Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de SARAH MARKUS
  • Le blog de SARAH MARKUS
  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Archives

10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 10:34

 

Le déficit commercial record des USA :

symptôme de graves problèmes économiques

 

Par Nick Beams


28 août 2000

 

Au mois d'août le département du commerce américain indiqua que le déficit commercial des USA avait atteint un nouveau record mensuel de 30,62 milliards de dollars au mois de juin.

Ce rapport n'attira aucune attention ou presque dans les médias, débordées par des reportages de la prétendue croissance économique sans précédent de la présidence Clinton et des opinions optimistes qu'après avoir augmenté le taux d'intérêt plusieurs fois, la Réserve Fédérale, l'équivalent d'une banque centrale aux USA, et son chef Alan Greenspan ont réussi à faire « atterrir en douceur » l'économie américaine.

Mais le déficit commercial n'est pas simplement un nuage isolé dans un ciel économique ensoleillé. Il est symptomatique de processus à long terme qui pourraient, très rapidement, avoir des implications désastreuses pour les USA et l'économie mondiale. Ces processus, tels la dépendance de l'économie américaine sur l'importation des capitaux, la surestimation de la valeur des actions, et le surendettement à la fois des particuliers et des sociétés, indiquent que les fondations du boom économique américain sont fragiles.

Si ces dernières statistiques commerciales ont attiré peu d'attention dans les médias, on sent que certains milieux s'en inquiètent beaucoup. Un article du Wall Street Journal du 14 août, « Will the Trade Gap Lower the Boom ? » (« Est-ce que le décalage commercial réduira le boom ? »), par exemple, essayait de deviner à quel moment les investisseurs décideraient que le déficit commercial était devenu trop grand, perdraient confiance en le dollar, et retireraient leurs investissements, mettant fin au boom économique.

L'article remarquait que dans les trois premiers mois de l'année « la balance des paiements déficitaire,­ la mesure la plus large des déséquilibres commerciaux ­ avait pour la première fois dépassé les 4% du produit national brut », et que selon des calculs de la firme Merrill Lynch « le déficit commercial fera cette année $414 milliards, 24% de plus qu'en 1999 et 4,2% du PNB, des proportions sans précédent ».

Dans la plupart des autres pays un tel déficit commercial provoquerait une crise économique. Mais les USA occupent une position unique. A cause du rôle du dollar comme monnaie mondiale, ils peuvent financer leur déficit commercial par l'importation des capitaux. Ainsi, même si le déficit commercial augmente, l'argent peut toujours arriver de l'étranger, augmentant la valeur du dollar par rapport aux autres devises, et attirant ainsi même davantage de fonds de l'étranger.

Le Wall Street Journal citait Norbert Walter, le chef des recherches à la Deutsche Bank. Il prévenait les clients de la banque que « La confiance portée aux USA pourrait s'effondrer subitement avant que le monde soit de nouveau en une position économique solide. En tout cas, il n'est pas impossible que les transferts des capitaux vers les USA chutent, provoquant une baisse du dollar, une augmentation des taux d'intérêt et une crise de la bourse ».

Le scénario pour une pareille crise pourrait se dérouler ainsi : un changement soudain dans les perceptions des investisseurs, peut-être causé par une augmentation soudaine des taux d'intérêt, convainc les grands investisseurs de la nécessité d'avoir davantage de fonds en euros ­ ou en une autre grande devise. Ceci provoque une sortie rapide des marchés américains des investisseurs qui ne voudront pas de biens mesurés en dollars lorsque la valeur de celui-ci chute. La Réserve Fédérale pourrait ensuite augmenter les taux d'intérêt, apportant un déclin prononcé dans les marchés d'investissements et d'immobilier, provoquant ainsi une crise pour les individus et les sociétés qui se sont endettés pour financer des achats en supposant que les cours des marchés continueraient à monter.

Si le Wall Street Journal affirmait qu'un « scénario désastreux » était peu probable, il admettait qu'il devenait de plus en plus probable avec chaque montée du déficit commercial, citant les discours d'Alan Greenspan au Congrès au mois de juillet.

« A un certain point », disait Greenspan à la Chambre des Députés, « quelque chose doit céder, et nous ne savons pas ce que ce sera. Nous ne savons pas si cela aura lieu sur une très longue période, et ainsi d'une manière normale sans grande importance, ou si ce sera d'une manière plus abrupte ».

