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  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:11

Un article de 1999 pour montrer l'Etat de la Russie avant que Vladimir Poutine ne parvienne au pouvoir. Le Maître du Kremlin étant voué aux gémonies par les dirigeants occidentaux et Américains. Il serait un Dictateur. Son Peuple vivrait dans une Misère  noire. Il n'y aurait pas de "démocratie" en Russie. On en passe et des meilleures...

 

Le problème des pseudos-élu qui règnent sur nos peuples, c'est qu'ils ont la mémoire courte, surtout lorsqu'ils se sont conduits de façon criminelle. Nous sommes obligés de nous coltiner leurs leçons de morale qui se résument à ceci : Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. En bons Pharisiens qu'ils sont...

 

Que les Etats-Unis veulent s'ériger en bel exemple de "démocratie", voilà qui est très surprenant. Ils ont perpétré tellement de crimes, depuis des décennies, que la liste de leurs méfaits et de leurs atrocités est infinie.

 

En remontant loin dans le temps, on pourrait leur rappeler le Génocide des Indiens... y rajouter l'Esclavagisme des Africains dont les descendants peuplent encore l'Amérique. Rien qu'avec ces DEUX CRIMES CONTRE L'HUMANITE, qui sont à la base même de la fondation de leur pays, les dirigeants Américains n'ont aucune leçon à donner à quiconque... ensuite, il y a tout le reste...   On pourrait leur parler de leurs honteux bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. Ont-ils hésité à larguer leurs bombes atomiques sur un Peuple entier ? Que faut-il être, déjà, pour se livrer à pareille ignominie ? Mais ce n'est pas tout...  Nous ne ferons pas la liste de tous les dictateurs qu'ils ont installé en Amérique du Sud, Pinochet à lui seul est tout un symbole... en remplacement de Salvador Allende dont  le seul tort fut d'avoir voulu nationaliser des éléments clefs de l'économie de son pays, notamment les mines de cuivre. ou en Iran, avec leur marionnette le Shah Reza Pahlavi qu'ils ont assis sur le trône après que la CIA ait fomenté un coup d'état envers Mohommad Mossadegh dont le grand tort fut d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Nous voyons là comment fonctionne leur "démocratie"... assurément, le mot "liberté" est sans doute réservé à l'Elite étatsunienne, mais qu'en est-il pour les Peuples du monde entier et pour leurs propres citoyens ? Faut-il avoir le regard biaisé et l'Esprit très très mal tourné pour se vouloir un exemple après tant d'atrocités...

Et nous ne pouvons pas oublier, bien entendu, toutes les guerres qu'ils ont mené dans les dernières décennies, toujours au nom de la "démocratie"... la ruine de l'Afghanistan, la destruction de l'Irak avec plus d'un million de morts... que font-ils au Pakistan avec leurs drones ? Qu'ont-ils fait en Libye ? Qu'ont-ils voulu perpétrer en Syrie ? Pour ce dernier pays, si Vladimir Poutine n'était pas intervenu avec opiniâtreté, nous assisterions au même spectacle de désolation et de chaos que pour tous les Etats souverains où leurs armées ont posé le pied. Les ramener à "l'Âge de pierre", voilà leur Oeuvre. Aussi, que les Etats-Unis et leur satellite ne viennent pas nous donner de leçon de morale. Ni à l'Europe, ni à la Russie. Que reprochent-ils à Poutine ?

D'avoir redressé son pays, ruiné par leurs agents du capitalisme et les oligarques corrompus à leur solde ? De ne pas vouloir se laisser imposer leurs diktats ? Comme, par exemple, le fameux bouclier anti-missiles dont le seul but est d'ENCERCLER LA RUSSIE ? Vladimir Poutine a raison. Il est à la tête d'un pays qu'il a rendu puissant. Il tient à protéger sa Nation et son Peuple. Ce qui n'est pas le cas ni des dirigeants Américains, ni des Européens. Acculer leurs peuples à la misère, c'est tout ce qu'ils savent faire. Mais comme cela ne suffit pas, il faut également qu'ils ruinent les peuples des autres pays dans des guerres incessantes. Il y en a plus qu'assez de tels comportements ! Assez de les voir s'immiscer partout. Qu'ils se mêlent donc de leurs oignons et qu'ils foutent la paix aux autres... pour commencer.

Donc, dans l'article ci-dessous, vous constaterez dans quel état se trouvait la Russie lorsque Vladimir Poutine est parvenu au pouvoir. Nul doute qu'il était bien conscient de la Désolation et de la Cause de cette ruine. Il ne s'est pas contenté de se pavaner en prononçant de beaux discours trompeurs comme les Occidentaux... il a agi. Et aucun Russe ne vous dira que la situation est pire aujourd'hui qu'il y a 25 ans. C'est certain. On ne peut pas dire la même chose de la France, ni de l'Amérique. La situation est même exactement à l'inverse. Si la misère à nettement diminué en Russie, elle a très nettement augmenté chez nous... et des millions de personnes sont à la rue aux Etats-Unis. Voilà le constat.     

 

 

Huit ans après les réformes capitalistes : une crise sociale en Russie «sans parallèle»

 

Par Patrick Richter
Le 2 février 1999

 

La crise d'août dernier a porté le coup de grâce aux dernières illusions que les réformes capitalistes imposées en Russie revitaliseraient à un certain moment l'économie et le niveau de vie de la population. La situation sociale a plutôt empiré de façon dramatique.

Un gouvernement Eltsine désespéré avait eu recours de plus en plus au crédit pour chercher à concilier les intérêts des gens ordinaires, du capital international et de l'oligarchie financière (les nouveaux riches de Russie qui contrôlent le gros du capital financier). Mais la pyramide de dettes s'est effondrée comme un château de cartes le 17 août. En quelques jours, le rouble perdait deux tiers de sa valeur, et des milliards de dollars en capital international fuyaient le pays.

Depuis la dissolution de l'Union soviétique, les réformes appliquées par le gouvernement ont causé une chute de près de 50 pourcent de l'économie russe. Le niveau de vie de la majorité de la population a subi un recul considérable. L'espérance de vie pour les hommes est tombée à 55 ans, jetant la Russie plus bas qu'au centième rang parmi les nations du monde. La période de «réformes» a été ponctuée d'actes de désespoir, de mouvements de protestation et de grèves permanentes.

Les rêves d'enrichissement étaient surtout entretenus au sein des nouvelles classes moyennes. Concentrées à Moscou et à Pétrograde, et composées d'employés de banque, de petits commerçants et de spéculateurs, elles étaient considérés comme les piliers du nouvel ordre et comme de véritables pionniers. Lorsque l'économie a connu pour la première fois en 1997 une croissance de 0,5 pourcent avec une inflation de moins de 20 pourcent, c'était vu comme le signe annonciateur d'une période de prospérité.

La crise d'août a vite dissipé de tels espoirs. Rien qu'à Moscou, entre 200 000 et 400 000 personnes ont depuis perdu leurs emplois. La plupart travaillaient dans le secteur bancaire, le commerce ou une des nombreuses branches de la nouvelle industrie des services. Seule une petite minorité a une chance de pouvoir se replacer ailleurs. Les autres devront se débrouiller dans le milieu du travail informel et d'occupations à temps partiel. Depuis le début de 1998, le nombre de banques est passé de 1700 à 1476. Un autre contingent de 700 est menacé de faillite imminente. Les agences de voyage, les compagnies privées de construction, les bureaux d'avocats et de conseillers financiers, qui ont tous des liens étroits avec les banques, sont aussi dans le trou.

Le pouvoir d'achat a chuté avec la dévaluation du rouble. Avant la crise, un dollar valait 6,10 roubles. Le taux de change est maintenant de 21 roubles pour un dollar. Les prix des produits importés sont montés en flèche. Le pourcentage de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté est passé de 8 à 30 pourcent. Le salaire mensuel moyen de $120 est tombé à $42; la pension de $54 à $18. Sans compter ceux qui passent des mois sans recevoir leurs chèques de paye ou de pension. Les professeurs reçoivent $30 à Moscou, beaucoup moins dans les provinces.

Les perspectives sont tout aussi noires pour les régions qui dépendent du budget de l'état. Des zones entières telles que Kamchatka, l'extrême-orient de la Russie ou des parties de la Sibérie n'ont pas assez de nourriture et de moyens de chauffage cet hiver. Dans de nombreux villages, le chauffage et l'électricité ont été coupés à cause de l'état lamentable des installations ou l'épuisement total des matériaux de chauffage.

La crise dans les services de santé s'est aussi intensifiée. Dans le budget de 1999, qui comprend les pires coupures des 10 dernières années dans le budget de la santé, 10 pourcent de moins est prévu pour le réseau de la santé par rapport à l'année précédente. Le pourcentage du budget annuel alloué à la santé, soit à peine 2,3 pourcent, est de loin le plus bas dans toute l'Europe. Par comparaison, il est de 14 pourcent aux États-Unis.

Depuis la fin de 1998, les salaires dûs au personnel médical totalisent plus de 4 milliards de roubles (environ $180 millions), et les arriérés de salaires sont de six ou huit mois. Depuis le mois d'août, plus d'une douzaine de cliniques à Moscou refusent les nouveaux patients de plus de 65 ans, à cause du manque de fonds.

La Russie dépend maintenant à 60 pourcent de médicaments venus de l'extérieur, après la destruction d'une bonne partie de son «inefficace» industrie pharmaceutique par les réformateurs. Ces derniers ont agi sous la pression des grosses compagnies étrangères qui ont pris contrôle du réseau de distribution afin de vendre leurs propres produits. Depuis la dévaluation, les prix des médicaments ont quadruplé en moyenne.

L'état n'est plus capable de payer les coûteux médicaments importés, y compris l'insuline et les médicaments pour le coeur. «Les trois quarts des médicaments nécessaires devront à l'avenir être achetés par les patients eux-mêmes», a fait savoir le ministre de la santé Starodubov. Mais qui peut se permettre de telles dépenses? Rien qu'à Moscou, 1,5 million de personnes âgées ou malades chroniques dépendent de médicaments fournis gratuitement.

Ceux qui souffrent du diabète doivent débourser en moyenne $40 par mois pour l'insuline qui, en roubles d'aujourd'hui, coûte trois fois plus cher. La Russie ne produit pas elle-même de l'insuline et ses réserves couvrent à peine deux mois. Il faudrait deux cents millions de dollars rien que pour équiper le pays d'une réserve d'insuline d'un an.

L'appauvrissement de la population a entraîné une rapide propagation de maladies sociales comme la dépendance à la drogue, l'alcoolisme, le sida et la tuberculose. Le nombre de tuberculeux a doublé au cours des cinq dernières années et la maladie frappe aujourd'hui 73 habitants sur 100 000. Selon les standards internationaux, un taux de 50 sur 100 000 est assez pour constituer une épidémie. Dans les prisons et les camps de punition, un prisonnier sur dix est atteint de la maladie.

En 1998, 365 000 personnes ont contracté la syphilis et 10 000 ont été contaminés par le virus du sida. Selon les estimations, d'ici l'an 2000 près de 800 000 personnes seront atteintes de maladies sexuellement transmissibles. En tout, 40 pourcent de la population montre des signes d'affaiblissement du système immunitaire. Un habitant sur deux boit de l'eau qui ne satisfait pas aux normes internationales. Plus de 11 millions de personnes, ou 7 pourcent de la population, sont considérés invalides. De ce nombre, un sur six est âgé de moins de 45 ans.

Entre-temps la crise sociale assume des formes inconnues depuis le temps de la Deuxième guerre mondiale. Même l'un des plus avides promoteurs des réformes capitalistes, le professeur Richard Pipes de Harvard, admet que «la situation est sans parallèle».

La crise asiatique, combinée à la chute du prix des matières premières dont dépend tellement l'économie russe, rend de plus en plus inévitable une confrontation ouverte avec de larges couches de la population. Yegor Yavlinsky, président du Parti Libéral Yabloko, a décrit en termes clairs ce que signifierait aujourd'hui la poursuite des réformes économiques libérales: une réduction drastique des taxes sur les employeurs, la réduction du budget de l'état à un minimum, et la fermeture de toutes les usines restantes jugées «inefficaces». De telles mesures ne peuvent vraiment pas être imposées sous le sceau de la «démocratie».

