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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 03:16

 

 

 

 

Par Patrick O'Connor

 

 

La ville libyenne de Syrte est en train d'être systématiquement détruite par les combattants « rebelles » du Conseil national de transition (CNT) et les avions de combat de l'OTAN. L'opération est un crime de guerre monstrueux pour lequel la responsabilité première incombe aux forces dirigeantes qui se cachent derrière l'intervention militaire en Libye - le président américain Barack Obama, le premier ministre britannique, David Cameron et le président français, Nicolas Sarkozy.

Syrte est assiégée depuis des semaines. Les forces du CNT ont empêché que des livraisons arrivent dans la ville, dont entre autres de nourriture, de médicaments et d'autres produits de premières nécessités. Les bombes de l'OTAN ont déferlé sur la ville en même temps que des bombardements lourds et non-ciblés au mortier, d'obus de char et de roquettes. L'infrastructure de base - y compris l'eau, l'électricité et le système d'assainissement des eaux usées - a été détruite dans le cadre d'une tentative calculée de provoquer une crise humanitaire dans la ville et de soumettre ses habitants par la terreur.

A Syrte, chaque édifice, y compris les ensembles d'appartement, les maisons, les hôpitaux, les écoles et autres bâtiments civils, a soit été détruit soit sérieusement endommagé par les forces « rebelles » dans leur tentative de s'emparer de la ville. Les miliciens pillent les maisons, les voitures, les magasins, et des chargements de camion entier d'affaires volées aux résidents quittent Syrte tous les jours.

Un correspondant de Reuters a rapporté avoir vu dans un magasin de matériel électronique un groupe de combattants tirant pendant 15 minutes avec une mitrailleuse sur un coffre-fort avant de pouvoir l'ouvrir pour voir ce qu'il y avait à prendre. Une fois pillées, de nombreuses maisons sont réduites en cendres.

Des journalistes couvrant ces faits brutaux ont été choqués par ce qu'ils ont vu. Wyre Davies de la BBC a écrit : « Il s'agit pratiquement d'une politique de la terre brûlée. Les combattants pro-Kadhafi qui défendent cette ville ne veulent pas se rendre, donc Syrte est systématiquement détruite, bloc après bloc. Les combats sont intenses, incroyablement destructifs et quasiment abrutissants. » Des reporters du journal britannique The Telegraph ont décrit Syrte comme étant « des ruines sordides » qui « rappellent les scènes les plus sinistres de Grozny, vers la fin de la sanglante guerre de la Russie en Tchétchénie. »

La destruction de Syrte soulève des parallèles historiques - Guernica, le ghetto de Varsovie et l'anéantissement d'autres centres urbains par les puissances fascistes dans les années 1930 et 1940.

Tous ceux qui sont responsables de la guerre en Libye devraient être accusés de crimes de guerre - à commencer par Obama, Cameron et Sarkozy. Ces figures ont lancé une guerre d'agression non provoquée, ce qui fut le principal chef d'accusation porté contre les dirigeants de l'Allemagne nazie au procès de Nuremberg sur les crimes de guerre. L'OTAN a invoqué l'autorisation pour la guerre en Libye sur la base pseudo-légale de la Résolution 1973 de l'ONU - mais les termes d'une « zone d'exclusion aérienne » furent immédiatement bafoués sitôt le document adopté.

Les atrocités qui sont actuellement commises à Syrte émanent directement de la nature de l'intervention néo-coloniale même. L'impérialisme américain et ses alliés européens ont détourné les manifestations anti-Kadhafi qui avaient éclaté en février dernier, en lançant une campagne pour un changement de régime qui visait avant tout à capturer les énormes ressources pétrolières de la Libye et à ré-asseoir leur domination en Afrique du Nord dans la foulée des mouvements révolutionnaires deTunisie et d'Egypte qui menaçaient la position géostratégique de Washington partout dans la région.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a visité Tripoli il y a quelques jours et déclaré que la Libye était « bénie parce que dotée de richesses et de ressources. » Bloomberg a rapporté que lors de discussions avec des dirigeants du CNT elle a « promis une aide pour diversifier l'économie dominée par le pétrole. » En ce qui concerne le bombardement de Syrte, Clinton n'a fait que relever « les combats sanglants » qui se poursuivent dans le pays.

Des calculs politiques bien définis sont impliqués dans la destruction de Syrte.

Pour les puissances de l'OTAN, la violence est destinée à dissuader toute résistance qui surviendrait en Libye à l'encontre du nouvel ordre que le gouvernement client du CNT est maintenant en train d'établir à Tripoli. L'opération de Syrte vise aussi les gouvernements de Syrie et d'Iran, à titre d'avertissement quant au genre de mesures de représailles auxquelles ils s'exposent en cas de défi des dictats américano-européens. Au début de l'intervention de l'OTAN en Libye, Sarkozy avait publiquement menacé que « chaque dirigeant, et notamment (chaque) dirigeant arabe » pourrait être confronté à la même attaque.

