Un homme qui a de la classe...
Vladimir Vladimirovitch Poutine (en russe : Владимир Владимирович Путин) est né le 7 octobre 1952 à
Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). Il est le président de la Fédération de Russie depuis mai 2000.
Carrière professionnelle
Vladimir Poutine fait des études de droit à l'Université de Léningrad où il obtient en 1975 son diplôme
avec un mémoire consacré à la politique des États-Unis en Afrique. Anatoli Sobtchak, à l’époque professeur à l’université et futur maire de la ville, est son superviseur académique.
Après une formation à Moscou, il devient membre du KGB, où il sert pendant quinze ans au sein de la « Première direction générale », le service de renseignements extérieurs, notamment en
Allemagne, en Autriche et en Suisse. En 1985, il sera envoyé en République démocratique allemande, dans le Groupe des forces armées stationné sur place. Il passe cinq ans à Dresde où, sous la
couverture de directeur de la « Maison de l’amitié germano-soviétique », il œuvre pour le KGB.
L'ascension vers le pouvoir
Avec la réunification de l’Allemagne et le démantèlement des installations du KGB à Dresde, Poutine sera
mis en réserve, retournant à Leningrad début 1990 en tant qu’adjoint aux affaires internationales du recteur de l’Université de Leningrad. Cette même année, Sobtchak l’invite à devenir conseiller
aux affaires internationales du Soviet de la ville. En août 1991, il joue un rôle invisible, mais crucial, dans les négociations délicates entre le KGB de Leningrad et les structures militaires
liées aux putschistes du Kremlin.
Il démissionne officiellement du KGB le 20 août 1991 avec le grade de lieutenant-colonel. De juin 1991 à juillet 1996, Poutine est l’une des personnalités les plus influentes de la politique
municipale, le « cardinal de l’ombre », officiellement comme président du Conseil de la ville. Il est responsable des relations extérieures de la mairie de Saint-Pétersbourg, et, à partir de
1994, premier adjoint du maire Anatoli Sobtchak (qui a été son professeur à la faculté de Droit).
À l’automne 1995, ce dernier le nomme président de la section locale de « Notre Maison la Russie » (Nach Dom Rossia - NDR), le parti du Premier ministre Tchernomyrdine. Il sera chargé de diriger
la campagne des élections législatives dans la région pour le compte de NDR. Il restera fidèle à Sobtchak malgré la défaite de ce dernier à l’élection municipale de 1996, refusant de travailler
avec Iakovlev, de peur de donner l’« apparence de la trahison ». Il démissionne en 1996.
Il est alors nommé à Moscou adjoint au directeur des affaires de la Présidence, Boris Eltsine. En mars 1997, il entre dans l’administration présidentielle pour en devenir vice-président moins
d’un an plus tard, doté de pouvoirs étendus, y compris à la gestion des relations avec les régions. En juillet 1998, il est nommé directeur du FSB (Service fédéral de sécurité), poste qu'il
n'occupera qu'un mois, jusqu’à la nomination de Evgueni Primakov comme Premier ministre. Cette période est marquée par des luttes politiques intenses qui ont pour effet d’affaiblir Eltsine,
physiquement et politiquement.
En 1999 commence une fulgurante ascension, qui va porter cet homme peu connu et d'apparence plutôt terne au sommet du pouvoir en Russie. En août, il est nommé Premier ministre par Boris Eltsine,
Stépachine ayant été écarté. Au début du mois de septembre sont attribués aux terroristes Tchétchènes des attentats contre des immeubles d'habitation qui firent plusieurs centaines de victimes à
Moscou. Poutine déclare qu'il va « buter les terroristes jusque dans les toilettes», voulant dire par là qu'ils allaient être traqués dans leurs derniers retranchements et abattus sans pitié.
Suite à l'intrusion d'un millier d'islamistes tchétchènes au Daghestan et le risque d'une instauration de la charia, il ordonne, après ultimatum, la reprise des hostilités en Tchétchénie, pour y
« restaurer l'ordre constitutionnel fédéral ».
Le 31 décembre 1999, à la suite de la démission de Boris Eltsine, il devient Président par intérim et est élu Président le 26 mars 2000 dès le premier tour de l'élection présidentielle anticipée
avec 52,52 % des suffrages. Il entre officiellement en fonctions le 7 mai.