Si Greenspan essaie de laisser l'espoir que le déficit commercial américain se résoudra en douce, d'autres analystes suggèrent qu'il pourrait y avoir un renversement soudain. Une étude de l'économiste Wynn Godley, publié par l'Institut James Levy au mois de juin, réfute l'idée que la soi-disant « nouvelle économie » pourrait continuer sa croissance indéfiniment. Intitulé « Noyé dans le surendettement, » l'analyse de Godley se base sur l'idée que les niveaux inouïs d'endettement personnel et des sociétés ont soutenu la croissance des dépenses dans l'économie américaine.

Il souligne que pendant la plupart du siècle les revenus dépassaient les dépenses, avec des taux nets d'épargne autour de 3% des revenus nationaux. La situation commença cependant à changer après 1992 quand les dépenses commencèrent à s'accroître relatives aux revenus, et ce changement est devenu une norme dans la période récente.

« Le taux d'épargne net», écrit Godley, « passa en dessous de 0% en 1997 et ne fait que sombrer plus loin dans le territoire négatif depuis. Dans le premier quart de cette année l'épargne net atteignait ­7% des revenus, et était de 9 à 10% en dessous de ce qui était auparavant normal. Quelle que soit la prédiction que l'on en tire, c'est certainement entièrement différent de tout ce qui s'est passé auparavant ­ au moins aux USA».

Godley maintient que, si le consensus général semble être que les dépenses privées augmentent grâce aux gains réalisés sur les actions, les statistiques de la Réserve Fédérale montrent que la plupart des fonds qu'on obtient pour financer les nouvelles dépenses proviennent de nouveaux emprunts. De tels emprunts permettent de jouir des gains capitaux sans avoir à vendre des biens et ainsi payer des impôts sur les gains capitaux.

Si les transferts nets de crédit au secteur privé non-financier étaient négligeables en 1991, ils étaient de plus de $1,000 milliards en 1999, année où les emprunts ont fait augmenter les revenus disponibles de 15%.

Selon Godley, « il semble logique de conclure que les niveaux élevés d'endettement posent à présent un risque ; s'il y avait une grande chute des valeurs ou de la bourse, ou une autre augmentation des taux d'intérêt, des positions menacées deviendraient évidentes, ce qui provoquerait une spirale de ventes forcées. »

Il remarque aussi que les projections fiscales des porte-parole gouvernementaux, basées sur la croissance indéfinie et un surplus budgétaire croissant, supposent une montée générale des dépenses, ce qui suppose à son tour que « le taux d'épargne net dans le privé continuera à tomber dans le territoire négatif » -- une situation qui ne peut durer.

D'un autre côté, la croissance économique américaine dépend tellement de l'augmentation des dépenses que si le taux d'épargne revenait à des niveaux plus normaux, « les résultats seraient horrifiques ».

« Avec une chute des dépenses privées de 5 à 10 % relatifs aux revenus, il ne pourrait pas y avoir de croissance du tout pendant plusieurs années », écrit-il. Et si le changement avait lieu subitement « il y aurait une récession sévère, avec des conséquences graves pour le reste du monde ». Le surplus budgétaire s'évaporerait, et avec une récession ou une stagnation prolongée, il pourrait y avoir une « grande chute dans les cours boursiers, ce qui empirerait de beaucoup la situation ».

Non seulement les USA dépendent de plus en plus sur l'endettement, mais ils obtiennent une proportion grandissante des fonds pour financer la croissance à l'étranger.

Attirés par la valeur en hausse des actions et le dollar fort, les capitaux sont entrés en masse aux USA en même temps que le déficit commercial s'empirait. L'abondance des capitaux, à son tour, a fait monter les cours boursiers, les dépenses, la croissance économique, et le dollar, attirant ainsi davantage de fonds aux USA. Mais un tel cycle « vertueux » peut rapidement se transformer en cercle vicieux ­ mettant en place le scénario désastreux indiqué par le Wall Street Journal.

Un rapport préparé pour le Centre des Marché Financiers par l'économiste Jane D'Arista, intitulé « Les transferts internationaux des capitaux et les comptes en capital des USA », détaille l'importance des transferts capitaux de l'étranger aux USA pour l'économie américaine. Selon son analyse, ces transferts sont à présent « le principal soutien de la prospérité américaine ».

« Par presque tous les critères, les transferts de capitaux vers les USA sont énormes. La dette financière nette des USA envers le reste du monde est devenue si large que les paiements (entre autre d'intérêts) sur les biens financiers américains appartenant à des étrangers dépassent de loin les revenus sur les biens à l'étranger appartenant aux américains (-$12 milliards à la fin de 1998) ».

