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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:17

Pour mémoire, les saloperies des Etats-Unis en Irak pour décapiter Saddam Hussein... notamment réduire son Peuple à la famine... ah  ! ils peuvent faire des reproches à Vladimir Poutine, ces crapuleux !  

 

Les États-Unis et le Royaume-Uni d'accord pour le maintien des sanctions paralysantes sur l'Irak


Par Barry Grey
(traduit de l'anglais - publié le 5 janvier 2000)

 


Après plus de huit mois d'intenses négociations au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis ont finalement décidé le mois dernier de proposer au vote une résolution visant à prolonger indéfiniment les sanctions contre l'Irak, malgré le fait qu'un seul autre membre permanent du Conseil de sécurité, en l'occurrence le Royaume-Uni, était prêt à voter pour.

La résolution passée le 17 décembre prévoit la mise sur pied d'une nouvelle agence d'inspection des armements, l'UNMOVIC (Commission d'inspection, de vérification et de contrôle des Nations Unies) pour remplacer la Commission spéciale des Nations Unies sur l'Irak (CSNU). Bagdad a toujours refusé de laisser la CSNU et son président Richard Butler revenir sur son territoire après que les États-Unis et le Royaume-Uni aient effectué des frappes aériennes pendant quatre jours en décembre 1998 sur la base d'un rapport de Butler qui affirmait que l'Irak ne respectait pas ses engagements en matière de désarmement. Les Irakiens ont également refusé tout accès aux représentants de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) chargée dans le cadre des sanctions de l'ONU imposées en 1990 de s'assurer de l'absence de programme de développement d'armes nucléaires dans le pays.

L'Irak a annoncé à l'avance qu'il rejetterait toute résolution ne garantissant pas la levée inconditionnelle des sanctions, et a indiqué qu'il envisagerait une reprise des inspections des armements seulement si on pouvait lui garantir, date à l'appui, que l'embargo prendrait fin. Les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité (Russie, Chine et France) auraient pu opposer leur veto en votant non mais ont préféré plutôt s'abstenir lors du vote du 17 décembre. Cette attitude a également été reprise par la Malaisie. Présentée par le Royaume-Uni et secondée par les États-Unis, la résolution a été adoptée par un vote de onze pour, aucun contre et quatre abstentions.

Que les États-Unis aient finalement décidé d'aller de l'avant avec ce vote en sachant pertinemment que cela entraînerait une division au sein du Conseil de sécurité sur la question irakienne en plus d'accentuer l'isolement de Washington et de Londres démontre bien la détermination du gouvernement américain de poursuivre une politique de représailles contre l'Irak, dans l'espoir que les immenses souffrances infligées à la population mènent éventuellement au renversement du président Saddam Hussein.

D'un point de vue objectif, la politique des États-Unis envers l'Irak constitue un crime contre l'humanité. Pour trouver un exemple comparable de grande puissance piétinant la souveraineté nationale d'un petit pays, il faut en effet remonter à l'apogée du colonialisme au tournant du siècle dernier. Le nombre de morts et l'importance des destructions infligées sur la population irakienne par les bombardements et les sanctions imposées par les États-Unis sont considérables. De nombreux rapports d'organismes internationaux et humanitaires ont documenté l'effondrement du système de santé, les problèmes de malnutrition, d'approvisionnement en eau potable, le recul des conditions sanitaires et autres rudiments de la civilisation causés par près de dix années d'embargo économique.

En août dernier par exemple, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) publiait une étude concluant que le taux de mortalité infantile avait plus que doublé au centre et au sud de l'Irak depuis l'entrée en vigueur des sanctions de l'ONU. Un rapport précédent de l'organisme estimait que plus de 5 000 enfants irakiens mouraient chaque mois faute d'aliments et de remèdes adéquats. La semaine dernière, le ministre irakien de la Santé a dévoilé que 1,4 million d'Irakiens de tous âges ont péris au cours des neufs dernières années à cause de l'embargo des Nations Unies.

Depuis les frappes aériennes de décembre 1998, les États-Unis et le Royaume-Uni ont continué de bombarder des objectifs militaires et civils sur une base quasi quotidienne en Irak. Selon Bagdad, les avions à réactions américains et britanniques patrouillant les zones d'exclusion aérienne nord et sud de l'Irak ont effectué 16 848 missions et tué 156 personnes l'an dernier seulement. Ces zones d'exclusion aérienne ont été imposées unilatéralement au début des années 1990 par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France   sans même la couverture légitime d'une résolution à l'ONU.

