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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 03:45

Dans cet article, nous trouvons pourquoi la guerre en Yougoslavie a eu lieu. L'accaparement des pays de l'Est par les Etats-Unis et l'Europe ne vise qu'à s'emparer, à plus ou moins long terme, des richesses de la Russie...   

 

 

Pourquoi l'OTAN est-il en guerre contre la Yougoslavie ?

Domination mondiale, pétrole et or

 

Déclaration du comité de rédaction du World Socialist Web Site

 

Le 24 mai 1999


Depuis le 24 mars dernier, les forces militaires de l'OTAN dirigées par les États-Unis ont fait subir un bombardement dévastateur à la Yougoslavie. Effectuant plus de 15 000 sorties, l'OTAN a pilonné les villes et les villages de ce pays, détruisant les usines, les hôpitaux, les écoles, les ponts, les dépôts de carburant et les édifices gouvernementaux. Des milliers de personnes ont été tuées ou blessées, y compris des passagers de trains de banlieue et d'autobus, des employés de télévision et d'installations de retransmission. Des quartiers populaires ont également été touchés tant en Serbie qu'au Kosovo.

Ceux qui ont planifié et déclenché cette guerre disent bien peu de choses quant aux conséquences à long terme pour la Yougoslavie, les Balkans et l'ensemble de l'Europe de l'Est. Ainsi, la majeure partie de l'infrastructure industrielle et sociale développée par la Yougoslavie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale est en ruines. En outre, le Danube, artère économique vitale pour la plus grande partie de l'Europe centrale, n'est maintenant plus navigable. Enfin, en Serbie, les besoins essentiels de toute civilisation moderne (l'électricité, l'eau, les égouts) ont été frappés à répétition. Tout comme en Irak, la véritable envergure des ravages causés par les bombes américaines, britanniques et françaises n'apparaîtra clairement que lorsque la guerre sera terminée et que des rapports commenceront à apparaître à propos de taux de mortalité anormalement élevés, notamment parmi les enfants.

La prétention du génocide

L'assaut sur la Yougoslavie a été justifié par l'OTAN et les médias comme un effort humanitaire pour mettre fin à la répression des Kosovars d'origine albanaise.

Le caractère cruel et cynique de la campagne de propagande qui a accompagné le bombardement reflète à sa façon les contradictions flagrantes dans la défense de la légitimité de la guerre par l'OTAN. Ainsi, la démonisation grossière du président yougoslave Milosevic, les témoignages très divergents à propos de massacres perpétrés par les Serbes contre les Albanais du Kosovo, la prétention constante de «   génocide »  et le barrage d'images télévisées de réfugiés souffrants ne sont pas utilisés tant pour convaincre par la force des arguments que pour briser la résistance du public, l'aguerrir et l'intimider. Ce que les politiciens de l'establishment et les spécialistes des médias prétendent, c'est que «   l'opposition à l'OTAN équivaut à soutenir l'expulsion forcée et le meurtre de masse des Albanais » .

Dans sa mobilisation de l'opinion publique pour bombarder l'Irak, l'administration Clinton a répété à saturation l'expression «   armes de destruction massive » . Selon elle, ce n'est qu'en pilonnant l'Irak jour après jour que le monde peut être sauvé de l'arsenal invisible de gaz, d'armes bactériologiques et chimiques mortelles accumulé par Saddam Hussein. Dans le cas de la guerre contre la Yougoslavie, l'expression «  armes de destruction massive »  a été remplacée par l'invocation hautement plus forte et évocatrice de la «  purification ethnique » . Le principal avantage de cette expression est qu'elle fait directement allusion à l'Allemagne nazie. Selon l'OTAN, la «  purification ethnique » au Kosovo, c'est l'holocauste des années 90.

La comparaison est tellement tordue et biaisée historiquement qu'elle en devient obscène. Lors de l'holocauste, des millions de juifs ont été rassemblés dans toute l'Europe occupée par les nazis pour être ensuite déportés vers des camps de la mort qui n'étaient essentiellement que des usines de meurtre massif fonctionnant selon le principe du travail à la chaîne. Six millions de juifs sans défense ont ainsi été tués par les nazis, en comparaison de 2 000 personnes au Kosovo l'an dernier, selon les chiffres mêmes du Département d'État des États-Unis. (Les derniers chiffres faisant état de 250 000 morts ne sont que des fabrications funestes maintes fois démenties même par des observateurs sur le terrain qui travaillant pour des quotidiens occidentaux).

Même si le nombre de personnes tuées au Kosovo était deux fois plus grand qu'il ne l'est actuellement, les pertes de vies seraient toujours moindres, même en tenant compte des différences de population, que celles qui surviennent dans plusieurs conflits du même type ailleurs dans le monde (par exemple au Sri Lanka ou en Turquie). La comparaison n'est certes pas un argument pour se montrer indifférent aux souffrances qui ont lieu au Kosovo, mais elle révèle en revanche le caractère grossièrement mensonger des déclarations de l'OTAN utilisées pour justifier son bombardement à grande échelle de la Yougoslavie. Un autre point doit être signalé quant au contexte de la violence au Kosovo. La violence a commencé en 1998 lors de l'éclatement de la guerre civile entre les nationalistes albanais et l'Armée de libération du Kosovo (UCK en albanais) séparatiste d'un côté, et le gouvernement yougoslave qui cherche à garder le contrôle de la province de l'autre.

Le Comité International de la Quatrième Internationale s'oppose à toutes les formes de chauvinisme national. Nous ne défendons pas le nationalisme réactionnaire du régime de Belgrade. Toutefois, ce serait une falsification flagrante de la réalité politique que de prétendre que l'année de violence sectaire qui a précédé l'offensive de l'OTAN n'est l'oeuvre que des Serbes. L'UCK (financée par l'argent de la drogue et jouissant du soutien en arrière-scène des conseillers de la CIA) a elle-même mené sa propre campagne de terreur contre les civils serbes.

L'OTAN fait preuve de bien d'hypocrisie en prétendant défendre la minorité albanaise ethnique de la répression serbe. On n'a qu'à regarder la fiche des alliés et des membres de l'OTAN dans ce conflit qui ont soutenu et même mené des campagnes de «  purification ethnique »  bien plus importantes encore. Ainsi, 200 000 Serbes ont été expulsés de Croatie en 1995 avec le soutien des États-Unis. La Croatie est devenue depuis un allié des États-Unis et est l'un des États frontaliers avec des troupes de l'OTAN stationnées sur son territoire sur un pied de guerre et prêtes à fondre sur la Serbie. Par ailleurs, au cours des quinze dernières années, plus d'un million de Kurdes ont été chassés de leurs villages en Turquie, non seulement grâce au soutien des États-Unis, mais également à l'aide de matériel militaire américain. Or, la Turquie est toujours membre de l'OTAN et elle participe d'ailleurs au bombardement de la Yougoslavie. Enfin, dans ses représailles infligées contre la population albanaise, la Serbie fait figure de piètre amateur, loin derrière les sauvageries perpétrées par les Français en Algérie et les États-Unis au Vietnam.