Le rapport remarquait qu'à l'époque du crash boursier de 1987 la position financière internationale des USA était toujours aussi positive que depuis la Première Guerre Mondiale, mais que depuis cette époque il y a eu un renversement dramatique.

« En 1989, les USA étaient devenus un pays endetté et sa dette externe (c'est-à-dire étrangère) continua à monter au cours des années 90. A la fin de 1996, la dette arrivait à $548 milliards (en comptant les biens aux prix du marché). Un an plus tard, elle dépassait $1,000 milliards et en 1998 atteignait $1,500 milliards. Ayant triplé en 24 mois, la dette externe était de 18% du PNB ».

Selon cette analyse, l'économie américaine risque des perturbations internes ou provenant de l'étranger qui pourraient attaquer la confiance internationale dans le dollar.

« Si on perdait confiance, la vente des bien américains par des investisseurs étrangers exercerait une pression vers le haut sur les taux d'intérêt internes et ferait baisser la valeur du dollar à des niveaux qui pourraient provoquer une récession beaucoup plus profonde que celle qui se passa sous des circonstances semblables aux années 80 ».

L'instabilité grandissante de l'économie américaine résultant du surendettement et de l'importance des transferts des capitaux de l'étranger se voit aussi en comparant la présidence de Clinton avec les administrations précédentes.

Un article de Robert Pollin dans le numéro mai-juin du magazine britannique New Left Review souligne que « presque tous les gains économiques des années Clinton dépendent de la performance extraordinaire de la bourse, qui a ainsi créé une structure financière extrêmement fragile ».

Si la croissance du PNB de 1993 à 1999 était en moyenne de 3,7%, dépassant les 2,7% et les 2,9% des années Nixon-Ford et Reagan-Bush, elle n'a dépassé que de peu les 3,4% de l'administration Carter et n'a aucunement atteint les 4,8% des années Kennedy-Johnson.

La même tendance se remarque dans la croissance de la productivité, qui fut en moyenne de 1,8% de 1993 à 1999, bien moins que les 3,4% des années Kennedy-Johnson et seulement un peu plus que les 1,7% des administrations Reagan-Bush.

Dans les statistiques boursières et la hausse de l'endettement, pourtant, l'administration Clinton dépasse toutes les autres. Dans la période 1993-99, l'indexe S&P 500 a monté à un taux moyen de 17,6% par an en chiffres réels, plus de deux fois le taux de croissance sous Reagan et Bush. En même temps la proportion des passifs totaux des foyers par rapport à leurs revenus disponibles, qui atteignait 77,8% sous Reagan et Bush ­ un niveau sans précédent à l'époque ­ a monté même plus loin sous Clinton, jusqu'à 94,2%.

Si Clinton se vante d'avoir présidé sur une croissance économique mirobolante, la croissance des salaires sous son mandat restent moins fortes que celles de n'importe quelle autre période d'expansion économique. Pollin citait ainsi un scrutin mené par le magazine Business Week à la fin de 1999. Il trouva que 51% des travailleurs américains se sentent « volés par leurs patrons » et, quand ils étaient interrogés sur le soi-disant « boom de productivité », 63% répondaient qu'il n'avait pas augmenté leurs revenus et 62% trouvaient qu'il n'avait pas augmenté la sécurité de leur emploi.

A en juger du silence total porté aux plus récentes statistiques commerciales et à leurs implications, il n'y aura pratiquement aucune discussion ou analyse de la vraie position de l'économie américaine dans les deux mois à venir avant l'élection présidentielle. Un examen sérieux des faits révèlerait trop clairement une profonde crise financière, qui pourrait faire éruption à n'importe quel moment.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DETTE AMERICAINE
commenter cet article
8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 23:57

 

 

Quand la bombe de la dette américaine va-t-elle exploser ?

 

Par Nick Beams
Le 8 juillet 1999

 

Alors que la progression constante de la valeur des actions à Wall Street fait dire à certains que la croissance de la technologie de l'information a fait des États-Unis une « nouvelle économie », des préoccupations grandissantes se font entendre selon lesquelles le boum du marché des actions est fondé sur une montée de l'endettement qui risque de provoquer une crise financière majeure qui entraînera une profonde récession plus vite que l'on pense.