Dans ce contexte, des forces nationalistes et chauvines lèvent la tête. Tant le Parti communiste que Yuri Lushkov, maire de Moscou et fondateur du parti «Mère-patrie», jouent la carte nationale. Les slogans anti-américains et anti-sémites ont depuis quelque temps servi de thème à une telle campagne. Ces forces cherchent ainsi, de façon similaire à la campagne nationaliste de Lukashenko dans la Russie blanche, à défendre les intérêts de la bourgeoisie locale, qui est elle-même touchée par la crise.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Published by Adriana Evangelizt - dans RUSSIE AVANT POUTINE
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 07:38

Encore un article ancien pour démontrer que la pseudo révolution ukrainienne de 2004 avait été financée par des organisations américaines, canadiennes et européennes. Déjà, à l'époque, il s'agissait de déboulonner Ianoukovitch... comme quoi l'histoire se répète dix ans après...

La première question à se poser est : que foutent les Etats-Unis en Europe ? De quoi se mêlent-ils ?

Il est clair et net que tant que ce Système de déstabilisation des pays dans le monde entier, par les USA et consort, ne vise qu'à placer à la tête des nations des marionnettes qui participeront au pillage des Etats et à la ruine des Peuples, nous ne vivrons jamais en paix.  

En aucune façon, nous ne voyons la Russie se livrer à de telles pratiques. Il est à noter que les déstabilisateurs en 2004 sont les mêmes qui ont voulu mettre à bas Hugo Chavez.

Le chaos que l'on voit aujourd'hui en Ukraine est du même ressort. En pire. Car cette fois, ils ont porté au sommet des forces néo-nazies capables du pire envers les populations russophones notamment... nous y reviendrons...


 

La création de l'opposition «démocratique» en Ukraine

 

par Justus Leicht
Le 2 décembre 2004

 

 

Si l'on devait croire les médias occidentaux, on conclurait que le mouvement d'opposition ukrainienne s'est développé de façon indépendante en tant que résultat d'un mouvement populaire spontané pour la liberté et la démocratie contre un régime corrompu. En vérité, la couverture des événements récents par les médias a été caractérisée par une absence de journalisme critique. Pratiquement aucune agence médiatique ne s'est donné la peine de faire enquête sur les créateurs des soi-disant «mouvements pour la démocratie» ou sur la nature de leur programme politique.

Les forces dirigeantes du mouvement d'opposition, elles, ne cachent pas qui les appuient. Toute l'information est sur leurs sites Internet.

On se rend vite compte, en considérant les organisations qui y participent, que le mouvement n'est pas né spontanément. Un réseau de droitistes néo-libéraux, établi en grande partie par des organisations américaines a exploité l'insatisfaction généralisée envers le régime autoritaire du président Leonid Kuchma pour mettre en oeuvre un plan préparé longtemps à l'avance. Le but était de placer plus fermement l'Ukraine sous le contrôle des États-Unis et d'ouvrir davantage le pays au capital international.

Le groupe d'opposition le plus actif est le réseau Pora («Le temps est venu»). Il consiste surtout d'un groupe d'étudiants universitaires et a une influence considérable dans l'organisation de manifestations, de concerts de rock et d'autres événements contre le camp du gouvernement et de son candidat présidentiel, Viktor Yanukovich.

Le réseau Pora se décrit comme étant né de la décision de la «Coalition pour la liberté du choix», un regroupement d'organisations non-gouvernementales ukrainiennes «de créer un vaste réseau de volontaires pour mener une campagne nationale d'information et d'éducation visant à protéger les droits des citoyens lors des élections».

Le réseau Pora se réfère expressément aux «activités couronnées de succès des réseaux de volontaires» en Serbie («Otpor» en 2000), en Georgie («Khmara» en 2003) et dans d'autres pays. Le réseau Pora affirme fièrement qu'il a reçu des conseils de ces groupes.

«Liberté de choix» est une coalition fondée en 1999, regroupant apparemment plus de trois cents différents groupes. Selon ses propres sources, elle est appuyée par les institutions suivantes : les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada; le National Democratic Institute, présidé par l'ex-secrétaire d'État des États-Unis (sous Clinton) Madeleine Albright; la International Renaissance Foundation (IRF), ramification ukrainienne de l'Open Society Institute financé par George Soros; l'Eurasia Foundation, également financée par Soros et par le gouvernement des États-Unis; la Banque mondiale; l'Organization for Security and Cooperation in Europe; l'Agency for International Development des États-Unis; la Freedom House, présidée par l'ex-directeur de la CIA James Woolsey; et l'organisation de droite Konrad Adenauer Institute de l'Union démocrate-chrétienne allemande.

Le néo-libéralisme est le modèle politique défendu par le réseau Pora. Cette organisation loue le règne bref de Viktor Yushchenko en tant que premier ministre d'Ukraine parce qu'il a pris des mesures pour ouvrir le pays aux capitaux internationaux et qu'il a appliqué un programme radical de privatisation. Pora déclare : «Pendant la brève période où le gouvernement a été au pouvoir, l'équipe de réformateurs en 2000 a provoqué une réduction de l'économie souterraine et contribué à l'établissement d'un accès égal au marché ukrainien non seulement pour les entreprises russes, mais aussi pour les entreprises occidentales. De plus, l'Ukraine a augmenté ses liens de coopération euroatlantique et a ajusté ses relations d'affaires avec la Russie (en particulier, en ce qui concerne le transport des ressources énergétiques).»

Les membres et les militants les plus connus du réseau Pora ont reçu une formation de spécialistes des États-Unis. Un rapport rédigé par la Fondation de Jamestown, centre d'études et de recherche dont le comité exécutif comprend James Woolsey et l'ex-conseiller en sécurité nationale des États-Unis (sous le président Jimmy Carter) Zbigniew Brzezinski, affirme : «L'Otpor a entraîné des membres du réseau Pora sous les auspices du programme Citizen Participation in Elections in Ukraine (CPEU), dirigé par la Freedom House, le National Democratic Institute et l'International Republican Institute et financé par l'Agency for International Development, une organisation basée aux États-Unis

En 2000, l'organisation serbe Otpor a organisé des manifestations qui ont conduit à la chute de Slobodan Milosevic. Aujourd'hui, la même organisation est utilisée pour provoquer le changement de régime en Ukraine, appuyée par un institut proche du Parti démocrate américain et un autre proche du Parti républicain et financé par une agence du gouvernement états-unien.

Le Centre pour l'éducation politique et le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante ont également formé des militants politiques du «mouvement pour la démocratie». Le Centre pour l'éducation politique reconnaît qu'il collabore avec l'Association des jeunes entrepreneurs d'Ukraine et avec l'International Republican Institute dirigé par le Parti républicain, alors que, selon ses propres déclarations, le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante a été financé pendant de nombreuses années par l'American National Endowment for Democracy, par l'IRF de George Soros et par les gouvernements britannique et canadien.

En plus des militants de l'opposition, nombre d'observateurs aux élections ont également été financés par les institutions américaines. Cela devrait suffire à prouver leur manque total d'impartialité lors des élections ukrainiennes.

Un grand nombre d'entre eux ont été organisés par le Comité des électeurs d'Ukraine (CEU), sous la présidence d'Igor Popov et par l'organisation Nouveau Choix-2004. Cette dernière a été fondée par le CEU et développée par l'IRF de Soros. Les forces dirigeantes qui se cachent derrière le CEU sont la Eurasia Foundation et le National Democratic Institute. En février de cette année, Nouveau Choix-2004 a tenu une réunion de travail avec Madeleine Albright.

Selon ses propres chiffres, depuis 1990, la International Renaissance Foundation (IRF) a injecté plus de 50 millions de dollars dans la construction de diverses organisations non gouvernementales ukrainiennes. Au cours des quelques dernières années, l'IRF avoue avoir soutenu des organisations non gouvernementales en versant plus de 5 millions de dollars par an.

Il n'est pas étonnant que les sondages avant les élections, qui avaient montré une nette avance du candidat de l'opposition Yushchenko immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, aient été financés par les mêmes sources. Les sondages ont été réalisés par la Fondation pour des initiatives démocratiques et financés conjointement par le Centre de Razumkov pour la Fondation nationale pour la démocratie (financée par l'IRF) et par l'Institut international de sociologie de Kyiv, La Fondation pour des initiatives démocratiques est affiliée à Nouveau Choix-2004 et au Mouvement mondial pour la démocratie, création de la Fondation nationale pour la démocratie. L'un de leurs plus récents projets a été d'appuyer les tentatives de renverser le gouvernement de Hugo Chavez au Venezuela.

Les sondages tenus à la sortie des bureaux de scrutin ont eux aussi été financés par l'IRF, la Eurasia Foundation et les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de la Suisse.

Le fait que ceux qui ont organisé les sondages électoraux et ont été des observateurs aux élections aient été financés par les forces qui ont subventionné l'opposition et ont soutenu la campagne de leur candidat réduit à néant leur prétention d'impartialité. Qu'il y ait eu fraude, et de bonnes raisons permettent de croire qu'il y a eu trucage d'un côté comme de l'autre, toute l'élection et ce qui en a suivi ont été un exercice grotesque en matière de manipulation et de provocation des États-Unis et de l'Europe. La tentative des dirigeants d'opposition et de leurs appuis occidentaux de se draper du manteau de «la démocratie» ne peut mériter que du mépris. En tout cas, aucune des réclamations faites par le camp de l'opposition ne peut être acceptée comme de l'argent sonnant.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Published by Adriana Evangelizt - dans UKRAINE-GEORGIE
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 16:17

Pour mémoire, les saloperies des Etats-Unis en Irak pour décapiter Saddam Hussein... notamment réduire son Peuple à la famine... ah  ! ils peuvent faire des reproches à Vladimir Poutine, ces crapuleux !  

 

Les États-Unis et le Royaume-Uni d'accord pour le maintien des sanctions paralysantes sur l'Irak


Par Barry Grey
(traduit de l'anglais - publié le 5 janvier 2000)

 


Après plus de huit mois d'intenses négociations au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis ont finalement décidé le mois dernier de proposer au vote une résolution visant à prolonger indéfiniment les sanctions contre l'Irak, malgré le fait qu'un seul autre membre permanent du Conseil de sécurité, en l'occurrence le Royaume-Uni, était prêt à voter pour.

La résolution passée le 17 décembre prévoit la mise sur pied d'une nouvelle agence d'inspection des armements, l'UNMOVIC (Commission d'inspection, de vérification et de contrôle des Nations Unies) pour remplacer la Commission spéciale des Nations Unies sur l'Irak (CSNU). Bagdad a toujours refusé de laisser la CSNU et son président Richard Butler revenir sur son territoire après que les États-Unis et le Royaume-Uni aient effectué des frappes aériennes pendant quatre jours en décembre 1998 sur la base d'un rapport de Butler qui affirmait que l'Irak ne respectait pas ses engagements en matière de désarmement. Les Irakiens ont également refusé tout accès aux représentants de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) chargée dans le cadre des sanctions de l'ONU imposées en 1990 de s'assurer de l'absence de programme de développement d'armes nucléaires dans le pays.

L'Irak a annoncé à l'avance qu'il rejetterait toute résolution ne garantissant pas la levée inconditionnelle des sanctions, et a indiqué qu'il envisagerait une reprise des inspections des armements seulement si on pouvait lui garantir, date à l'appui, que l'embargo prendrait fin. Les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité (Russie, Chine et France) auraient pu opposer leur veto en votant non mais ont préféré plutôt s'abstenir lors du vote du 17 décembre. Cette attitude a également été reprise par la Malaisie. Présentée par le Royaume-Uni et secondée par les États-Unis, la résolution a été adoptée par un vote de onze pour, aucun contre et quatre abstentions.