Élections 2007
Le 2 décembre 2007, Vladimir Poutine remporte les élections législatives à la tête du parti Russie-Unie
avec 64% des voix. Plusieurs observateurs internationaux ont critiqué le déroulement du processus démocratique. The Economist parle d'une supercherie et le gouvernement allemand a estimé que "La
Russie n'était pas une démocratie et la Russie n'est (toujours) pas une démocratie".
Vladimir Poutine aux commandes de la Russie
Depuis lors Vladimir Poutine, déterminé à restaurer ce qu'il appelle « la verticale du pouvoir », gouverne
avec un style autoritaire qui a mis fin à une relative libéralisation introduite par Gorbatchev avec la perestroïka et la glasnost et qui s'était poursuivie sous le régime de Boris Eltsine après
la chute du communisme. Au cours de ses deux mandats, le président Poutine n'a cessé de renforcer le poids des services spéciaux dont il est issu, ainsi que de ceux de la police et de l'armée,
ceux qu'on appelle en russe les siloviki (les hommes de forces). Les représentants des « organes » et des gens influents issus de sa ville natale de Saint-Pétersbourg (les piterskiïé) sont
dorénavant bien présents dans la politique et l’administration présidentielle. Ensemble, ils forment, écrit Macha Lipman, analyste à la Fondation Carnegie, « un système vertical clos ».
La reprise en main de l'ordre public par l'administration de Poutine, après les périodes de troubles et de laissez-faire qui régnaient sous ses prédécesseurs, satisfait une grande partie de la
population russe, lassée des soubresauts politiques et du capitalisme version "far-west" apparu après la chute du communisme, ou nostalgique de la puissance du passé.
Un certain nombre de dirigeants occidentaux apprécient le fait que Vladimir Poutine a pu instaurer une économie solide, favorable aux échanges commerciaux et propice aux grands contrats.
Dominique Mâche, Conseil en énergie, ancien PDG de Schlumberger en Ukraine, donne cependant une vision pessimiste de l'avenir économique de la Russie dans un article paru dans Le Monde, intitulé
La Russie, puissance gazière aux pieds d’argile. Ces affirmations sont cependant relativisées par les résultats encourageants de l'économie russe, par sa vigueur structurelle et une hausse
substantielle des réserves de changes (303,8 milliards de $US au 26 janvier 2007 contre 12 mds $US en 1999), et du Fonds de stabilisation russe issu des excédents de pétrodollars, appelés à
servir de « coussin de sécurité » dans le cas où les cours de pétrole allait diminuer. De plus, le secteur pétrogazier ne représenterait que 18,9 % du PIB russe en 2007 et il doit retomber à 14,9
% en 2010.
Le pessimisme n'est pas partagé par l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, actuellement président du Conseil de surveillance du consortium gazier germano-russe North-European Gas Pipeline Co
(détenu à 51 % par Gazprom), qui a mis en garde, lors d'une rencontre russo-allemande à Berlin le 18 janvier 2007, contre « les erreurs typiques commises dans l'appréciation de la Russie et de
son président en Occident ». Selon lui, « le président russe a réussi à élever substantiellement le niveau de vie dans le pays et à rétablir l’État », et il aurait « le mérite historique d'avoir
engagé la Russie sur la voie de la stabilité et de la fiabilité en tant que partenaire ». Reconnaissant que, dans de nombreux domaines, la Russie « n'est qu'au début d'un chemin long et difficile
», Gerhard Schröder a invité les adversaires de la Russie à ne pas rechercher des défauts dans ses actions et des insuffisances du point de vue de la démocratie occidentale, mais à soutenir ses
efforts déployés dans sa progression vers la démocratie. « Certes, la Russie a des insuffisances, mais nul ne les connaît mieux que les dirigeants russes et nul ne pourra les surmonter mieux
qu'eux », a souligné l'ex-chancelier.