Au cours des dernières semaines, plusieurs rapports provenant de groupes de spécialistes économiques américains, notamment le Levy Institute et le Federal Markets Center, et britanniques, notamment le groupe Lombard Street Research de Londres, ont souligné le caractère insoutenable du boum en pointant du doigt la hausse ininterrompue de la dette internationale et du déficit de la balance des paiements des États-Unis.

Cette semaine, l'Economic Policy Institute a publié un important rapport de l'économiste Robert Blecker intitulé « The Ticking Debt Bomb » (La bombe à retardement de la dette) dans lequel l'auteur s'efforce de démontrer pourquoi la position financière des États-Unis est insoutenable.

Blecker souligne que bien qu'un nombre croissant d'observateurs louangent la « nouvelle économie », plusieurs indices viennent tout de même « jeter de l'ombre sur une situation qui serait autrement radieuse. Mois après mois, année après année, le déficit commercial américain fracasse de nouveaux records. Et alors que les États-Unis empruntent pour couvrir le surplus de leurs importations par rapport à leurs exportations, la position du pays comme principal débiteur du monde progresse à pas de géant. Étroitement reliée à ces deux tendances, la baisse de l'épargne des particuliers aux États-Unis force le pays à continuer d'emprunter à l'étranger malgré le fait que le déficit du solde budgétaire fédéral se soit transformé en surplus.

« En fait, la prospérité économique actuelle des États-Unis repose sur les fondations fragiles du boum de la consommation qui est lui-même basé sur la bulle du marché financier national combiné aux ressources monétaires étrangères qui financent le déficit commercial américain. Si la tendance actuelle se maintient, la croissance de la dette internationale des États-Unis deviendra insoutenable à long terme. Aucun pays ne peut en effet emprunter autant à l'étranger sans éventuellement déclencher une dépréciation de sa devise et une contraction de son économie. Le déficit commercial grandissant et la prolifération de la dette étrangère sont ainsi des signaux d'avertissement de problèmes sous-jacents qui, s'ils ne sont pas corrigés, peuvent freiner net le boum économique des Etats-Unis dans un avenir plus ou moins proche ».

Le rapport de Blecker souligne la croissance constante de l'endettement des États-Unis au cours des 15 dernières années et la dégradation accélérée de leur position financière depuis la fin de 1997. La position des États-Unis était équilibrée en 1983. Mais le recours constant à l'emprunt pour couvrir un déficit chronique de la balance des paiements au cours des années 80 a fait passer les États-Unis de la position du plus grand créditeur au plus grand débiteur au monde. À la fin de 1997, la dette totale des États-Unis s'élevait à 1,22 billion $. Mais après l'exclusion des réserves en or du Trésor américain et de l'investissement étranger direct des multinationales, deux valeurs qui ne sont pas en liquidités, la dette financière nette correspond à la différence entre la valeur des avoirs financiers américains en liquidité (actions, titres d'État et autres bons) possédés par des étrangers et la valeur de biens étrangers similaires détenus par des Américains. Cette dette financière nette des États-Unis s'élève donc à 1,57 billion $.

Bien que les États-Unis soient devenus un débiteur net au milieu des années 80, le revenu total des investissements est resté positif au cours des années 90 à cause du taux de rendement des investissements directs (domaine où les États-Unis sont un créditeur net) et a dépassé le taux de rendement des investissements financiers (domaine où les États-Unis sont un débiteur net).

« Toutefois, au cours des dernières années, le véritable volume de la dette financière nette a commencé à excéder la différence des taux de rendement et le bilan des revenus des placements est négatif depuis 1997. »

Selon les prévisions de Blecker, la dette financière continuera d'augmenter pour dépasser les 2 billions $ en 1999, puis atteindra 2,34 billions $ en 2000, et enfin un gigantesque 4,36 billions $ en 2005 (soit l'équivalent de 36,4 p. 100 du produit intérieur brut prévu pour cette date) ».

Selon ce qu'il qualifie de « scénario du déficit commercial progressif » dans lequel ce dernier est sous-jacent et équivaut à 4 p. 100 du PIB en 2000, puis 5 p. 100 en 2005, Blecker avance que la dette financière nette explosera à 5,45 billions $, soit l'équivalent de 45,5 p. 100 du PIB alors que le déficit courant gonflera 750 milliards $, ou 6,3 p. 100 du PIB, un niveau d'endettement qui garantit pratiquement le déclenchement d'une panique financière ».

