réussi à remporter la victoire au Collège électoral.

Trump aurait peut être pu dissoudre une partie de l’hostilité à son égard, mais sa personnalité narcissique l’a empêché de tendre un rameau d’olivier aux dizaines de millions d’Américains qui se sont opposés à lui. Il a en outre démontré son incompétence politique en gaspillant ses premiers jours à la présidence à faire des déclarations ridicules au sujet de la taille de la foule à son inauguration et à contester le fait qu’il avait perdu le vote populaire.

Le large dégoût public provoqué par son comportement a contribué à pousser de nombreux Américains à « résister » à sa présidence, à toutes les occasions et à tout prix.

Cependant, en plus des risques pour la stabilité américaine d’un « coup en douce » perpétré par l’establishment, il y a le danger supplémentaire de provoquer des tensions si élevées avec la Russie, une puissance nucléaire, que cette poussée prenne forme d’elle-même, avec sans doute beaucoup, beaucoup de morts en conséquence.

C’est pourquoi l’Amérique pourrait maintenant avoir besoin d’une satire grinçante de cette russophobie contemporaine ou au moins une réédition du classique de la guerre froide, « Dr. Folamour », sous-titré « Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe ».

Sources :

http://www.mondialisation.ca/le-russiagate-un-coup-detat-en-douce/5590810

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Published by Sarah Markus - dans POUTINE TRUMP
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 07:11

Un article de 1999 pour montrer l'Etat de la Russie avant que Vladimir Poutine ne parvienne au pouvoir. Le Maître du Kremlin étant voué aux gémonies par les dirigeants occidentaux et Américains. Il serait un Dictateur. Son Peuple vivrait dans une Misère  noire. Il n'y aurait pas de "démocratie" en Russie. On en passe et des meilleures...

 

Le problème des pseudos-élu qui règnent sur nos peuples, c'est qu'ils ont la mémoire courte, surtout lorsqu'ils se sont conduits de façon criminelle. Nous sommes obligés de nous coltiner leurs leçons de morale qui se résument à ceci : Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. En bons Pharisiens qu'ils sont...

 

Que les Etats-Unis veulent s'ériger en bel exemple de "démocratie", voilà qui est très surprenant. Ils ont perpétré tellement de crimes, depuis des décennies, que la liste de leurs méfaits et de leurs atrocités est infinie.

 

En remontant loin dans le temps, on pourrait leur rappeler le Génocide des Indiens... y rajouter l'Esclavagisme des Africains dont les descendants peuplent encore l'Amérique. Rien qu'avec ces DEUX CRIMES CONTRE L'HUMANITE, qui sont à la base même de la fondation de leur pays, les dirigeants Américains n'ont aucune leçon à donner à quiconque... ensuite, il y a tout le reste...   On pourrait leur parler de leurs honteux bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. Ont-ils hésité à larguer leurs bombes atomiques sur un Peuple entier ? Que faut-il être, déjà, pour se livrer à pareille ignominie ? Mais ce n'est pas tout...  Nous ne ferons pas la liste de tous les dictateurs qu'ils ont installé en Amérique du Sud, Pinochet à lui seul est tout un symbole... en remplacement de Salvador Allende dont  le seul tort fut d'avoir voulu nationaliser des éléments clefs de l'économie de son pays, notamment les mines de cuivre. ou en Iran, avec leur marionnette le Shah Reza Pahlavi qu'ils ont assis sur le trône après que la CIA ait fomenté un coup d'état envers Mohommad Mossadegh dont le grand tort fut d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Nous voyons là comment fonctionne leur "démocratie"... assurément, le mot "liberté" est sans doute réservé à l'Elite étatsunienne, mais qu'en est-il pour les Peuples du monde entier et pour leurs propres citoyens ? Faut-il avoir le regard biaisé et l'Esprit très très mal tourné pour se vouloir un exemple après tant d'atrocités...

Et nous ne pouvons pas oublier, bien entendu, toutes les guerres qu'ils ont mené dans les dernières décennies, toujours au nom de la "démocratie"... la ruine de l'Afghanistan, la destruction de l'Irak avec plus d'un million de morts... que font-ils au Pakistan avec leurs drones ? Qu'ont-ils fait en Libye ? Qu'ont-ils voulu perpétrer en Syrie ? Pour ce dernier pays, si Vladimir Poutine n'était pas intervenu avec opiniâtreté, nous assisterions au même spectacle de désolation et de chaos que pour tous les Etats souverains où leurs armées ont posé le pied. Les ramener à "l'Âge de pierre", voilà leur Oeuvre. Aussi, que les Etats-Unis et leur satellite ne viennent pas nous donner de leçon de morale. Ni à l'Europe, ni à la Russie. Que reprochent-ils à Poutine ?

D'avoir redressé son pays, ruiné par leurs agents du capitalisme et les oligarques corrompus à leur solde ? De ne pas vouloir se laisser imposer leurs diktats ? Comme, par exemple, le fameux bouclier anti-missiles dont le seul but est d'ENCERCLER LA RUSSIE ? Vladimir Poutine a raison. Il est à la tête d'un pays qu'il a rendu puissant. Il tient à protéger sa Nation et son Peuple. Ce qui n'est pas le cas ni des dirigeants Américains, ni des Européens. Acculer leurs peuples à la misère, c'est tout ce qu'ils savent faire. Mais comme cela ne suffit pas, il faut également qu'ils ruinent les peuples des autres pays dans des guerres incessantes. Il y en a plus qu'assez de tels comportements ! Assez de les voir s'immiscer partout. Qu'ils se mêlent donc de leurs oignons et qu'ils foutent la paix aux autres... pour commencer.

Donc, dans l'article ci-dessous, vous constaterez dans quel état se trouvait la Russie lorsque Vladimir Poutine est parvenu au pouvoir. Nul doute qu'il était bien conscient de la Désolation et de la Cause de cette ruine. Il ne s'est pas contenté de se pavaner en prononçant de beaux discours trompeurs comme les Occidentaux... il a agi. Et aucun Russe ne vous dira que la situation est pire aujourd'hui qu'il y a 25 ans. C'est certain. On ne peut pas dire la même chose de la France, ni de l'Amérique. La situation est même exactement à l'inverse. Si la misère à nettement diminué en Russie, elle a très nettement augmenté chez nous... et des millions de personnes sont à la rue aux Etats-Unis. Voilà le constat.     

 

 

Huit ans après les réformes capitalistes : une crise sociale en Russie «sans parallèle»

 

Par Patrick Richter
Le 2 février 1999

 

La crise d'août dernier a porté le coup de grâce aux dernières illusions que les réformes capitalistes imposées en Russie revitaliseraient à un certain moment l'économie et le niveau de vie de la population. La situation sociale a plutôt empiré de façon dramatique.

Un gouvernement Eltsine désespéré avait eu recours de plus en plus au crédit pour chercher à concilier les intérêts des gens ordinaires, du capital international et de l'oligarchie financière (les nouveaux riches de Russie qui contrôlent le gros du capital financier). Mais la pyramide de dettes s'est effondrée comme un château de cartes le 17 août. En quelques jours, le rouble perdait deux tiers de sa valeur, et des milliards de dollars en capital international fuyaient le pays.

Depuis la dissolution de l'Union soviétique, les réformes appliquées par le gouvernement ont causé une chute de près de 50 pourcent de l'économie russe. Le niveau de vie de la majorité de la population a subi un recul considérable. L'espérance de vie pour les hommes est tombée à 55 ans, jetant la Russie plus bas qu'au centième rang parmi les nations du monde. La période de «réformes» a été ponctuée d'actes de désespoir, de mouvements de protestation et de grèves permanentes.

Les rêves d'enrichissement étaient surtout entretenus au sein des nouvelles classes moyennes. Concentrées à Moscou et à Pétrograde, et composées d'employés de banque, de petits commerçants et de spéculateurs, elles étaient considérés comme les piliers du nouvel ordre et comme de véritables pionniers. Lorsque l'économie a connu pour la première fois en 1997 une croissance de 0,5 pourcent avec une inflation de moins de 20 pourcent, c'était vu comme le signe annonciateur d'une période de prospérité.

La crise d'août a vite dissipé de tels espoirs. Rien qu'à Moscou, entre 200 000 et 400 000 personnes ont depuis perdu leurs emplois. La plupart travaillaient dans le secteur bancaire, le commerce ou une des nombreuses branches de la nouvelle industrie des services. Seule une petite minorité a une chance de pouvoir se replacer ailleurs. Les autres devront se débrouiller dans le milieu du travail informel et d'occupations à temps partiel. Depuis le début de 1998, le nombre de banques est passé de 1700 à 1476. Un autre contingent de 700 est menacé de faillite imminente. Les agences de voyage, les compagnies privées de construction, les bureaux d'avocats et de conseillers financiers, qui ont tous des liens étroits avec les banques, sont aussi dans le trou.

Le pouvoir d'achat a chuté avec la dévaluation du rouble. Avant la crise, un dollar valait 6,10 roubles. Le taux de change est maintenant de 21 roubles pour un dollar. Les prix des produits importés sont montés en flèche. Le pourcentage de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté est passé de 8 à 30 pourcent. Le salaire mensuel moyen de $120 est tombé à $42; la pension de $54 à $18. Sans compter ceux qui passent des mois sans recevoir leurs chèques de paye ou de pension. Les professeurs reçoivent $30 à Moscou, beaucoup moins dans les provinces.

Les perspectives sont tout aussi noires pour les régions qui dépendent du budget de l'état. Des zones entières telles que Kamchatka, l'extrême-orient de la Russie ou des parties de la Sibérie n'ont pas assez de nourriture et de moyens de chauffage cet hiver. Dans de nombreux villages, le chauffage et l'électricité ont été coupés à cause de l'état lamentable des installations ou l'épuisement total des matériaux de chauffage.