Le président Poutine et les oligarques
Dès le début de son mandat, Vladimir Poutine afficha de façon déterminée son objectif de lutter contre la
mafia para-étatique et des oligarques industriels et financiers, dont la mainmise sur l'économie russe devenait une préoccupation majeure de la population après une ère de laisser-faire et de
complicité de Eltsine dans la création de cette oligarchie. Ainsi, plusieurs de ses oligarques qui avaient alors accaparé les ressources et le patrimoine industriel en profitant des lacunes du
droit des affaires en transition, ont été mis au pas ou poursuivis par la justice (p.ex. le banquier Sergueï Mavrodi). Tel Khodorkovski, ex-patron du groupe pétrolier Ioukos, condamné à huit ans
de prison pour escroquerie et évasion fiscale à grande échelle, interné dans un camp de travail en Sibérie. D'après l'agence Vedomosti, des experts croient que Poutine voit en la personne de
Mikhaïl Khodorkovski un adversaire politique . "Les autorités craignent une mise en liberté anticipée de M. Khodorkovski, une aggravation de la situation politique intérieure à l'approche des
élections et, bien entendu, une multiplication des procès à l'étranger", ajoute le vice-président de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs, Igor Iourguens.
Quelques oligarques accusés de crimes et délits économiques et pénaux se sont soustraits à la justice russe en s'enfuyant à l'étranger, tels Boris Berezovski ou Vladimir Goussinski, dont le
Parquet général de Russie demande l'extradition pour des cas avérés de fraudes et d'évasions fiscales. D'autres oligarques se sont rapprochés du pouvoir et ont obtenu des postes au sein de
structures étatiques, en contrepartie d'une mise au service du pays de leurs fortunes souvent bien mal acquises : ce fut le cas de Roman Abramovitch, d'Anatoli Tchoubaïs ou de Vladimir Potanine.
Enfin, certains semblent jouir toujours d'une certaine impunité, tel Pavel Fedoulev qui, en septembre 2000, s'est emparé du combinat métallurgique d'Ouralkhimmach, avec l'aide des OMON (les
forces spéciales du Ministère de l'Intérieur). Le président Poutine n'est pas intervenu à son encontre, bien qu'à son arrivée au pouvoir il ait déclaré souhaiter l'instauration d'une « dictature
de la loi ». La longue série de privatisations contestées dans l'industrie métallurgique russe, commencée en 1991, continue sous le gouvernement du président Poutine.
Au bout du compte, si la Russie s'est relevée économiquement et si la législation et la réglementation financières et économiques ont fait des progrès notables, force est de constater que
Vladimir Poutine n'a pas pu totalement éradiquer la corruption consécutive à la faillite de l'Union soviétique et à la période de libéralisation sans contrôle qui a suivi sous Eltsine.
Politique étrangère
La politique étrangère sous Poutine marque une certaine rupture dans la continuité d'une diplomatie
eltsinienne qui tentait d'équilibrer un partenariat (ren)forcé avec l'Occident. Cette arrivée au pouvoir de Poutine à la faveur de la résolution rapide et militaire du conflit en Tchétchénie et à
la recherche d'un "prestige" d'une superpuissance perdue, renforcée par une spectaculaire reprise économique facilitée par la remontée des cours du gaz et du pétrole, rendit possible
l'élaboration d'une nouvelle doctrine militaire (avril 2000) dans laquelle le renforcement de l'appareil militaire russe devrait servir les intérêts géostratégiques de l'État sans se préoccuper
des "considérations occidentales". Ce repositionnement russe présageait, alors, qu'une entente entre les États-Unis et la Russie ne serait pas parfaite.
L'attaque terroriste du 11 septembre 2001 a transformé la donne géostratégique pour la Russie et a donné une impulsion à l'établissement de relations plus rapprochées avec les États-Unis. Le
soutien affiché de Poutine à son homologue américain dans sa lutte contre le terrorisme établit un climat d'une certaine cordialité et d'une nouvelle alliance entre les deux puissances. Une
perception pragmatique et réaliste des enjeux internationaux, tant du côté russe que du côté américain a permis à la Russie de revenir en force sur la scène internationale en jouant un rôle
prédominant dans la lutte contre le terrorisme ou dans les tentatives de médiation dans les conflits complexes comme les dossiers palestinien ou iranien.
Depuis quelques années, suite au redressement économique, le complexe militaro-industriel russe se renouvelle, grâce aux entrées des nouvelles générations des armements et des achats massifs et
structurés.
Aujourd'hui, la géostratégie russe, telle qu'elle est conçue par Vladimir Poutine, ne peut s'appréhender sans concevoir l'importance grandissante du secteur énergétique (gaz et pétrole) en termes
économiques et politiques. En effet, la Russie est le premier producteur mondial et le premier exportateur mondial de gaz et le 2e producteur et exportateur majeur du pétrole. Ses réserves
gazières s'élèvent à plus de 23 % de réserves mondiales. Compte tenu de sa situation géographique, la Russie est le premier fournisseur de l'Union européenne (30 % du gaz consommé) dont la
demande est en constante progression. Avec son contrôle des hydrocarbures, la Russie détient actuellement une position géopolitique inégalée par laquelle elle tente de renforcer sa place d'acteur
majeur dans le « Grand Jeu » des superpuissances (Voir aussi : Gazprom et Géopolitique du pétrole).