Blecker démontre que bien que la notion d'une crise financière éventuelle aux États-Unis puisse « sembler tirée par les cheveux à une époque où l'économie américaine fait l'envie d'une bonne partie du reste du monde », l'histoire économique « regorge d'épisodes où alors que la confiance régnait dans une économie en particulier, tout était soudainement chambardé, comme lors du crash mexicain de 94-95 qui a suivi l'euphorie du boum mexicain qui a précédé l'ALENA, ou encore l'éruption des crises orientales et du sud-est asiatique de 1997-98 qui a succédé aux nombreuses années de louange des miracles économiques asiatiques et des nouveaux marchés financiers.

« Toutes ces expériences ont démontré que les boums de dépenses alimentés par des attentes très optimistes peuvent mener à la création de positions financières insoutenables, de bulles spéculatives dans le marché des valeurs actives et entraîner de véritables surévaluations des taux de change qui mènent éventuellement à une révision des attentes et à un crash inévitable ».

L'auteur poursuit en faisant remarquer que les États-Unis ne sont pas à l'abri des crises de confiance. C'est ainsi qu'en 1978-79 le système financier américain a connu une rapide perte de confiance face à son dollar, ce qui a entraîné l'intervention du président de la réserve fédérale d'alors, Paul Volcker, qui a réécrit le budget de l'administration Carter propulsant les taux d'intérêt à 20 p. 100 et entraîné la pire récession de la période d'après-guerre aux États-Unis.

La crise financière de la fin des années 70 découlait de l'abandon du système de taux de change fixe de Bretton Woods échelonné de 1971 à 1973 après que Nixon eut mis fin à la convertibilité du dollar américain en or, et la décision subséquente de permettre la dépréciation du dollar de façon à améliorer la position commerciale des États-Unis. Le régime à haut taux d'intérêt introduit par Volcker restaura certes la confiance dans le dollar, mais entraîna également un écart commercial croissant (les exportations américaines devenant plus coûteuses et les importations moins chères) et un endettement international croissant.

La crise de confiance du dollar américain menace maintenant de réapparaître sous une forme beaucoup plus explosive qu'il y a 20 ans du fait des avoirs de titres de créance américains beaucoup plus importants dans le monde. Sachant que les problèmes de la fin des années 60 qui ont entraîné l'abandon du système de taux de change fixe de Bretton Woods ont été causés par les vastes sommes détenues en dollars américains par les banques étrangères, « le problème en cette fin des années 90 se situe au niveau de l'accumulation de grandes quantités d'avoirs financiers américains de toute sorte, notamment des actions et des bons détenus par des particuliers, de même que dans les réserves des banques centrales officielles (principalement détenus sous forme de titres du Trésor américain). Une telle situation risque de créer une peur de la dépréciation du dollar pouvant à nouveau se transformer en prophétie qui s'exauce, sauf que ce coup-ci ce sera moins l'action des banques centrales étrangères, mais plutôt celles des investisseurs internationaux particuliers et des banques (tant nationales qu'étrangères) ».

On réalise l'envergure de cette crise potentielle à la lumière de l'immense augmentation des avoirs étrangers en titres américains depuis la fin de 1995. En effet, au cours des trois dernières années seulement, la valeur des avoirs étrangers en titres autres que ceux du Trésor est passé d'environ 900 milliards $ à près de 2 billions $. Les avoirs étrangers qui s'élevaient à environ 1,3 billion $ en titres du Trésor américain à la fin de 1998 représentait près de 35 p. 100 de toutes les obligations du Trésor de l'époque, soit environ le double du pourcentage du début des années 90.

Blecker met en garde que si une crise du dollar survient et que la banque centrale américaine tente de la contrer en augmentant les taux d'intérêt, cela pourrait avoir des conséquences économiques dévastatrices.

« Avec la dette à la consommation qui atteint des niveaux records par rapport aux revenus des ménages, une augmentation des taux d'intérêts augmenterait le fardeau des frais de service de la dette des ménages et pourrait précipiter les familles liées financièrement à la faillite (surtout si le taux de chômage se met à monter suite à l'introduction de taux d'intérêts élevés). La situation est la même pour les entreprises qui sont devenues très dépendantes du crédit, que ce soit pour effectuer des investissements productifs, des fusions, des acquisitions ou des achats. Si les taux d'intérêts grimpent alors que la croissance des ventes ralentit et que les rentrées d'argent diminuent, les entreprises fortement endettées pourraient se retrouver dépourvues de liquidité et le risque de faillite d'entreprise les guetter encore plus. Et si les faillites personnelles et d'entreprises augmentent, les banques qui ont énormément prêté aux consommateurs et aux entreprises pourraient se retrouver avec de sérieux problèmes, comme cela a été le cas dans les pays touchés par la crise asiatique. De plus, l'existence de contrats dérivés complexes et de fonds de couverture non contrôlés a permis aux investisseurs de créer des positions financières très dépendantes du crédit difficiles à démêler sans pertes significatives dans l'éventualité d'une panique financière générale aux États-Unis. »