Si les conditions politiques leurs auraient été dictées, les médias américains auraient pu présenter la suppression de l'intifada de 1987 à 1991, ou encore les massacres survenus à Beyrouth en 1982 et effectués par l'État israélien, en termes tout aussi incendiaires que ceux utilisés lors des événements de l'an dernier au Kosovo. En évaluant l'expression «  purification ethnique » , il faut se rappeler que les grandes puissances mondiales ont, à plus d'une occasion, évoqué les conflits ethniques pour justifier leurs interventions impérialistes et préparer la scène pour un désastre. Rappelons-nous que l'un des épisodes les plus horribles du XXe siècle est survenu en 1947 lorsque la Grande-Bretagne a évoqué les conflits entre Hindous et Musulmans en Inde pour comploter la création d'un État séparé au Pakistan. La violence qui a suivi la partition a alors entraîné un million de morts et douze millions de réfugiés. Tout comme en Yougoslavie, l'intervention impérialiste a eu comme résultat objectif d'accentuer l'importance de la violence communale et d'accroître la possibilité de l'expansion impérialiste aux pays avoisinants.

Qui est responsable de l'exode au Kosovo ?

L'OTAN affirme que l'un des objectifs premiers de son offensive est de permettre le retour (selon les estimations) de 800 000 réfugiés albanais dans leur foyer au Kosovo. Ici, le cynisme de l'OTAN atteint de nouveaux sommets.

L'examen honnête de la séquence des événements qui ont mené à la crise des réfugiés réfute les prétentions de l'OTAN. L'exode massif a en effet commencé après et non avant le 24 mars. Ce jour-là, dans son discours où il livre la raison officielle de cette guerre, Clinton ne parle pratiquement que de l'intention d'empêcher un exode. Il soulignait en fait le danger que si l'OTAN n'intervenait pas, le nombre de réfugiés pourrait atteindre les «  dizaines de milliers » . Or, que s'est-il passé exactement ? Les bombardements ont détruit une bonne partie du Kosovo et terrorisé ses habitants, en plus d'accentuer les combats entre les forces de Belgrade et de l'UCK. Ce ne sont pas des dizaines, mais bien des centaines de milliers de personnes qui sont devenues des réfugiés.

Toutes ces conséquences n'ont pas été accidentelles. Les puissances de l'OTAN espéraient que l'offensive aérienne permettrait à l'UCK de repousser les forces serbes, de la même façon que les frappes aériennes de 1995 ont permis aux forces croates et musulmanes de reprendre l'offensive en Bosnie et d'expulser les Serbes.

Quant aux réfugiés, ils sont utilisés avec cynisme. Dès que les Albanais du Kosovo ont été déplacés immédiatement après les premiers bombardements, l'OTAN a en effet exploité leur sort pour attiser le support de l'opinion publique pour la guerre, tout en fournissant l'aide la plus minimale possible pour leurs camps de fortune où les conditions sont devenues si horribles que des émeutes ont éclaté. Même alors, seule une poignée de réfugiés a été acceptée dans les pays occidentaux. Certains officiers supérieurs de l'OTAN ont reconnu (bien que leurs déclarations aient été très peu rapportées dans les médias) que la dépopulation du Kosovo était à leur avantage, leur laissant les mains libres pour tapisser de bombes la province et en préparer l'invasion.

Concernant le retour des réfugiés, la question logique à poser est la suivante : retourner vers quoi ? Quelle partie des habitations, des lieux de travail, des routes, des ponts, des voies navigables du Kosovo n'a pas été bombardée par l'OTAN ?

L'objectif politique de la propagande

«  Le but du propagandiste, écrivait Aldous Huxley en 1937, est de faire oublier à une partie de l'humanité que les autres parties ne sont pas humaines » . Dans la guerre actuelle, la démonisation des Serbes est nécessaire à cause de la violence stupéfiante des actes de l'OTAN contre le peuple yougoslave.

Dès le début de l'été, le nombre de morts causé par l'OTAN aura surpassé celui causé par le gouvernement serbe et l'UCK avant l'intervention de l'alliance au Kosovo. Avant le 24 mars en effet, la plupart des observateurs évaluaient le nombre total de tués au Kosovo à environ 2 000 en un an de guerre civile. Or, depuis le 24 mars dernier, le nombre de Serbes et d'Albanais tués par l'OTAN dépasse déjà le millier.

Bien entendu, l'OTAN ne commet que des «  erreurs »  alors que la Serbie commet des «  atrocités » . Plus généralement, chaque nouvelle accusation de pillage ou de meurtre dirigée contre les Serbes par l'OTAN survient rapidement dès l'apparition de nouvelles preuves de morts de civils innocents causée par les bombes de l'OTAN. Dès que quelqu'un ose suggérer que le remède de l'OTAN est en fait pire que le mal, le ton du porte-parole de l'alliance devient encore plus strident : Aurait-on oublié ici qui est l'ennemi ? » 

Question intéressante. Il semblerait en effet que l' «  ennemi »  prend rapidement de l'expansion. Au début, les souffrances et les morts des Albanais ne relevaient que du régime Milosevic. Or, depuis quelques jours, un ton plus venimeux est apparu dans la guerre de propagande : la population serbe en entier est à blâmer. Selon cette nouvelle ligne, le peuple serbe est devenu corrompu, foncièrement indifférent aux souffrances des Kosovars albanais et obsédé par un sens quasi incompréhensible des représailles. Selon bien des propagandistes de l'OTAN, la guérison de ce malaise passe par une invasion terrestre, la conquête de Belgrade et une occupation prolongée. Le tout est décrit comme une mission «  civilisatrice » , ravivant ainsi la terminologie colonialiste du XIXe siècle.

Une guerre impérialiste

La propagande passe par la simplification. Elle nécessite que les complexités des immenses conflits politiques soient mises de côté et que l'opinion publique soit confrontée avec une question piégée ne laissant qu'une seule possibilité de réponse. Dans la guerre actuelle, cette question est : «  Doit-on faire cesser la purification ethnique ? » .

Cette simplification permet aux médias de dépeindre la Yougoslavie comme l'agresseur plutôt que l'OTAN. L'alliance, dans une inversion totale de la réalité, est présentée comme conduisant une guerre essentiellement défensive au nom des Albanais du Kosovo.

Pour déterminer la nature d'une guerre, son caractère progressiste ou réactionnaire, il ne faut pas se borner à examiner des atrocités sélectives, présentes d'ailleurs dans toutes les guerres, mais plutôt effectuer une analyse des structures de classes, de ses fondements économiques et du rôle international est États qui y participent. De ce point de vue décisif, la guerre actuelle menée par l'OTAN est une guerre d'agression impérialiste contre la Yougoslavie.

Les puissances américaines et européennes qui forment le noyau de l'OTAN comprennent les puissances capitalistes les plus avancées au monde. Dans chacun de ces pays, la politique d'État exprime les intérêts du capital financier, basé sur les grandes entreprises transnationales et les institutions financières. L'existence continue de la classe dominante dans ces pays est liée à l'expansion du capitalisme dans le monde.

Pris dans son sens scientifique, le terme «  impérialisme »  correspond à une étape historique précise du développement du capitalisme en tant que système économique mondial. Il dénote les tendances objectives fondamentales du capitalisme telles qu'elles se sont développées au tournant du siècle. Les plus importantes de ces tendances sont : la suppression de la libre concurrence par le développement d'entreprises monopolistiques énormes ; la domination croissante des institutions bancaires gigantesques (Capital financier) sur le marché mondial ; l'impulsion du Capital monopolistique et financier dans les pays où le capitalisme s'est développé le plus fortement (Europe, Amérique du Nord et Japon) pour s'étendre au-delà des frontières nationales et gagner l'accès aux marchés, matières premières et nouvelles sources de main-d'oeuvre dans le monde.