La crise dans les services de santé s'est aussi intensifiée. Dans le budget de 1999, qui comprend les pires coupures des 10 dernières années dans le budget de la santé, 10 pourcent de moins est prévu pour le réseau de la santé par rapport à l'année précédente. Le pourcentage du budget annuel alloué à la santé, soit à peine 2,3 pourcent, est de loin le plus bas dans toute l'Europe. Par comparaison, il est de 14 pourcent aux États-Unis.

Depuis la fin de 1998, les salaires dûs au personnel médical totalisent plus de 4 milliards de roubles (environ $180 millions), et les arriérés de salaires sont de six ou huit mois. Depuis le mois d'août, plus d'une douzaine de cliniques à Moscou refusent les nouveaux patients de plus de 65 ans, à cause du manque de fonds.

La Russie dépend maintenant à 60 pourcent de médicaments venus de l'extérieur, après la destruction d'une bonne partie de son «inefficace» industrie pharmaceutique par les réformateurs. Ces derniers ont agi sous la pression des grosses compagnies étrangères qui ont pris contrôle du réseau de distribution afin de vendre leurs propres produits. Depuis la dévaluation, les prix des médicaments ont quadruplé en moyenne.

L'état n'est plus capable de payer les coûteux médicaments importés, y compris l'insuline et les médicaments pour le coeur. «Les trois quarts des médicaments nécessaires devront à l'avenir être achetés par les patients eux-mêmes», a fait savoir le ministre de la santé Starodubov. Mais qui peut se permettre de telles dépenses? Rien qu'à Moscou, 1,5 million de personnes âgées ou malades chroniques dépendent de médicaments fournis gratuitement.

Ceux qui souffrent du diabète doivent débourser en moyenne $40 par mois pour l'insuline qui, en roubles d'aujourd'hui, coûte trois fois plus cher. La Russie ne produit pas elle-même de l'insuline et ses réserves couvrent à peine deux mois. Il faudrait deux cents millions de dollars rien que pour équiper le pays d'une réserve d'insuline d'un an.

L'appauvrissement de la population a entraîné une rapide propagation de maladies sociales comme la dépendance à la drogue, l'alcoolisme, le sida et la tuberculose. Le nombre de tuberculeux a doublé au cours des cinq dernières années et la maladie frappe aujourd'hui 73 habitants sur 100 000. Selon les standards internationaux, un taux de 50 sur 100 000 est assez pour constituer une épidémie. Dans les prisons et les camps de punition, un prisonnier sur dix est atteint de la maladie.

En 1998, 365 000 personnes ont contracté la syphilis et 10 000 ont été contaminés par le virus du sida. Selon les estimations, d'ici l'an 2000 près de 800 000 personnes seront atteintes de maladies sexuellement transmissibles. En tout, 40 pourcent de la population montre des signes d'affaiblissement du système immunitaire. Un habitant sur deux boit de l'eau qui ne satisfait pas aux normes internationales. Plus de 11 millions de personnes, ou 7 pourcent de la population, sont considérés invalides. De ce nombre, un sur six est âgé de moins de 45 ans.

Entre-temps la crise sociale assume des formes inconnues depuis le temps de la Deuxième guerre mondiale. Même l'un des plus avides promoteurs des réformes capitalistes, le professeur Richard Pipes de Harvard, admet que «la situation est sans parallèle».

La crise asiatique, combinée à la chute du prix des matières premières dont dépend tellement l'économie russe, rend de plus en plus inévitable une confrontation ouverte avec de larges couches de la population. Yegor Yavlinsky, président du Parti Libéral Yabloko, a décrit en termes clairs ce que signifierait aujourd'hui la poursuite des réformes économiques libérales: une réduction drastique des taxes sur les employeurs, la réduction du budget de l'état à un minimum, et la fermeture de toutes les usines restantes jugées «inefficaces». De telles mesures ne peuvent vraiment pas être imposées sous le sceau de la «démocratie».

Dans ce contexte, des forces nationalistes et chauvines lèvent la tête. Tant le Parti communiste que Yuri Lushkov, maire de Moscou et fondateur du parti «Mère-patrie», jouent la carte nationale. Les slogans anti-américains et anti-sémites ont depuis quelque temps servi de thème à une telle campagne. Ces forces cherchent ainsi, de façon similaire à la campagne nationaliste de Lukashenko dans la Russie blanche, à défendre les intérêts de la bourgeoisie locale, qui est elle-même touchée par la crise.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RUSSIE AVANT POUTINE
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 06:38

Encore un article ancien pour démontrer que la pseudo révolution ukrainienne de 2004 avait été financée par des organisations américaines, canadiennes et européennes. Déjà, à l'époque, il s'agissait de déboulonner Ianoukovitch... comme quoi l'histoire se répète dix ans après...

La première question à se poser est : que foutent les Etats-Unis en Europe ? De quoi se mêlent-ils ?

Il est clair et net que tant que ce Système de déstabilisation des pays dans le monde entier, par les USA et consort, ne vise qu'à placer à la tête des nations des marionnettes qui participeront au pillage des Etats et à la ruine des Peuples, nous ne vivrons jamais en paix.  

En aucune façon, nous ne voyons la Russie se livrer à de telles pratiques. Il est à noter que les déstabilisateurs en 2004 sont les mêmes qui ont voulu mettre à bas Hugo Chavez.

Le chaos que l'on voit aujourd'hui en Ukraine est du même ressort. En pire. Car cette fois, ils ont porté au sommet des forces néo-nazies capables du pire envers les populations russophones notamment... nous y reviendrons...


 

La création de l'opposition «démocratique» en Ukraine

 

par Justus Leicht
Le 2 décembre 2004

 

 

Si l'on devait croire les médias occidentaux, on conclurait que le mouvement d'opposition ukrainienne s'est développé de façon indépendante en tant que résultat d'un mouvement populaire spontané pour la liberté et la démocratie contre un régime corrompu. En vérité, la couverture des événements récents par les médias a été caractérisée par une absence de journalisme critique. Pratiquement aucune agence médiatique ne s'est donné la peine de faire enquête sur les créateurs des soi-disant «mouvements pour la démocratie» ou sur la nature de leur programme politique.

Les forces dirigeantes du mouvement d'opposition, elles, ne cachent pas qui les appuient. Toute l'information est sur leurs sites Internet.

On se rend vite compte, en considérant les organisations qui y participent, que le mouvement n'est pas né spontanément. Un réseau de droitistes néo-libéraux, établi en grande partie par des organisations américaines a exploité l'insatisfaction généralisée envers le régime autoritaire du président Leonid Kuchma pour mettre en oeuvre un plan préparé longtemps à l'avance. Le but était de placer plus fermement l'Ukraine sous le contrôle des États-Unis et d'ouvrir davantage le pays au capital international.

Le groupe d'opposition le plus actif est le réseau Pora («Le temps est venu»). Il consiste surtout d'un groupe d'étudiants universitaires et a une influence considérable dans l'organisation de manifestations, de concerts de rock et d'autres événements contre le camp du gouvernement et de son candidat présidentiel, Viktor Yanukovich.

Le réseau Pora se décrit comme étant né de la décision de la «Coalition pour la liberté du choix», un regroupement d'organisations non-gouvernementales ukrainiennes «de créer un vaste réseau de volontaires pour mener une campagne nationale d'information et d'éducation visant à protéger les droits des citoyens lors des élections».

Le réseau Pora se réfère expressément aux «activités couronnées de succès des réseaux de volontaires» en Serbie («Otpor» en 2000), en Georgie («Khmara» en 2003) et dans d'autres pays. Le réseau Pora affirme fièrement qu'il a reçu des conseils de ces groupes.

«Liberté de choix» est une coalition fondée en 1999, regroupant apparemment plus de trois cents différents groupes. Selon ses propres sources, elle est appuyée par les institutions suivantes : les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada; le National Democratic Institute, présidé par l'ex-secrétaire d'État des États-Unis (sous Clinton) Madeleine Albright; la International Renaissance Foundation (IRF), ramification ukrainienne de l'Open Society Institute financé par George Soros; l'Eurasia Foundation, également financée par Soros et par le gouvernement des États-Unis; la Banque mondiale; l'Organization for Security and Cooperation in Europe; l'Agency for International Development des États-Unis; la Freedom House, présidée par l'ex-directeur de la CIA James Woolsey; et l'organisation de droite Konrad Adenauer Institute de l'Union démocrate-chrétienne allemande.

Le néo-libéralisme est le modèle politique défendu par le réseau Pora. Cette organisation loue le règne bref de Viktor Yushchenko en tant que premier ministre d'Ukraine parce qu'il a pris des mesures pour ouvrir le pays aux capitaux internationaux et qu'il a appliqué un programme radical de privatisation. Pora déclare : «Pendant la brève période où le gouvernement a été au pouvoir, l'équipe de réformateurs en 2000 a provoqué une réduction de l'économie souterraine et contribué à l'établissement d'un accès égal au marché ukrainien non seulement pour les entreprises russes, mais aussi pour les entreprises occidentales. De plus, l'Ukraine a augmenté ses liens de coopération euroatlantique et a ajusté ses relations d'affaires avec la Russie (en particulier, en ce qui concerne le transport des ressources énergétiques).»