Début 2007, face aux projets d'installation des systèmes de défense anti-missile américains en l'Europe de l'Est (présenté par les USA comme une protection contre d'éventuelles attaques
nucléaires iraniennes, mais qui de facto affaiblit la dissuasion nucléaire russe face aux USA), Poutine hausse le ton dans ses relations avec les États-Unis et l'OTAN. Son discours, prononcé le
10 février 2007 devant la Conférence de Munich sur la sécurité, a impitoyablement fustigé le rapprochement des troupes de l'OTAN des frontières de la Russie, ainsi qu'un monde unipolaire avec
"Washington pour centre de direction", qui imposerait ses lois intérieures et sa propre vision du monde à l'ensemble de la communauté internationale. Le 4 juin 2007, à la veille du sommet du G8 à
Rostock, Vladimir Poutine a menacé de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe de l’Est si les États-Unis y déploient leur bouclier antimissile, reprenant ainsi au plus haut niveau des menaces
voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe.
Réformes socio-économiques et politiques sous Poutine
Dès le début de son mandat, Vladimir Poutine engage d'importantes réformes socio-économiques et politiques
qui ont sensiblement transformé la Russie.
Dans le domaine économique:
- réforme fiscale : mise en place d'un taux unique de 13 % pour l'impôt sur les revenus, introduction d'une taxe sociale unifiée, baisse du taux de la TVA, réduction du taux des impôts sur les
sociétés de 35 % à 24 %, ce qui a permis de simplifier la fiscalité et de limiter la fraude et la corruption ;
- réforme foncière introduisant le droit de vendre les terres agricoles ;
- quatre lois de dérégulation étatique, visant à réduire le contrôle bureaucratique des entreprises
;
- ouverture à la concurrence du fret ferroviaire représentant 80 % du trafic des marchandises dans le
pays.
L’académicienne Nina Koulikova, de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie, présentait,
en novembre 2005, un point de vue relativement optimiste sur les résultats de réformes économiques de Poutine. Elle rappelait que l'économie de marché est récente en Russie, qu'elle ne peut se
construire qu'avec du temps, et elle indiquait quels devraient être « les futurs axes des réformes ». Considérant le redressement économique de la Russie d'ores et déjà suffisant pour lui
permettre de jouer à nouveau un rôle d’équilibre sur la scène internationale, sans offrir pour autant, loin s’en faut, à sa population un standard de vie comparable à celui de l’Europe
occidentale, elle distinguait les différentes phases dans le redressement économique de la Russie après la crise de 1998. Selon Koulikova, à l’arrivée au pouvoir de Poutine, une première étape de
« stabilisation s’achevant par la mise en place des bases sur lesquelles le pays pouvait relancer son développement économique » aurait été atteinte.
Depuis, la croissance aurait été essentiellement une « croissance de rétablissement », reposant sur « le réengagement dans la production des capacités non utilisées pendant la crise ». Cette «
croissance de rétablissement » s’épuisant graduellement, au fur et à mesure de l’amoindrissement des capacités de production disponibles et utilisables, le problème serait, depuis 2003, de
favoriser une « croissance d’investissement », ce qui dépendrait moins des réformes économiques que du développement des institutions politiques et juridiques, notamment administrative
(dérégulation) et judiciaire (indépendance de la justice). L’élite politique et économique de la Russie perçoit de plus en plus la portée de ces problèmes, tandis qu'une attention particulière
est accordée à la réforme administrative et judiciaire, assurait-elle. Selon Koulikova, la Russie était entrée en 2005 dans une « étape de développement stable des institutions de marché » et que
« grâce à la stabilité acquise, le pays a entrepris de bâtir des institutions économiques propres à la société contemporaine et orientée sur les particularités de la Russie.».