L'impérialisme entretient une relation prédatrice et parasitaire avec les pays les moins développés. De par sa position d'hégémonie financière et au moyen d'institutions financières massives tels le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, l'impérialisme est en position pour dicter ses politiques aux États plus petits qui dépendent de son crédit. Par leur domination du marché mondial, les puissances impérialistes gardent bas les prix des matières premières, appauvrissant ainsi les petits États. Plus ces derniers empruntent, plus misérables et dépendants ils deviennent.

Enfin, au-dessus des États les plus faibles plane en permanence la menace des bombardements aériens. Que ces États soient applaudis en tant que «  jeune démocratie »  ou démonisés en tant qu' «  État criminel »  ne dépend en dernière analyse que de l'endroit où ils se retrouvent dans les plans stratégiques déployés par l'impérialisme mondial. C'est ainsi que l'Irak, appuyé par les États-Unis dans sa guerre contre l'Iran durant les années 80, est devenu l'objet d'attaques dès qu'elle a nui aux plans des États-Unis pour renforcer leur poigne sur les réserves de pétrole du Moyen-Orient.

La même situation s'applique à la Serbie. Dans les années 80, Washington favorisait Slobodan Milosevic dans la mesure où il introduisait des politiques de marché et démantelait l'industrie d'État en Yougoslavie. Dans les années 90, les règles du jeu ont changé et la Serbie est devenue une épine au pied des intérêts impérialistes. Milosevic a maintenant rejoint Saddam Hussein sur la liste des «  criminels les plus recherchés » . Le jugement de l'impérialisme à propos de n'importe quel pays ou dirigeant peut changer abruptement car, comme disait le premier ministre Palmerston de l'Empire britannique, l'impérialisme n'a pas d'alliés permanents, ni d'ennemis permanents, mais seulement des intérêts permanents.

La Yougoslavie n'est pas une puissance impérialiste. C'est un petit État, relativement en retard du point de vue économique, et qui a vu sa superficie réduite dans les années 90 suite à la sécession de quatre des six ex-républiques. Il est indéniable que le rôle de Milosevic dans ce processus est totalement réactionnaire. Son exploitation du nationalisme serbe peut difficilement être opposée aux politiques chauvines de Tudjman en Croatie, d'Izetbegovic en Bosnie, et de Kucan en Slovénie. Milosevic n'a toutefois jamais été l'instigateur de ce processus. Il s'est bien plutôt adapté (comme une bonne partie des ex-staliniens d'Europe de l'Est) aux tendances sociales centrifuges déclenchées par la restauration de l'économie de marché. C'est là que les puissances impérialistes ont joué le rôle principal, exigeant la destruction des industries nationalisées et l'imposition de politiques d'austérité exacerbées qui ont réchauffé les tensions ethniques. La pression économique exercée sur la Yougoslavie a créé les fondements objectifs pour la dissolution de l'État yougoslave unifié. Depuis 1991, l'éclatement de la Yougoslavie a été assuré par l'intervention politique des grandes puissances. Bien qu'il avait été prédit que la dissolution de la Yougoslavie serait violente, le démembrement a néanmoins été encouragé par l'Allemagne, qui a abruptement reconnu l'indépendance de la Croatie et de la Slovénie en 1991, et les États-Unis qui ont approuvé encore plus témérairement l'indépendance de la Bosnie en 1992.

En outre, la Yougoslavie n'est pas un État capitaliste même de stature régionale. Elle ne possède aucun conglomérat transnational. Le capital financier yougoslave ne joue aucun rôle significatif en dehors des frontières du pays. Dans la mesure que l'on puisse parler de bourgeoisie serbe, elle ne fait qu'émerger des strates entourant Milosevic qui s'enrichissent en pillant la propriété d'État qui accompagne le processus de démantèlement de la Yougoslavie.

Les comparaisons de la Serbie à l'Allemagne nazie et de Milosevic avec Hitler sont une combinaison d'ignorance et de tromperies. L'analyse scientifique politique ne consiste pas à lancer des épithètes. La transformation d'un petit caporal autrichien gueulard et arborant une moustache à la Charlie Chaplin en la personnification la plus monstrueuse de la réaction mondiale dépend de certains prérequis objectifs, à savoir : les immenses ressources de l'industrie allemande. Hitler était le dirigeant d'une puissance impérialiste agressive cherchant à établir l'hégémonie du capitalisme allemand sur toute l'Europe. Avant que l'offensive sanglante de Hitler fut stoppée, la domination allemande s'étendait de la Manche au Caucase, englobant les Balkans, y compris la Yougoslavie. Les ambitions militaires de Hitler reflétaient l'appétit économique de Siemens, Krupp, I. G. Farben, Daimler-Benz, Deutsche Bank et des autres grands conglomérats allemands.

Ne serait-ce les conséquences tragiques associées avec cette distorsion de la réalité historique, la comparaison de la Serbie avec l'Allemagne nazie et de Milosevic avec Hitler aurait été risible. La Serbie, pour commencer, ne cherche pas à conquérir des terres étrangères, mais bien à conserver un territoire contenu à l'intérieur de ses frontières reconnues mondialement. Quant à Milosevic, la principale préoccupation de cet «  Hitler »  a été de s'accrocher à tout ce qu'il pouvait des restes d'une fédération dont les frontières rapetissaient année après année.

En résumé : cette guerre est une guerre menée par une coalition de grandes puissances impérialistes contre un petit pays semi-retardataire au niveau économique. Cette guerre a un caractère néocolonialiste, foulant aux pieds la souveraineté yougoslave. Son objectif est de créer un type de protectorat de l'OTAN sur le Kosovo, qui doit ressembler au régime OTAN-FMI qui dirige aujourd'hui la Bosnie.

Au-delà de la propagande : pourquoi cette guerre est-elle menée ?

Une fois les déclarations frauduleuses des porte-parole de l'OTAN et les falsifications des médias repoussées à propos de cette guerre, que reste-t-il ?

Une agression pure et simple menée par de puissants pays impérialistes contre une petite fédération,les raisons officielles données pour l'attaque ne sont qu'un écran de fumée. Sans toute la propagande délirante et hystérique, il serait en fait beaucoup plus difficile d'empêcher le public de s'interroger sur les véritables raisons qui poussent les puissances impérialistes à prendre la voie du bombardement.

Au début du siècle, Rosa Luxemburg écrivait que le capitalisme était le premier mode de production à disposer de la propagande de masse comme arme. L' «  humanisme »  était, à l'époque de ce commentaire comme aujourd'hui, une couverture pour prendre de force aux pays les plus faibles ce qui est convoité. Les «  missions civilisatrices »  des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Belgique et des Pays-Bas avaient comme but en fait de s'emparer des matières premières, des marchés et de l'avantage géopolitique sur leurs principaux rivaux. De la même façon, l'attaque sur la Yougoslavie vise à garder les intérêts matériels des puissances impérialistes.