Les membres et les militants les plus connus du réseau Pora ont reçu une formation de spécialistes des États-Unis. Un rapport rédigé par la Fondation de Jamestown, centre d'études et de recherche dont le comité exécutif comprend James Woolsey et l'ex-conseiller en sécurité nationale des États-Unis (sous le président Jimmy Carter) Zbigniew Brzezinski, affirme : «L'Otpor a entraîné des membres du réseau Pora sous les auspices du programme Citizen Participation in Elections in Ukraine (CPEU), dirigé par la Freedom House, le National Democratic Institute et l'International Republican Institute et financé par l'Agency for International Development, une organisation basée aux États-Unis

En 2000, l'organisation serbe Otpor a organisé des manifestations qui ont conduit à la chute de Slobodan Milosevic. Aujourd'hui, la même organisation est utilisée pour provoquer le changement de régime en Ukraine, appuyée par un institut proche du Parti démocrate américain et un autre proche du Parti républicain et financé par une agence du gouvernement états-unien.

Le Centre pour l'éducation politique et le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante ont également formé des militants politiques du «mouvement pour la démocratie». Le Centre pour l'éducation politique reconnaît qu'il collabore avec l'Association des jeunes entrepreneurs d'Ukraine et avec l'International Republican Institute dirigé par le Parti républicain, alors que, selon ses propres déclarations, le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante a été financé pendant de nombreuses années par l'American National Endowment for Democracy, par l'IRF de George Soros et par les gouvernements britannique et canadien.

En plus des militants de l'opposition, nombre d'observateurs aux élections ont également été financés par les institutions américaines. Cela devrait suffire à prouver leur manque total d'impartialité lors des élections ukrainiennes.

Un grand nombre d'entre eux ont été organisés par le Comité des électeurs d'Ukraine (CEU), sous la présidence d'Igor Popov et par l'organisation Nouveau Choix-2004. Cette dernière a été fondée par le CEU et développée par l'IRF de Soros. Les forces dirigeantes qui se cachent derrière le CEU sont la Eurasia Foundation et le National Democratic Institute. En février de cette année, Nouveau Choix-2004 a tenu une réunion de travail avec Madeleine Albright.

Selon ses propres chiffres, depuis 1990, la International Renaissance Foundation (IRF) a injecté plus de 50 millions de dollars dans la construction de diverses organisations non gouvernementales ukrainiennes. Au cours des quelques dernières années, l'IRF avoue avoir soutenu des organisations non gouvernementales en versant plus de 5 millions de dollars par an.

Il n'est pas étonnant que les sondages avant les élections, qui avaient montré une nette avance du candidat de l'opposition Yushchenko immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, aient été financés par les mêmes sources. Les sondages ont été réalisés par la Fondation pour des initiatives démocratiques et financés conjointement par le Centre de Razumkov pour la Fondation nationale pour la démocratie (financée par l'IRF) et par l'Institut international de sociologie de Kyiv, La Fondation pour des initiatives démocratiques est affiliée à Nouveau Choix-2004 et au Mouvement mondial pour la démocratie, création de la Fondation nationale pour la démocratie. L'un de leurs plus récents projets a été d'appuyer les tentatives de renverser le gouvernement de Hugo Chavez au Venezuela.

Les sondages tenus à la sortie des bureaux de scrutin ont eux aussi été financés par l'IRF, la Eurasia Foundation et les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de la Suisse.

Le fait que ceux qui ont organisé les sondages électoraux et ont été des observateurs aux élections aient été financés par les forces qui ont subventionné l'opposition et ont soutenu la campagne de leur candidat réduit à néant leur prétention d'impartialité. Qu'il y ait eu fraude, et de bonnes raisons permettent de croire qu'il y a eu trucage d'un côté comme de l'autre, toute l'élection et ce qui en a suivi ont été un exercice grotesque en matière de manipulation et de provocation des États-Unis et de l'Europe. La tentative des dirigeants d'opposition et de leurs appuis occidentaux de se draper du manteau de «la démocratie» ne peut mériter que du mépris. En tout cas, aucune des réclamations faites par le camp de l'opposition ne peut être acceptée comme de l'argent sonnant.

Sources WSWS

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:17

Pour mémoire, les saloperies des Etats-Unis en Irak pour décapiter Saddam Hussein... notamment réduire son Peuple à la famine... ah  ! ils peuvent faire des reproches à Vladimir Poutine, ces crapuleux !  

 

Les États-Unis et le Royaume-Uni d'accord pour le maintien des sanctions paralysantes sur l'Irak


Par Barry Grey
(traduit de l'anglais - publié le 5 janvier 2000)

 


Après plus de huit mois d'intenses négociations au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis ont finalement décidé le mois dernier de proposer au vote une résolution visant à prolonger indéfiniment les sanctions contre l'Irak, malgré le fait qu'un seul autre membre permanent du Conseil de sécurité, en l'occurrence le Royaume-Uni, était prêt à voter pour.

La résolution passée le 17 décembre prévoit la mise sur pied d'une nouvelle agence d'inspection des armements, l'UNMOVIC (Commission d'inspection, de vérification et de contrôle des Nations Unies) pour remplacer la Commission spéciale des Nations Unies sur l'Irak (CSNU). Bagdad a toujours refusé de laisser la CSNU et son président Richard Butler revenir sur son territoire après que les États-Unis et le Royaume-Uni aient effectué des frappes aériennes pendant quatre jours en décembre 1998 sur la base d'un rapport de Butler qui affirmait que l'Irak ne respectait pas ses engagements en matière de désarmement. Les Irakiens ont également refusé tout accès aux représentants de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) chargée dans le cadre des sanctions de l'ONU imposées en 1990 de s'assurer de l'absence de programme de développement d'armes nucléaires dans le pays.

L'Irak a annoncé à l'avance qu'il rejetterait toute résolution ne garantissant pas la levée inconditionnelle des sanctions, et a indiqué qu'il envisagerait une reprise des inspections des armements seulement si on pouvait lui garantir, date à l'appui, que l'embargo prendrait fin. Les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité (Russie, Chine et France) auraient pu opposer leur veto en votant non mais ont préféré plutôt s'abstenir lors du vote du 17 décembre. Cette attitude a également été reprise par la Malaisie. Présentée par le Royaume-Uni et secondée par les États-Unis, la résolution a été adoptée par un vote de onze pour, aucun contre et quatre abstentions.

Que les États-Unis aient finalement décidé d'aller de l'avant avec ce vote en sachant pertinemment que cela entraînerait une division au sein du Conseil de sécurité sur la question irakienne en plus d'accentuer l'isolement de Washington et de Londres démontre bien la détermination du gouvernement américain de poursuivre une politique de représailles contre l'Irak, dans l'espoir que les immenses souffrances infligées à la population mènent éventuellement au renversement du président Saddam Hussein.

D'un point de vue objectif, la politique des États-Unis envers l'Irak constitue un crime contre l'humanité. Pour trouver un exemple comparable de grande puissance piétinant la souveraineté nationale d'un petit pays, il faut en effet remonter à l'apogée du colonialisme au tournant du siècle dernier. Le nombre de morts et l'importance des destructions infligées sur la population irakienne par les bombardements et les sanctions imposées par les États-Unis sont considérables. De nombreux rapports d'organismes internationaux et humanitaires ont documenté l'effondrement du système de santé, les problèmes de malnutrition, d'approvisionnement en eau potable, le recul des conditions sanitaires et autres rudiments de la civilisation causés par près de dix années d'embargo économique.

En août dernier par exemple, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) publiait une étude concluant que le taux de mortalité infantile avait plus que doublé au centre et au sud de l'Irak depuis l'entrée en vigueur des sanctions de l'ONU. Un rapport précédent de l'organisme estimait que plus de 5 000 enfants irakiens mouraient chaque mois faute d'aliments et de remèdes adéquats. La semaine dernière, le ministre irakien de la Santé a dévoilé que 1,4 million d'Irakiens de tous âges ont péris au cours des neufs dernières années à cause de l'embargo des Nations Unies.

Depuis les frappes aériennes de décembre 1998, les États-Unis et le Royaume-Uni ont continué de bombarder des objectifs militaires et civils sur une base quasi quotidienne en Irak. Selon Bagdad, les avions à réactions américains et britanniques patrouillant les zones d'exclusion aérienne nord et sud de l'Irak ont effectué 16 848 missions et tué 156 personnes l'an dernier seulement. Ces zones d'exclusion aérienne ont été imposées unilatéralement au début des années 1990 par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France   sans même la couverture légitime d'une résolution à l'ONU.

Les inspections d'armement effectuées pour le compte de l'ONU ont été utilisées de façon très peu discrète par Washington dans ses efforts pour déstabiliser et renverser le régime de Hussein. Pendant des années, la CSNU a monté provocation sur provocation en refusant de certifier que l'Irak s'était débarrassé de ses armes chimiques et biologiques et en exigeant l'accès aux installations politiques et de sécurité les plus importantes du pays. Les inspections de la CSNU ont été fréquemment menées de façon à provoquer l'opposition irakienne pour servir de prétexte aux attaques politiques ou militaires répétées des États-Unis. C'est ainsi que les frappes aériennes de décembre 1998 furent déclenchées après que Bagdad eut refusé aux inspecteurs de Richard Butler l'accès au siège du parti Baath au pouvoir.

Dans les semaines qui ont suivies les attaques par missiles et les bombardements, les grands quotidiens internationaux ont publiés des preuves détaillées, dont divers témoignages d'agents de renseignement américains, que la CSNU servait depuis longtemps de couverture à la CIA et Washington pour obtenir des renseignements sur le gouvernement irakien. En plus de suivre à la trace les déplacements de Saddam Hussein en prévision d'une éventuelle tentative d'assassinat, la CIA s'est servi des renseignements de la CSNU pour choisir les objectifs des frappes aériennes de décembre 1998. Ces révélations justifient les accusations soutenues depuis longtemps par l'Irak que les inspecteurs en armement de l'ONU espionnaient pour le compte des services de renseignement américain et israélien.

