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  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 00:10

 

 

par JACQUES HUBERT-RODIER

 

30 janvier 2005

  

Winston Churchill avait un jour qualifié la Russie d'« une devinette enrobée dans un mystère à l'intérieur d'une énigme ». Ce qualificatif semble encore s'appliquer à la Russie de Vladimir Poutine qui, depuis le 1er janvier, assure la présidence tournante du Groupe des huit. Cette première dans l'histoire de ce club des grandes puissances est sans conteste un succès pour le président russe. Vladimir Poutine accueillera cet été à Saint-Pétersbourg les dirigeants des sept pays les plus industrialisés de la planète : Etats-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, France, Italie et Canada.


Faut-il voir derrière ce « couronnement » un grand retour sur la scène internationale de la Russie ? Sous un certain angle, le chemin parcouru vers le retour à un statut de grande puissance de la Russie, dont le premier « contact » avec le G7 avait été pris en marge du sommet de Londres en 1991 par le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, est important. De l'autre, Moscou ne peut oublier les élargissements successifs à l'Est, dans ce qui fut son ancien espace, de l'Otan et de l'Union, ainsi que les « révolutions » en Géorgie et surtout en Ukraine, ni non plus les tentatives d'avancées américaines en Asie centrale.


En plein nouveau choc pétrolier, la Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole et premier de gaz, a néanmoins les moyens de faire entendre sa voix au G8. C'est en garant de la sécurité énergétique mondiale que Moscou veut se présenter au sommet de Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine a déjà proposé à ses partenaires « une politique mondiale de l'énergie ». Un thème récurrent pour la Russie. Déjà lors du sommet d'Halifax au Canada, le Kremlin avait lancé l'idée de se pencher à Moscou, au printemps 1996, sur la question de la sécurité nucléaire.


Mais il ne faut pas se tromper. C'est dans l'espace « postsoviétique » que le Kremlin vient de rappeler sa puissance à ses partenaires de la CEI (Communauté des Etats indépendants). « La situation intérieure de certains membres de la CEI, le club d'anciennes républiques soviétiques et des régions autour d'elles, est notre premier sujet d'inquiétude », écrivait récemment dans les colonnes du « Wall Street Journal » Sergueï Ivanov, vice-Premier ministre et ministre de la Défense russe, dans une opinion intitulée : « La Russie doit être forte ». Certes, le coup de force du géant russe Gazprom, en coupant temporairement ses livraisons de gaz à son voisin ukrainien, peut s'expliquer facilement. Moscou n'a plus de raison de « subventionner » un Etat qui veut s'éloigner de toute intégration économique avec son grand voisin et se rapprocher de l'Otan et de l'Union européenne. Le principe de faire payer le gaz au prix du marché, et non plus comme ce fut le cas depuis l'éclatement en 1991 à un prix « subventionné », est acceptable aussi bien pour l'Ukraine que pour les autres pays comme la Moldavie.


Mais en recourant à une méthode brutale, Moscou a lancé un sévère avertissement. Quelles que soient les causes de l'arrêt des livraisons de gaz à l'Arménie et à la Géorgie, dû selon les enquêteurs russes apparemment à un « sabotage » d'un gazoduc à la frontière géorgienne, cet incident, même involontaire, participe du même avertissement. Certes la CEI, liant la Russie à 11 autres républiques ex-soviétiques (les trois pays Baltes n'en faisant pas partie), est considérée par Moscou comme un simple moyen visant à faciliter le « divorce » entre les pays de l'ex-URSS et non pas comme un système d'intégration. D'autres structures comme l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) ou encore la Communauté économique eurasiatique (CEEA) visent en revanche à une plus grande intégration dans les domaines de la défense et de l'économie. Des sortes de « noyaux durs ». Mais la question est de savoir si « la politique » de l'énergie, voire, comme certains le pensent, « l'arme du gaz », peut durablement permettre de ramener vers la Russie un pays comme l'Ukraine. Il est difficile pour le Kremlin d'accepter que l'Ukraine, la « petite Russie », dérive encore plus à l'Ouest. La base de la flotte russe en mer Noire est d'ailleurs située dans le port de Sébastopol. Moscou a déjà vu derrière la « révolution orange » de novembre 2004 la main de Washington. Aujourd'hui, il est vrai que le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, élu au « troisième tour » de la présidentielle de 2004 contre le « candidat de Moscou », Viktor Ianoukovitch, est affaibli. Non seulement ses pouvoirs présidentiels sont menacés d'être réduits par le Parlement, mais aussi le Parlement a voté en janvier une résolution destituant tout le cabinet du Premier ministre Iouri Ekhanouro, qui avait été formé après la démission de la très emblématique Ioulia Timochenko. Les prochaines élections législatives prévues le 26 mars risquent d'être chaudement disputées.


Pourtant, la Russie a pris un risque : celui d'écorner son crédit auprès des dirigeants des autres grandes puissances. Washington n'a pas caché d'ailleurs son mécontentement sur la méthode. « Quand vous dites que vous voulez faire partie de l'économie mondiale, que vous voulez agir en acteur responsable dans l'économie internationale, alors il faut en appliquer les règles », avait ainsi dit la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, en critiquant la brutalité de la décision de Gazprom. Le risque est de réduire le sommet de Saint-Pétersbourg à une sorte de réunion à sept et demi. Car il est difficile d'oublier que la Russie, en dépit de sa puissance énergétique, reste la 16e économie mondiale, loin derrière, en tout cas, la Chine. L'année dernière, des sénateurs américains, John McCain et Joe Lieberman, avaient même proposé au Congrès de suspendre la Russie du G8 jusqu'à ce que le gouvernement russe « arrête ses attaques contre la démocratie et la liberté politique ».


Pourtant, les conséquences du dernier coup de force de Moscou ne peuvent être exagérées. Car, aujourd'hui, Poutine bénéficie d'un atout : celui de la faiblesse relative de ses partenaires. L'Amérique est empêtrée en Irak et contestée dans son pré carré en Amérique latine, et l'Europe est affaiblie après le rejet du projet de la Constitution en France et aux Pays-Bas. Surtout sur le front diplomatique, l'Amérique et l'Europe de l'Ouest comptent sur Moscou pour faire entendre raison à l'Iran dont l'aventure nucléaire inquiète tous les membres du G8.
 

Sources : LES ECHOS

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RUSSIE G8
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