Pour commencer, les puissances occidentales se positionnent pour exploiter les abondantes réserves minérales du Kosovo qui incluent les dépôts substantiels de plomb, de zinc, de cadmium, d'argent et d'or. Le Kosovo possède également 17 milliards de tonnes de charbon en réserve selon les estimations. Mais tout cela n'est que la «  petite monnaie »  des calculs impérialistes. Les gains matériaux immédiats qui peuvent être pillés du Kosovo sont minimes comparés aux plus grand potentiel d'enrichissement qui miroite dans les régions plus à l'est pour lesquelles les puissances de l'OTAN ont développé d'immenses intérêts au cours des cinq dernières années. Il est étonnant que si peu d'attention ait d'ailleurs été accordée à ce lien avec cette guerre et les ambitions stratégiques mondiales des États-Unis et des autres puissances de l'OTAN.

L'OTAN et la chute de l'URSS

Exactement comme la fin du siècle dernier a été le témoin du développement de l'impérialisme et des efforts des grandes puissances pour se départager le monde, le démantèlement de l'URSS a créé une absence de pouvoir en Europe de l'Est, en Russie et en Asie centrale qui rend une nouvelle division du monde inévitable. La signification principale des événements en Yougoslavie dans les circonstances critiques actuelles, c'est qu'elle est à la périphérie occidentale d'une bande massive de territoires dans lesquels les grandes puissances cherchent à prendre de l'expansion. Il est impossible pour les États-Unis, l'Allemagne, le Japon, la France, la Grande-Bretagne et les autres puissances de simplement regarder passivement l'ouverture de cette zone. Une lutte pour l'accès à cette région et le contrôle des matières premières, de la main d'oeuvre et des marchés qu'elle renferme est en train de se développer qui surpassera de loin la «  ruée vers l'Afrique »  du siècle dernier.

Ce processus exprime les besoins les plus profonds du système de profit. Les transnationales d'aujourd'hui mesurent leurs succès en termes globaux. Aucun marché dans le monde ne peut être ignoré par General Motors, Toyota, Lockheed Martin, Airbus ou même Coca-Cola. Ces immenses sociétés se concurrencent sur tous les continents pour dominer le marché. Pour elles, la pénétration du sixième de la planète nouvellement ouvert à l'exploitation capitaliste est une question de vie ou de mort.

L'intégration de cette région au système mondial de production et d'échange capitaliste est la tâche la plus critique à laquelle fait face bourgeoisie internationale actuellement. Il est essentiel pour la survie du capitalisme au XXIe siècle. Si au début du XXe siècle, il était nécessaire pour le capitalisme de diviser et d'organiser le monde, qu'en est-il maintenant que toutes les grandes entreprises sont mondiales ?

Les États-Unis exploitent le démantèlement de l'URSS plus agressivement. Cela s'explique en partie par les limites historiques que l'Union soviétique a imposées aux États-Unis. Le capitalisme américain est devenu prééminent assez tard, lors de la Première guerre mondiale. L'année même (1917) où ce pays entrait en guerre, la victoire de la Révolution d'Octobre en Russie jetait les bases pour la création de l'Union soviétique. Pendant 70 ans, la conséquence objective de l'existence de l'URSS fut qu'une vaste portion de la planète fut interdite à l'exploitation directe du capitalisme américain.

La requête du Capital américain de prendre possession de ce territoire, des matières premières et de la force de travail humaine qu'il contient, bref de s'emparer de ce dont il a été privé, constitue l'essentiel de la politique de la Guerre froide de Washington. Débarrassée de ses exagérations et de ses falsifications, la lutte contre «  l'expansion communiste »  n'était en fait que le reflet de l'ambition implacable pour étendre l'influence des banques et des sociétés américaines en Europe de l'Est et en Russie afin d'en extraire des profits. Les événements de 1989 à 1991 ont finalement délié les mains du capitalisme américain dans cette région du monde.

La réintégration du territoire de l'ex-URSS au sein du capitalisme mondial s'accompagne de l'absorption par les gigantesques transnationales occidentales de milliards de dollars en matières premières vitales aux puissances impérialistes. Les plus importantes réserves de pétrole inexploitées au monde sont situées dans les anciennes républiques soviétiques qui bordent la mer Caspienne (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan). Ces ressources sont maintenant divisées entre les grands pays capitalistes. Voilà le carburant qui alimente le militarisme ressuscité et qui doit mener à de nouvelles guerres de conquêtes par les puissances impérialistes contre leurs opposants régionaux et à des conflits toujours plus importants qui opposeront les impérialistes entre eux.

Voilà la clé pour comprendre l'agressivité de la politique étrangère américaine de la dernière décennie. Le bombardement de la Yougoslavie n'est que le dernier acte belliqueux de toute une série de guerres d'agression qui sont survenues partout sur la planète. Bien qu'elles aient certaines motivations régionales, ces guerres sont la réponse des États-Unis aux occasions et défis ouverts par la chute de l'URSS. Washington voit sa puissance militaire comme un atout qui peut être utilisé pour l'emporter sur ses rivaux dans la lutte à venir pour s'emparer des ressources.

Le pétrole de la mer Caspienne et le débat de la nouvelle politique étrangère

«  La région de la mer Caspienne est l'une des dernières grandes sources potentielles de gaz et de pétrole au monde encore non exploitées » expliquait l'un des exécutif d'Exxon en 1998, ajoutant que la région pourrait très probablement produire jusqu'à 6 millions de barils de pétrole par jour en 2020. Il estime qu'entre temps, l'industrie pétrolière pourrait bien investir entre 300 et 500 milliards de dollars pour exploiter les réserves. Il estime y trouver 163 milliards de barils de pétrole et 337 billions de pieds cubes de gaz naturel. Si ces prévisions s'avèrent exactes, la région va devenir un producteur pétrolier comparable à l'Iran et à l'Irak.

Tous les principaux pays capitalistes et certaines puissances régionales en développement ont des visées sur les ressources de ces régions. Les puissances capitalistes sont très conscientes de l'existence d'impératifs objectifs pour intervenir, étendre leur influence et assurer leurs intérêts au détriment de leurs rivaux. Ces besoins pour intervenir s'articulent de plus en plus nettement dans les pages des journaux politiques, les audiences gouvernementales et dans les éditoriaux.

C'est aux États-Unis que ce débat est le plus significatif et le plus alarmant. Depuis 1991, il y a parmi les stratèges de renom aux États-Unis, une franche discussion sur la nouvelle place du pays dans les affaires mondiales. En l'absence de l'Union soviétique, plusieurs d'entre eux ont tiré la conclusion que les États-Unis sont désormais les nouveaux maîtres d'un monde « unipolaire » , dans lequel, à l'heure actuelle, ils jouissent d'une position dominante inégalable. Ces stratèges ne se demandent pas si, mais comment, cet avantage peut être exploité.