A la lumière de ces faits, on ne peut s'étonner que les Irakiens soient réticents à placer leur sort entre les mains d'un autre programme d'inspection appuyé par les États-Unis. Pressée par l'opposition publique croissante aux sanctions tant dans le monde qu'aux États-Unis, l'administration Clinton veut utiliser la résolution du 17 décembre comme mécanisme pour diminuer le fardeau imposé sur le peuple irakien tout en restant intransigeante envers le régime de Bagdad. La résolution comprend en effet un plan de suspension des sanctions en matière d'importation et d'exportation des biens à usage civil pour des périodes renouvelables de 120 jours, en autant que l'UNMOVIC et l'AIEA rapportent que l'Irak se plie intégralement aux programmes d'inspections pendant une période de même durée. Toute suspension des sanctions devra cependant être votée par le Conseil de sécurité, où tant les États-Unis que le Royaume-Uni disposent d'un droit de veto. Dans le cas où l'UNMOVIC ou l'AIEA devait rapporter que l'Irak ne respectait pas entièrement ses engagements, la réimposition des sanctions serait automatique. La résolution donne carte blanche à l'UNMOVIC pour exiger notamment le libre accès à toute installation : « l'Irak doit permettre l'accès immédiat, inconditionnel et sans restriction des équipes de l'UNMOVIC à tout équipement, zone, installation, dossier, moyen de transport et personnel placé sous l'autorité du gouvernement irakien. »

Le nouvel organisme d'inspection possède indéniablement toute la latitude voulue pour monter le type de provocations qui ont fait la notoriété de son prédécesseur, la CSNU. De plus, le paragraphe traitant des conditions pour la suspension des sanctions contient une mise en garde selon laquelle Washington pourrait intervenir pour empêcher toute levée temporaire de l'embargo. La clause en apparence anodine contient en effet le passage suivant : « [la suspension des sanctions] est sujette à l'élaboration de mesures effectives financières, opérationnelles et autres permettant de vérifier que l'Irak n'acquière aucune matière prohibée ».

Peter Burleigh, ambassadeur adjoint des États-Unis à l'ONU, a fait allusion à cette disposition, à première vue purement technique, immédiatement après l'adoption de la résolution. Selon le résumé publié par l'ONU, Burleigh aurait déclaré : « avant de considérer toute suspension, le Conseil devra décider des directives relatives aux importations civiles en période de suspension. La résolution actuelle ne définit pas les détails de ces mesures pas plus ce qui peut être autorisé ou non. Les États-Unis accordent la plus haute importance à la présence de mesures de contrôle efficaces. » Autrement dit, les États-Unis se sont déjà préparés pour exploiter le caractère vague de la clause afin de bloquer même une suspension temporaire des sanctions.

La seule disposition de la résolution qui semble garantir un certain soulagement sans condition concerne le retrait du plafond actuel imposé aux exportations de pétrole irakien. Jusqu'à maintenant, l'ONU forçait en effet l'Irak d'exporter au maximum 5,26 milliards $ en pétrole par période de six mois. Cette levée du plafond des exportations est en grande mesure une concession des États-Unis et du Royaume-Uni accordée à la Russie et à la France, toutes deux ayant des intérêts économiques substantiels reliés à la reprise des activités de l'industrie pétrolière du pays. Ce fait est clairement démontré par une autre clause de la résolution à propos des « options pouvant faciliter la participation des sociétés pétrolières étrangères dans le secteur pétrolier irakien, notamment au niveau des investissements, qui doivent être soumis à une surveillance et un contrôle approprié. »

Somme toute, la résolution maintient le statu quo, avec aucune fin au régime des sanctions en vue. La souveraineté irakienne reste toujours lettre morte et le sort du pays fermement entre les mains des États-Unis, qui peuvent continuer de bloquer indéfiniment toute reprise de relations économiques normales entre l'Irak et le reste du monde. La résolution préserve également le mécanisme à la base même de la subjugation du pays - la demande malicieuse adressée à l'Irak de prouver qu'il a bel et bien éliminé toute capacité de produire des armes nucléaires, chimiques ou biologiques, une chose impossible à prouver positivement hors de tout doute.

L'Irak n'a pas tardé à dénoncé la résolution du 17 décembre, par la voix de son vice-premier ministre Tareq Aziz, comme un nouvel instrument utilisé pour maintenir le régime des sanctions : « le véritable objectif des États-Unis et du Royaume-Uni dans cette résolution n'est pas de lever les sanctions mais bien de tromper l'opinion internationale. La suspension [des sanctions] est un leurre car elle repose sur l'observation de toute une série de conditions complexes impossibles à respecter. » Aziz dénonce également la résolution qui passe sous silence la question des zones d'exclusion aérienne et des frappes aériennes des États-Unis et du Royaume-Uni.

Selon le journal semi-officiel irakien Babel, la résolution « maintient l'embargo et ramène l'Irak à la case départ, [] elle (la résolution) est criminelle et transforme l'Irak en un protectorat dirigé de l'étranger avec de l'argent irakien. Le journal déclare également que le fait que le vote au Conseil de sécurité ait enregistré quatre abstentions constitue une victoire pour l'Irak car, après huit mois de négociations, de pressions et de chantage, les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à obtenir un consensus pour leur politique hostile à l'égard de l'Irak ».

Dans leurs déclarations, les délégués français, russe et chinois ont repris certaines des préoccupations irakiennes. Sergei Lavrov de la Fédération de Russie a ainsi soutenu que la résolution avait « comme objectif sous-jacent de repousser indéfiniment la levée des sanctions. » Pour sa part, Qin Huasun de la Chine a dénoncé les zones d'exclusion aériennes « qui n'ont jamais été autorisées ou approuvées par le Conseil, » et demandé que les États-Unis et le Royaume-Uni renoncent à toute frappe aérienne contre des objectifs irakiens au nord et au sud du pays.

Le représentant des États-Unis, Peter Burleigh, a défendu la position intransigeante de son gouvernement en rappelant que la résolution avait force de loi internationale. Puis il a demandé aux membres du Conseil de sécurité, indépendamment de leur vote, « de conjuguer leurs efforts pour faire pression sur l'Irak afin qu'il accepte l'entrée en vigueur immédiate et intégrale de la résolution. » Burleign a insisté sur le fait que toute suspension des sanctions devait être approuvée par le Conseil, qu'elle ne pourrait être que temporaire, et sujette à être automatiquement révoquée dès que l'AIEA ou l'UNMOVIC rapportait le moindre écart. Il a enfin ajouté que le Conseil « avait placé le fardeau directement sur les épaules de l'Irak, » pays qui ne peut se prévaloir du « moindre bénéfice du doute ».

Les plans de Washington apparaissent encore plus clairement lorsqu'on regarde la réaction américaine face au rejet irakien de la résolution. Le porte-parole du Département d'État des États-Unis, James Foley, a en effet déclaré : « []ce refus a pour conséquence pratique qu'il n'y a pas la moindre perspective de suspension des sanctions ».

Le fait que la France, la Russie et la Chine aient décidé de s'abstenir et de renoncer à faire valoir leur droit de veto pour renverser cette résolution met en relief leurs ambitions économiques et géopolitiques en Irak et dans le golfe Persique. Car c'est bien le pétrole irakien et non les préoccupations d'ordre humanitaire qui sont au centre de leurs tractations au Conseil de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni. La France en particulier a hésité lors du vote, pour finalement décider de s'abstenir seulement après que l'Irak ait menacé de rompre ses relations diplomatiques et de mettre fin à des contrats d'exploitation pétrolière potentiellement très lucratifs avec les sociétés de ce pays advenant que Paris ne soutienne la résolution.

Malgré l'opposition de l'Irak, le Conseil de sécurité n'en est pas moins mandaté pour procéder à l'application de la résolution du 17 décembre. Le Conseil doit en effet choisir un président exécutif pour l'UNMOVIC qui sera nommé le 16 janvier par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

 

Sources WSWS

 

 

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:15

Un vieil article pour se remettre les choses en mémoire... le père de Bashar Al-Assad voulait faire la paix avec Israël... 

 

Les Etats-Unis relancent les pourparlers israélo-syriens



Par Jean Shaoul

 
(traduit de l'article anglais paru le 16 décembre 1999)


Le président Bill Clinton a invité à Washington le ministre syrien des affaires étrangères, Farouk El Chareh, et le premier ministre israélien, Ehoud Barak, pour une réunion de deux jours en vue de médiatiser un accord entre les deux pays. Ceci est considéré par les Etats-Unis et par les puissances occidentales en général, comme une étape charnière pour officiellement mettre un terme aux hostilités entre Israël et les régimes arabes et pour stabiliser les relations économiques et politiques dans l'ensemble du Proche-Orient.

Clinton avait annoncé la semaine passée, à la surprise générale, la reprise des entretiens entre la Syrie et Israël après leur échec il y a près de quatre ans. Il s'était déclaré confiant quant à la concrétisation d'un accord dans les prochains mois.

La réunion à Washington est le résultat de l'entremise personnelle du président américain. C'est la première fois que la Syrie accepte de participer à des négociations à un si haut niveau avec Israël, son ennemi numéro un, qui occupe le plateau du Golan syrien depuis la guerre des « six jours » en 1967. Farouk El Chareh a déclaré qu'un accord de paix avec Israël était envisageable d'ici quelques mois. Ceci, ajouta-t-il, ouvrirait également la voie à un accord entre Israël et le Liban dont Israël occupe une partie du territoire depuis 1978.

En cherchant à mettre un terme à un certain nombre de conflits de longue date dans le Proche-Orient, les Etats-Unis essaient de consolider leurs intérêts géopolitiques dans cette région stratégique du monde.