Les inspections d'armement effectuées pour le compte de l'ONU ont été utilisées de façon très peu discrète par Washington dans ses efforts pour déstabiliser et renverser le régime de Hussein. Pendant des années, la CSNU a monté provocation sur provocation en refusant de certifier que l'Irak s'était débarrassé de ses armes chimiques et biologiques et en exigeant l'accès aux installations politiques et de sécurité les plus importantes du pays. Les inspections de la CSNU ont été fréquemment menées de façon à provoquer l'opposition irakienne pour servir de prétexte aux attaques politiques ou militaires répétées des États-Unis. C'est ainsi que les frappes aériennes de décembre 1998 furent déclenchées après que Bagdad eut refusé aux inspecteurs de Richard Butler l'accès au siège du parti Baath au pouvoir.

Dans les semaines qui ont suivies les attaques par missiles et les bombardements, les grands quotidiens internationaux ont publiés des preuves détaillées, dont divers témoignages d'agents de renseignement américains, que la CSNU servait depuis longtemps de couverture à la CIA et Washington pour obtenir des renseignements sur le gouvernement irakien. En plus de suivre à la trace les déplacements de Saddam Hussein en prévision d'une éventuelle tentative d'assassinat, la CIA s'est servi des renseignements de la CSNU pour choisir les objectifs des frappes aériennes de décembre 1998. Ces révélations justifient les accusations soutenues depuis longtemps par l'Irak que les inspecteurs en armement de l'ONU espionnaient pour le compte des services de renseignement américain et israélien.

A la lumière de ces faits, on ne peut s'étonner que les Irakiens soient réticents à placer leur sort entre les mains d'un autre programme d'inspection appuyé par les États-Unis. Pressée par l'opposition publique croissante aux sanctions tant dans le monde qu'aux États-Unis, l'administration Clinton veut utiliser la résolution du 17 décembre comme mécanisme pour diminuer le fardeau imposé sur le peuple irakien tout en restant intransigeante envers le régime de Bagdad. La résolution comprend en effet un plan de suspension des sanctions en matière d'importation et d'exportation des biens à usage civil pour des périodes renouvelables de 120 jours, en autant que l'UNMOVIC et l'AIEA rapportent que l'Irak se plie intégralement aux programmes d'inspections pendant une période de même durée. Toute suspension des sanctions devra cependant être votée par le Conseil de sécurité, où tant les États-Unis que le Royaume-Uni disposent d'un droit de veto. Dans le cas où l'UNMOVIC ou l'AIEA devait rapporter que l'Irak ne respectait pas entièrement ses engagements, la réimposition des sanctions serait automatique. La résolution donne carte blanche à l'UNMOVIC pour exiger notamment le libre accès à toute installation : « l'Irak doit permettre l'accès immédiat, inconditionnel et sans restriction des équipes de l'UNMOVIC à tout équipement, zone, installation, dossier, moyen de transport et personnel placé sous l'autorité du gouvernement irakien. »

Le nouvel organisme d'inspection possède indéniablement toute la latitude voulue pour monter le type de provocations qui ont fait la notoriété de son prédécesseur, la CSNU. De plus, le paragraphe traitant des conditions pour la suspension des sanctions contient une mise en garde selon laquelle Washington pourrait intervenir pour empêcher toute levée temporaire de l'embargo. La clause en apparence anodine contient en effet le passage suivant : « [la suspension des sanctions] est sujette à l'élaboration de mesures effectives financières, opérationnelles et autres permettant de vérifier que l'Irak n'acquière aucune matière prohibée ».

Peter Burleigh, ambassadeur adjoint des États-Unis à l'ONU, a fait allusion à cette disposition, à première vue purement technique, immédiatement après l'adoption de la résolution. Selon le résumé publié par l'ONU, Burleigh aurait déclaré : « avant de considérer toute suspension, le Conseil devra décider des directives relatives aux importations civiles en période de suspension. La résolution actuelle ne définit pas les détails de ces mesures pas plus ce qui peut être autorisé ou non. Les États-Unis accordent la plus haute importance à la présence de mesures de contrôle efficaces. » Autrement dit, les États-Unis se sont déjà préparés pour exploiter le caractère vague de la clause afin de bloquer même une suspension temporaire des sanctions.