Que les États-Unis aient finalement décidé d'aller de l'avant avec ce vote en sachant pertinemment que cela entraînerait une division au sein du Conseil de sécurité sur la question irakienne en plus d'accentuer l'isolement de Washington et de Londres démontre bien la détermination du gouvernement américain de poursuivre une politique de représailles contre l'Irak, dans l'espoir que les immenses souffrances infligées à la population mènent éventuellement au renversement du président Saddam Hussein.

D'un point de vue objectif, la politique des États-Unis envers l'Irak constitue un crime contre l'humanité. Pour trouver un exemple comparable de grande puissance piétinant la souveraineté nationale d'un petit pays, il faut en effet remonter à l'apogée du colonialisme au tournant du siècle dernier. Le nombre de morts et l'importance des destructions infligées sur la population irakienne par les bombardements et les sanctions imposées par les États-Unis sont considérables. De nombreux rapports d'organismes internationaux et humanitaires ont documenté l'effondrement du système de santé, les problèmes de malnutrition, d'approvisionnement en eau potable, le recul des conditions sanitaires et autres rudiments de la civilisation causés par près de dix années d'embargo économique.

En août dernier par exemple, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) publiait une étude concluant que le taux de mortalité infantile avait plus que doublé au centre et au sud de l'Irak depuis l'entrée en vigueur des sanctions de l'ONU. Un rapport précédent de l'organisme estimait que plus de 5 000 enfants irakiens mouraient chaque mois faute d'aliments et de remèdes adéquats. La semaine dernière, le ministre irakien de la Santé a dévoilé que 1,4 million d'Irakiens de tous âges ont péris au cours des neufs dernières années à cause de l'embargo des Nations Unies.

Depuis les frappes aériennes de décembre 1998, les États-Unis et le Royaume-Uni ont continué de bombarder des objectifs militaires et civils sur une base quasi quotidienne en Irak. Selon Bagdad, les avions à réactions américains et britanniques patrouillant les zones d'exclusion aérienne nord et sud de l'Irak ont effectué 16 848 missions et tué 156 personnes l'an dernier seulement. Ces zones d'exclusion aérienne ont été imposées unilatéralement au début des années 1990 par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France   sans même la couverture légitime d'une résolution à l'ONU.

Les inspections d'armement effectuées pour le compte de l'ONU ont été utilisées de façon très peu discrète par Washington dans ses efforts pour déstabiliser et renverser le régime de Hussein. Pendant des années, la CSNU a monté provocation sur provocation en refusant de certifier que l'Irak s'était débarrassé de ses armes chimiques et biologiques et en exigeant l'accès aux installations politiques et de sécurité les plus importantes du pays. Les inspections de la CSNU ont été fréquemment menées de façon à provoquer l'opposition irakienne pour servir de prétexte aux attaques politiques ou militaires répétées des États-Unis. C'est ainsi que les frappes aériennes de décembre 1998 furent déclenchées après que Bagdad eut refusé aux inspecteurs de Richard Butler l'accès au siège du parti Baath au pouvoir.

Dans les semaines qui ont suivies les attaques par missiles et les bombardements, les grands quotidiens internationaux ont publiés des preuves détaillées, dont divers témoignages d'agents de renseignement américains, que la CSNU servait depuis longtemps de couverture à la CIA et Washington pour obtenir des renseignements sur le gouvernement irakien. En plus de suivre à la trace les déplacements de Saddam Hussein en prévision d'une éventuelle tentative d'assassinat, la CIA s'est servi des renseignements de la CSNU pour choisir les objectifs des frappes aériennes de décembre 1998. Ces révélations justifient les accusations soutenues depuis longtemps par l'Irak que les inspecteurs en armement de l'ONU espionnaient pour le compte des services de renseignement américain et israélien.

A la lumière de ces faits, on ne peut s'étonner que les Irakiens soient réticents à placer leur sort entre les mains d'un autre programme d'inspection appuyé par les États-Unis. Pressée par l'opposition publique croissante aux sanctions tant dans le monde qu'aux États-Unis, l'administration Clinton veut utiliser la résolution du 17 décembre comme mécanisme pour diminuer le fardeau imposé sur le peuple irakien tout en restant intransigeante envers le régime de Bagdad. La résolution comprend en effet un plan de suspension des sanctions en matière d'importation et d'exportation des biens à usage civil pour des périodes renouvelables de 120 jours, en autant que l'UNMOVIC et l'AIEA rapportent que l'Irak se plie intégralement aux programmes d'inspections pendant une période de même durée. Toute suspension des sanctions devra cependant être votée par le Conseil de sécurité, où tant les États-Unis que le Royaume-Uni disposent d'un droit de veto. Dans le cas où l'UNMOVIC ou l'AIEA devait rapporter que l'Irak ne respectait pas entièrement ses engagements, la réimposition des sanctions serait automatique. La résolution donne carte blanche à l'UNMOVIC pour exiger notamment le libre accès à toute installation : « l'Irak doit permettre l'accès immédiat, inconditionnel et sans restriction des équipes de l'UNMOVIC à tout équipement, zone, installation, dossier, moyen de transport et personnel placé sous l'autorité du gouvernement irakien. »

Le nouvel organisme d'inspection possède indéniablement toute la latitude voulue pour monter le type de provocations qui ont fait la notoriété de son prédécesseur, la CSNU. De plus, le paragraphe traitant des conditions pour la suspension des sanctions contient une mise en garde selon laquelle Washington pourrait intervenir pour empêcher toute levée temporaire de l'embargo. La clause en apparence anodine contient en effet le passage suivant : « [la suspension des sanctions] est sujette à l'élaboration de mesures effectives financières, opérationnelles et autres permettant de vérifier que l'Irak n'acquière aucune matière prohibée ».

Peter Burleigh, ambassadeur adjoint des États-Unis à l'ONU, a fait allusion à cette disposition, à première vue purement technique, immédiatement après l'adoption de la résolution. Selon le résumé publié par l'ONU, Burleigh aurait déclaré : « avant de considérer toute suspension, le Conseil devra décider des directives relatives aux importations civiles en période de suspension. La résolution actuelle ne définit pas les détails de ces mesures pas plus ce qui peut être autorisé ou non. Les États-Unis accordent la plus haute importance à la présence de mesures de contrôle efficaces. » Autrement dit, les États-Unis se sont déjà préparés pour exploiter le caractère vague de la clause afin de bloquer même une suspension temporaire des sanctions.

La seule disposition de la résolution qui semble garantir un certain soulagement sans condition concerne le retrait du plafond actuel imposé aux exportations de pétrole irakien. Jusqu'à maintenant, l'ONU forçait en effet l'Irak d'exporter au maximum 5,26 milliards $ en pétrole par période de six mois. Cette levée du plafond des exportations est en grande mesure une concession des États-Unis et du Royaume-Uni accordée à la Russie et à la France, toutes deux ayant des intérêts économiques substantiels reliés à la reprise des activités de l'industrie pétrolière du pays. Ce fait est clairement démontré par une autre clause de la résolution à propos des « options pouvant faciliter la participation des sociétés pétrolières étrangères dans le secteur pétrolier irakien, notamment au niveau des investissements, qui doivent être soumis à une surveillance et un contrôle approprié. »

Somme toute, la résolution maintient le statu quo, avec aucune fin au régime des sanctions en vue. La souveraineté irakienne reste toujours lettre morte et le sort du pays fermement entre les mains des États-Unis, qui peuvent continuer de bloquer indéfiniment toute reprise de relations économiques normales entre l'Irak et le reste du monde. La résolution préserve également le mécanisme à la base même de la subjugation du pays - la demande malicieuse adressée à l'Irak de prouver qu'il a bel et bien éliminé toute capacité de produire des armes nucléaires, chimiques ou biologiques, une chose impossible à prouver positivement hors de tout doute.

L'Irak n'a pas tardé à dénoncé la résolution du 17 décembre, par la voix de son vice-premier ministre Tareq Aziz, comme un nouvel instrument utilisé pour maintenir le régime des sanctions : « le véritable objectif des États-Unis et du Royaume-Uni dans cette résolution n'est pas de lever les sanctions mais bien de tromper l'opinion internationale. La suspension [des sanctions] est un leurre car elle repose sur l'observation de toute une série de conditions complexes impossibles à respecter. » Aziz dénonce également la résolution qui passe sous silence la question des zones d'exclusion aérienne et des frappes aériennes des États-Unis et du Royaume-Uni.

Selon le journal semi-officiel irakien Babel, la résolution « maintient l'embargo et ramène l'Irak à la case départ, [] elle (la résolution) est criminelle et transforme l'Irak en un protectorat dirigé de l'étranger avec de l'argent irakien. Le journal déclare également que le fait que le vote au Conseil de sécurité ait enregistré quatre abstentions constitue une victoire pour l'Irak car, après huit mois de négociations, de pressions et de chantage, les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à obtenir un consensus pour leur politique hostile à l'égard de l'Irak ».

Dans leurs déclarations, les délégués français, russe et chinois ont repris certaines des préoccupations irakiennes. Sergei Lavrov de la Fédération de Russie a ainsi soutenu que la résolution avait « comme objectif sous-jacent de repousser indéfiniment la levée des sanctions. » Pour sa part, Qin Huasun de la Chine a dénoncé les zones d'exclusion aériennes « qui n'ont jamais été autorisées ou approuvées par le Conseil, » et demandé que les États-Unis et le Royaume-Uni renoncent à toute frappe aérienne contre des objectifs irakiens au nord et au sud du pays.

Le représentant des États-Unis, Peter Burleigh, a défendu la position intransigeante de son gouvernement en rappelant que la résolution avait force de loi internationale. Puis il a demandé aux membres du Conseil de sécurité, indépendamment de leur vote, « de conjuguer leurs efforts pour faire pression sur l'Irak afin qu'il accepte l'entrée en vigueur immédiate et intégrale de la résolution. » Burleign a insisté sur le fait que toute suspension des sanctions devait être approuvée par le Conseil, qu'elle ne pourrait être que temporaire, et sujette à être automatiquement révoquée dès que l'AIEA ou l'UNMOVIC rapportait le moindre écart. Il a enfin ajouté que le Conseil « avait placé le fardeau directement sur les épaules de l'Irak, » pays qui ne peut se prévaloir du « moindre bénéfice du doute ».

Les plans de Washington apparaissent encore plus clairement lorsqu'on regarde la réaction américaine face au rejet irakien de la résolution. Le porte-parole du Département d'État des États-Unis, James Foley, a en effet déclaré : « []ce refus a pour conséquence pratique qu'il n'y a pas la moindre perspective de suspension des sanctions ».

Le fait que la France, la Russie et la Chine aient décidé de s'abstenir et de renoncer à faire valoir leur droit de veto pour renverser cette résolution met en relief leurs ambitions économiques et géopolitiques en Irak et dans le golfe Persique. Car c'est bien le pétrole irakien et non les préoccupations d'ordre humanitaire qui sont au centre de leurs tractations au Conseil de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni. La France en particulier a hésité lors du vote, pour finalement décider de s'abstenir seulement après que l'Irak ait menacé de rompre ses relations diplomatiques et de mettre fin à des contrats d'exploitation pétrolière potentiellement très lucratifs avec les sociétés de ce pays advenant que Paris ne soutienne la résolution.

Malgré l'opposition de l'Irak, le Conseil de sécurité n'en est pas moins mandaté pour procéder à l'application de la résolution du 17 décembre. Le Conseil doit en effet choisir un président exécutif pour l'UNMOVIC qui sera nommé le 16 janvier par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

 

Sources WSWS

 

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

   
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:15

Un vieil article pour se remettre les choses en mémoire... le père de Bashar Al-Assad voulait faire la paix avec Israël... 

 

Les Etats-Unis relancent les pourparlers israélo-syriens



Par Jean Shaoul

 
(traduit de l'article anglais paru le 16 décembre 1999)


Le président Bill Clinton a invité à Washington le ministre syrien des affaires étrangères, Farouk El Chareh, et le premier ministre israélien, Ehoud Barak, pour une réunion de deux jours en vue de médiatiser un accord entre les deux pays. Ceci est considéré par les Etats-Unis et par les puissances occidentales en général, comme une étape charnière pour officiellement mettre un terme aux hostilités entre Israël et les régimes arabes et pour stabiliser les relations économiques et politiques dans l'ensemble du Proche-Orient.