À cet égard, l'article de Zbigniew Brzezinski, ancien chef de la sécurité nationale sous la présidence de Carter, publié dans le numéro de septembre-octobre de la publication Foreign Affairs, est très significatif. Il est titré : «  Une géostratégie pour l'Asie. » 

«  Il est très peu probable que le statut de première puissance mondiale des États-Unis puisse être menacé par quelque puissance que ce soit, pour plus d'une génération encore » , écrit Brzezinski. «  Aucun état ne pourra vraisemblablement égaler les États-Unis dans ce qui constitue les quatre dimensions du pouvoir (militaire, économique, technologique et culturel) qui confèrent le poids et l'influence politique globale. » 

Ayant consolidé son pouvoir dans sa base de l'hémisphère occidental, les États-Unis doivent maintenant, explique Brzezinski, déployer les efforts nécessaires pour pénétrer les deux continents de l'Europe et de l'Asie. » 

«  L'émergence des États-Unis à titre de superpuissance globale, rend impératif le développement d'une stratégie intégrale et complète pour l'Eurasie. » 

Après les États-Unis, écrit Brzezinski, les six plus puissantes économies, ayant les budgets militaires les plus importants sont dans cette région, de même que toutes, sauf une, des puissances nucléaires déclarées ainsi que toutes, sauf une, des puissances nucléaires non déclarées. L'Eurasie compte pour 75 % de la population mondiale, 60 % de son produit national brut, et 75 % des ressources énergétiques. Collectivement, la puissance potentielle de l'Eurasie surpasse même les États-Unis.

«  L'Eurasie est le super continent formant l'axe mondial. La puissance qui domine l'Eurasie exercerait une influence décisive sur deux des trois régions du monde les plus productives économiquement, l'Europe de l'Ouest et l'Asie de l'Est. Un coup d'oeuil sur la carte suggère aussi que le pays dominant en l'Eurasie contrôlerait presque automatiquement le Moyen Orient et l'Afrique.

«  Avec l'Eurasie comme échiquier géopolitique principal, il n'est plus suffisant aujourd'hui d'élaborer une politique pour l'Europe et une autre pour l'Asie. La distribution du pouvoir à venir sur le territoire de l'Eurasie va être d'une importance décisive pour la primauté de la domination mondiale des États-Unis et de son héritage historique. » 

Comme il ne pense pas qu'ils puissent dominer l'Eurasie seuls, Brzezinski voit les intérêts des États-Unis pouvant être les mieux servis en s'assurant un rôle dirigeant, tout en créant un rapport de force favorable aux puissances pro-américaines. Il fait entrer une importante condition : dans une Eurasie volatile, la tâche immédiate est de s'assurer qu'aucun état ou aucune combinaison d'états n'acquiert la capacité d'expulser les États-Unis ou d'en diminuer le rôle décisif » . Il qualifie cette situation d' «  hégémonie américaine bénigne » .

Brzezinski voit l'OTAN comme étant le meilleur véhicule pour atteindre ces objectifs. « Contrairement à ses liens avec le Japon, l'OTAN étend l'influence politique et la puissance militaire des États-Unis au coeur de l'Eurasie. Alors que les nations européennes alliées sont toujours très dépendantes de la protection militaire des États-Unis, toute expansion de la perspective politique de l'Europe devient automatiquement une expansion de l'influence des États-Unis. De même, la capacité des États-Unis de projeter influence et puissance dépend de ses relations transatlantiques étroites.

«  Une Europe plus étendue et un OTAN élargi servirait les intérêts politiques à cours et à long terme des États-Unis. Une Europe plus étendue va entraîner la sphère d'influence américaine sans simultanément créer une Europe si intégrée politiquement permettant de défier les États-Unis sur des questions géopolitiques d'importance, particulièrement au Moyen Orient. » 

Comme ses lignes le suggèrent, le rôle de l'OTAN en Yougoslavie, où il a pour la première fois depuis sa création, initié une offensive militaire, est clairement vu dans par les cercles dirigeants des États-Unis comme un pas renforçant la position mondiale américaine. Au même moment, l'expansion de l'OTAN en Pologne, en Hongrie et dans la République tchèque représente effectivement une expansion de l'influence américaine en Europe et dans le monde.

La perspective particulière de Brzezinski sur cette région n'est pas entièrement nouvelle. Il a ressuscité, en l'adaptant aux besoins actuels des États-Unis, la stratégie géopolitique traditionnelle de l'impérialisme britannique, qui a longtemps chercher à protéger ses intérêts en Europe en exacerbant les conflits entre nations rivales sur le continent.

La première «  stratégie eurasienne »  moderne pour la domination du monde a été élaborée en Angleterre. Le stratège impérial Halford Mackinder, dans un écrit en 1904, «Le Pivot Géopolitique de l'Histoire »  maintenait que les territoires de l'Eurasie et de l'Afrique, qu'ensemble il avait baptisé «  l'ìle du monde » , étaient d'une importance décisive pour qui veut dominer le monde. Selon Mackinder, les barrières qui ont empêché la formation d'empires mondiaux, surtout les limites dans le transport, ont été largement surmontées au début du XXe siècle, créant les conditions pour une lutte entre les grandes puissances pour l'établissement d'une dominion mondiale. La clé, croit Mackinder, réside dans le contrôle du «  coeur central »  du territoire de la région eurasienne, délimité grossièrement par la Volga, le Yangtze, l'Artique et les Himalayas. Il résume sa stratégie de la façon suivante : «  Celui qui gouverne l'Europe de l'Est, gouverne le coeur central de l'Eurasie ; celui qui gouverne le coeur central, gouverne l'île du monde ; celui qui gouverne l'île du monde gouverne le monde. » 

Indépendamment du fait que ces positions aient été critiquées par les commentateurs bourgeois, les écrits de Mackinder, comme ceux de Brzezinski aujourd'hui, ont été attentivement lus par les principaux hommes d'état de son temps et ont exercé une profonde influence dans les conflits entre les grandes puissances qui ont modelé la première moitié de ce siècle.

Pour des raisons de stratégie mondiale et de contrôle sur les ressources naturelles, les États-Unis sont déterminés à s'assurer une position dominante dans l'ancienne sphère d'influence de l'Union soviétique. S'il y avait un adversaire, ou une combinaison d'adversaires, qui effectivement menaçait la suprématie des États-Unis dans cette région, cela remettrait en question la position hégémonique des États-Unis dans les affaires du monde. Cela, la classe politique américaine en est très consciente.

Les plans de Washington pour la domination de l'Asie Centrale

Le Comité de la Chambre des représentants des États-Unis sur les Relations Internationales a débuté des audiences sur l'importance stratégique de la région caspienne. Lors d'une réunion en février 1998, Doug Bereuter, le président du comité, a ouvert en rappelant les conflits entre les grandes puissances pour le contrôle de l'Asie Centrale au cours du XIXe siècle, surnommé alors «  la grande joute » .

Dans la course pour les empires, notait Bereuter, la Russie et la Grande Bretagne s'étaient engagées dans une longue lutte pour le pouvoir et l'influence. Il continua en disant que «  cent ans plus tard, la chute de l'URSS a relancé une nouvelle grande joute, dans laquelle les intérêts de la East India Trading Company ont été remplacés par ceux d'Unocal et de Total, et de plusieurs autres organisations et firmes. » 

«  Les buts politiques déclarés des États-Unis concernant les ressources énergétiques de la région » , continue-t-il, «  comprennent la nécessité de nourrir la dépendance des états et leurs liens avec l'Ouest, de briser le monopole russe sur le transport du pétrole et du gaz naturel, d'assurer la sécurité de l'Ouest en énergie en diversifiant les fournisseurs, d'encourager la construction de pipelines est-ouest qui ne transigeront pas via l'Iran, et de soutirer à l'Iran son influence dangereuse sur les économies de l'Asie Centrale. » 

Comme les commentaires de Bereuter l'indiquent, Washington entrevoit des conflits substantiels avec les puissances de la région dans la poursuite de ses intérêts. Si des frictions considérables ont initialement accompagné l'accès au pétrole caspien, des conflits encore plus importants ont éclaté autour de son acheminement vers les marchés de l'Ouest.