La seule disposition de la résolution qui semble garantir un certain soulagement sans condition concerne le retrait du plafond actuel imposé aux exportations de pétrole irakien. Jusqu'à maintenant, l'ONU forçait en effet l'Irak d'exporter au maximum 5,26 milliards $ en pétrole par période de six mois. Cette levée du plafond des exportations est en grande mesure une concession des États-Unis et du Royaume-Uni accordée à la Russie et à la France, toutes deux ayant des intérêts économiques substantiels reliés à la reprise des activités de l'industrie pétrolière du pays. Ce fait est clairement démontré par une autre clause de la résolution à propos des « options pouvant faciliter la participation des sociétés pétrolières étrangères dans le secteur pétrolier irakien, notamment au niveau des investissements, qui doivent être soumis à une surveillance et un contrôle approprié. »

Somme toute, la résolution maintient le statu quo, avec aucune fin au régime des sanctions en vue. La souveraineté irakienne reste toujours lettre morte et le sort du pays fermement entre les mains des États-Unis, qui peuvent continuer de bloquer indéfiniment toute reprise de relations économiques normales entre l'Irak et le reste du monde. La résolution préserve également le mécanisme à la base même de la subjugation du pays - la demande malicieuse adressée à l'Irak de prouver qu'il a bel et bien éliminé toute capacité de produire des armes nucléaires, chimiques ou biologiques, une chose impossible à prouver positivement hors de tout doute.

L'Irak n'a pas tardé à dénoncé la résolution du 17 décembre, par la voix de son vice-premier ministre Tareq Aziz, comme un nouvel instrument utilisé pour maintenir le régime des sanctions : « le véritable objectif des États-Unis et du Royaume-Uni dans cette résolution n'est pas de lever les sanctions mais bien de tromper l'opinion internationale. La suspension [des sanctions] est un leurre car elle repose sur l'observation de toute une série de conditions complexes impossibles à respecter. » Aziz dénonce également la résolution qui passe sous silence la question des zones d'exclusion aérienne et des frappes aériennes des États-Unis et du Royaume-Uni.

Selon le journal semi-officiel irakien Babel, la résolution « maintient l'embargo et ramène l'Irak à la case départ, [] elle (la résolution) est criminelle et transforme l'Irak en un protectorat dirigé de l'étranger avec de l'argent irakien. Le journal déclare également que le fait que le vote au Conseil de sécurité ait enregistré quatre abstentions constitue une victoire pour l'Irak car, après huit mois de négociations, de pressions et de chantage, les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à obtenir un consensus pour leur politique hostile à l'égard de l'Irak ».

Dans leurs déclarations, les délégués français, russe et chinois ont repris certaines des préoccupations irakiennes. Sergei Lavrov de la Fédération de Russie a ainsi soutenu que la résolution avait « comme objectif sous-jacent de repousser indéfiniment la levée des sanctions. » Pour sa part, Qin Huasun de la Chine a dénoncé les zones d'exclusion aériennes « qui n'ont jamais été autorisées ou approuvées par le Conseil, » et demandé que les États-Unis et le Royaume-Uni renoncent à toute frappe aérienne contre des objectifs irakiens au nord et au sud du pays.

Le représentant des États-Unis, Peter Burleigh, a défendu la position intransigeante de son gouvernement en rappelant que la résolution avait force de loi internationale. Puis il a demandé aux membres du Conseil de sécurité, indépendamment de leur vote, « de conjuguer leurs efforts pour faire pression sur l'Irak afin qu'il accepte l'entrée en vigueur immédiate et intégrale de la résolution. » Burleign a insisté sur le fait que toute suspension des sanctions devait être approuvée par le Conseil, qu'elle ne pourrait être que temporaire, et sujette à être automatiquement révoquée dès que l'AIEA ou l'UNMOVIC rapportait le moindre écart. Il a enfin ajouté que le Conseil « avait placé le fardeau directement sur les épaules de l'Irak, » pays qui ne peut se prévaloir du « moindre bénéfice du doute ».

Les plans de Washington apparaissent encore plus clairement lorsqu'on regarde la réaction américaine face au rejet irakien de la résolution. Le porte-parole du Département d'État des États-Unis, James Foley, a en effet déclaré : « []ce refus a pour conséquence pratique qu'il n'y a pas la moindre perspective de suspension des sanctions ».

Le fait que la France, la Russie et la Chine aient décidé de s'abstenir et de renoncer à faire valoir leur droit de veto pour renverser cette résolution met en relief leurs ambitions économiques et géopolitiques en Irak et dans le golfe Persique. Car c'est bien le pétrole irakien et non les préoccupations d'ordre humanitaire qui sont au centre de leurs tractations au Conseil de sécurité avec les États-Unis et le Royaume-Uni. La France en particulier a hésité lors du vote, pour finalement décider de s'abstenir seulement après que l'Irak ait menacé de rompre ses relations diplomatiques et de mettre fin à des contrats d'exploitation pétrolière potentiellement très lucratifs avec les sociétés de ce pays advenant que Paris ne soutienne la résolution.