Clinton avait annoncé la semaine passée, à la surprise générale, la reprise des entretiens entre la Syrie et Israël après leur échec il y a près de quatre ans. Il s'était déclaré confiant quant à la concrétisation d'un accord dans les prochains mois.

La réunion à Washington est le résultat de l'entremise personnelle du président américain. C'est la première fois que la Syrie accepte de participer à des négociations à un si haut niveau avec Israël, son ennemi numéro un, qui occupe le plateau du Golan syrien depuis la guerre des « six jours » en 1967. Farouk El Chareh a déclaré qu'un accord de paix avec Israël était envisageable d'ici quelques mois. Ceci, ajouta-t-il, ouvrirait également la voie à un accord entre Israël et le Liban dont Israël occupe une partie du territoire depuis 1978.

En cherchant à mettre un terme à un certain nombre de conflits de longue date dans le Proche-Orient, les Etats-Unis essaient de consolider leurs intérêts géopolitiques dans cette région stratégique du monde.

La réunion avait été précédée à la fois par une période de négociations intenses entre plusieurs interlocuteurs influents de la région et par des réunions secrètes entre la Syrie et Israël à Aqaba en Jordanie. La secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright s'était rendue la semaine dernière à Damas pour une visite de deux jours après une tournée d'un certain nombre de capitales du Proche-Orient, y compris Beyrouth où la Syrie donne le ton. Il s'agissait de la première visite officielle américaine depuis que la caserne des Marines américains avait été l'objet d'un attentat à la bombe en 1983. La Syrie avait préalablement envoyé aux Etats-Unis une délégation commerciale comprenant une quinzaine de membres dans le but de promouvoir les relations commerciales entre les deux pays et ce pour la première fois depuis plus de vingt ans.

En octobre, le premier ministre israélien Barak s'était rendu en Turquie pour discuter des dossiers de la défense et de l'eau. Sa visite avait été précédée par des réunions entre la Syrie et la Turquie, dont les relations avec ses voisins arabes sont depuis longtemps fort tendues. Font partie du litige, la revendication de la Syrie de la province turque Hatay et le soutien qu'elle donne aux séparatistes kurdes, ce qui avait entraîné l'année dernière les menaces de la Turquie d'envahir la Syrie. Le projet turc de construire pour 32 milliards de dollars 22 barrages sur l'Euphrate et le Tigre devrait priver la Syrie d'une grande partie de son approvisionnement en eau. L'expulsion, l'année dernière, par Damas d'Abdullah Ocalan, le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) diminua les tensions quant à la question kurde.

Bien que depuis des années la Syrie persiste à dire que le plateau du Golan ne pourrait être reconquis que par la force, il règne de fait une paix générale depuis 1973. Après que l'Egypte, suivie plus tard de la Jordanie, se soit réconciliée avec Israël, il n'était plus question pour la Syrie de faire cavalier seul.

Il existe plusieurs points primordiaux dans les pourparlers israélo-syriens:

* Le plateau du Golan: les Syriens ont exigé que les Israéliens se retirent du Golan et les mêmes frontières qu'avant 1967. Cette région comprend quelque 750 km2 de territoires que peuplent 17.000 colons israéliens et un nombre similaire de villageois druzes. Il s'agirait donc d'évacuer les colons israéliens et de donner à la Syrie accès au lac de Tibériade, la principale source d'eau d'Israël. Avant que les pourparlers n'échouent en 1995, le premier ministre de l'époque, Itzhak Rabin, avait accepté verbalement ces concessions s'il obtenait en échange un accord de paix et des arrangements sur la sécurité. Le principal obstacle à toute relance des négociations a toujours été la question de l'ampleur du retrait israélien. Les sondages donnent 75 pour cent des Israéliens comme étant opposés à un retrait total.

* Les dispositifs de sécurité: l'importance stratégique du plateau du Golan pour Israël est très limitée; l'armée israélienne qui défend le Golan a derrière elle une pente raide, alors que les forces syriennes descendant le plateau du Golan seraient exposées aux fusils israéliens. Ce que les Israéliens désirent, c'est pouvoir garder leurs stations radar sur le Mont Hermon. Selon des articles récents de la presse israélienne, les Syriens pourraient accepter que des forces américaines contrôlent ces stations radar. Selon une citation attribuée à l'ancien premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le président syrien Assad aurait secrètement accédé à sa demande que les Israéliens gardent leur contrôle sur le Mont Hermon.

* Le Liban: Barak avait fait la promesse électorale de retirer les forces israéliennes qui occupent le Liban sud d'ici le 7 juillet de l'année prochaine. Depuis 1985, Israël occupe une «zone de sécurité» de 11 miles pour garantir la défense de ses frontières septentrionales contre les attaques du Hezbollah, un groupe chiite musulman soutenu par le Liban et qui se bat pour déloger Israël du Liban. Toutefois, sans un accord préalable avec la Syrie qui compte 35.000 soldats en stationnement dans la Bekaa, un retrait unilatéral du Liban aurait pour conséquence un vacuum de pouvoir et, selon des porte-parole gouvernementaux et militaires, rendrait Israël vulnérable aux attaques du Hezbollah. L'armée libanaise, à elle seule, est incapable de contrôler le sud. Bien que la Syrie puisse jouer ce rôle, sans une entente exhaustive, Israël ne le permettra pas. De ce fait la question du Liban est une pièce cruciale de cette mosaïque très complexe.

Une telle entente signifierait que la Syrie et le Liban devraient faire la police dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban sud, bases d'opération du Hezbollah. Le Hezbollah s'oppose aux accords «Territoires contre Paix» conclus entre Yasser Arafat et Israël et qui ne tiennent pas compte des réfugiés; le Hezbollah a procédé à plusieurs tirs de roquettes contre Israël à partir des camps de réfugiés. Jusqu'à récemment les ravitaillements en armes au Hezbollah en provenance de l'Iran transitaient par Damas. Mais, à en croire la presse israélienne, ils contourneraient à présent la Syrie et se dirigeraient directement vers Beyrouth, ce qui laisserait penser qu'Assad aurait supprimé son aide au Hezbollah.

Le Liban et la Syrie ont promis de collaborer étroitement lors de négociations et il est prévu qu'une délégation libanaise rejoindra des négociations supplémentaires après la conclusion de la première série de négociations entre Israël et la Syrie. Un accord entre la Syrie et le Liban isolerait les adversaires palestiniens d'Israël tout en facilitant la tâche à Israël pour consolider ses rapports avec Arafat. Il en résulterait pour la Syrie un contrôle plus grand sur le Liban qui, tout comme la Palestine, avait autrefois sous le règne ottoman, fait partie de la Syrie. L'Iran, risquant de perdre une part considérable de son influence dans la région serait également sous pression. Le Hezbollah a déjà annoncé des raids supplémentaires contre Israël dans le but de miner les négociations du Proche-Orient.

* L'eau: C'est l'eau et non le terrain qui se trouve au centre des débats entre la Syrie et Israël. Le plateau du Golan livre plus de 12 pour cent des ressources en eau d'Israël. Selon le quotidien El Hayat, les Etats-Unis auraient eu gain de cause auprès d'Ankara en l'incitant à négocier avec Damas un accord final réglementant les ressources en eau de l'Euphrate entre la Turquie et la Syrie. La construction éventuelle d'un pipe-line sous la mer a également été envisagée pour acheminer l'eau vers Israël.

* La normalisation diplomatique et l'ouverture des frontières: Au coeur du processus de paix du Proche-Orient se trouvent les efforts pour établir des relations diplomatiques normales et faciliter le libre échange des capitaux, de l'industrie et du commerce. Le conflit israélo-arabe qui dure depuis 50 ans a désagrégé les relations économiques dans une région qui, autrefois sous le règne ottoman, ne formait qu'une seule province. Ces conflits constituent des barrières à tout commerce et investissement, barrières que les groupes et les banques multinationales aimeraient voir disparaître.

A la bourse israélienne les cours ont grimpé de 4 pour cent en anticipation d'une reprise du commerce et des investissements qui suivrait la paix avec la Syrie. Le gouvernement prépare d'ores et déjà des projets en vue de dédommager les 17.000 colons israéliens, dont une partie est hostile à un retrait.

David Brodet, ancien directeur général au ministère des Finances, a déclaré à la radio israélienne que les aides à la population civile coûteraient entre 3 et 4 milliards de dollars et la reconstruction des installations militaires devrait également s'élever à plusieurs milliards de dollars. Compte tenu qu'Israël se trouve dans l'incapacité de payer, l'on s'attend à ce que les Etats-Unis se chargeront de régler la note comme ils l'avaient déjà fait après Camp David et les accords de Wye. Cet état de fait est primordial pour que Barak obtienne une majorité lors du référendum qui est projeté en cas d'obtention d'un accord avec la Syrie.

Hafez El Assad, âgé de 69 ans, se trouve à la tête de la Syrie depuis 1970 et tient beaucoup à obtenir un arrangement avec Israël. Sa santé déclinant, il souhaite récupérer le plateau du Golan que la Syrie avait perdu du temps où il était ministre de la Défense, et, ce faisant, affermir sa propre position tout comme la succession de son fils Bahar à l'encontre d'une faction alliée à l'Iran.

La relâche de l'économie syrienne a miné le soutien politique d'Assad. L'effondrement de l'Union soviétique a également été un coup sévère. La production, les réserves et les revenus pétroliers ont diminué, et l'aide étrangère provenant d'autres pays arabes dont la Syrie était tributaire depuis sa défaite contre Israël en 1973 est tarie.

La croissance par habitant du produit intérieur brut a décliné depuis les années 70 et enregistre un recul depuis ces deux dernières années. Le salaire des ouvriers est à peine de 100 dollars par mois, et la grogne sociale et politique va s'amplifiant.

L'ouverture du marché syrien aux produits manufacturés a entraîné des fermetures d'usines et des pertes d'emplois. En 1991, le régime Baas d'Assad a voté une loi d'investissement pour encourager des investissements privés dans l'économie syrienne, dominée par des entreprises d'Etat. Mais, en raison de l'absence de lois commerciales occidentales et de la libre circulation des capitaux, l'investissement est resté très faible. En début d'année, Assad a fait savoir qu'il entendait modifier la loi de 1991 afin de permettre des investissements étrangers, dans le but de moderniser le système bancaire et d'introduire une nouvelle loi commerciale.

Mais c'est là un exercice délicat. Ces réformes économiques renforceront les élites financières tout en sapant la propre base d'Assad parmi les Baas et les musulmans Alevis; de plus, il encourrait le risque d'avoir de faire face à une opposition des masses chiites qui pourraient voir disparaître leur gagne-pain. Si Assad se déclare prêt à s'entendre avec Israël, ce ne doit être que dans l'espoir de recevoir une aide économique généreuse de la part des Etats-Unis.

La Syrie, tout comme Israël, réalise qu'il lui faut obtenir l'aide de Washington durant le court laps de temps qui reste avant que la campagne électorale des présidentielles américaines n'atteigne sa vitesse de croisière. La recherche d'un tel accord marque un revirement de la politique des Etats-Unis qui se sont longtemps opposés à la Syrie. Il s'agit en effet de la reconnaissance qu'un accord avec la Syrie est une condition préalable à la réorganisation des relations dans cette région et dépasse de loin l'actuel «processus de paix» du Proche-Orient.

Si les Etats-Unis arrivaient à sceller un pacte israélo-syrien, d'autres Etats arabes influents, tel le Maroc, la Tunisie, Oman et Koweït et éventuellement l'Arabie saoudite, seraient également susceptibles de signer des traités de paix avec Israël. Ce qui entraînerait pour l'Iraq, l'Iran, la Libye et le Soudan une sérieuse augmentation des coûts s'ils voulaient maintenir leur opposition. De plus, cela permettrait d'apaiser les tensions entre la Turquie et la Syrie tout en déblayant le terrain pour un accord israélo-palestinien.