Évaluant l'effet d'une crise du dollar aux États-Unis, Blecker démontre que « quelques calculs simples révèlent qu'une dépression économique sérieuse pourrait facilement en résulter. »

Partant du principe que le déficit courant est de 270 milliards $ et que la moitié de cet écart a été éliminé à l'automne par la chute du dollar (diminuant ainsi les importations et propulsant les exportations), il faudrait un déclin de 6 p. 100 du revenu national exprimé en termes réels pour éliminer le reste du déficit des paiements. » Cela équivaudrait à un ajustement de la même importance de ce qui a été ressenti lors des crises brésilienne, mexicaine, coréenne et thaïlandaise au cours des récentes dernières années, soit un ajustement beaucoup plus important que les baisses enregistrées lors des dernières récessions américaines. »

Bien entendu, l'impact sur économie mondiale serait beaucoup plus grave que ces chiffres peuvent l'indiquer du simple fait du rôle qu'occupe l'économie des États-Unis au cours des dernières années à titre de « consommateurs de dernier recours ». On estime qu'avec une croissance annuelle qui stagne au Japon, et n'enregistre qu'une moyenne de 2 p. 100 en Europe, l'économie américaine représente entre le tiers et la moitié de la croissance de la demande mondiale de la dernière période.

Les possibilités d'une crise financière majeure comme résultat de l'augmentation de la dette sont également évoquées dans un article de l'économiste Rudi Dornbusch du Massachusetts Institute of Technology, publié dans l'édition du 2 juillet de l'Australian Financial Review.

Dornbusch note que la valeur des actions à Wall Street représente près du double du produit intérieur brut, un taux sans précédent dans l'histoire et au moins 25 p. 100 plus haut qu'au plus fort de la bulle financière japonaise de 1989.

Bien qu'il tienne fermement à la perspective de l'atterrissage en douceur », soit un simple ralentissement de l'économie plutôt qu'une récession, Dornbusch pose la question de savoir ce qui arriverait si l'augmentation des taux d'intérêts ne suffit pas à arrêter la montée des marchés boursiers.

« Le scénario sera alors plus dur : tout d'abord, les taux d'intérêt vont augmenter beaucoup, au maximum, puis les marchés boursiers vont chuter. De hauts taux et une profonde chute des marchés - de 20 ou 30 p. 100 - précipiteraient sûrement l'économie américaine à une croissance zéro, sinon pire. »

Dans un article publié en mai, l'auteur a souligné la progression de la dette au Japon. La dette publique japonaise représente maintenant 130 p. 100 du PIB et la valeur des engagements pour les pensions est calculée à 107 p. 100 du PIB, ce qui en fait l'engagement de dette publique le plus élevé au monde tant en termes absolus qu'en rapport à la taille de l'économie japonaise.

Au cours des dernières semaines, les institutions financières telles que le Fonds monétaire international et la banque centrale américaine ont déclaré que la crise asiatique était terminée. Mais selon Dornbusch, « la crise financière des deux dernières années n'était que répétition générale d'une autre crise, beaucoup plus imposante qui s'en vient - un ajustement aux États-Unis vers une croissance moins forte et des prix plus raisonnables pour les éléments d'actif, et ensuite, la crise de l'endettement japonais. »

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DETTE AMERICAINE
commenter cet article
19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 14:53

 

 

La conférence de la Réserve Fédérale souligne l'instabilité financière

 

Par Nick Beams


1er septembre 2000

 

La conférence annuelle des hauts fonctionnaires de la Réserve Fédérale des États-Unis à Jackson Hole, Wyoming a fait ressortir la position financière de moins en moins stable de l'économie américaine et exprimé les inquiétudes de certains membres des cercles dirigeants sur les résultats politiques que pourrait avoir un déclin majeur de la croissance économique.