Malgré l'opposition de l'Irak, le Conseil de sécurité n'en est pas moins mandaté pour procéder à l'application de la résolution du 17 décembre. Le Conseil doit en effet choisir un président exécutif pour l'UNMOVIC qui sera nommé le 16 janvier par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

 

Sources WSWS

 

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

   
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 15:34

 

 

Pourquoi les États-Unis vont-ils en guerre dans le Golfe ?

 

Le gouvernement des États-Unis en est à l'étape finale dans ses préparatifs pour une nouvelle guerre dans le Golf Persique. Le Pentagone a déployé deux porte-avions, plusieurs bateaux de guerre armés de missiles de croisières, et un contingent de plus de 300 avions de combat, prêts à lancer des attaques à quelques heures d'avis.

Cette attaque va aller beaucoup plus loin que les brèves frappes aériennes commandées par Clinton au cours des dernières confrontations avec le régime irakien. Le Pentagone, avec l'appui sans réserve du Congrès et des médias, se prépare à lancer une attaque aérienne soutenue contre des cibles civiles fortement habitées.

Il est de plus en plus question d'une guerre pour «éliminer Saddam Hussein»; cet objectif américain ne peut être réalisé que par une occupation de l'Irak par les troupes américaines.

En prévision de la guerre, les médias préparent l'opinion publique américaine à accepter l'idée qu'il y aura d'énormes pertes de vie. Andréa Mitchell a déclaré aux nouvelles du soir à la NBC que les Américains devraient s'attendre à des « centaines de milliers » de morts du côté irakien. Le chroniqueur du New-York Times, William Safir, a déclaré que des « morts sont à prévoir » et suggère qu'une résistance de l'Irak serait une « invitation à une réponse nucléaire. »

La politique de Washington dans le Golfe Persique est d'accuser sa victime désignée des crimes que le Pentagone se prépare lui-même à commettre: l'utilisation d'armes de destruction massive contre une population virtuellement sans défense. Il ne faudrait pas oublier, à travers toute l'hystérie contre Sadam Hussein, que les États-Unis demeurent le seul pays à avoir utiliser l'arme nucléaire en temps de guerre.

Le gouvernement compte sur une population politiquement désorientée et mal informée pour faire accepter l'idée d'une nouvelle guerre. Il compte sur les médias, une couche corrompue et contrôlée par de grandes corporations, pour servir d'agents promotionnels pour le compte des militaires américains. Nulle part dans la presse ou sur les ondes y a t-il eu une tentative d'examiner de façon critique les allégations des États-Unis contre l'Irak ou d'identifier les véritables intérêts qui se cachent derrière ces nouveaux préparatifs militaires américains.

Dans les cercles politiques officiels, l'absence de critique est encore plus marquée. Personne, parmi les figures politiques de proue des deux partis, n'a remis en question la politique des États-Unis, et encore moins demandé un débat au Congrès et la tenue d'un vote tel que prévu par la constitution dans les cas de déclaration de guerre. Alors qu'ils sont engagés dans une lutte intestine féroce sur des questions comme celle de la moralité personnelle de Clinton, les Républicains et les Démocrates sont entièrement d'accord sur la question de la guerre contre l'Irak.

« Armes de destruction massive »

La tuerie va se faire au nom du peuple américain et est justifiée par la nécessité de protéger les Américains des « armes de destruction massive ». Cette phrase, sans cesse répétée, est utilisée pour éviter tout débat et endormir l'opinion publique.

Depuis 1990, les États-Unis ont utilisé la soi-disant menace des armes irakiennes pour maintenir un embargo qui a anéanti économiquement l'Irak et plongé la vaste majorité de la population dans la misère, la faim et la maladie. Selon une résolution présentée par les États-Unis et adoptée par les Nations-Unis, l'embargo ne peut être levé que si l'Irak prouve qu'elle ne possède plus d'armes de destruction massive ou les moyens d'en produire.

L'UNSCOM, l'agence des Nations-Unis chargée d'imposer la résolution, a voyagé à travers le pays depuis sept ans et demi sans produire la moindre preuve que l'Irak produit ou cache de telles armes. L'UNSCOM fonctionne sans aucun échéancier, libre de poursuivre et d'étendre les inspections et l'embargo indéfiniment. Quoique fasse l'Irak pour se soumettre, de nouvelles demandes sont présentées, accompagnées de nouvelles provocations et menaces d'interventions militaires.