Le Nixon Center Bulletin (27 juillet 1999) écrivait à ce propos: «Pourquoi les Etats-Unis accordent-ils une si grande attention à cet accord? Pour la simple raison que les Etats-Unis ont encore des intérêts stratégiques majeurs dans cette région et qu'ils dépassent de loin le conflit israélo-arabe. Aussi longtemps que la Syrie, Israël et les Palestiniens se querellent, l'influence politique des Etats-Unis dans l'ensemble de la région du Golfe est amoindrie, ce qui profite à leurs adversaires en Iraq et en Iran. Une fois le problème israélo-arabe résolu, il sera plus facile de venir à bout de ces deux Etats. Une 'paix' intégrale conférera aux Etats-Unis des fondements plus solides à partir desquels ils pourront défendre leurs intérêts et appuyer leurs amis. »

Le Bulletin soulignait par ailleurs que «les conséquences d'une telle paix font l'objet de débats intenses dans différentes capitales telles, Téhéran, Ankara, Le Caire et Islamabad.»

 

SOURCES WSWS

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 10:12

Ce qui se passait en 1998 au niveau mondial en ce qui concerne l'appauvrissement des peuples du monde n'a fait qu'augmenter depuis quinze ans...

 

Le capitalisme et la pauvreté mondiale

(article de 1998)


 

Les faits et les statistiques révélés par le dernier rapport annuel de l'ONU sur le développement des ressources humaines contredit le mythe selon lequel la pauvreté globale est causée par la surpopulation et le manque de ressources.

Le rapport démontre qu'il existe suffisamment de richesses sociales pour éliminer complètement la pauvreté et la faim qui affligent plus d'un quart de la population mondiale.

Le problème réside dans l'inexorable logique du marché capitaliste, qui est basé sur la propriété privée de cette richesse créée socialement. Le marché entraîne l'appauvrissement d'une couche de plus en plus grande de la population et l'enrichissement d'une minorité de plus en plus petite.

Selon le rapport, la fortune combinée des sept personnes les plus riches de la planète pourrait à elle seule couvrir les besoins élémentaires des millions vivant dans le dénuement total. Les auteurs du rapport ont en effet calculé qu'il faudrait 80 milliards $US par année sur une période de dix ans pour établir des services sociaux de base dans les pays dits en voie de développement. Cette somme est inférieure à l'avoir net des sept milliardaires en tête de liste.

En d'autres termes, c'est l'ordre économique et social existant, et non des calamités naturelles, qui condamne des masses de gens à une vie de misère.

Mais ce n'est pas tout, le rapport soulève une contradiction flagrante. Comme jamais auparavant l'humanité a les capacités d'éliminer la pauvreté et ses néfastes conséquences sociales: la maladie, la malnutrition, l'analphabétisme, le travail des enfants, le nombre croissant de sans-abris. Mais le sort de centaines de millions de personnes s'aggrave. Près du tiers de la population des anciennes colonies, près de 1,3 milliard de gens, vivent avec moins d'un dollar US par jour. Ce qui représente une augmentation de près de 100 millions depuis 1987. Quelque 840 millions de personnes ne reçoivent pas assez pour manger, près d'un million sont illettrés et bien au delà d'un milliard n'ont pas accès à l'eau potable. L'espérance de vie pour près d'un tiers des gens vivant dans les pays pauvres, principalement en Afrique et dans le Sahara du Sud, n'atteint pas 40 ans.

L'inégalité sociale a atteint des proportions vraiment obscènes, tant à l'échelle du globe qu'à l'intérieur de chaque pays. Citons quelques exemples fournis par le rapport:

* L'avoir net des dix milliardaires en tête de liste est 1,5 fois supérieure aux revenus nationaux combinés des 48 pays les plus pauvres.

* L'écart entre le cinquième le plus pauvre de la population mondiale et le cinquième le plus riche, est passé de 30 pour 1 en 1960, à 61 pour 1 en 1991, et 78 pour 1 en 1994.

* L'homme le plus riche du Mexique avait un avoir net de $6,6 milliards en 1995, équivalant au revenu combiné des 117 millions de Mexicains les plus pauvres.

* Dans les pays capitalistes avancés d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon et d'Australie, les salaires réels et le niveau de vie ont baissé, à tel point que 100 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, établi à la moitié du revenu individuel moyen.

Polarisation globale

Selon les termes du principal coordonateur du rapport, Richard Jolly, les résultats démolissent l'illusion que le niveau de vie de la population augmente suite à la diffusion graduelle des richesses du haut vers le bas.

L'émergence de conditions similaires dans toutes les régions du globe démontre aussi qu'elles ne sont pas le résultat de mauvaises politiques adoptées par l'un où l'autre des différents gouvernements. En fait, cette polarisation sans précédent est enracinée dans des processus entièrement liés au marché capitaliste lui-même. L'une des indications les plus claires des résultats obtenus par le "libre marché" est l'appauvrissement de la classe ouvrière dans les pays de l'Europe de l'Est et de l'ancienne URSS au cours des dix dernières années.

Les anciennes bureaucraties staliniennes de ces pays formaient une caste privilégiée. Mais le fossé entre les riches et les pauvres s'est élargi après le rétablissement de la propriété privée des principaux moyens de production.

Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a été multiplié par 30, de 4 millions en 1987-88 à 120 millions aujourd'hui, soit près du quart de la population totale de cette région. L'espérance de vie a chuté de cinq ans et plus.

Toujours selon le rapport de l'ONU, les transnationales, les banques et les gouvernements des pays riches soutirent $500 milliards par année aux pays pauvres par la réduction de la valeur des marchandises et par le maintien de taux d'intérêt élevés.

Le prix réel des marchandises dont l'exportation constitue la principale source de revenus des pays pauvres se situe aujourd'hui à 45% sous le niveau de 1980, et à 10% sous le niveau atteint en 1932 durant la Grande Dépression. De plus, leur cote de crédit étant fixée à un niveau très bas, les pays pauvres se voient consentir des prêts à un taux quatre fois plus élevé que pour les pays riches.

Karl Marx a découvert il y a 150 ans comment le système capitaliste, basé sur l'accumulation privée des richesses, mène inévitablement à la polarisation de la société en une minorité fabuleusement riche et une masse appauvrie.

Cette tendance destructrice a été accélérée par la globalisation de la production au cours des deux dernières décennies. De plus en plus, la richesse globale est concentrée entre les mains de gigantesques corporations transnationales. Le rapport de l'ONU note que parmi les 100 économies les plus importantes du monde, 50 sont des pays et 50 des mégacorporations. Ces mégacorporations sont engagées dans une féroce compétition et emploient tous les moyens pour réduire les coûts de production: l'abolition des emplois par milliers, l'évasion fiscale et le recours à la vaste réserve globale de "cheap labor".

Un assaut continuel

Le rapport de l'ONU fait partie d'une série d'études exprimant la crainte de la classe capitaliste que l'inégalité sociale croissante ne finisse par provoquer des soulèvements sociaux et une instabilité politique. Jolly écrit qu'il y a eu un "ralentissement dangereux" dans la lutte contre la pauvreté mondiale.

Cependant, Jolly et les autres auteurs n'ont pas de réponses sérieuses à offrir. "Pour réduire la pauvreté", plaident-ils, "les décideurs politiques doivent éviter la politique de la croissance brutale qui mène à la croissance de l'inégalité dans les revenus."

Toutefois, aussi longtemps que la grande entreprise contrôlera la vie économique et que le monde sera divisé en États-nations capitalistes rivaux, ce voeu ne sera jamais réalité. En fait, la lutte pour conquérir de nouveaux segments de marché et attirer les investissements des transnationales pousse sans cesse les gouvernements nationaux à démanteler les programmes sociaux.

Au cours de la dernière décennie, les défenseurs du capitalisme ont prétendu que la désintégration de la bureaucratie des États staliniens marquait le triomphe ultime du marché et ouvrait la porte à une nouvelle ère de prospérité. Cependant, le rapport reconnaît: "La réduction des dépenses militaires de la période d'après guerre froide aurait dû être une opportunité majeure pour augmenter les dépenses sociales. Mais il semble qu'au lieu de cela, la priorité a été de sauver de l'argent et de réduire les services. L'idée même d'un État-providence est remise en question et est menacée."

Le dernier rapport de l'ONU sur le développement des ressources humaines est le huitième du genre depuis 1990. Chacun d'eux demandait un assouplissement dans la politique de croissance brutale et le réinvestissement d'une fraction des profits dans la lutte contre la pauvreté. Mais au cours de cette période, l'écart entre les riches et les pauvres n'a fait qu'augmenter. Le cinquième le plus pauvre de la population mondiale reçoit aujourd'hui 1,1% du revenu global, comparé à 1,4% en 1991 et 2,3% en 1960.

Au même moment, les conditions des travailleurs vivant dans les pays capitalstes avancés se sont continuellement dégradées. Il est clair de tout ceci, que la crise sociale à laquelle sont confrontés les travailleurs peu importe où ils vivent, est l'innévitable produit du développement du système capitaliste global.

La classe ouvrière ne pourra commencer à faire face à cette crise que par le biais d'une lutte internationale unifiée visant à réorganiser l'économie autour d'un nouveau principe: les richesses créées socialement doivent être utilisées pour répondre aux besoins de ceux qui les ont produites.

Un tel programme ne peut être mis en oeuvre par des appels à l'oligarchie financière et à ses représentants politiques pour qu'ils adoptent des politiques plus humaines. Pas plus qu'il ne pourra être mis en oeuvre par le biais des vieilles organisations de la classe ouvrière -- syndicats et partis sociaux-démocrates et ex-staliniens --, qui sont tous devenus les principaux agents par lesquels le capital global impose sa politique.

Dans les pays arriérés, les partis bourgeois, qui proclamaient il n'y a pas si longtemps, que la voie vers l'élimination de la pauvreté et de la misère sociale passait par le développement économique national, ont maintenant tous rejeté cette perspective pour imposer les programmes de "restructuration" exigés par les banques et les institutions financières internationales.

Dans l'ancienne Union soviétique et les États de l'Europe de l'Est, les partis staliniens sont les principaux organisateurs de la restauration du capitalisme.

Et dans les pays capitalistes avancés, les politiques de destruction du système de sécurité sociale ont été introduites par les partis sociaux-démocrates, alors que les syndicats imposent la politique de la "compétitivité globale" sur les lieux de travail.

La classe ouvrière ne pourra se défendre qu'en construisant un parti international luttant sans compromis pour des emplois et des salaires décents, des logements adéquats, des services sociaux de qualité, et l'accès à l'éducation -- ce qui nécessite une remise en question du système capitaliste lui-même. C'est le programme du Comité International de la Quatrième Internationale et de sa section canadienne, le Parti de l'égalité socialiste.

 

Sources WSWS

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:44

La lutte pour le pouvoir continue en Ukraine

 

Par Peter Schwarz
13 décembre 2013

 

L’issue de la lutte pour le pouvoir en Ukraine reste ouverte. Mardi soir, la police anti-émeute a tenté de dégager les zones occupées par les manifestants sur la place de l’Indépendance et à l’Hôtel de ville qui a été occupé par les adversaires du gouvernement. La police s’est cependant retirée au petit matin. L’opposition a appelé à de nouvelles protestations pour mercredi soir.

Apparemment, la police avait reçu l’ordre d’agir avec modération. Elle a démonté les barricades en cherchant à faire refluer les manifestants à l’aide de leurs boucliers et en ne recourant qu’occasionnellement à la matraque et aux gaz lacrymogènes. Le 30 novembre, un traitement bien différent et brutal qui avait été infligé par l’unité spéciale Berkut (Aigle doré) à des manifestants avait donné lieu le lendemain à une manifestation de plus d’une centaine de milliers de personnes contre le gouvernement.

Mercredi, le premier ministre, Mykola Azarov, et le ministre de l’Intérieur Vitali Zakharchenko, ont assuré qu’il ne serait fait usage d’aucune violence contre des manifestants pacifiques. « J’aimerais rassurer tout le monde – la place ne sera pas prise d’assaut, » a dit Zakharchenko.