La réunion avait été précédée à la fois par une période de négociations intenses entre plusieurs interlocuteurs influents de la région et par des réunions secrètes entre la Syrie et Israël à Aqaba en Jordanie. La secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright s'était rendue la semaine dernière à Damas pour une visite de deux jours après une tournée d'un certain nombre de capitales du Proche-Orient, y compris Beyrouth où la Syrie donne le ton. Il s'agissait de la première visite officielle américaine depuis que la caserne des Marines américains avait été l'objet d'un attentat à la bombe en 1983. La Syrie avait préalablement envoyé aux Etats-Unis une délégation commerciale comprenant une quinzaine de membres dans le but de promouvoir les relations commerciales entre les deux pays et ce pour la première fois depuis plus de vingt ans.

En octobre, le premier ministre israélien Barak s'était rendu en Turquie pour discuter des dossiers de la défense et de l'eau. Sa visite avait été précédée par des réunions entre la Syrie et la Turquie, dont les relations avec ses voisins arabes sont depuis longtemps fort tendues. Font partie du litige, la revendication de la Syrie de la province turque Hatay et le soutien qu'elle donne aux séparatistes kurdes, ce qui avait entraîné l'année dernière les menaces de la Turquie d'envahir la Syrie. Le projet turc de construire pour 32 milliards de dollars 22 barrages sur l'Euphrate et le Tigre devrait priver la Syrie d'une grande partie de son approvisionnement en eau. L'expulsion, l'année dernière, par Damas d'Abdullah Ocalan, le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) diminua les tensions quant à la question kurde.

Bien que depuis des années la Syrie persiste à dire que le plateau du Golan ne pourrait être reconquis que par la force, il règne de fait une paix générale depuis 1973. Après que l'Egypte, suivie plus tard de la Jordanie, se soit réconciliée avec Israël, il n'était plus question pour la Syrie de faire cavalier seul.

Il existe plusieurs points primordiaux dans les pourparlers israélo-syriens:

* Le plateau du Golan: les Syriens ont exigé que les Israéliens se retirent du Golan et les mêmes frontières qu'avant 1967. Cette région comprend quelque 750 km2 de territoires que peuplent 17.000 colons israéliens et un nombre similaire de villageois druzes. Il s'agirait donc d'évacuer les colons israéliens et de donner à la Syrie accès au lac de Tibériade, la principale source d'eau d'Israël. Avant que les pourparlers n'échouent en 1995, le premier ministre de l'époque, Itzhak Rabin, avait accepté verbalement ces concessions s'il obtenait en échange un accord de paix et des arrangements sur la sécurité. Le principal obstacle à toute relance des négociations a toujours été la question de l'ampleur du retrait israélien. Les sondages donnent 75 pour cent des Israéliens comme étant opposés à un retrait total.

* Les dispositifs de sécurité: l'importance stratégique du plateau du Golan pour Israël est très limitée; l'armée israélienne qui défend le Golan a derrière elle une pente raide, alors que les forces syriennes descendant le plateau du Golan seraient exposées aux fusils israéliens. Ce que les Israéliens désirent, c'est pouvoir garder leurs stations radar sur le Mont Hermon. Selon des articles récents de la presse israélienne, les Syriens pourraient accepter que des forces américaines contrôlent ces stations radar. Selon une citation attribuée à l'ancien premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le président syrien Assad aurait secrètement accédé à sa demande que les Israéliens gardent leur contrôle sur le Mont Hermon.

* Le Liban: Barak avait fait la promesse électorale de retirer les forces israéliennes qui occupent le Liban sud d'ici le 7 juillet de l'année prochaine. Depuis 1985, Israël occupe une «zone de sécurité» de 11 miles pour garantir la défense de ses frontières septentrionales contre les attaques du Hezbollah, un groupe chiite musulman soutenu par le Liban et qui se bat pour déloger Israël du Liban. Toutefois, sans un accord préalable avec la Syrie qui compte 35.000 soldats en stationnement dans la Bekaa, un retrait unilatéral du Liban aurait pour conséquence un vacuum de pouvoir et, selon des porte-parole gouvernementaux et militaires, rendrait Israël vulnérable aux attaques du Hezbollah. L'armée libanaise, à elle seule, est incapable de contrôler le sud. Bien que la Syrie puisse jouer ce rôle, sans une entente exhaustive, Israël ne le permettra pas. De ce fait la question du Liban est une pièce cruciale de cette mosaïque très complexe.

Une telle entente signifierait que la Syrie et le Liban devraient faire la police dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban sud, bases d'opération du Hezbollah. Le Hezbollah s'oppose aux accords «Territoires contre Paix» conclus entre Yasser Arafat et Israël et qui ne tiennent pas compte des réfugiés; le Hezbollah a procédé à plusieurs tirs de roquettes contre Israël à partir des camps de réfugiés. Jusqu'à récemment les ravitaillements en armes au Hezbollah en provenance de l'Iran transitaient par Damas. Mais, à en croire la presse israélienne, ils contourneraient à présent la Syrie et se dirigeraient directement vers Beyrouth, ce qui laisserait penser qu'Assad aurait supprimé son aide au Hezbollah.

Le Liban et la Syrie ont promis de collaborer étroitement lors de négociations et il est prévu qu'une délégation libanaise rejoindra des négociations supplémentaires après la conclusion de la première série de négociations entre Israël et la Syrie. Un accord entre la Syrie et le Liban isolerait les adversaires palestiniens d'Israël tout en facilitant la tâche à Israël pour consolider ses rapports avec Arafat. Il en résulterait pour la Syrie un contrôle plus grand sur le Liban qui, tout comme la Palestine, avait autrefois sous le règne ottoman, fait partie de la Syrie. L'Iran, risquant de perdre une part considérable de son influence dans la région serait également sous pression. Le Hezbollah a déjà annoncé des raids supplémentaires contre Israël dans le but de miner les négociations du Proche-Orient.

* L'eau: C'est l'eau et non le terrain qui se trouve au centre des débats entre la Syrie et Israël. Le plateau du Golan livre plus de 12 pour cent des ressources en eau d'Israël. Selon le quotidien El Hayat, les Etats-Unis auraient eu gain de cause auprès d'Ankara en l'incitant à négocier avec Damas un accord final réglementant les ressources en eau de l'Euphrate entre la Turquie et la Syrie. La construction éventuelle d'un pipe-line sous la mer a également été envisagée pour acheminer l'eau vers Israël.

* La normalisation diplomatique et l'ouverture des frontières: Au coeur du processus de paix du Proche-Orient se trouvent les efforts pour établir des relations diplomatiques normales et faciliter le libre échange des capitaux, de l'industrie et du commerce. Le conflit israélo-arabe qui dure depuis 50 ans a désagrégé les relations économiques dans une région qui, autrefois sous le règne ottoman, ne formait qu'une seule province. Ces conflits constituent des barrières à tout commerce et investissement, barrières que les groupes et les banques multinationales aimeraient voir disparaître.

A la bourse israélienne les cours ont grimpé de 4 pour cent en anticipation d'une reprise du commerce et des investissements qui suivrait la paix avec la Syrie. Le gouvernement prépare d'ores et déjà des projets en vue de dédommager les 17.000 colons israéliens, dont une partie est hostile à un retrait.

David Brodet, ancien directeur général au ministère des Finances, a déclaré à la radio israélienne que les aides à la population civile coûteraient entre 3 et 4 milliards de dollars et la reconstruction des installations militaires devrait également s'élever à plusieurs milliards de dollars. Compte tenu qu'Israël se trouve dans l'incapacité de payer, l'on s'attend à ce que les Etats-Unis se chargeront de régler la note comme ils l'avaient déjà fait après Camp David et les accords de Wye. Cet état de fait est primordial pour que Barak obtienne une majorité lors du référendum qui est projeté en cas d'obtention d'un accord avec la Syrie.

Hafez El Assad, âgé de 69 ans, se trouve à la tête de la Syrie depuis 1970 et tient beaucoup à obtenir un arrangement avec Israël. Sa santé déclinant, il souhaite récupérer le plateau du Golan que la Syrie avait perdu du temps où il était ministre de la Défense, et, ce faisant, affermir sa propre position tout comme la succession de son fils Bahar à l'encontre d'une faction alliée à l'Iran.

La relâche de l'économie syrienne a miné le soutien politique d'Assad. L'effondrement de l'Union soviétique a également été un coup sévère. La production, les réserves et les revenus pétroliers ont diminué, et l'aide étrangère provenant d'autres pays arabes dont la Syrie était tributaire depuis sa défaite contre Israël en 1973 est tarie.

La croissance par habitant du produit intérieur brut a décliné depuis les années 70 et enregistre un recul depuis ces deux dernières années. Le salaire des ouvriers est à peine de 100 dollars par mois, et la grogne sociale et politique va s'amplifiant.

L'ouverture du marché syrien aux produits manufacturés a entraîné des fermetures d'usines et des pertes d'emplois. En 1991, le régime Baas d'Assad a voté une loi d'investissement pour encourager des investissements privés dans l'économie syrienne, dominée par des entreprises d'Etat. Mais, en raison de l'absence de lois commerciales occidentales et de la libre circulation des capitaux, l'investissement est resté très faible. En début d'année, Assad a fait savoir qu'il entendait modifier la loi de 1991 afin de permettre des investissements étrangers, dans le but de moderniser le système bancaire et d'introduire une nouvelle loi commerciale.

Mais c'est là un exercice délicat. Ces réformes économiques renforceront les élites financières tout en sapant la propre base d'Assad parmi les Baas et les musulmans Alevis; de plus, il encourrait le risque d'avoir de faire face à une opposition des masses chiites qui pourraient voir disparaître leur gagne-pain. Si Assad se déclare prêt à s'entendre avec Israël, ce ne doit être que dans l'espoir de recevoir une aide économique généreuse de la part des Etats-Unis.