L'essence de la mission de l'UNSCOM est de demander à l'Irak de faire la preuve de quelque chose qui est impossible à prouver. La production d'armes chimiques ou biologiques ne nécessite pas beaucoup de ressources ou une technologie de pointe. Selon un expert en armes, une quantité substantielle d'armes biologiques peut être produite dans une pièce de 10 pieds par 15 pieds carrés avec pour ingrédient principal du ferment à bière. Comment peut-on prouver que de telles installations n'existent pas dans un pays de 22 millions d'habitants couvrant un territoire plus grand que la Californie?

Une des principales accusations concoctées par les États-Unis, est que l'Irak a développé la capacité de produire le « gaz mortel VX ». Cependant, la composition et la technologie utilisée pour la fabrication de ce gaz sont utilisées dans la fabrication de pesticides communément utilisés dans l'agriculture partout à travers le monde.

La population américaine devrait être consciente de la facilité avec laquelle il est possible de fabriquer secrètement des «armes de destruction massive». Timothy McVeigh a été capable de fabriquer une arme semblable, tuant 16 personnes dans l'explosion de l'édifice fédéral à Oklahoma City. De la même manière, une secte bouddhiste japonaise a été capable de fabriquer et de répandre un gaz mortel dans le métro de Tokyo.

Si Washington veut se donner pour mission l'élimination de la capacité de production de telles armes partout à travers le monde (sauf bien sûr aux États-Unis) aucun pays ne sera épargné des bombes américaines.

Washington prétend que les armes de destruction massive de l'Irak présentent un danger réel et imminent. Si c'est vrai, pourquoi le reste du monde ne se sent-il pas menacé ? Les pays prêts des frontières irakiennes devraient en principe se sentir le plus grand en danger. Cependant tous, incluant la Turquie et l'Arabie Saoudite, qui avaient supporté la dernière guerre du Golfe, s'opposent à l'intervention américaine. Même l'Iran, qui a déjà souffert des armes chimiques irakiennes durant la guerre Iran-Irak, est contre l'attaque américaine.

Tous ces gouvernements peuvent-ils être indifférents à la menace d'extermination par les armes chimiques et biologiques irakiennes ? Ou peut-être comprennent-ils que les accusations américaines sont des fabrications visant à masquer les véritables objectifs des Américains ?

Comment les États-Unis ont commencé la dernière guerre?

Durant les années 1980, le régime de Sadam Hussein a fonctionné en tant que fidèle allié des États-Unis. Washington a consolidé militairement le régime pour faire contre-poids à la révolution iranienne. Les inspecteurs des Nations-Unies ont une documentation exhaustive sur le précédent programme d'armes chimiques et biologiques de l'Irak précisément parce que le matériel et les équipements nécessaires à la fabrication de ces armes étaient fournis par des compagnies américaines agissant grâce aux permis délivrés par les administrations Reagan et Bush. Washington encourageait la production de ces armes utilisées à la fois contre l'Iran et la minorité kurde en Irak.

Après la guerre Iran-Irak et les nouvelles opportunités offertes par la dissolution du bloc soviétique, Washington n'avait plus besoin des services de Saddam Hussein et a préparé son intervention dans le Golfe en l'attirant dans un piège.

En juillet 1990 Hussein a dévoilé à l'ambassadeur américain en Irak, April Glaspie, son intention d'utiliser la force militaire contre le Koweït, pays voisin, pour résoudre un conflit qui devenait de plus en plus tendu. Glaspie a volontairement laissé croire à Hussein que l'invasion du Koweït par l'Irak ne serait pas opposée par les États-Unis.

Par la suite, Washington a commencé à mettre en place ses objectifs stratégiques à long terme consistant à imposer sa domination militaire dans la région hautement stratégique et très riche en pétrole du Golf Persique. Toutes les tentatives de solution pacifique aux crise étaient sabotées par les États-Unis. Dans une courte guerre à sens unique, ils ont détruit l'infrastructure industrielle et la capacité militaire de l'Irak laissant le régime de Saddam intact. Après la guerre, ils ont tacitement appuyé Saddam contre les rébellions des populations Chiites du sud et Kurdes dans le nord du pays.

Les États-Unis ont réussi à faire ce qu'ils voulaient dans le Golfe: maintenir une présence militaire permanente et l'entreposage d'importantes quantités de matériel militaire. Mais les régimes de la région et les rivaux économiques des États-Unis en Europe sont de plus en plus hostiles à la domination que Washington a réussi à imposer dans la région après la première guerre du Golfe. La puissance militaire de l'Irak n'étant plus une sérieuse menace, la présence américaine dans la région est de moins en moins justifiée, d'où la nécessité d' une nouvelle guerre.

Quels sont les objectifs militaires des États-Unis ?