Le président Viktor Ianoukovitch, dont les protestataires exigent la démission, a rencontré mardi lors d’une réunion diffusée en direct par la télévision ses trois prédécesseurs, Leonid Kravchuk, Leonid Kouchma et Viktor Ioutchenko. Le trio a réclamé une solution négociée. Kravchuk a invité l’opposition à participer à une « table ronde » avec le gouvernement ce que celle-ci a immédiatement refusé.

Julia Tymochenko a demandé la démission immédiate du président et de sa suite. « Aucune négociation, aucune table ronde avec cette bande, » pouvait-on lire dans le texte issu par la dirigeante emprisonnée du parti Batkivchtchina (la Patrie). Oleg Tiagnibok du parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) a qualifié la proposition d’un jeu arrangé d’avance.

Vitali Klitchko a déclaré il « ne peut y avoir de compromis avec des coupe-gorge et des dictateurs. » Le boxeur professionnel et dirigeant du parti UDAR a exigé « la démission de Ianoukovitch et de son gouvernement pourri. »

Les dirigeants de l’opposition se sentent renforcés par le soutien de l’Union européenne et du gouvernement américain. La représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est arrivée mardi à Kiev et, après une réunion avec le président Ianoukovitch, a traversé la place de l’Indépendance assiégée, bras dessus bras dessous avec le porte-parole du parti Patrie, Arseny Iatseniouk.

Jeudi, le parlement européen votera une résolution conjointe présentée par ses quatre plus grands groupements – les conservateurs du Parti populaire européen (EVP), les socialistes, les Libéraux et les Verts. Tous exigent une solution pacifique « qui réponde aux attentes de la société ukrainienne. » A cette fin, un groupe de représentants « au plus haut niveau politique » de la Commission européenne, du Conseil et du parlement européen faisant fonction de médiateur doit être envoyé à Kiev.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a publié un communiqué disant : « Les Etats-Unis expriment leur dégoût devant la décision des autorités ukrainiennes de répondre à la manifestations pacifique sur la place Maidan, à Kiev, avec la police anti-émeute, des bulldozers et des matraques, plutôt qu’avec le respect pour les droits démocratiques et la dignité humaine. Cette réaction n’est ni acceptable ni bénéfique pour la démocratie. »

L’adjointe de Kerry, Victoria Nuland, qui est également arrivée mardi à Kiev, a distribué des biscuits et du thé aux manifestants ; elle a eu des pourparlers avec les dirigeants de l’opposition dans la mairie occupée par les manifestants.

L’épreuve de force entre l’Etat et les manifestants sur la place de l’Indépendance n’est que la surface sous laquelle l’UE et les Etats-Unis d’une part, et la Russie de l’autre, règlent leur querelle géopolitique au sujet de l’Ukraine et que divers groupes d’oligarques ukrainiens mènent une lutte d’influence.

En dépit de ses propres affirmations, l’opposition ne représente pas le « peuple ukrainien » ou « la société civile ukrainienne ». Une étude réalisée par le Centre européen pour une Ukraine moderne pro-UE a constaté que seulement 13 pour cent de la population dans la partie orientale du pays soutiennent les protestations contre le gouvernement contre 84 pour cent dans la partie occidentale. La décision de Ianoukovitch de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE, qui a été au départ des manifestations, est rejetée par une majorité à l’ouest mais appuyée par 70 pour cent à l’est.

Un certain nombre d’études montrent clairement qu’il existe parmi les manifestants une grande méfiance à l’égard des dirigeants de l’opposition. Selon un récent rapport issu par la fondation Friedrich Naumann, de nombreux manifestants considèrent les politiciens de l’opposition comme de « potentiels collaborateurs de l’élite dirigeante. »

Ce qui a fait descendre nombre d’entre dans les rues ce ne sont pas tellement les objectifs politiques de l’opposition mais plutôt une colère profonde à l’égard de la décrépitude économique, de la corruption au sommet hiérarchique de l’Etat et de la société et de la brutalité de la police à l’égard des forces de l’opposition.

Les décisions politiques essentielles ne sont ni prises par le gouvernement ni par l’opposition mais par les oligarques qui, en Ukraine et plus encore qu’en Russie, dominent la vie économique et politique.

La tentative de l’opposition de faire voter en toute hâte le 3 décembre au parlement une motion de défiance à l’encontre du gouvernement était basée sur l’espoir qu’un oligarque soutenant le président rompe les rangs. Le chef du secrétariat de la chancellerie, Sergei Levochkin, un homme de confiance de l’oligarque Dimitri Firtash, avait critiqué la violence employée par la police à l’égard des manifestants et Inna Bogoslovska, qui fait également partie du camp Firtash, a même donné sa démission du parti du président en signe de protestation.

Firtash doit ses milliards au négoce de gaz et à l’industrie chimique grâce à ses étroites relations avec le monopole gazier russe Gazprom et son virement de cap avait été quelque peu surprenant. Lors du vote de défiance toutefois, suffisamment de ses députés ont soutenu le gouvernement pour que la motion de défiance se solde par un échec.

Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine, qui contrôle des mines de charbon et des aciéries dans l’est du pays et qui est étroitement lié à la « famille » du président est également resté loyal envers le gouvernement. Akhmetov a aussi cependant clairement fait comprendre qu’il était intéressé par des relations plus étroites avec l’UE.

Le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung a cité un « initié » pour avoir dit que face à la rivalité entre le Kremlin et l’UE, les oligarques ukrainiens cherchaient à protéger leur richesse en « mettant des œufs dans tous les paniers. »

A l’issue de sa réunion avec Ashton, le président Ianoukovitch a signalé que lui aussi était prêt à coopérer plus étroitement avec l’UE. Dans une discussion télévisée en compagnie de ses trois prédécesseurs, il a annoncé vouloir envoyer mercredi une délégation à Bruxelles afin de s’assurer que l’accord d’association avec l’UE pourrait être signé en mars prochain.

Comme condition préalable, toutefois, le premier ministre Mykola Azarov a réclamé une aide en prêts à hauteur de 20 milliards d’euros pour prévenir une faillite imminente du pays et compenser l’impact économique de l’accord avec l’UE. Sa proposition fut immédiatement rejetée par un porte-parole du gouvernement allemand.

En vertu des termes de l’accord d’association, l’UE exige des « réformes » globales – une dévaluation de la monnaie nationale, une hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs et une réduction des salaires et des retraites. De plus, l’on s’attend à ce que de nombreuses entreprises industrielles ukrainiennes s’effondrent sous la pression des concurrents européens. La peur des conséquences d’une telle politique a été la raison pour laquelle Ianoukovitch n’avait, dans un premier temps, pas signé l’accord d’association.

Le camp gouvernemental comme l’opposition n’a rien à offrir à la classe ouvrière. Les partis de l’opposition sont tout disposés à soutenir et à appliquer le programme de « réforme » radicale de l’UE qui signifie une extrême pauvreté pour la grande majorité de la population. Le gouvernement est également prêt à emprunter la même voie mais sans vouloir compromettre ses relations avec les oligarques milliardaires en Ukraine et en Russie.

L’unique voie pour aller de l’avant pour la classe ouvrière ukrainienne est une lutte commune avec les travailleurs en Europe et en Russie en faveur d’une société fondée sur le principe de l’égalité sociale au lieu de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la vaste majorité, c’est-à-dire la lutte pour les Etats socialistes unis d’Europe.

(Article original paru le 12 décembre 2013)

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:27

Les protestations de masse en Ukraine exigent le départ du président Ianoukovitch

Par Alex Lantier
10 décembre 2013


Les manifestants défilant dimanche à Kiev et réclamant l’éviction du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, prenaient part à la plus importante d’une série de protestations pro-Union européenne contre la décision d’Ianoukovitch d’abandonner un accord d’association avec l’UE.

Les partis droitiers qui ont pris la tête des protestations en coordination avec des responsables et des politiciens de l’UE avaient appelé à une « marche du million ». Finalement, entre 250.000 et 300.000 personnes se sont rassemblées sur la place Maïdan (Indépendance). Il s’agissait de la plus importante manifestation ayant eu lieu à Kiev depuis la « révolution de couleur » organisée en 2004 par l’impérialisme américain et européen – la soi-disant Révolution orange qui avait évincé Ianoukovitch, pro-russe, et amené au pouvoir le tandem pro-occidental du président Viktor Iouchtchenko et du premier ministre Julia Tymochenko.

Les manifestants de la place Maïdan ont scandé « Démission ! Démission ! » tout en écoutant les discours prononcés sur la place. Ensuite, certains d’entre eux sont partis pour occuper des bâtiments gouvernementaux à Kiev.

Le rassemblement réactionnaire des orateurs sur la place Maïdan incluait des représentants de différents oligarques milliardaires, des groupes de l’extrême-droite et des patriarches de l’église orthodoxe russe.

Evguenia Tymochenko, la fille de l’ancien premier ministre milliardaire et magnat du gaz naturel, Julia Tymochenko, que Ianoukovitch a fait emprisonner, a lu un message de sa mère appelant au renversement « immédiat » de Ianoukovitch.

Oleg Tyagnibok, un néo nazi du parti nationaliste d’extrême droite Svoboda (Liberté) et qui est tristement célèbre pour ses déclarations antisémites, a accusé le gouvernement de Ianoukovitch d’avoir élaboré des accords commerciaux avec la Russie plutôt qu’avec l’UE. Il a déclaré : « Aujourd’hui, ils s’agenouillent devant le président de la Russie et nous livrent à l’union douanière [russe]… Nous exigeons que soit rendu public le contenu de ces négociations secrètes. Ils nous ramènent au temps du stalinisme. »

Un groupe de manifestants brandissant des drapeaux du parti Svoboda a abattu et détruit une statue de Vladimir Lénine, le codirigeant avec Léon Trotsky de la Révolution d’octobre de 1917 qui avait fondé l’Union soviétique.

La situation demeure explosive, des manifestants bloquent des bâtiments gouvernementaux et redoutent une répression des forces de sécurité. Une lutte factionnelle amère a lieu entre des oligarques tels Tymochenko qui est axée sur l’UE et d’autres, ralliés autour de Ianoukovitch qui cherchent à nouer des liens plus étroits avec Moscou.

Après le rejet la semaine passée par le parlement de la motion de censure contre Ianoukovitch, l’on peut observer des signes de démoralisation au sein de l’opposition.

Le quotidien français, Le Monde a ainsi écrit, « Sur les réseaux sociaux, la marche du million a vite été rebaptisée ‘marche de la dernière chance’... Les chefs qui s’expriment chaque jour à la tribune de la place Maïdan n’appellent plus à la ‘révolution’, comme ils le faisaient en début de semaine, et des négociations ‘de couloir’ ont déjà débuté avec le pouvoir, croyait savoir samedi le journaliste Vitali Portnikov », un journaliste à la Radio Europe libre qui est appuyée par le gouvernement américain.

Les dirigeants des protestations eux-mêmes sont conscients qu’il n’existe, même parmi les couches plus droitières qu’ils ont mobilisées, qu’un soutien limité pour une intégration au libre marché de l’UE. « Les gens ont leur dignité, » a dit au New York Times Svitlana Zalischuk, une organisatrice des protestations. « C’est pourquoi ils sont ici : et pas parce qu’ils sont contre Ianoukovitch, pas parce qu’ils sont pour l’Union européenne, mais parce qu’ils ont une dignité, et ne veulent pas vivre sans dignité. »

Un autre manifestant a ajouté qu’il s’opposait avant tout à la décision du gouvernement de « tabasser les étudiants et les gens innocents. » Il a continué, « La question de l’Europe ne motive personne. Nous espérons que les gens seront entendus et que le gouvernement démissionnera. »

La capacité pour de telles manifestations droitières de progresser et de gagner l’appui de vastes couches de la population qui ne soutiennent pas nécessairement le programme d’austérité sociale de l’UE, reflète la profonde crise de perspective politique à laquelle la classe ouvrière de l’Europe de l’est est confrontée.