Selon le président russe lui-même, en 2006, la Russie a enregistré une croissance économique de 6,9 %. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision indienne Doordarshan, Vladimir Poutine
a déclaré que les réserves de change russes sont à la troisième position dans le monde et sont en constante évolution, avant de se féliciter d'un budget et d'une balance du commerce extérieur
excédentaires. Selon le ministre russe du Développement économique et du Commerce Guerman Gref, le PIB russe calculé en dollars a triplé de 2000 à 2006, tandis que la capitalisation boursière a
doublé en 2005 et a progressé en 2006 de 53 %. Selon le rapport de l'OCDE de 2004, la hausse des prix de pétrole ne peut, à elle seule, expliquer cette reprise. Cette hausse a contribué à
augmenter le PIB en moyenne de 1 % par an, les 4-6 % restants étant attribuables aux succès des réformes structurelles récentes, aux gains de productivité et à la vigueur de la demande
intérieure.
Dans le domaine social:
- réforme des retraites : mise en place d'un système à trois piliers avec capitalisation obligatoire et épargne volontaire, sans augmenter l'âge de la retraite ;
- mise en place des Projets de priorités nationales et de la politique démographique afin de réformer le
secteur social et financer de grands projets dans le domaine de la santé, de l'éducation, de l'accessibilité des logements sociaux, du soutien au secteur agricole et à la hausse de la
natalité.
Selon le Président de la Douma Boris Gryzlov, le budget triennal fédéral 2008-2010 donnerait la priorité au
relèvement du niveau de vie des Russes, son parti pro-Poutine Russie unie, majoritaire à la Douma, propose d'augmenter de 1,5 fois les salaires réels dans le secteur public et de doubler les
retraites.
Dans le domaine politique, les réformes ont été centrées sur la création d'une « verticale du pouvoir » afin de rendre le dernier plus concentré et efficace (ce processus fut accéléré suite à la
tragédie de Beslan le 1er septembre 2004) :
- réforme de la division territoriale avec la création de sept Districts fédéraux par le décret présidentiel no 849 du 13 mai 2000 ;
- réforme du Conseil de la Fédération de Russie (2000-2002), et l'arrêt des élections des gouverneurs des
sujets de la Fédération qui seront dorénavant désignés par le président du pays avec entérinement ultérieur par la législation locale (septembre 2004) ;
- création d'organes consultatifs : d'un Conseil d'État (Gossoviet), constitué des gouverneurs et une
Chambre de la société (Obchtchestvennaïa Palata), constituée de personnalités influentes et connues ;
- mise en place de mesures assurant une meilleure cohésion entre les ministères de l'ordre public dits
siloviki (Intérieur, Armée, FSB) et le ministère des Situations d'urgence.
Le succès de ces réformes, couplé à des recettes fiscales extraordinaires issues de la vente des
hydrocarbures, ont permis d'assurer une hausse substantielle du revenu réel des particuliers (+ 58,5 % entre 1999 et 2002, + 13,55 % en 2004). Cela a valu à V. Poutine le soutien d'une grande
partie de la population russe, malgré quelques échecs comme un projet de loi controversé sur la monétisation des avantages en nature hérités de l'époque soviétique qui a soulevé, début 2005, un
tollé populaire ou encore le naufrage du sous-marin Koursk sombré en 2000 avec 118 hommes d'équipage à bord.
Les critiques du pouvoir de Vladimir Poutine
De nombreux observateurs occidentaux estiment qu'il y aurait une dérive autoritaire de Vladimir Poutine. En
octobre 2006, Marie Mendras, chercheuse au CERI et professeur de politique russe à l'IEP de Paris, dressait un bilan négatif du pouvoir politique en Russie :
« Il n'y a plus ni Parlement ni Cour constitutionnelle dignes de ce nom, le gouvernement est court-circuité par l'administration présidentielle, les juges sont soumis au pouvoir politique dès
qu'une affaire devient délicate. Cela nous ramène au problème de la violence et de l'impunité […]. Désinstitutionnalisation du régime, opacité des décisions, montée de l'arbitraire et des
méthodes expéditives : tout cela traduit une agitation croissante des cercles dirigeants. »
Pour le journal Vedomosti, « le niveau croissant de la criminalité et du nombre de verdicts bizarres et étrangement cléments ne font que renforcer le sentiment d'injustice au sein de la société
russe. »
Les associations de défense des droits de l'homme, dont, en Russie, Memorial, fondée par Andreï Sakharov, de même qu'une minorité d'opposants, estiment que l'État de droit est menacé en Russie et
dénoncent l'autocensure des médias. En effet, plusieurs titres de presse indépendants, ainsi que la chaine de télévision NTV, rachetés par Gazprom et par d'autres structures contrôlées par
l'État, semblent avoir réduit leur regard critique.