La Syrie, tout comme Israël, réalise qu'il lui faut obtenir l'aide de Washington durant le court laps de temps qui reste avant que la campagne électorale des présidentielles américaines n'atteigne sa vitesse de croisière. La recherche d'un tel accord marque un revirement de la politique des Etats-Unis qui se sont longtemps opposés à la Syrie. Il s'agit en effet de la reconnaissance qu'un accord avec la Syrie est une condition préalable à la réorganisation des relations dans cette région et dépasse de loin l'actuel «processus de paix» du Proche-Orient.

Si les Etats-Unis arrivaient à sceller un pacte israélo-syrien, d'autres Etats arabes influents, tel le Maroc, la Tunisie, Oman et Koweït et éventuellement l'Arabie saoudite, seraient également susceptibles de signer des traités de paix avec Israël. Ce qui entraînerait pour l'Iraq, l'Iran, la Libye et le Soudan une sérieuse augmentation des coûts s'ils voulaient maintenir leur opposition. De plus, cela permettrait d'apaiser les tensions entre la Turquie et la Syrie tout en déblayant le terrain pour un accord israélo-palestinien.

Le Nixon Center Bulletin (27 juillet 1999) écrivait à ce propos: «Pourquoi les Etats-Unis accordent-ils une si grande attention à cet accord? Pour la simple raison que les Etats-Unis ont encore des intérêts stratégiques majeurs dans cette région et qu'ils dépassent de loin le conflit israélo-arabe. Aussi longtemps que la Syrie, Israël et les Palestiniens se querellent, l'influence politique des Etats-Unis dans l'ensemble de la région du Golfe est amoindrie, ce qui profite à leurs adversaires en Iraq et en Iran. Une fois le problème israélo-arabe résolu, il sera plus facile de venir à bout de ces deux Etats. Une 'paix' intégrale conférera aux Etats-Unis des fondements plus solides à partir desquels ils pourront défendre leurs intérêts et appuyer leurs amis. »

Le Bulletin soulignait par ailleurs que «les conséquences d'une telle paix font l'objet de débats intenses dans différentes capitales telles, Téhéran, Ankara, Le Caire et Islamabad.»

 

SOURCES WSWS

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 10:12

Ce qui se passait en 1998 au niveau mondial en ce qui concerne l'appauvrissement des peuples du monde n'a fait qu'augmenter depuis quinze ans...

 

Le capitalisme et la pauvreté mondiale

(article de 1998)


 

Les faits et les statistiques révélés par le dernier rapport annuel de l'ONU sur le développement des ressources humaines contredit le mythe selon lequel la pauvreté globale est causée par la surpopulation et le manque de ressources.

Le rapport démontre qu'il existe suffisamment de richesses sociales pour éliminer complètement la pauvreté et la faim qui affligent plus d'un quart de la population mondiale.

Le problème réside dans l'inexorable logique du marché capitaliste, qui est basé sur la propriété privée de cette richesse créée socialement. Le marché entraîne l'appauvrissement d'une couche de plus en plus grande de la population et l'enrichissement d'une minorité de plus en plus petite.

Selon le rapport, la fortune combinée des sept personnes les plus riches de la planète pourrait à elle seule couvrir les besoins élémentaires des millions vivant dans le dénuement total. Les auteurs du rapport ont en effet calculé qu'il faudrait 80 milliards $US par année sur une période de dix ans pour établir des services sociaux de base dans les pays dits en voie de développement. Cette somme est inférieure à l'avoir net des sept milliardaires en tête de liste.

En d'autres termes, c'est l'ordre économique et social existant, et non des calamités naturelles, qui condamne des masses de gens à une vie de misère.

Mais ce n'est pas tout, le rapport soulève une contradiction flagrante. Comme jamais auparavant l'humanité a les capacités d'éliminer la pauvreté et ses néfastes conséquences sociales: la maladie, la malnutrition, l'analphabétisme, le travail des enfants, le nombre croissant de sans-abris. Mais le sort de centaines de millions de personnes s'aggrave. Près du tiers de la population des anciennes colonies, près de 1,3 milliard de gens, vivent avec moins d'un dollar US par jour. Ce qui représente une augmentation de près de 100 millions depuis 1987. Quelque 840 millions de personnes ne reçoivent pas assez pour manger, près d'un million sont illettrés et bien au delà d'un milliard n'ont pas accès à l'eau potable. L'espérance de vie pour près d'un tiers des gens vivant dans les pays pauvres, principalement en Afrique et dans le Sahara du Sud, n'atteint pas 40 ans.

L'inégalité sociale a atteint des proportions vraiment obscènes, tant à l'échelle du globe qu'à l'intérieur de chaque pays. Citons quelques exemples fournis par le rapport:

* L'avoir net des dix milliardaires en tête de liste est 1,5 fois supérieure aux revenus nationaux combinés des 48 pays les plus pauvres.

* L'écart entre le cinquième le plus pauvre de la population mondiale et le cinquième le plus riche, est passé de 30 pour 1 en 1960, à 61 pour 1 en 1991, et 78 pour 1 en 1994.

* L'homme le plus riche du Mexique avait un avoir net de $6,6 milliards en 1995, équivalant au revenu combiné des 117 millions de Mexicains les plus pauvres.

* Dans les pays capitalistes avancés d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon et d'Australie, les salaires réels et le niveau de vie ont baissé, à tel point que 100 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, établi à la moitié du revenu individuel moyen.

Polarisation globale

Selon les termes du principal coordonateur du rapport, Richard Jolly, les résultats démolissent l'illusion que le niveau de vie de la population augmente suite à la diffusion graduelle des richesses du haut vers le bas.

L'émergence de conditions similaires dans toutes les régions du globe démontre aussi qu'elles ne sont pas le résultat de mauvaises politiques adoptées par l'un où l'autre des différents gouvernements. En fait, cette polarisation sans précédent est enracinée dans des processus entièrement liés au marché capitaliste lui-même. L'une des indications les plus claires des résultats obtenus par le "libre marché" est l'appauvrissement de la classe ouvrière dans les pays de l'Europe de l'Est et de l'ancienne URSS au cours des dix dernières années.

Les anciennes bureaucraties staliniennes de ces pays formaient une caste privilégiée. Mais le fossé entre les riches et les pauvres s'est élargi après le rétablissement de la propriété privée des principaux moyens de production.

Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a été multiplié par 30, de 4 millions en 1987-88 à 120 millions aujourd'hui, soit près du quart de la population totale de cette région. L'espérance de vie a chuté de cinq ans et plus.

Toujours selon le rapport de l'ONU, les transnationales, les banques et les gouvernements des pays riches soutirent $500 milliards par année aux pays pauvres par la réduction de la valeur des marchandises et par le maintien de taux d'intérêt élevés.

Le prix réel des marchandises dont l'exportation constitue la principale source de revenus des pays pauvres se situe aujourd'hui à 45% sous le niveau de 1980, et à 10% sous le niveau atteint en 1932 durant la Grande Dépression. De plus, leur cote de crédit étant fixée à un niveau très bas, les pays pauvres se voient consentir des prêts à un taux quatre fois plus élevé que pour les pays riches.

Karl Marx a découvert il y a 150 ans comment le système capitaliste, basé sur l'accumulation privée des richesses, mène inévitablement à la polarisation de la société en une minorité fabuleusement riche et une masse appauvrie.

Cette tendance destructrice a été accélérée par la globalisation de la production au cours des deux dernières décennies. De plus en plus, la richesse globale est concentrée entre les mains de gigantesques corporations transnationales. Le rapport de l'ONU note que parmi les 100 économies les plus importantes du monde, 50 sont des pays et 50 des mégacorporations. Ces mégacorporations sont engagées dans une féroce compétition et emploient tous les moyens pour réduire les coûts de production: l'abolition des emplois par milliers, l'évasion fiscale et le recours à la vaste réserve globale de "cheap labor".

Un assaut continuel

Le rapport de l'ONU fait partie d'une série d'études exprimant la crainte de la classe capitaliste que l'inégalité sociale croissante ne finisse par provoquer des soulèvements sociaux et une instabilité politique. Jolly écrit qu'il y a eu un "ralentissement dangereux" dans la lutte contre la pauvreté mondiale.

Cependant, Jolly et les autres auteurs n'ont pas de réponses sérieuses à offrir. "Pour réduire la pauvreté", plaident-ils, "les décideurs politiques doivent éviter la politique de la croissance brutale qui mène à la croissance de l'inégalité dans les revenus."

Toutefois, aussi longtemps que la grande entreprise contrôlera la vie économique et que le monde sera divisé en États-nations capitalistes rivaux, ce voeu ne sera jamais réalité. En fait, la lutte pour conquérir de nouveaux segments de marché et attirer les investissements des transnationales pousse sans cesse les gouvernements nationaux à démanteler les programmes sociaux.

Au cours de la dernière décennie, les défenseurs du capitalisme ont prétendu que la désintégration de la bureaucratie des États staliniens marquait le triomphe ultime du marché et ouvrait la porte à une nouvelle ère de prospérité. Cependant, le rapport reconnaît: "La réduction des dépenses militaires de la période d'après guerre froide aurait dû être une opportunité majeure pour augmenter les dépenses sociales. Mais il semble qu'au lieu de cela, la priorité a été de sauver de l'argent et de réduire les services. L'idée même d'un État-providence est remise en question et est menacée."

Le dernier rapport de l'ONU sur le développement des ressources humaines est le huitième du genre depuis 1990. Chacun d'eux demandait un assouplissement dans la politique de croissance brutale et le réinvestissement d'une fraction des profits dans la lutte contre la pauvreté. Mais au cours de cette période, l'écart entre les riches et les pauvres n'a fait qu'augmenter. Le cinquième le plus pauvre de la population mondiale reçoit aujourd'hui 1,1% du revenu global, comparé à 1,4% en 1991 et 2,3% en 1960.