L’anticommunisme qui a réussi à dominer la vie politique dans les anciennes républiques soviétiques a fait de ces pays une proie facile à piller pour le capital international et à manipuler pour l’impérialisme occidental et les oligarques ukrainiens et russes. Le profond mécontentement qui existe s’exprime principalement à travers des mouvements qui sont exploités par des forces réactionnaires, voire fascistes et des agences de l’impérialisme. Ces mouvements sont à leur tour utilisés pour faire virer la situation politique encore davantage vers la droite et pour monter de nouvelles attaques sociales contre la population.

L’Ukraine est l’un des pays les plus pauvres de l’Europe et détient le deuxième plus haut taux de mortalité du monde (15,5 pour 1.000, le second après l’Afrique du sud.) La colère sociale est en train de s’amplifier après une crise budgétaire qui a amené le gouvernement Ianoukovitch à supprimer en juin l’assurance chômage à des centaines de milliers de travailleurs.

Les principales banques et marchés financiers ont suspendu les prêts à l’Ukraine qui en mars devrait avoir besoin de 18 milliards de dollars de financement d’urgence. L’Etat ne dispose actuellement que d’un financement suffisant pour couvrir deux mois d’activité. Il y a une crainte de plus en plus grande d’une éventuelle nouvelle dévaluation de la monnaie nationale, la hryvnia, qui s’était effondrée durant l’hyperinflation au début des années 1990, suite à la dissolution de l’URSS en 1991 et à la restauration capitaliste par la bureaucratie stalinienne.

L’UE collabore avec le Fonds monétaire international (FMI) en exigeant de sévères mesures d’austérité – une augmentation de 40 pour cent des prix du gaz et du chauffage, des coupes dans les budgets publics et le gel des salaires minimums et moyensen échange d’un prêt de 15 milliards de dollars. Ces coupes visent à intensifier l’exploitation de la classe ouvrière et à rendre l’Ukraine plus rentable pour les entreprises européennes qui veulent s’implanter une fois que l’Ukraine aura établi d’étroites relations avec l’UE.

Les factions oligarchiques pro-UE et pro-russe manoeuvrent toutes deux dans le but de conserver les milliards qu’elles ont pillés en volant les biens publics et grâce à la restauration du capitalisme, et pour faire porter à la classe ouvrière l’ensemble du fardeau de la crise financière. Telle est la raison plus fondamentale pour laquelle le gouvernement Ianoukovitch n’a pas cherché à mobiliser d’autres couches sociales contre les protestations droitières pro-UE.

La rivalité entre ces différentes factions oligarchiques donne libre jeu aux manipulations de l’impérialisme européen qui – alors qu’il pille sauvagement la Grèce, et sur le plan intérieur passe outre à l’opposition des masses populaires à l’austérité – se présente de manière hypocrite en défenseur de la démocratie en Ukraine.

Hier, le magazine allemand Der Spiegel, a rapporté que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait décidé de « constituer » le boxeur professionnel ukrainien Vitali Klitschko en tant que « principal oppositionnel et candidat rival du président Viktor Ianoukovitch. » Klitchko doit se rendre à Bruxelles vers le milieu du mois pour rencontrer Merkel et les représentants du parti populaire européen, la fédération des partis droitiers et chrétiens démocrates des pays de l’UE.

Le parti UDAR (‘Coup de poing’) de Klitchko bénéficie d’ores et déjà d’un « soutien logistique » de l’Union chrétienne-démocrate de Merkel et de la Fondation Konrad Adenauer proche du CDU, a rapporté Der Spiegel.

En ce qui concerne Svoboda, il entretient des liens étroits avec le Front national néofasciste français (FN) et collabore au sein de l’Alliance européenne des mouvements nationaux avec Bruno Gollnisch du FN et le parti antisémite Jobbik en Hongrie.

(Article original paru le 9 décembre 2013)

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 08:03

La lutte pour l'Ukraine

 

Par Peter Schwarz
8 décembre 2013

 

La vague de manifestations en cours en Ukraine porte les étiquettes « Made in Germany » « Made in UE » et « Made in America ». Les médias occidentaux font de laborieux efforts pour dépeindre les manifestations de Kiev comme une lutte pour la démocratie et la primauté du droit. En fait, elles font partie d'un conflit sur des questions géostratégiques. Le but est de repousser l'influence de la Russie et de soumettre l'Ukraine à la domination de l'Allemagne, de l'Union européenne et de l'OTAN.

Il y a neuf ans, la révolution 'orange' a été organisée avec le soutien politique et financier massif du gouvernement américain et des ONG américaines telles que l'Open Society Institute du milliardaire George Soros. Ces forces ont réussi à faire annuler l'élection présidentielle et à s'assurer que le tandem pro-UE et pro-US de Viktor Yushchenko et Julia Tymoshenko prenne le pouvoir en tant que chef de l'Etat et chef du gouvernement à la place de Viktor Yanukovich, qui était considéré comme l'homme de main de la Russie. Le duo est cependant rapidement tombé en défaveur et Ianoukovitch a été en mesure de se faire élire au poste de Président en 2010.

Maintenant une autre tentative est mise en œuvre pour amener au pouvoir un régime qui subordonnera à l'UE l'ancienne république soviétique et le grenier à blé de l'Empire russe. Un examen de la direction politique des protestations révèle leur caractère réactionnaire. Elles sont conduites par trois partis, dont deux ont des relations étroites avec le camp conservateur au sein de l'UE, tandis que le troisième est ouvertement fasciste.

Le parti Batkivshchyna (Patrie), dirigé par Julia Tymoshenko, actuellement emprisonnée, a le statut d'observateur dans le Parti populaire européen, l'association des partis chrétiens-démocrates et conservateurs de l'Europe. UDAR (Coup), dirigé par le champion de boxe Vitali Klitschko, qui réside en Allemagne, est une création de l'Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel et de son groupe de réflexion, la Fondation Konrad Adenauer. Cette dernière annonce publiquement sur son site Web des séminaires consacrés à l'éducation politique des membres de l'UDAR.

Selon une étude intitulée « L'extrême droite en Ukraine (texte en anglais) » par la Fondation allemande Friedrich Ebert, le troisième parti, Svoboda (Liberté), est « le porte drapeau d'une idéologie d'extrême-droite radicale ». Le nom original du parti était Parti social-national d'Ukraine (SNPU). Il utilisait comme emblème un logo qui rappelle la croix gammée nazie. Sur les conseils du Front National (FN) français, avec qui il travaille en étroite collaboration, il a décidé d'adopter un nom moins provocateur.

Arseniy Yatsenyuk (Patrie) and Vitali Klitschko (le dirigeant d'UDAR) tiennent des conférences de presse communes avec Oleh Tyahnybok de Svoboda. Tyahnybok est un néo-nazi notoire connu pour son ultranationalisme, sa xénophobie et son antisémitisme.

Les dirigeants politiques européens et américains ont exprimé leur solidarité avec les protestations en Ukraine. Les mêmes forces qui ont tacitement soutenues la brutalité de la police, qui passe à tabac sans pitié les opposants aux politiques d'austérité de l'UE à Athènes, Madrid et ailleurs, proclament maintenant leur indignation face à la brutalité de la police ukrainienne.

Le Secrétaire d' État des USA, John Kerry, a exhorté le gouvernement ukrainien à « écouter la voix de son peuple », tandis que son homologue allemand, Guido Westerwelle, est intervenu personnellement mercredi pour se mêler à des manifestants à Kiev. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a demandé que le gouvernement ukrainien garantisse le droit à la liberté d'expression et de réunion. Le gouvernement allemand, qui vient de lancer de nouvelles poursuites contre le Parti national-démocrate d'Allemagne, néo-fasciste, défend le droit de manifester des fascistes ukrainiens.

Bien qu'elle réclame la démission du Président et des nouvelles élections, l'opposition ne jouit pas du soutien de la majorité des Ukrainiens. Une motion de censure contre le gouvernement a échoué mardi au Parlement. L'Accord d'association de libre-échange avec l'Union européenne que l'opposition veut mettre en œuvre aurait un effet dévastateur sur de larges couches de la population ukrainienne.

L'accord avec l'UE exclut l'adhésion simultanée dans une union douanière menée par la Russie et couperait donc l'Ukraine de son principal partenaire commercial, avec lequel son industrie et ses voies de transport sont étroitement connectées. La suppression des droits de douane sur les produits européens signifierait aussi la faillite pour de nombreuses industries ukrainiennes.

Les termes de l'accord, qui comprennent l'introduction des règles de l'UE en matière de déréglementation du marché du travail, de privatisation des entreprises publiques et de réduction de la dette publique, auraient un impact social semblable au programmes d'austérité imposé à la Grèce, à la Roumanie et à d'autres pays. Le Fonds monétaire International (FMI) a déjà refusé à l'Ukraine un crédit indispensable parce que le gouvernement refuse une hausse du prix du gaz de 40 %, ce qui entraînerait inévitablement la mort de nombreux chômeurs et retraités, incapables de payer leurs factures de chauffage.

L'Accord d'association transformerait le pays en un vaste atelier pour les entreprises allemandes et européennes, qui pourraient produire à des taux de salaires inférieurs à ceux de la Chine. Dans le même temps, les ressources naturelles du pays, son territoire vaste et fertile et son marché intérieur de 46 millions d'habitants font de l'Ukraine une cible alléchante pour les entreprises allemandes et européennes.

L'accord renforcerait également le jeu de l'UE contre la Russie. Une union douanière ou une union eurasienne comprenant la Russie et l'Ukraine aurait eu une position beaucoup plus forte dans les négociations commerciales avec l'UE qu'une Russie isolée.

L'Allemagne, l'Union européenne et les Etats-Unis poursuivent des objectifs non seulement économiques, mais aussi géopolitiques en Ukraine. Étant donné la perte d'influence en Europe de l'est de la Russie depuis la dissolution de l'Union soviétique, l'intégration de l'Ukraine dans l'UE pousserait la Russie à la périphérie de l'Europe.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, l'Ukraine a constitué une partie importante de l'État russe et soviétique. Par ailleurs, la flotte russe de la mer Noire est située en Crimée dans un port, loué à la Russie par l'Ukraine.

Tant les États-Unis que l'UE ont intérêt à l'affaiblissement de la Russie, qui est considérée comme une alliée importante de la Chine. Immédiatement après son élection en mars, le Président chinois Xi Jinping s'est rendu à Moscou pour renforcer le « partenariat stratégique » entre les deux pays. Les deux pays se sentent menacés sur le plan économique et stratégique par les incursions agressives des Etats-Unis et de ses alliés en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique.

La Chine développe également ses liens économiques avec l'Ukraine, dont les échanges commerciaux avec la Chine atteignent actuellement environ 5 % de son commerce extérieur. En octobre, le South China Morning Post a rapporté que l'entreprise publique chinoise XPCC avait conclu un accord avec la société ukrainienne agricole KSG Agro pour avoir accès à 100.000 hectares de terres arables pour la production d'aliments destinés à la Chine. Cette zone doit être étendue à 3 millions d'hectares, la taille de la Belgique ou du Massachusetts.

La Chine a déjà accordé au pays des prêts de 10 milliards de dollars. L'Ukraine considère ses relations économiques avec la Chine comme si importantes que le Président Yanukovich est parti mardi pour une visite d'Etat de quatre jours à Pékin, malgré la crise politique en cours.

Tel est l'arrière-plan des tentatives de l'Union européenne et du gouvernement allemand d'utiliser les manifestations de Kiev pour déstabiliser le gouvernement ukrainien. Leur initiative a été lancée en tandem avec les États-Unis, qui étendent systématiquement leur présence militaire en Asie pour encercler la Chine et miner son influence dans la région. À cette fin, les États-Unis ont massivement intensifié leur pression sur la Chine ces dernières semaines.

L'offensive contre l'Ukraine soulève de profondes questions historiques. Au cours de deux guerres mondiales, l'Allemagne a cherché à placer l'Ukraine sous son contrôle et a commis des crimes abominables au cours de ces entreprises. L'audace actuelle du gouvernement allemand soulève de nouveaux dangers. Les tensions internationales croissantes peuvent rapidement se transformer en un conflit armé.

Ce danger ne peut être contré que par un mouvement indépendant de la classe ouvrière internationale, luttant pour une Europe socialiste unie.