Dans sa présentation à la conférence, Alan Greenspan, le chef de la Réserve Fédérale, prévenait les dirigeants qu'une « antipathie profonde envers la concurrence et le libre-marché » pourrait survenir si la croissance économique s'affaiblit.

« Une défaillance observable de la performance économique par rapport aux normes établies dans les années précédentes risque de ranimer le sentiment contre les systèmes basés sur le marché, même chez certains dirigeants établis. A présent nous n'attendons pas de défaillance, et de telles opinions ne sont pas largement répandues. Mais elles résonnent dans certains arguments contre le système de commerce mondial qui ont fait surface à Washington, D.C. et à Seattle au courant de l'année dernière ».

Un des aspects les plus remarquables du discours de Greenspan est qu'il y décrivait ce que l'on pourrait appeler le secret ouvert du boom économique américain et de l'arrivée du capital étranger sur lequel ce boom dépend de plus en plus.

Selon Greenspan, une des principales raisons pour lesquelles il y a plus d'investissements en haute technologie aux USA qu'en Europe ou au Japon est que « légalement et traditionnellement, les employeurs américains ont beaucoup moins d'obstacles à laisser partir des employés ». C'est à dire que les firmes américaines reçoivent davantage de profits parce qu'ils peuvent opérer des limogeages en masse avec beaucoup plus de facilité que leurs rivaux dans d'autres pays.

Il continuait : « La différence est importante dans notre nouveau monde technologique, car beaucoup, sinon la plupart, des profits réalisés à l'aide des nouvelles technologies résultent de la réduction des dépenses, ce qui signifie finalement, pour la plupart, la réduction des dépenses sur les employés. Ainsi les mesures légales qui nuisent à la capacité de facilement réduire les dépenses réduisent aussi les profits que l'on anticipe des nouvelles technologies, réduisant ainsi leur attrait. Même si ces technologies sont disponibles à tous, l'intensité de leur application et la croissance résultante est ainsi la plus élevée aux USA et dans les pays avec moins d'obstacles à leur mise en marche ».

Comme résultat des profits plus élevés aux USA, remarquait Greenspan, « les européens ont de plus en plus apprécié les investissements aux USA et représentent une proportion de plus en plus élevée du total croissant de l'investissement étranger dans les biens aux USA ».

Ces conclusions entraînent des observations politiques décisives. Elles démontrent qu'un des facteurs essentiels soutenant la capacité des USA d'importer le capital étranger, qui permet de financer sa balance des paiements déficitaire et sa dette extérieure croissante ­ à présent à peu près $400 milliards ou 4% du PNB ­ est la suppression de toute lutte ouvrière pour la défense des emplois et des salaires.

Une étude rédigée par les économistes Maurice Obstfeld et Kenneth Rogoff examine la montée en flèche de la balance de paiements déficitaire des USA dans la période récente. Après être resté à un niveau de 1,7% du PNB de 1992 à 1998 (niveau déjà élevé par rapport à sa position historique), le déficit est monté à 3,7% du PNB en 1999 ; on s'attend à ce qu'il atteigne les 4,4% du PNB en 2001.

Si ce niveau n'est pas inouï parmi les grands pays capitalistes ­ l'Australie ayant eu un déficit d'environ 4,3% de 1991 à 1999 ­ le déficit de $316 milliards était néanmoins « le déséquilibre le plus important de l'histoire, en termes absolus ». Ceci amène la question de combien de temps le système économique global pourrait continuer à soutenir ce niveau d'endettement par son plus grand membre, et de ce que seraient les conséquences d'un renversement soudain de ces tendances.

Les auteurs soulignaient qu'à la fin de l'an 2000 l'endettement net des USA serait d'à peu près $1,900 milliards ou 20% du PNB, et que même si le taux de croissance annuel des USA de 5% par an se maintenait, avec une balance des paiements déficitaire de 4,4% du PNB il y aurait « dans l'avenir proche une montée rapide de la proportion de la dette extérieure au PNB ».

Obstfeld et Rogoff remarquent que si la proportion de dette à production de 20% semblait pouvoir se gérer, elle est néanmoins « très élevés du point de vue historique ».

« A la fin du 19ème siècle, quand les USA étaient un géant économique en formation, la proportion de dette à PNB n'a jamais dépassé les 26% (un point culminant en 1894). Si les processus actuels continuent, ce chiffre sera rapidement dépassé. On n'a qu'à se souvenir que juste avant la crise de l'endettement en Amérique latine en 1980, la dette extérieure de l'Argentine atteignait 22%, celle du Brésil les 19% et celle du Mexique les 30%, pour comprendre que la proportion de la dette au PNB des USA atteint un niveau très élevé ».