Les manifestations d'une partie de l'opposition appelées "les Marches du désaccord", organisées par le
Front civique uni, présidé par Garry Kasparov (ancien champion du monde d'échecs) et Mikhaïl Kassianov (ancien premier ministre russe), auxquelles cependant les partis les plus importants de
l'opposition à la Douma (Parti Communiste, Rodina, LDPR), n'ont pas participé, sont souvent interdites pour diverses raisons par les autorités. Ce mouvement regroupe différents mouvements
politiques, de gauche et de droite, et des groupes nationalistes et d'extrême droite (incluant des mouvances ouvertement fascistes ou nazis). Les Marches du désaccord qui ne sont pas
représentatives de l'opposition parlementaire à Russie unie, parti de Vladimir Poutine, rassemblent cependant peu de participants (aux alentours de cinq mille en moyenne, pour une population de
13 millions d'habitants à Moscou).
Avenir politique
Vladimir Poutine, qui arrive au terme de son second mandat présidentiel (il a été réélu à la tête
de la Russie en mars 2004 avec 71,22 % des suffrages), a déclaré ne pas avoir l'intention de demander une modification de la Constitution afin de briguer un troisième mandat consécutif en mars
2008. Il s'est contenté de faire adopter deux lois, l'une qui considère comme valide le scrutin quelle que soit la participation, l'autre visant à interdire les manifestations en période
électorale.
Les analystes se demandent actuellement quel serait un éventuel successeur désigné de Vladimir Poutine en 2008. Bien qu'officiellement l'actuel chef du Kremlin n'ait avancé aucun nom, parmi les
dauphins probables on cite le plus souvent Dmitri Medvedev et Sergueï Ivanov, les deux vice-premiers-ministres, ou encore Viktor Zoubkov, le nouveau Premier ministre russe.
N'ayant pas la possibilité de se représenter en tant que président, Vladimir Poutine a fait sensation en annonçant sa volonté de prendre la tête de la campagne électorale de décembre 2007 du
parti Russie unie pour viser la charge de chef de gouvernement, ce qui lui permettrait de conserver un certain pouvoir tout en respectant la constitution.
Vie privée
Vladimir Poutine est issu d'une famille ouvrière dont il est le troisième enfant. Son père Vladimir
Spiridonovitch et sa mère Maria Ivanovna, née Chelomova, qui avait survécu aux 900 jours du siège de Léningrad durant la Seconde Guerre Mondiale, avaient auparavant eu deux fils nés dans les
années 30, mais décédés en bas âge. Ses grands-parents étaient des paysans du village de Pominovo, dans le district de Tourguinov, (province de Tver), une région située au nord de Moscou. Selon
un biographe de Vladimir Poutine, le grand-père, Spiridon, fut le premier de la lignée à naître après l'abolition du servage dans l'empire des tsars.
Il est à certains égards un dirigeant russe atypique. Relativement jeune, c'est un sportif accompli : il pratique la lutte russe, le sambo et le judo depuis l'âge de 11 ans (il a été plusieurs
fois champion de sambo de Saint-Pétersbourg ; en 1973, il s'est vu conférer le titre de maître des sports de sambo, en 1975, de judo), joue au tennis, fait du ski.
Il parle couramment l'allemand, ayant habité et travaillé plusieurs années en Allemagne de l'Est. Il parle également l'anglais, mais préfère utiliser des interprètes en conversant avec les
anglophones.
Il a épousé Lioudmila Aleksandrovna Poutina en 1983 (née Chkrebneva le 6 janvier 1958 à Kaliningrad et diplômée de la faculté des lettres de l'université de Volgograd) et est père de deux filles,
Maria (née en 1985 à Léningrad) et Ekaterina (née en 1986 à Dresde).
Œcuménisme
Orthodoxe pratiquant, Vladimir Poutine effectue en 2007 une visite au Vatican dans le but de faciliter un
rapprochement entre l'Église orthodoxe russe et l'Église catholique romaine. La rencontre entre le pape et les hauts prélats russes est une étape importante dans le dialogue catholique-orthodoxe.
Il avait aussi rencontré Jean-Paul II à deux reprises en 2000 et 2003.
Sources Wikipedia
Posté par Adriana Evangelizt
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