Le gouvernement Obama se sert également de la destruction de Syrte pour envoyer un message au gouvernement chinois. La Chine a rapidement accru son influence à travers l'Afrique, y compris en Libye, en devenant le plus gros partenaire commercial du continent et un important destinataire de ses exportations pétrolières et minérales. Beijing a aussi noué des liens diplomatiques et militaires partout dans la région, minant ainsi la suprématie des Etats-Unis et des anciennes puissances coloniales européennes. La Libye a fourni une occasion à Washington de donner une leçon à son puissant rival - à savoir que la force militaire peut être utilisée pour détruire tout gouvernement avec lequel la Chine développe d'étroites relations économiques et stratégiques aux dépens des Etats-Unis.

Si à un moment quelconque durant la guerre civile en Libye, les forces de Kadhafi avaient fait ce que les combattants du CNT sont en train de faire actuellement, il y aurait eu une couverture médiatique non-stop et des cris d'indignation de la part de Washington, Londres et Paris, pour réclamer des mises en accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Et pourtant, la crise à Syrte se déroule sans qu'un mot de protestation ne s'élève dans les cercles politiques officiels et les médias aux Etats-Unis et en Europe.

Les diverses forces de « gauche » et libérales qui ont promu avec enthousiasme la guerre contre la Libye comme étant une belle mission humanitaire, tel le professeur américain Juan Cole et le magazine Nation, restent silencieux sur les événements qui se déroulent à Syrte. Aucun d'entre eux n'a cherché à rendre compte du fait que la guerre « humanitaire » de l'OTAN - apparemment menée afin de prévenir tout risque que des civils ne soient tués dans une ville, Benghazi - a désormais conduit à la destruction d'une autre ville, au risque que des milliers de civils soient tués ou blessés.

Parmi ces couches qui prônent la guerre, l'écrivain français, Bernard-Henri Lévy, a abordé le sujet de Syrte pour défendre les crimes qui sont en train d'être perpétrés par l'OTAN et le CNT.

Lévy a joué un rôle clé en France en début d'année en faisant campagne en faveur de la guerre afin, a-t-il insisté, de « vraiment protéger les civils de Misrata, Syrte et Benghazi. » Il a personnellement organisé la première rencontre de Sarkozy avec les membres du CNT. Maintenant, dans un article intitulé « Justice pour les libérateurs de Syrte ! » publié sur le site internet Huffington Post, Lévy lance une diatribe grotesque contre toute critique de ce que les forces du CNT sont en train de faire à Syrte.

Le philosophe vedette rejette toute preuve de la destruction systématique de la ville comme étant de simples « rumeurs d'exactions contre des civils » et « d'inévitables bavures ». En rendant la population civile responsable de ses propres souffrances, il insiste pour dire que le CNT a « attendu plusieurs semaines avant de donner l'assaut - le temps, pour celles et ceux qui le voulaient et le pouvaient, d'être évacués. » Lévy ignore le fait que des milliers de civils, dont les plus vulnérables, n'ont eu aucun moyen de fuir les combats.

L'article tout entier est truffé de mensonges flagrants. A un moment donné l'auteur nie le fait que les combattants du CNT ont délibérément bombardé l'hôpital principal de Syrte dans le but d'empêcher qu'une équipe de la Croix Rouge ne livre des fournitures médicales. Il a déclaré que « lorsqu'un de leurs obus touche le toit d'un hôpital, c'est une horreur, une monstruosité, un drame - mais c'est, aussi, une erreur, un acte non prémédité et cela change tout. » Lévy conclut en disant : « Je continue, pour ma part, et jusqu'à nouvel ordre, de saluer la dignité de ces combattants de fortune qui, comme au premier jour, font la guerre sans l'aimer. »

La position de Lévy concernant Syrte souligne la fonction politique de toute cette couche de partisans « libéraux » de la classe moyenne supérieure qui est favorable à la guerre humanitaire - ce sont les porte-parole de l'agression impérialiste.

(Article original paru le 19 octobre 2011)

 

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans LES CRIMES DE SARKOZY
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commentaires

Chiron 27/10/2011 15:18



Et aussi :


Libye - Vladimir
Poutine en colère - Qui a donné la permission de tuer Kadhafi ??


http://www.youtube.com/watch?v=RaOHCdCuoLM



Chiron 27/10/2011 10:17



Bonjour chère Adriana !


Mort de Kadhafi: des images "dégoûtantes" (Poutine)


Lors d'une intervention mercredi devant les membres du Front populaire, le premier ministre russe Vladimir Poutine s'est déclaré "révolté" par les images de la mort du dirigeant libyen déchu
Mouammar Kadhafi, diffusées par les médias, et par le traitement réservé à sa dépouille mortelle.

"La quasi-totalité de la famille de Mouammar Kadhafi a été tuée. Son corps a été exposé sur toutes les chaînes de télévision du monde. Il était impossible de regarder ces images sans écœurement.
Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (...) et on exhibe tout ça sur les écrans", s'est indigné le chef du gouvernement.




La suite ici : http://fr.rian.ru/world/20111026/191681098.html


 


Bises,


 


Corinne