Au même moment, les conditions des travailleurs vivant dans les pays capitalstes avancés se sont continuellement dégradées. Il est clair de tout ceci, que la crise sociale à laquelle sont confrontés les travailleurs peu importe où ils vivent, est l'innévitable produit du développement du système capitaliste global.

La classe ouvrière ne pourra commencer à faire face à cette crise que par le biais d'une lutte internationale unifiée visant à réorganiser l'économie autour d'un nouveau principe: les richesses créées socialement doivent être utilisées pour répondre aux besoins de ceux qui les ont produites.

Un tel programme ne peut être mis en oeuvre par des appels à l'oligarchie financière et à ses représentants politiques pour qu'ils adoptent des politiques plus humaines. Pas plus qu'il ne pourra être mis en oeuvre par le biais des vieilles organisations de la classe ouvrière -- syndicats et partis sociaux-démocrates et ex-staliniens --, qui sont tous devenus les principaux agents par lesquels le capital global impose sa politique.

Dans les pays arriérés, les partis bourgeois, qui proclamaient il n'y a pas si longtemps, que la voie vers l'élimination de la pauvreté et de la misère sociale passait par le développement économique national, ont maintenant tous rejeté cette perspective pour imposer les programmes de "restructuration" exigés par les banques et les institutions financières internationales.

Dans l'ancienne Union soviétique et les États de l'Europe de l'Est, les partis staliniens sont les principaux organisateurs de la restauration du capitalisme.

Et dans les pays capitalistes avancés, les politiques de destruction du système de sécurité sociale ont été introduites par les partis sociaux-démocrates, alors que les syndicats imposent la politique de la "compétitivité globale" sur les lieux de travail.

La classe ouvrière ne pourra se défendre qu'en construisant un parti international luttant sans compromis pour des emplois et des salaires décents, des logements adéquats, des services sociaux de qualité, et l'accès à l'éducation -- ce qui nécessite une remise en question du système capitaliste lui-même. C'est le programme du Comité International de la Quatrième Internationale et de sa section canadienne, le Parti de l'égalité socialiste.

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:44

La lutte pour le pouvoir continue en Ukraine

 

Par Peter Schwarz
13 décembre 2013

 

L’issue de la lutte pour le pouvoir en Ukraine reste ouverte. Mardi soir, la police anti-émeute a tenté de dégager les zones occupées par les manifestants sur la place de l’Indépendance et à l’Hôtel de ville qui a été occupé par les adversaires du gouvernement. La police s’est cependant retirée au petit matin. L’opposition a appelé à de nouvelles protestations pour mercredi soir.

Apparemment, la police avait reçu l’ordre d’agir avec modération. Elle a démonté les barricades en cherchant à faire refluer les manifestants à l’aide de leurs boucliers et en ne recourant qu’occasionnellement à la matraque et aux gaz lacrymogènes. Le 30 novembre, un traitement bien différent et brutal qui avait été infligé par l’unité spéciale Berkut (Aigle doré) à des manifestants avait donné lieu le lendemain à une manifestation de plus d’une centaine de milliers de personnes contre le gouvernement.

Mercredi, le premier ministre, Mykola Azarov, et le ministre de l’Intérieur Vitali Zakharchenko, ont assuré qu’il ne serait fait usage d’aucune violence contre des manifestants pacifiques. « J’aimerais rassurer tout le monde – la place ne sera pas prise d’assaut, » a dit Zakharchenko.

Le président Viktor Ianoukovitch, dont les protestataires exigent la démission, a rencontré mardi lors d’une réunion diffusée en direct par la télévision ses trois prédécesseurs, Leonid Kravchuk, Leonid Kouchma et Viktor Ioutchenko. Le trio a réclamé une solution négociée. Kravchuk a invité l’opposition à participer à une « table ronde » avec le gouvernement ce que celle-ci a immédiatement refusé.

Julia Tymochenko a demandé la démission immédiate du président et de sa suite. « Aucune négociation, aucune table ronde avec cette bande, » pouvait-on lire dans le texte issu par la dirigeante emprisonnée du parti Batkivchtchina (la Patrie). Oleg Tiagnibok du parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) a qualifié la proposition d’un jeu arrangé d’avance.

Vitali Klitchko a déclaré il « ne peut y avoir de compromis avec des coupe-gorge et des dictateurs. » Le boxeur professionnel et dirigeant du parti UDAR a exigé « la démission de Ianoukovitch et de son gouvernement pourri. »

Les dirigeants de l’opposition se sentent renforcés par le soutien de l’Union européenne et du gouvernement américain. La représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est arrivée mardi à Kiev et, après une réunion avec le président Ianoukovitch, a traversé la place de l’Indépendance assiégée, bras dessus bras dessous avec le porte-parole du parti Patrie, Arseny Iatseniouk.

Jeudi, le parlement européen votera une résolution conjointe présentée par ses quatre plus grands groupements – les conservateurs du Parti populaire européen (EVP), les socialistes, les Libéraux et les Verts. Tous exigent une solution pacifique « qui réponde aux attentes de la société ukrainienne. » A cette fin, un groupe de représentants « au plus haut niveau politique » de la Commission européenne, du Conseil et du parlement européen faisant fonction de médiateur doit être envoyé à Kiev.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a publié un communiqué disant : « Les Etats-Unis expriment leur dégoût devant la décision des autorités ukrainiennes de répondre à la manifestations pacifique sur la place Maidan, à Kiev, avec la police anti-émeute, des bulldozers et des matraques, plutôt qu’avec le respect pour les droits démocratiques et la dignité humaine. Cette réaction n’est ni acceptable ni bénéfique pour la démocratie. »

L’adjointe de Kerry, Victoria Nuland, qui est également arrivée mardi à Kiev, a distribué des biscuits et du thé aux manifestants ; elle a eu des pourparlers avec les dirigeants de l’opposition dans la mairie occupée par les manifestants.

L’épreuve de force entre l’Etat et les manifestants sur la place de l’Indépendance n’est que la surface sous laquelle l’UE et les Etats-Unis d’une part, et la Russie de l’autre, règlent leur querelle géopolitique au sujet de l’Ukraine et que divers groupes d’oligarques ukrainiens mènent une lutte d’influence.

En dépit de ses propres affirmations, l’opposition ne représente pas le « peuple ukrainien » ou « la société civile ukrainienne ». Une étude réalisée par le Centre européen pour une Ukraine moderne pro-UE a constaté que seulement 13 pour cent de la population dans la partie orientale du pays soutiennent les protestations contre le gouvernement contre 84 pour cent dans la partie occidentale. La décision de Ianoukovitch de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE, qui a été au départ des manifestations, est rejetée par une majorité à l’ouest mais appuyée par 70 pour cent à l’est.

Un certain nombre d’études montrent clairement qu’il existe parmi les manifestants une grande méfiance à l’égard des dirigeants de l’opposition. Selon un récent rapport issu par la fondation Friedrich Naumann, de nombreux manifestants considèrent les politiciens de l’opposition comme de « potentiels collaborateurs de l’élite dirigeante. »

Ce qui a fait descendre nombre d’entre dans les rues ce ne sont pas tellement les objectifs politiques de l’opposition mais plutôt une colère profonde à l’égard de la décrépitude économique, de la corruption au sommet hiérarchique de l’Etat et de la société et de la brutalité de la police à l’égard des forces de l’opposition.

Les décisions politiques essentielles ne sont ni prises par le gouvernement ni par l’opposition mais par les oligarques qui, en Ukraine et plus encore qu’en Russie, dominent la vie économique et politique.

La tentative de l’opposition de faire voter en toute hâte le 3 décembre au parlement une motion de défiance à l’encontre du gouvernement était basée sur l’espoir qu’un oligarque soutenant le président rompe les rangs. Le chef du secrétariat de la chancellerie, Sergei Levochkin, un homme de confiance de l’oligarque Dimitri Firtash, avait critiqué la violence employée par la police à l’égard des manifestants et Inna Bogoslovska, qui fait également partie du camp Firtash, a même donné sa démission du parti du président en signe de protestation.

Firtash doit ses milliards au négoce de gaz et à l’industrie chimique grâce à ses étroites relations avec le monopole gazier russe Gazprom et son virement de cap avait été quelque peu surprenant. Lors du vote de défiance toutefois, suffisamment de ses députés ont soutenu le gouvernement pour que la motion de défiance se solde par un échec.

Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine, qui contrôle des mines de charbon et des aciéries dans l’est du pays et qui est étroitement lié à la « famille » du président est également resté loyal envers le gouvernement. Akhmetov a aussi cependant clairement fait comprendre qu’il était intéressé par des relations plus étroites avec l’UE.

Le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung a cité un « initié » pour avoir dit que face à la rivalité entre le Kremlin et l’UE, les oligarques ukrainiens cherchaient à protéger leur richesse en « mettant des œufs dans tous les paniers. »

A l’issue de sa réunion avec Ashton, le président Ianoukovitch a signalé que lui aussi était prêt à coopérer plus étroitement avec l’UE. Dans une discussion télévisée en compagnie de ses trois prédécesseurs, il a annoncé vouloir envoyer mercredi une délégation à Bruxelles afin de s’assurer que l’accord d’association avec l’UE pourrait être signé en mars prochain.

Comme condition préalable, toutefois, le premier ministre Mykola Azarov a réclamé une aide en prêts à hauteur de 20 milliards d’euros pour prévenir une faillite imminente du pays et compenser l’impact économique de l’accord avec l’UE. Sa proposition fut immédiatement rejetée par un porte-parole du gouvernement allemand.