La politique des États-Unis dans le Golfe Persique et à travers le monde, est déterminée par les intérêts stratégiques et économiques du capitalisme américain. Avec le contrôle militaire du Golfe, les États-Unis gardent le contrôle sur les approvisionnements en pétrole desquels dépendent ses principaux rivaux économiques en Europe et au Japon.

De plus, d'un point de vue géopolitique, le Golfe fournit aux États-Unis une base opérationnelle pour projeter leur puissance dans toute la région caucasienne et dans le Sud de L'Asie Centrale. L'Irak est situé à seulement quelques centaines de kilomètres des basins pétroliers de la mer Caspienne, là où les conglomérats américains s'imposent.

Il y d'autres facteurs incitatifs. Passer sept ans sans mener de guerre nulle part sur la planète, est une longue période pour les États-Unis. Une des caractéristiques de l'impérialisme américain est de toujours chercher à résoudre les problèmes par des interventions militaires. Pas une décennie n'est passée depuis la seconde guerre mondiale, durant laquelle les États-Unis n'ont pas déclenché un ou plusieurs conflits militaires. Dans les années 50, c'était en Corée; dans les années 60 et 70, au Vietnam. En 1980, les États-Unis sont intervenus au Liban, au Panama, en Libye et en Grenade, tout en appuyant des conflits militaires en Amérique Centrale et en Afrique. Au début des années 90, il y a eu la guerre du Golfe Persique.

Les besoins du complexe industriel militaire doivent être considérés dans l'équation. De nouvelles armes doivent être testées et les nouveaux officiers et soldats entraînés au combat. Un appareil militaire aussi massif que celui qui existe aux États-Unis ne peut pas rester indéfiniment sans combattre dans une guerre quelque part.

Ce qui est peut être le plus décisif dans les calculs des États-Unis, c'est la crainte des conséquences d'une nouvelle crise économique et l'instabilité sociale que la montée du chômage et la chute des revenus pourraient produire sur son territoire. La guerre fournit une diversion utile. L'armée peut absorber une quantité de chômeurs comme chair à canon et le spectacle des massacres à l'étranger peut détourner l'attention de la population de la misère dans laquelle elle se trouve elle-même. Ce n'est pas une coïncidence si les préparatifs pour cette nouvelle guerre se développent en tandem avec la crise du capitalisme dans les centres économiques de l'Asie Centrale.

Le régime de Saddam Hussein

Saddam Hussein est à la tête d'un régime dictatorial qui a piétiné les aspirations du peuple irakien. Mais, il faut le souligner, il a été appuyé par Washington dans ce rôle.

De plus son régime est loin d'être unique. Au cours des derniers mois, l'administration Clinton a appuyé des types tels que Suharto en Indonésie et Laurent Kabila, le nouveau chef du Congo. Suharto a massacré un million de personnes dans son propre pays lors du coup d'état dirigé par les États-Unis en 1965. Kabila a exterminé des dizaines de milliers de réfugiés Hutus. Pour ce qui est des assassinats de masse, en comparaison, Hussein fait partie des ligues mineures.

Bien que « les droits de l'Homme » soient régulièrement invoqués, Washington n'a jamais évalué un régime selon la façon dont il traite sa propre population. Il formule sa politique de relations internationales, selon les intérêts commerciaux des grandes corporations américaines.

La politique poursuivie par les États-Unis vis-à-vis de l'Irak au cours des sept ans et demi passés constitue l'un des grands crimes de ce siècle. Un pays qui avait atteint un niveau de développement relativement élevé, a été ramené, en l'espace de quelques années, à des conditions barbares. Près d'un million et demi de personnes, est-il estimé, dont plus de la moitié des enfants, sont mortes de maladies et de la faim à cause de la guerre et des conséquences de l'embargo qui a suivi. Le taux de mortalité infantile a été multiplié par dix

Un rapport produit par l'Organisation de la Santé Mondiale lançait un avertissement sur les conséquences catastrophiques de l'embargo sur les conditions de santé en Irak: « Le niveau de soins a chuté sérieusement et plusieurs maladies sont réapparues à cause du manque continu de médicaments depuis l'imposition de l'embargo...Des maladies comme la tuberculose, la malaria et le choléra sont devenues, au cours des dernières années, choses fréquentes à cause de la malnutrition, de l'eau sale et du manque de médicaments. »

La course vers la guerre du Golfe démontre encore une fois comment les décisions sont orchestrées dans le dos de la population américaine. La grande masse de la population ouvrière est réduite à l'état de spectateur alors que les Démocrates et les Républicains imposent des politiques qui auront des conséquences terribles. Bourrée et manipulée par les mensonges des médias et n'ayant pas accès à d'autres informations, la classe ouvrière est privée de ses droits politiques dans le présent système.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 15:16

 

Les États-Unis et la Grande-Bretagne isolés sur la question

des frappes aériennes sur Bagdad

 

par Chris Marsden


20 février 2001

 

Les frappes aériennes sur Bagdad, vendredi dernier le 16 février, par les États-Unis et la Grande-Bretagne ont été en général décriées par les gouvernements à travers le monde.