Bien que des contrats de dizaines de milliards de dollars aient déjà été signés par les compagnies pétrolières de l'Ouest, il reste à décider par quelle route les pipelines vont passer. Pour les raisons invoquées par Bereuter, les États-Unis tiennent absolument à une route est-ouest, qui éviterait l'Iran et la Russie.

C'est une question qui préoccupe au plus haut niveau le gouvernement américain. L'automne dernier, le secrétaire à l'Énergie, Bill Richardson, a dit à Stephen Kinzer du New York Times : «  Nous tentons de diriger ces nouveaux pays indépendants vers l'Ouest. Nous aimerions les voir s'appuyer sur les intérêts commerciaux et politiques de l'Ouest plutôt que de les voir aller d'une autre manière. Nous avons investi une somme politique substantielle dans la région caspienne et c'est très important pour nous que la carte du réseau de pipelines et de nos politiques donne de bons résultats. » 

De nombreux stratèges étaient en faveur d'une politique plus agressive pour la région. L'un d'eux, Mortimer Zuckerman, l'éditeur du US News & World Report, avait écrit dans un article paru en mai 1999 que les ressources de l'Asie Centrale pourraient bien retourner sous le contrôle de la Russie ou d'une alliance dirigée par la Russie, un résultat qu'il qualifiait de « situation cauchemardesque » . Il écrivait : «  Nous devons nous secouer face au danger, sinon les certitudes sur lesquelles nous fondons notre prospérité ne seront plus que des certitudes, et rien d'autre. » 

«  La région dominée par la Russie, le pont entre l'Asie et l'Europe à l'est de la Turquie, contient une quantité potentielle si élevée de pétrole et de gaz de la Mer caspienne, évaluée à près de 4 milliards de dollars, que cela pourrait redonner à la Russie sa santé et des opportunités stratégiques. » 

Zuckerman suggère que le nouveau conflit soit appelé, «  la plus grande joute » . Ce superlatif est plus approprié pour aujourd'hui, alors que les conflits «  ont des conséquences mondiales, pas seulement régionales. La Russie, avec sa force nucléaire pourrait bien jouer un rôle de protecteur dans un nouveau consortium pétrolier incluant l'Irak et l'Iran, et pourrait bien faire grimper les prix suffisamment pour renforcer les producteurs et menacer l'Ouest, la Turquie, Israël et l'Arabie Saoudite. Pour reprendre les termes utilisés par Paul Michael Wihbey, dans une excellente analyse pour l'Institute for Advanced Strategic and Political Studies, le «  scénario de cauchemar du milieu des années 1970 va réapparaître avec un bras vengeur. » 

En 1998, Frederick Starr, dirigeant du Central Asian-Caucasus Institute à l'Université Johns Hopkins, faisait remarquer que la moitié des nations membres de l'OTAN avait des intérêts commerciaux majeurs dans la région caspienne. Il ajoute ensuite que «  les gains économiques potentiels de l'énergie caspienne vont entraîner dans leur sillage les armées de l'Ouest pour assurer la protection des investissements nécessaires » .

La perspective d'un conflit militaire ente un ou plusieurs des membres de l'OTAN et la Russie n'est pas simplement une question spéculative. Starr écrit : «  Il n'y a pas de pays plus avide d'avoir le statut de membre de l'OTAN que l'Azerbaïdjan, très riche en énergie, et nulle part ailleurs, le risque de conflit avec la Russie au sujet de l'exportation des ressources de l'Azerbaïdjan, n'est plus élevé. »  En 1998 le pays a participé dans tous les 144 exercices de «  partenariat pour la paix »  de l'OTAN.

Les raisons offertes pour justifier la présente campagne contre la Yougoslavie pourraient facilement être appliquées par les dirigeants américains s'ils décidaient d'intervenir militairement en Asie Centrale. Il y a des conflits ethniques dans presque tous les pays de la région. Les trois pays à travers lesquels les États-Unis aimeraient voir passer le pipeline, sont des cas exemplaires à cet égard. En Azerbaïdjan, un conflit militaire fait rage contre la population arménienne depuis plus de dix ans. Le voisin, la Géorgie a des guerres intestines sporadiques entre le gouvernement et le mouvement séparatiste en Abkhazie. Finalement, la Turquie, qui est l'hôte de la station terminale du pipeline, mène une campagne de répression contre la minorité kurde, dont la population est majoritaire dans la région du sud-est, précisément là où les États-Unis veulent faire passer le pipeline.

Ce point n'est pas oublié par l'actuelle administration des États-Unis. Dans un discours prononcé pour les journaux américains le mois passé, Bill Clinton a déclaré que les chambardements ethniques yougoslaves étaient loin d'être uniques. «  Presque toute l'ancienne Union soviétique est confrontée au même défi » , a-t-il dit, «  y compris l'Ukraine et la Moldavie, la Russie du Sud, la nation caucasienne de la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et les nouvelles nations de l'Asie Centrale. »  Avec l'ouverture de ces régions, notait-il, «  le potentiel pour les conflits ethniques devient peut-être la plus grande menace de nos intérêts les plus critiques: la transition des anciens pays communistes vers la stabilité, la prospérité et la liberté. » 

Une série de guerres à venir

Mais l'attitude agressive des États-Unis envers l'intervention en Yougoslavie et la perspective de futures percées américaines dans la région caspienne ne seront pas reçues avec indifférence à travers le monde.

Le potentiel d'un conflit avec la Russie a augmenté au cours des dix dernières années. Il en est de même pour la possibilité d'un conflit majeur entre les États-Unis et une ou plusieurs puissances européennes. La bourgeoisie européenne ne va pas se contenter à jamais d'un statut subordonné par rapport aux États-Unis. Sa position serait continuellement érodée à mesure que les États-Unis cherchent à renforcer leur avantage. Il est inévitable que des conflits naissent à propos du partage du butin en Asie centrale et en Europe de l'Est entre les États-Unis, l'Allemagne, la France, l'Angleterre et l'Italie.

Des éditorialistes et des politiciens européens ont récemment protesté contre l'implication grandissante des États-Unis dans les affaires concernant la sécurité de l'Europe et la pression américaine pour une expansion de l'OTAN. Que doivent-ils penser des plans américains, comme ceux tracés par Brzezinski, prévoyant une massive extension de la puissance américaine en Europe et en Asie ?

Les tensions sont déjà visibles. L'intervention militaire en Yougoslavie se déroule au cours d'une année qui a vu une hausse des conflits commerciaux transatlantiques. De plus, les puissances européennes cherchent depuis longtemps le moyen de saper l'hégémonie américaine dans le commerce mondial, établissant une union monétaire et créant l'euro pour rivaliser avec le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. La principale puissance dans l'union monétaire européenne, l'Allemagne, possède en outre des intérêts commerciaux substantiels en Europe de l'Est et en Russie. La perspective d'un conflit américano-russe et d'une instabilité croissante à Moscou met sa position en péril.