En vertu des termes de l’accord d’association, l’UE exige des « réformes » globales – une dévaluation de la monnaie nationale, une hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs et une réduction des salaires et des retraites. De plus, l’on s’attend à ce que de nombreuses entreprises industrielles ukrainiennes s’effondrent sous la pression des concurrents européens. La peur des conséquences d’une telle politique a été la raison pour laquelle Ianoukovitch n’avait, dans un premier temps, pas signé l’accord d’association.

Le camp gouvernemental comme l’opposition n’a rien à offrir à la classe ouvrière. Les partis de l’opposition sont tout disposés à soutenir et à appliquer le programme de « réforme » radicale de l’UE qui signifie une extrême pauvreté pour la grande majorité de la population. Le gouvernement est également prêt à emprunter la même voie mais sans vouloir compromettre ses relations avec les oligarques milliardaires en Ukraine et en Russie.

L’unique voie pour aller de l’avant pour la classe ouvrière ukrainienne est une lutte commune avec les travailleurs en Europe et en Russie en faveur d’une société fondée sur le principe de l’égalité sociale au lieu de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la vaste majorité, c’est-à-dire la lutte pour les Etats socialistes unis d’Europe.

(Article original paru le 12 décembre 2013)

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:27

Les protestations de masse en Ukraine exigent le départ du président Ianoukovitch

Par Alex Lantier
10 décembre 2013


Les manifestants défilant dimanche à Kiev et réclamant l’éviction du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, prenaient part à la plus importante d’une série de protestations pro-Union européenne contre la décision d’Ianoukovitch d’abandonner un accord d’association avec l’UE.

Les partis droitiers qui ont pris la tête des protestations en coordination avec des responsables et des politiciens de l’UE avaient appelé à une « marche du million ». Finalement, entre 250.000 et 300.000 personnes se sont rassemblées sur la place Maïdan (Indépendance). Il s’agissait de la plus importante manifestation ayant eu lieu à Kiev depuis la « révolution de couleur » organisée en 2004 par l’impérialisme américain et européen – la soi-disant Révolution orange qui avait évincé Ianoukovitch, pro-russe, et amené au pouvoir le tandem pro-occidental du président Viktor Iouchtchenko et du premier ministre Julia Tymochenko.

Les manifestants de la place Maïdan ont scandé « Démission ! Démission ! » tout en écoutant les discours prononcés sur la place. Ensuite, certains d’entre eux sont partis pour occuper des bâtiments gouvernementaux à Kiev.

Le rassemblement réactionnaire des orateurs sur la place Maïdan incluait des représentants de différents oligarques milliardaires, des groupes de l’extrême-droite et des patriarches de l’église orthodoxe russe.

Evguenia Tymochenko, la fille de l’ancien premier ministre milliardaire et magnat du gaz naturel, Julia Tymochenko, que Ianoukovitch a fait emprisonner, a lu un message de sa mère appelant au renversement « immédiat » de Ianoukovitch.

Oleg Tyagnibok, un néo nazi du parti nationaliste d’extrême droite Svoboda (Liberté) et qui est tristement célèbre pour ses déclarations antisémites, a accusé le gouvernement de Ianoukovitch d’avoir élaboré des accords commerciaux avec la Russie plutôt qu’avec l’UE. Il a déclaré : « Aujourd’hui, ils s’agenouillent devant le président de la Russie et nous livrent à l’union douanière [russe]… Nous exigeons que soit rendu public le contenu de ces négociations secrètes. Ils nous ramènent au temps du stalinisme. »

Un groupe de manifestants brandissant des drapeaux du parti Svoboda a abattu et détruit une statue de Vladimir Lénine, le codirigeant avec Léon Trotsky de la Révolution d’octobre de 1917 qui avait fondé l’Union soviétique.

La situation demeure explosive, des manifestants bloquent des bâtiments gouvernementaux et redoutent une répression des forces de sécurité. Une lutte factionnelle amère a lieu entre des oligarques tels Tymochenko qui est axée sur l’UE et d’autres, ralliés autour de Ianoukovitch qui cherchent à nouer des liens plus étroits avec Moscou.

Après le rejet la semaine passée par le parlement de la motion de censure contre Ianoukovitch, l’on peut observer des signes de démoralisation au sein de l’opposition.

Le quotidien français, Le Monde a ainsi écrit, « Sur les réseaux sociaux, la marche du million a vite été rebaptisée ‘marche de la dernière chance’... Les chefs qui s’expriment chaque jour à la tribune de la place Maïdan n’appellent plus à la ‘révolution’, comme ils le faisaient en début de semaine, et des négociations ‘de couloir’ ont déjà débuté avec le pouvoir, croyait savoir samedi le journaliste Vitali Portnikov », un journaliste à la Radio Europe libre qui est appuyée par le gouvernement américain.

Les dirigeants des protestations eux-mêmes sont conscients qu’il n’existe, même parmi les couches plus droitières qu’ils ont mobilisées, qu’un soutien limité pour une intégration au libre marché de l’UE. « Les gens ont leur dignité, » a dit au New York Times Svitlana Zalischuk, une organisatrice des protestations. « C’est pourquoi ils sont ici : et pas parce qu’ils sont contre Ianoukovitch, pas parce qu’ils sont pour l’Union européenne, mais parce qu’ils ont une dignité, et ne veulent pas vivre sans dignité. »

Un autre manifestant a ajouté qu’il s’opposait avant tout à la décision du gouvernement de « tabasser les étudiants et les gens innocents. » Il a continué, « La question de l’Europe ne motive personne. Nous espérons que les gens seront entendus et que le gouvernement démissionnera. »

La capacité pour de telles manifestations droitières de progresser et de gagner l’appui de vastes couches de la population qui ne soutiennent pas nécessairement le programme d’austérité sociale de l’UE, reflète la profonde crise de perspective politique à laquelle la classe ouvrière de l’Europe de l’est est confrontée.

L’anticommunisme qui a réussi à dominer la vie politique dans les anciennes républiques soviétiques a fait de ces pays une proie facile à piller pour le capital international et à manipuler pour l’impérialisme occidental et les oligarques ukrainiens et russes. Le profond mécontentement qui existe s’exprime principalement à travers des mouvements qui sont exploités par des forces réactionnaires, voire fascistes et des agences de l’impérialisme. Ces mouvements sont à leur tour utilisés pour faire virer la situation politique encore davantage vers la droite et pour monter de nouvelles attaques sociales contre la population.

L’Ukraine est l’un des pays les plus pauvres de l’Europe et détient le deuxième plus haut taux de mortalité du monde (15,5 pour 1.000, le second après l’Afrique du sud.) La colère sociale est en train de s’amplifier après une crise budgétaire qui a amené le gouvernement Ianoukovitch à supprimer en juin l’assurance chômage à des centaines de milliers de travailleurs.

Les principales banques et marchés financiers ont suspendu les prêts à l’Ukraine qui en mars devrait avoir besoin de 18 milliards de dollars de financement d’urgence. L’Etat ne dispose actuellement que d’un financement suffisant pour couvrir deux mois d’activité. Il y a une crainte de plus en plus grande d’une éventuelle nouvelle dévaluation de la monnaie nationale, la hryvnia, qui s’était effondrée durant l’hyperinflation au début des années 1990, suite à la dissolution de l’URSS en 1991 et à la restauration capitaliste par la bureaucratie stalinienne.

L’UE collabore avec le Fonds monétaire international (FMI) en exigeant de sévères mesures d’austérité – une augmentation de 40 pour cent des prix du gaz et du chauffage, des coupes dans les budgets publics et le gel des salaires minimums et moyensen échange d’un prêt de 15 milliards de dollars. Ces coupes visent à intensifier l’exploitation de la classe ouvrière et à rendre l’Ukraine plus rentable pour les entreprises européennes qui veulent s’implanter une fois que l’Ukraine aura établi d’étroites relations avec l’UE.

Les factions oligarchiques pro-UE et pro-russe manoeuvrent toutes deux dans le but de conserver les milliards qu’elles ont pillés en volant les biens publics et grâce à la restauration du capitalisme, et pour faire porter à la classe ouvrière l’ensemble du fardeau de la crise financière. Telle est la raison plus fondamentale pour laquelle le gouvernement Ianoukovitch n’a pas cherché à mobiliser d’autres couches sociales contre les protestations droitières pro-UE.

La rivalité entre ces différentes factions oligarchiques donne libre jeu aux manipulations de l’impérialisme européen qui – alors qu’il pille sauvagement la Grèce, et sur le plan intérieur passe outre à l’opposition des masses populaires à l’austérité – se présente de manière hypocrite en défenseur de la démocratie en Ukraine.

Hier, le magazine allemand Der Spiegel, a rapporté que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait décidé de « constituer » le boxeur professionnel ukrainien Vitali Klitschko en tant que « principal oppositionnel et candidat rival du président Viktor Ianoukovitch. » Klitchko doit se rendre à Bruxelles vers le milieu du mois pour rencontrer Merkel et les représentants du parti populaire européen, la fédération des partis droitiers et chrétiens démocrates des pays de l’UE.

Le parti UDAR (‘Coup de poing’) de Klitchko bénéficie d’ores et déjà d’un « soutien logistique » de l’Union chrétienne-démocrate de Merkel et de la Fondation Konrad Adenauer proche du CDU, a rapporté Der Spiegel.

En ce qui concerne Svoboda, il entretient des liens étroits avec le Front national néofasciste français (FN) et collabore au sein de l’Alliance européenne des mouvements nationaux avec Bruno Gollnisch du FN et le parti antisémite Jobbik en Hongrie.

(Article original paru le 9 décembre 2013)

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