Le seul fait qu'on mentionne ensemble la position économique des USA et celle des pays surendettés de l'Amérique latine indique que, même si on continue à faire des éloges officiels sur les merveilles de « la nouvelle économie », il y a des signes d'instabilité croissante.

Obstfeld et Rogoff soulignent que si d'autres pays capitalistes avancés, tels le Canada, la Finlande, et la Suède, ont vu des proportions dette-PNB de 40 à 50 %, et même de 60% dans le cas de l'Australie, le système financier international ne pourrait pas soutenir un pareil niveau de la dette dans la plus grande économie nationale au monde.

« Le choc le plus évident serait un déclin soudain dans les taux de croissance aux USA relatifs au reste du monde, apportant peut-être aussi une chute des investissements. Un choc pourrait amener les étrangers à réduire les exportations de leurs épargnes aux USA et, en même temps, augmenter les exportations des épargnes des américains à l'étranger ­ les deux tendant à réduire la balance des paiements déficitaire ».

Dans leurs conclusion, les auteurs remarquaient qu'un « ajustement soudain de la balance des paiements déficitaire des USA pourrait causer une très grande dépréciation du dollar ». De pareilles dépréciations ont « causé de grands désordres » dans d'autres pays, et si l'économie américaine était sans doute plus résistante « le risque d'une forte et rapide dévaluation du dollar est néanmoins réel ».

De l'autre côté, si rien ne se passait et les taux d'épargne aux USA restaient à leurs niveaux bas actuels, « l'économie américaine pourrait finalement faire face au pire : une dette extérieure immense et des chances grandissantes d'une panique des investisseurs étrangers et la fin des emprunts des USA à l'étranger ».

L'étude, présentée par Paul Krugman, professeur d'économie à Princeton et journaliste pour le New York Times, n'est pas intéressante parce qu'elle avance de nouvelles idées, mais parce qu'elle exprime la confusion généralisée des économistes bourgeois professionnels face à l'instabilité grandissante du système capitaliste global.

Selon Krugman : « Toute personne qui a suivi les affaires financières internationales pendant quelques temps connaîtra ce sentiment ; appelons-le le déjà vu des idées conventionnelles. On écoute ou on lit quelque chose sur un débat dans lequel il y a certaines présuppositions communes, et soudain on a la tête qui tourne, parce que l'on se souvient des présuppositions d'il y a 5, 10, ou 15 ans ­ et ce n'étaient pas les mêmes ».

Si la crise en Asie a causé « un torrent de communications universitaires et gouvernementales, il n'y a aucun modèle universellement accepté de la crise », et les économistes se disputent sur la question de savoir si c'était « un tournant temporaire vers un mauvais équilibre » ou le résultat d'une « fragilité intrinsèque ».

« Ce manque d'unanimité sur la nature des crises économiques modernes complique la tâche de décrire les effets d'autres facteurs sur la vulnérabilité aux crises, car si nous ne pouvons pas nous mettre d'accord sur ce qui s'est passé, comment pouvons-nous dire qu'une augmentation du commerce ou telle autre mesure réduira les chances qu'une crise se reproduise ? »

Krugman offre la conclusion générale que « l'intégration grandissante de l'économie mondiale a augmenté les risques d'une crise financière. Essentiellement, les gains potentiels grandissants du commerce et de l'investissement étranger augmente les pertes causées par les contrôles nationaux, qui pourraient nuire aux échanges de produits et de services et décourager les entreprises multinationales. Mais l'abolition des contrôles nationaux augmente la possibilité que les pays développeront les vulnérabilités financières qui rendent possibles les crises ».

S'il n'écartait pas la possibilité que le risque d'une crise pourrait s'amenuiser et que finalement les choses se calmeraient, « l'intégration grandissante de l'économie mondiale signifie probablement de plus grands risques de crise dans les années à venir » et « le plus probable est que le chemin sera cahoteux pendant des années à venir ».

Ce que cet économiste bien payé appelle un « chemin cahoteux » signifie, pour la majorité des gens, y compris les américains, le chaos économique, les faillites, et la destruction des emplois et des conditions de vie dont la crise asiatique n'était qu'un avertissement.

Voir aussi:
Le déficit commercial record des USA : symptôme de graves problèmes économiques
 28août 2000

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans DETTE AMERICAINE
commenter cet article