De nouveaux conflits entre les États-Unis et le Japon vont également surgir. La nation insulaire, grand importateur de pétrole, a ses propres intérêts dans la région caspienne et est engagée dans toute une série de conflits commerciaux avec les États-Unis. Dans la mesure où les États-Unis voient le renforcement de leur rôle militaire comme la clé de leur succès en Asie centrale, il faut s'attendre à ce que certains cercles dirigeants du Japon réclament la fin des restrictions d'après-guerre sur la taille et la capacité d'intervention de son armée.

Un conflit ouvert entre les États-Unis et la Chine est inévitable. La Chine, un pays historiquement opprimé et non une puissance impérialiste, a cependant fait des pas de géant vers la restauration du capitalisme et aspire au rôle de puissance économique régionale.

Comme en témoigne l'actuelle hystérie anti-chinoise dans la presse américaine, une section importante de l'élite dirigeante américaine s'oppose énergiquement à un tel développement. L'expansion de l'influence américaine en Asie centrale pose une menace directe et immédiate à la Chine, entre autres parce que l'expansion de l'économie chinoise dépend directement de son accès au pétrole. Ses besoins en pétrole pourraient doubler d'ici 2010, ce qui forcera le pays à recourir à l'importation pour couvrir 40 pour cent de ses besoins, comparativement à 20 pour cent en 1995.

Pour cette raison, la Chine a déjà exprimé son intérêt dans la construction d'un pipeline qui transporterait le pétrole caspien en direction de l'est et a signé en 1997 une entente de $4,3 milliards pour s'assurer une part de 60 pour cent dans une entreprise de pétrole de Kazakh. Les États-Unis vont certainement chercher à miner ses activités dans cette région.

À travers le monde, les gouvernements craignent de bien pouvoir devenir la prochaine cible d'actions militaires, s'ils devaient résister aux demandes américaines. Une telle appréhension n'est pas du tout limitée aux pays moins développés qui figurent sur la liste noire américaine. On peut être certain que Paris et Berlin sont très inquiets des intentions américaines en Europe et que le Pentagone a des plans de guerre avec la France et l'Allemagne qui peuvent être rapidement tirés des étagères.

Ces deux pays sont pris en exemple pour attirer l'attention sur un autre point important. Il est loin d'être assuré que tout prochain conflit impliquant les États-Unis sera aussi à sens unique que le conflit actuel. Washington va se retrouver avant longtemps en guerre contre un adversaire qui n'est pas complètement sans défense.

La région de l'Asie centrale, vitale d'un point de vue stratégique et riche en ressources naturelles, ne saurait être divisée de façon pacifique entre les grandes puissances impérialistes mondiales alors qu'elle est réintégrée à la structure du capitalisme mondial. Comme Lénine devait écrire en 1915, en parlant du partage des pays coloniaux entre les puissances impériales : «  La seule méthode concevable de partage, sous le capitalisme, des sphères d'influence, des intérêts, des colonies, etc., repose sur une évaluation de la force des pays participants, au niveau économique, financier, militaire, etc. Et la force des participants au partage ne change pas de façon égale, car le développement uniforme des différentes entreprises, branches d'industrie ou nations est impossible sous le capitalisme. Il y a un demi-siècle, l'Allemagne était un pays insignifiant comparé à l'Angleterre de l'époque ; tout comme le Japon, comparé à la Russie. Est-il 'concevable' que dans dix ou vingt ans, la force relative des puissances impérialistes n'aura pas changé ? Ceci est hors de question. » 

La mise à jour de l'évaluation de Lénine en substituant les grandes puissances de l'heure à celles de 1915 soulève la question : est-ce que les États-Unis, l'Europe et le Japon vont finir par s'arranger à l'amiable et trouver un terrain d'entente sur des questions aussi explosives que l'élaboration d'accords commerciaux, l'établissement de pactes militaires et l'octroi de contrats de pétrole et de construction valant des trillions de dollars ? Aucune réponse affirmative n'est possible.

Les grandes puissances vont également chercher à profiter des conflits locaux. Ceux-ci vont augmenter, non diminuer, alors que l'Asie centrale est intégrée au système global de production et d'échanges. À mesure que croît le financement occidental des projets de pétrole, les enjeux des conflits régionaux ethniques grossissent. Lorsque le contrôle d'un territoire rapporte des milliards en exportation de pétrole, les batailles deviennent plus féroces.

Déjà, les conflits qui ont éclaté dans la région abkhazienne de la Géorgie ont stoppé la construction des pipelines plus d'une fois. En outre, la pénétration du capital occidental a été accompagnée de mesures d'austérité dictées par le FMI. Ces changements ont appauvri davantage la vaste majorité des peuples de l'Asie centrale, tout en enrichissant une minorité. Comme la Russie, les républiques caspienne et caucasienne ont vu la création d'une couche extrêmement riche, mais mince, de «  nouveaux Kazakhiens » , «  nouveaux Azériens » , etc., alors que le niveau global de la production et des revenus a chuté depuis 1991.

Ces développements sont porteurs d'un nouveau partage du monde, qui sera décidé par les principales puissances impérialistes, appuyées sur leurs armées. Les conflits militaires à venir vont prendre place dans une région du monde encore plus explosive que les Balkans. Tous les grands protagonistes possèdent des armes nucléaires, ce qui soulève le danger d'un nouveau conflit impérialiste majeur, le troisième en l'espace d'un siècle, dont le potentiel dévastateur, au niveau matériel et humain, serait de loin supérieur aux deux premiers combinés.

Les implications du bombardement de la Yougoslavie

C'est la signific

ation de l'action militaire actuelle contre la Yougoslavie et la croissance du militarisme en général. Le Kosovo est le banc d'essai de guerres à venir dans l'ancienne région soviétique.

La guerre est au même moment l'expression d'immenses contradictions au sein des pays impérialistes eux-mêmes. Ces tensions sociales sous-jacentes seront exacerbées par la guerre. Tout le XXe siècle a montré que les périodes de voracité impérialiste sont nécessairement accompagnées d'une intensification des conflits sociaux dans les centres métropolitains de l'impérialisme.

Les structures sociales internes des États-Unis et des états de l'Europe de l'Ouest sont ébranlées par d'intenses contradictions de classe. Les deux dernières décennies ont vu une profonde polarisation matérielle dans ces pays. Une mince couche a atteint un niveau de richesse jamais vu dans l'histoire. Le reste de la population vit à divers degrés dans l'anxiété et même le désarroi économiques et une couche substantielle fait face à la misère. Tous les indices laissent voir une continuation, et même une accélération, de cette tendance de base.

Les conflits sociaux ont pris une forme maligne dans la mesure où ils sont restés politiquement inarticulés. L'Amérique quant à elle donne l'impression d'une société qui se trouve au bord de la dépression nerveuse. La vie publique est ponctuée d'éruptions de violence par des enfants d'école qui ont laissé le pays dans un état de semi-choc. Aucune explication, en dehors des plus banales, n'a été offerte par les autorités ou les experts sur ces explosions de violence antisociale. Elles attestent cependant à leur manière la brutalité de la vie contemporaine américaine et les antagonismes étouffés qui sommeillent juste sous la surface.

Ce point suggère un autre motif du bombardement de la Yougoslavie. Le père de l'élaboration d'une politique impérialiste à la fin du siècle dernier, Cecil Rhodes, a noté les avantages sociaux-psychologiques d'un militarisme agressif en tant que soupape pour alléger les pressions sociales accumulées au sein même des pays impérialistes. Mis à part ses intérêts économiques directs et indirects dans le conflit actuel, la bourgeoisie américaine voit là une occasion de détourner les frustrations et le désarroi accumulés vers une cible extérieure.