(Article original publié le 6 décembre 2013)

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 07:35

 

 

Les protestations pro-Union européenne continuent à Kiev

 

Par Peter Schwarz
5 décembre 2013


Plus de 100.000 manifestants ont protesté dimanche à Kiev pour exiger la démission du président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Ils ont protesté contre la décision de celui-ci de renoncer à l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) qui devait être signé lors du sommet du partenariat oriental à Vilnius dans la capitale lituanienne.

Samedi, une unité des forces spéciales de la police est intervenue brutalement contre les manifestants anti-gouvernement. Bien qu’Ianoukovitch ait ensuite cherché à se distancer de l’intervention policière, ceci a clairement contribué à rassembler un grand nombre de personnes sur la Place de l’Indépendance, dans le centre de Kiev, malgré l’interdiction des autorités de manifester dimanche.

La police s’était tout d’abord retenue et la manifestation s’était passée pacifiquement. Mais, dans la soirée il y eut de nouveaux et sérieux affrontements qui ont fait plus d’une centaine de blessés. Cette fois-ci les attaques étaient parties de manifestants masqués qui tentaient de prendre d’assaut le siège du président.

Environ 5.000 protestataires anti-gouvernement ont passé la nuit dans le centre de Kiev en dressant des tentes et des barricades. Vitali Klitschko, l’un des dirigeants de l’opposition, leur a instamment demandé de ne pas abandonner le contrôle du centre-ville et de bloquer les bâtiments administratifs. « Nous devons mobiliser tout le pays, nous ne pouvons pas perdre l’initiative, » a-t-il dit.

Les protestations ont été organisées à la fois par le parti de l’ancien champion du monde de boxe, Klitschko, l’Alliance ukrainienne démocratique pour la réforme (UDAR dont le sigle signifie aussi « coup »), par le parti de la dirigeante, Yulia Tymochenko, aujourd’hui emprisonnée, du parti d’opposition « Patrie » ainsi que par l’union pan-ukrainienne « Svoboda » (Liberté). Ces trois partis ont formé une alliance appelée Groupe d’action pour la résistance nationale.

Alors que UDAR et Patrie entretiennent des liens étroits avec les partis conservateurs en Europe, notamment l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU), Svoboda représente ouvertement des positions d’extrême-droite et antisémites. Ce dernier acclame le collaborateur nazi Stepan Bandera comme un héros national et est un membre de l’Alliance européenne des mouvements nationaux qui est menée par le politicien du Front national français, Bruno Gollnisch, et qui comprend le parti hongrois Jobbik et le BNP (Parti national britannique).

Les manifestations sont aussi soutenues par d’influents politiciens européens et américains, par l’UE et l’OTAN.

Les ministres des Affaires étrangères de Pologne et de Suède, Radoslav Sikorski et Carl Bildt, ont dans un communiqué commun exprimé leur solidarité aux manifestants. L’ancien premier ministre polonais et le dirigeant du parti national conservateur PiS (Droit et Justice), Jaroslav Kaczynski, ont pris personnellement part à la manifestation à Kiev.

La chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde lundi le président ukrainien contre le recours à la violence contre des manifestants pacifiques. Elle l’a exhorté à mettre tout en œuvre pour maintenir la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement. Le porte-parole de Merkel, Stefan Seibert, a ajouté que les manifestants envoyaient un message clair. « Il est à espérer que le président Ianoukovitch comprenne lui aussi ce message, » a-t-il dit.

Jen Psaki, la porte-parole du département d’Etat américain, a exhorté la direction ukrainienne à respecter le droit à la liberté d’expression. « La violence et l’intimidation ne doivent pas avoir de place en Ukraine aujourd’hui, » a-t-elle déclaré à l’adresse du gouvernement. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a lui aussi exprimé des points de vue identiques.

Si l’on compare ceci au soutien public ou tacite venu de ces mêmes politiciens pour la répression fréquente et brutale des manifestants en Grèce, en Espagne ou au Portugal pour leur opposition aux dictats d’austérité de l’UE, leur parti pris est évident.

Ce qui a lieu actuellement en Ukraine ce n’est pas une lutte pour la démocratie et un Etat de droit comme les médias européens et américains essayent de le prétendre mais une lutte entre différentes factions d’oligarques ukrainiens et un conflit pour le pouvoir entre l’Europe, en premier lieu l’Allemagne, et la Russie pour le contrôle de l’Ukraine.

Les Etats-Unis et l’UE avaient fortement soutenu la soi-disant Révolution orange de 2004 qui était menée par Viktor Iouchtchenko et Yulia Tymochenko et qui entraîna la tenue de nouvelles élections après qu’Ianoukovitch ait été élu président.

Les promesses de liberté et de démocratie ont cependant été rapidement désavouées. Alors qu’Iouchtchenko a gagné les élections présidentielles et nommé Tymochenco premier ministre, le pouvoir des oligarques est resté intact. Le niveau de vie de vastes sections de la population a continué de baisser et Iouchtchenko et Tymochenko se sont rapidement séparés. En 2006, Ianoukovitch retourna au poste de premier ministre et fut réélu président 2010.

Bien qu’Ianoukovitch ait agi à l’origine comme un allié de Moscou, il est rapidement devenu évident que les oligarques de Donetsk dans l’est de l’Ukraine et dont Ianoukovitch représente les intérêts ont aussi vu certains avantages dans une coopération renforcée avec l’UE.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, l’UE a sans relâche cherché à dégager l’Ukraine de la sphère d’influence russe pour l’attirer dans sa propre sphère. En 1994, l’UE avait conclu un accord de coopération et de partenariat avec l’Ukraine. En 1995, le président ukrainien de l’époque, Leonid Kouchma, avait déclaré que l’intégration dans les structures européennes et euro-atlantiques était un objectif stratégique pour son pays.

Sous Iouchtchenko, le successeur de Kouchma, des négociations ont débuté sur l’accord d’association et de libre-échange. Ces négociations furent achevées sous la direction d’Ianoukovitch jusqu’au moment où il devait l’abandonner à la dernière minute.

La pression exercée par la Russie a joué un rôle dans cette évolution. Le président russe, Vladimir Poutine, avait menacé d’imposer des sanctions économiques et de mettre un terme à la coopération avec les fabricants d’armes ukrainiens au cas où l’accord était signé. L’explication avancée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a été que le recul d’Ianoukovitch était dû au fait que les manifestants pro-UE étaient contrôlables mais qu’un nouveau déclin économique entraînant des milliers de chômeurs additionnels aurait scellé son sort politique durant la période pré-électorale de 2015.

Cependant, ce n’est pas seulement la pression exercée par la Russie qui a été décisive. L’accord d’association avec l’Union européenne (UE) aurait conduit à un désastre. L’accord vise à transformer l’Ukraine en un secteur à bas salaire pour les entreprises européennes et exigé de profondes « réformes » qui réduiraient davantage encore et pendant de nombreuses années le niveau de vie d’ores et déjà bas de la classe ouvrière.

Une étude de la fondation sociale-démocrate allemande Friedrich Ebert a constaté : « Les réformes exigent du temps, du courage et de la persévérance. » Elle a fait l’éloge du gouvernement ukrainien qui avait accepté en 2010 « un ambitieux programme de réforme adopté sous la pression de l’UE et du Fond monétaire International (FMI) et visant à modifier fondamentalement la législation sur l’impôt et les retraites et à promouvoir les privatisations et la déréglementation de l’activité de l’Etat. »

Afin de répondre aux normes techniques de l’UE et de vendre les marchandises ukrainiennes sur le marché européen, les entreprises ukrainiennes devraient aussi faire d’énormes investissements. D’après les calculs du premier ministre Mykola Azarov, entre 100 et 160 milliards d’euros seraient nécessaires pour la reconversion technique sur une période de dix ans. L’UE, toutefois a tout juste promis un milliard de fonds sur une période de sept ans.

Durant cette période de reconversion, les entreprises ukrainiennes auraient à faire face à une concurrence féroce de la part d’entreprises européennes et devraient lutter pour leur survie. La conséquence en serait une massive perte de la capacité productive, des emplois et des recettes fiscales, ce qui serait plus exacerbé encore par la suppression des actuels privilèges tarifaires du pays avec la Russie.

Pas plus tard qu’en février dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait clairement dit qu’une association entre l’Ukraine et l’UE excluait toute adhésion à une union tarifaire avec la Russie. Le pays devait donc choisir l’un ou l’autre.

Avec l’accord d’association, l’UE poursuit clairement outre des objectifs économiques aussi des objectifs géopolitiques. L’Ukraine, avec sa vaste campagne fertile, sa population de 46 millions d’habitants, ses matières premières et son emplacement stratégique entre l’Europe et le Caucase, la Russie et la Mer noire, a à maintes reprises été la cible de l’impérialisme allemand.

L’étude citée ci-dessus de la Fondation Friedrich Ebert déclare ouvertement : « Pour les investisseurs européens, un marché sous développé disposant de 45,7 millions de consommateurs potentiels et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée ouvre des portes à d’autres Etats dans la région. » L’étude de la Fondation Friedrich Ebert continue en disant qu’afin d’assurer le succès du partenariat avec l’Ukraine, « l’Union européenne doit être à la hauteur en tant qu’acteur mondial. »

Günther Nonnenmacher, un des directeurs de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, a également adopté un ton martial. La population ukrainienne doit décider où elle veut se situer : « dans la sphère d’influence d’une Russie néo-impériale ou de la communauté de nations libres d’Europe. »

(Article original paru le 3 décembre 2013)

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:03

Nous posons cette video d'Infowars où ils commentent un article de Paul Watson en anglais, que vous pourrez lire ICI. Paul a posé tout un tas de videos montrant comment la vermine terroriste traite les Syriens, civils ou militaires. D'une méthode tellement ignoble qu'il n'existe point de mots pour la décrire. Ah ! pour sûr, ils peuvent critiquer le "régime" Assad, comme ils se plaisent à l'appeler.  A en juger par leurs méthodes, ils ont largement dépassé la mesure dans ce domaine. On peut même dire qu'ils font grandement la pige aux nazis ! Mais ces sinistres individus, les medias occidentaux nous les présentent comme des "insurgés", "rebelles", "déserteurs", ou "manifestants pacifiques désarmés".

 

Pour nous, ce sont des criminels de la pire espèce qui ne méritent même pas le nom d'homme, ni celui d'animal, d'ailleurs. Car les animaux ont des règles et des codes, comme nous l'avons dit et redit, tandis que ces crapules infâmes n'en possèdent aucun. On peut même se demander où et comment ils ont été élevés. Et ce qu'ils ont à la place du coeur et de la tête pour perpétrer de telles ignominies. Car que faut-il être pour pendre, par exemple, un handicapé atteint de mongolisme et lui tirer dessus comme ils le font ICI en couinant Wallah Wouakbar tels des bêtes malfaisantes ? Que faut-il être ? Croient-ils vraiment que Dieu exige de pareilles atrocités ?

 

A voir tous les crimes qu'ils perpètrent, comment ils manipulent les cadavres sans vergogne et combien ils aiment le sang dans lequel ils trempent leurs mains de tueurs, on peut dire sans exagérer, que les salafistes wahhabites sont les Fils de Moloch, le dieu sanguinaire et qu'ils lui rendent bien hommage.

 

  

 

 

Si cette video disparaissait, vous pourrez la consulter ICI ou ICI. Nous sommes obligés de prendre nos précautions car lorsque nous posons les videos de youtube sur nos blogs, elles disparaissent comme par enchantement, comme vous pourrez le constater ICI. En fait, la chaîne YT de notre Ami a été supprimée. Pour ne pas que la vérité voit le jour, les Malfaisants écrivent par milliers à YT pour signaler une video et la font supprimer. C'est aussi simple que cela. Ils ne font pas supprimer les chaînes des terroristes qui exhibent leurs atrocités, mais les chaînes de ceux qui les dénoncent. C'est vous dire l'Etat d'Esprit dans lequel nous vivons ! Mais qu'à cela ne tienne, nous téléchargeons toutes les videos des criminels et les postons ailleurs.

 

 

Posté par Adriana Evangelizt