Bien qu'ils aient cherché à faire accepter le raid aérien comme une manifestation de force nécessaire pour imposer les sanctions prises contre l'Irak suite à la guerre du Golfe de 1991, les deux pays belligérants n'ont réussi à récolter avec leur attaque unilatérale que le mécontentement international, leur attaque étant perçue comme une politique ratée et contre-productive.

Au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce geste fut l'objet de critique par tous les membres permanents à l'exception des États-Unis et de la Grande-Bretagne eux-mêmes. La Russie a dénoncé «le geste sans provocation» qui «va l'encontre de la Charte de l'ONU et des autres standards légaux internationaux et vient jeter de l'huile sur le feu au Moyen-Orient où la situation est déjà explosive ».

Dmitry Rogozin, le président du comité des affaires extérieures de la chambre basse du parlement russe a explicitement avertit les puissances européennes du danger que posaient les politiques militaires agressives de l'administration Bush et ses plans pour développer un système national de défense anti-missiles. «L'Europe devrait réfléchir avec soin sur ce qu'un puissant pays d'outre-mer pourra faire s'il croyait qu'il était invulnérable, a-t-il dit. Qui sera alors la victime des bombardements américains, et pour quelles raisons? »

Un représentant de la Chine aux Nations Unies a dit qu'elle s'opposait «à toute intervention armée d'un État membre de l'ONU contre une autre nation, peu importe les circonstances, sans le consentement exprès du Conseil de sécurité. »

Le ministre des Affaires extérieures français a dit : «Nous avons souvent fait connaître notre incompréhension et notre inconfort dans lequel nous jetait les frappes aériennes menées par les États-Unis et la Grande-Bretagne. » D'autres pays, y compris l'Allemagne et l'Espagne ont aussi exprimé leur inquiétude.

La Russie et la France, plus particulièrement, se sont heurtés de plein front aux États-Unis et à la Grande-Bretagne sur la question de l'Irak. L'opposition de ces pays à ce que continuent les sanctions de l'ONU a beaucoup plus à voir avec leurs propres intérêts économiques et stratégiques dans la région du Golfe qu'avec une opposition de principes aux interventions et au militarisme de l'Ouest. La France ainsi que la Russie ont donné leur appui à la guerre du Golfe et le régime des sanctions imposé au début des 1990, mais ils ont depuis établi des relations avec l'industrie pétrolière iraquienne qui sont mises en danger par la politique dure de Washington et de Londres.

La plupart des régimes arabes ont condamné les bombardements, y compris les importants alliés des États-Unis lors de la guerre du Golfe. Dans une déclaration de la Ligue arabe, on pouvait lire qu'il «n'y avait aucune justification» pour les bombardements qui «allaient à l'encontre des résolutions de l'ONU et des standards internationaux. »

Le principal allié arabe des États-Unis, l'Égypte, a produit une déclaration samedi dernier qui décrivait les frappes aériennes comme «un pas sérieux et négatif que nous ne pouvons accepter, ni en comprendre les raisons, qui va à l'encontre de la sécurité et de la souveraineté de l'Irak. » La Syrie, un autre joueur important au Moyen Orient a dit que les attaques donnaient une bien mauvaise image à la nouvelle administration Bush.

Peut-être plus significatif, la Turquie, membre de l'OTAN et où sont situées les bases d'où décollent le plus souvent les avions américains et britanniques pour entreprendre leurs patrouilles de la zone de vols interdits au nord de l'Irak, a insisté que ses bases n'avaient pas été utilisées cette fois et qu'elle n'avait pas été informée de l'attaque. Le premier ministre de la Turquie, Bulent Ecevit, a dit : «Il est triste que le besoin s'est fait sentir pour un tel geste contre l'Irak, et que des cibles civiles tout autant que militaires furent touchées. »

Le Moyen-Orient connut des manifestations populaires, ce qui souleva de sérieuses difficultés pour les dirigeants arabes. L'opposition aux raids aériens fut la plus manifeste chez les Palestiniens.