Elle reconnaît au même moment les limites de telles diversions et s'apprête déjà à remodeler sa politique interne selon ses ambitions impérialistes. Le pays va continuer sur la voie d'une garnison de haute technologie, où le gros des dépenses publiques est consacré à des visées militaires à l'étranger. Les programmes sociaux se verront remplacés au fur et à mesure par la répression interne crue. Cette approche fondamentale sera suivie dans les autres grands états impérialistes.

Quant aux droits démocratiques, ils sont loin d'être garantis. La véritable attitude de l'élite dirigeante sur cette question a été révélée de façon beaucoup plus claire dans sa conduite de la guerre actuelle que dans toutes ses garanties légales officielles et ses déclarations publiques : n'a-t-elle pas fait bombarder des stations de télévision serbes et menacé de fermer l'Internet ?

Au grand dam des autorités gouvernementales, de la cabale militaire et des médias, la majorité des peuples des pays de l'OTAN ne sont pas saisis de la fièvre guerrière. Celle-ci est largement confinée à l'establishment politique. Dans le grand public, on est plutôt perplexe et inquiet. Dans la mesure où ce sentiment ne s'est pas développé en opposition organisée à la guerre, il est en large mesure le résultat du processus d'abandon politique des masses par les organisations auxquelles elles avaient autrefois donné leur allégeance.

La guerre a mis à nu la faillite complète des partis politiques établis qui se présentaient comme les défenseurs de la classe ouvrière et du socialisme. Des partis social-démocrates, travaillistes et staliniens, ont été recrutés non seulement les partisans mais aussi les dirigeants de la guerre actuelle. C'est loin d'être une surprise pour des observateurs plus expérimentés. De telles organisations ont démontré pendant longtemps leur soumission politique aux marchés et à la grande entreprise, et elles ont été intégrées à l'appareil de l'impérialisme. La guerre n'a fait que révéler le nouveau stade de ce déclin politique, à savoir que c'est un processus complété. Alors qu'ils représentaient autrefois un obstacle aux demandes politiques et économiques du capital, sans représenter toutefois une alternative socialiste viable à l'impérialisme, ils ne sont aujourd'hui rien de plus que des partis bourgeois de droite.

La guerre a mis en relief une autre caractéristique, peut-être mieux décrite comme un «  vide » , du paysage politique : l'absence d'une intelligentsia vouée à la critique sociale et prête aux sacrifices. Dans les rangs universitaires, quasiment aucune voix ne s'est élevée pour critiquer les arguments et les hypothèses qui ont servi à justifier la guerre. Dans la mesure où l'on a pu entendre des voix dissidentes, elles viennent en général de la droite, réclamant une politique plus agressive. Il faut croire disparues, même des mémoires, les journées fébriles faites de protestations, de «  teach-ins »  sur les campus, et d'examens à la loupe des affirmations de l'état.

D'où vient une telle situation ? Il y a beaucoup à apprendre d'une transformation politique similaire qui a pris place dans la première partie du XXe siècle. L'éclatement de la guerre en 1914 a vu toute une couche de la bureaucratie ouvrière et de la social-démocratie apporter son soutien politique à la bourgeoisie dans chacun des pays impliqués. Des partis et des leaders politiques qui avaient officiellement adopté une politique d'opposition à la guerre impérialiste ont abandonné leurs principes proclamés, voté pour les crédits de guerre et appelé la classe ouvrière à défendre l'état. Les conséquences catastrophiques de leur décision, qui ont eu l'impact le plus lourd sur les travailleurs européens, sont bien connues.

Lénine a cherché une explication matérielle à ce phénomène dans le processus de corruption d'une section des chefs syndicaux et social-démocrates par l'impérialisme. La féroce exploitation des colonies et le pillage de leurs ressources ont permis à la bourgeoisie européenne de partager assez de miettes avec les dirigeants ouvriers officiels pour obtenir leur soumission aux diktats de l'impérialisme.

Un phénomène analogue s'est produit dans la récente période. Toute une couche des éléments qui avaient été radicalisés par l'expérience du Vietnam, les événements de mai-juin 1968 en France, et les conflits ouvriers militants fin 1960 et début 1970, a abandonné au cours des deux dernières décennies toute opposition à l'impérialisme et est retournée à la vie de la classe moyenne. Plusieurs de ces ex-radicaux ont vu leurs fortunes monter en flèche avec l'envol des marchés boursiers dans les années 1990. Ceci a produit un réajustement dramatique de leur politique. Certains des plus fervents promoteurs de la guerre actuelle viennent de cette couche.

Le processus d'enrichissement ne se limite pas bien sûr à ceux qui ont un passé de politique radicale. Comme il a été noté plus haut, une mince couche, en termes de pourcentage, est devenue riche, mais elle compte un nombre important d'individus. Un pour cent de la population des États-Unis possède quarante pour cent de ses richesses. Ceci explique le niveau de vie faramineux dont jouissent plus de deux millions et demi de gens. Juste en dessous, de dix à vingt pour cent de la population ont vu leurs avoirs grossir énormément au cours des vingt dernières années. Des chiffres similaires pourraient être cités pour les autres grands pays capitalistes.

C'est de cette couche enrichie que viennent les leaders de tous les partis officiels, les médias, ainsi qu'un nombre important d'universitaires. L'accumulation de biens a fourni à l'élite dirigeante le ciment politique pour faire bloc en faveur de la guerre; elle a aussi encouragé une section à réclamer une expansion de celle-ci.

Le boum à Wall Street a été cependant un processus à deux faces. La course pour les valeurs boursières a requis l'adoption d'un nouveau régime d'austérité, de «  flexibilité au travail »  (c'est-à-dire insécurité de l'emploi) et d'exploitation accrue de la population travailleuse dans les centres impérialistes et partout à travers le monde. Si la formation des nouveaux riches dans les années 1980 et 1990 a fourni un nouveau point d'appui à l'impérialisme, elle a aussi créé un auditoire beaucoup plus large pour un mouvement anti-capitaliste et anti-impérialiste parmi la classe ouvrière internationale. La croissance du prolétariat mondial; la réduction du niveau de vie pour la majorité dans les pays avancés; l'appauvrissement de la majeure partie de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique latine, et les sombres perspectives d'avenir des jeunes : autant de processus qui mènent objectivement à un mouvement de changements sociaux révolutionnaires.

Le terrain a été préparé pour la transformation de ce potentiel objectif en force politique consciente. Ce qui est nécessaire avant tout aujourd'hui, c'est la lutte pour le socialisme parmi les travailleurs, les intellectuels et les jeunes qui formeront le noyau d'un tel mouvement révolutionnaire. La confusion du marxisme avec son antithèse réactionnaire, le stalinisme, doit être effacée par un processus d'éducation politique. Il faut lancer la lutte contre toutes les idéologies qui servent directement ou indirectement à perpétuer le système actuel. Ces efforts doivent trouver leur plus haute expression dans la construction d'un parti politique socialiste unifié de la classe ouvrière internationale.

C'est la tâche à laquelle se consacre le World Socialist Web Site, la voix du Comité International de la Quatrième Internationale.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

 

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Published by Adriana Evangelizt - dans RUSSIE-USA
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