La colère du monde arabe fut nourrie par l'hypocrisie crasse des gouvernements de Bush et de Blair qui ont voulu justifier les frappes en le présentant comme une mesure destiner à empêcher qu'un régime despotique ne se plie pas aux résolutions de l'ONU sur les inspections de ses armes. Il y a moins de deux semaines, Ariel Sharon, l'architecte du massacre des Palestiniens de Sabra et Chatilla en 1982, fut élu premier ministre de l'Israël sur la base de son hostilité aux négociations de paix menées sous l'égide de l'ONU et de promesses d'intensifier les actions militaires en Cisjordanie et la bande de Gaza. L'Israël viole sans cesse les résolutions de l'ONU dans le but de continuer à occuper illégalement les territoires qu'elle a saisis lors de la guerre de 1967.

La semaine dernière, le ministre de la Défense a tué un des gardes du corps de Yasser Arafat, ce qui représente le vingtième assassinat du genre depuis le début de l'intifida palestinienne qui a commencé en septembre dernier. Le Likoud et le Parti travailliste israélien se sont unis pour endosser l'assassinat. Les États-Unis n'ont exprimé de protestation que pour la forme.

C'est un fait que l'État du Moyen-Orient qui a ouvertement usé de terreur et d'assassinat d'état comme instrument de politique extérieur n'est nul autre que l'Israël. Pourtant, les États-Unis déclarent que l'Israël est un havre de paix et de démocratie, alors qu'ils pratiquent la politique de la terre brûlée en Irak. Les contradictions évidentes des rationalisations officielles de l'assaut contre l'Irak mené par les Américains montrent que l'on peut trouver leur véritable motivation dans les objectifs économiques et stratégiques des États-Unis dans le Golfe riche en pétrole.

L'Israël a accueilli le bombardement de Bagdad comme une preuve de l'appui des États-Unis pour la ligne dure qu'elle a adoptée contre les Palestiniens et comme un avertissement donné à l'Irak et aux autres pays arabes contre toute interférence de leur part. Dès lundi, l'Israël et les États-Unis ont commencé des exercices militaires conjoints au cours desquels ils utilisaient des missiles Patriote contre une attaque aux missiles Scud irakiens simulée.

En Grande-Bretagne, une partie du Parti travailliste s'opposa aux frappes aériennes qui fut menée par une fraction plus importante que les habituels de l'aile gauche du parti comme Tony Benn, Alice Mahon et Tam Dalyell. Parmi ceux qui ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'appui inconditionnel du premier ministre Tony Blair pour les frappes aériennes, on trouve Clive Soley, le président de l'aile parlementaire des travaillistes, Bill Morris, à la tête du Syndicat des travailleurs généraux et du transport, et la députée européen Glenys Kinnock, la femme de l'ancien dirigeant travailliste Neil Kinnock. L'opposition du Parti libéral démocrate a aussi manifesté des réserves sur l'action militaire.

Les sources gouvernementales ont confirmé que les raisons pour l'appui militaire qu'offre Blair aux États-Unis étaient de développer «une base fondamentale» pour les relations anglo-américaines. Blair est anxieux de renforcer les soi-disant «relations spéciales» entre les deux pays depuis la mise en place de l'administration Bush à Washington.

Une partie des médias était aussi critique des priorités politiques de Blair. Une couche au sein de la classe dirigeante croit que l'orientation de Blair vers les États-Unis est contraire aux meilleurs intérêts britanniques et qu'il devrait plutôt adopter des politiques plus pro-européennes.

Le journal The Independent se plaignait : «Le premier ministre doit de toute urgence reconsidérer son irréaliste 'troisième voie' de sa politique internationale, qui voudrait placer la Grande-Bretagne au coeur de l'Europe en même temps qu'elle développerait une relation spéciale avec les États-Unis. L'attaque aux missiles contre l'Irak est opposée par les autres pays de l'Union européenne, comme les attaques précédentes. » Plus énervé, le Guardian a dit que les attaques prouvaient que Bush était «dangereux». Il lance l'avertissement que «De plus en plus, les politiques de sécurité dominatrices des États-Unis sont contraires aux intérêts de la Grande-Bretagne, et aux intérêts des partenaires européens de la Grande-Bretagne. »

Aussi, du point de vue de l'élite britannique du monde des affaires, il existe de sérieuses considérations financières qui plaident contre la prolongation des sanctions contre l'Irak, qui ont laissé la Grande-Bretagne loin derrière les autres pays européens qui ignorent les sanctions dans le but de prendre avantage du commerce lucratif du pétrole de l'Irak.

Voir aussi :

Pourquoi les États-Unis vont-ils en guerre dans le Golfe ? Mai 1998

 

Sources WSWS

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans IRAK
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