Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de SARAH MARKUS
  • Le blog de SARAH MARKUS
  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Archives

18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 10:12

Ce qui se passait en 1998 au niveau mondial en ce qui concerne l'appauvrissement des peuples du monde n'a fait qu'augmenter depuis quinze ans...

 

Le capitalisme et la pauvreté mondiale

(article de 1998)


 

Les faits et les statistiques révélés par le dernier rapport annuel de l'ONU sur le développement des ressources humaines contredit le mythe selon lequel la pauvreté globale est causée par la surpopulation et le manque de ressources.

Le rapport démontre qu'il existe suffisamment de richesses sociales pour éliminer complètement la pauvreté et la faim qui affligent plus d'un quart de la population mondiale.

Le problème réside dans l'inexorable logique du marché capitaliste, qui est basé sur la propriété privée de cette richesse créée socialement. Le marché entraîne l'appauvrissement d'une couche de plus en plus grande de la population et l'enrichissement d'une minorité de plus en plus petite.

Selon le rapport, la fortune combinée des sept personnes les plus riches de la planète pourrait à elle seule couvrir les besoins élémentaires des millions vivant dans le dénuement total. Les auteurs du rapport ont en effet calculé qu'il faudrait 80 milliards $US par année sur une période de dix ans pour établir des services sociaux de base dans les pays dits en voie de développement. Cette somme est inférieure à l'avoir net des sept milliardaires en tête de liste.

En d'autres termes, c'est l'ordre économique et social existant, et non des calamités naturelles, qui condamne des masses de gens à une vie de misère.

Mais ce n'est pas tout, le rapport soulève une contradiction flagrante. Comme jamais auparavant l'humanité a les capacités d'éliminer la pauvreté et ses néfastes conséquences sociales: la maladie, la malnutrition, l'analphabétisme, le travail des enfants, le nombre croissant de sans-abris. Mais le sort de centaines de millions de personnes s'aggrave. Près du tiers de la population des anciennes colonies, près de 1,3 milliard de gens, vivent avec moins d'un dollar US par jour. Ce qui représente une augmentation de près de 100 millions depuis 1987. Quelque 840 millions de personnes ne reçoivent pas assez pour manger, près d'un million sont illettrés et bien au delà d'un milliard n'ont pas accès à l'eau potable. L'espérance de vie pour près d'un tiers des gens vivant dans les pays pauvres, principalement en Afrique et dans le Sahara du Sud, n'atteint pas 40 ans.

L'inégalité sociale a atteint des proportions vraiment obscènes, tant à l'échelle du globe qu'à l'intérieur de chaque pays. Citons quelques exemples fournis par le rapport:

* L'avoir net des dix milliardaires en tête de liste est 1,5 fois supérieure aux revenus nationaux combinés des 48 pays les plus pauvres.

* L'écart entre le cinquième le plus pauvre de la population mondiale et le cinquième le plus riche, est passé de 30 pour 1 en 1960, à 61 pour 1 en 1991, et 78 pour 1 en 1994.

* L'homme le plus riche du Mexique avait un avoir net de $6,6 milliards en 1995, équivalant au revenu combiné des 117 millions de Mexicains les plus pauvres.

* Dans les pays capitalistes avancés d'Europe, d'Amérique du Nord, du Japon et d'Australie, les salaires réels et le niveau de vie ont baissé, à tel point que 100 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, établi à la moitié du revenu individuel moyen.

Polarisation globale

Selon les termes du principal coordonateur du rapport, Richard Jolly, les résultats démolissent l'illusion que le niveau de vie de la population augmente suite à la diffusion graduelle des richesses du haut vers le bas.

L'émergence de conditions similaires dans toutes les régions du globe démontre aussi qu'elles ne sont pas le résultat de mauvaises politiques adoptées par l'un où l'autre des différents gouvernements. En fait, cette polarisation sans précédent est enracinée dans des processus entièrement liés au marché capitaliste lui-même. L'une des indications les plus claires des résultats obtenus par le "libre marché" est l'appauvrissement de la classe ouvrière dans les pays de l'Europe de l'Est et de l'ancienne URSS au cours des dix dernières années.

Les anciennes bureaucraties staliniennes de ces pays formaient une caste privilégiée. Mais le fossé entre les riches et les pauvres s'est élargi après le rétablissement de la propriété privée des principaux moyens de production.

Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a été multiplié par 30, de 4 millions en 1987-88 à 120 millions aujourd'hui, soit près du quart de la population totale de cette région. L'espérance de vie a chuté de cinq ans et plus.

Toujours selon le rapport de l'ONU, les transnationales, les banques et les gouvernements des pays riches soutirent $500 milliards par année aux pays pauvres par la réduction de la valeur des marchandises et par le maintien de taux d'intérêt élevés.

Le prix réel des marchandises dont l'exportation constitue la principale source de revenus des pays pauvres se situe aujourd'hui à 45% sous le niveau de 1980, et à 10% sous le niveau atteint en 1932 durant la Grande Dépression. De plus, leur cote de crédit étant fixée à un niveau très bas, les pays pauvres se voient consentir des prêts à un taux quatre fois plus élevé que pour les pays riches.

Karl Marx a découvert il y a 150 ans comment le système capitaliste, basé sur l'accumulation privée des richesses, mène inévitablement à la polarisation de la société en une minorité fabuleusement riche et une masse appauvrie.

Cette tendance destructrice a été accélérée par la globalisation de la production au cours des deux dernières décennies. De plus en plus, la richesse globale est concentrée entre les mains de gigantesques corporations transnationales. Le rapport de l'ONU note que parmi les 100 économies les plus importantes du monde, 50 sont des pays et 50 des mégacorporations. Ces mégacorporations sont engagées dans une féroce compétition et emploient tous les moyens pour réduire les coûts de production: l'abolition des emplois par milliers, l'évasion fiscale et le recours à la vaste réserve globale de "cheap labor".

Un assaut continuel

Le rapport de l'ONU fait partie d'une série d'études exprimant la crainte de la classe capitaliste que l'inégalité sociale croissante ne finisse par provoquer des soulèvements sociaux et une instabilité politique. Jolly écrit qu'il y a eu un "ralentissement dangereux" dans la lutte contre la pauvreté mondiale.

Cependant, Jolly et les autres auteurs n'ont pas de réponses sérieuses à offrir. "Pour réduire la pauvreté", plaident-ils, "les décideurs politiques doivent éviter la politique de la croissance brutale qui mène à la croissance de l'inégalité dans les revenus."

Toutefois, aussi longtemps que la grande entreprise contrôlera la vie économique et que le monde sera divisé en États-nations capitalistes rivaux, ce voeu ne sera jamais réalité. En fait, la lutte pour conquérir de nouveaux segments de marché et attirer les investissements des transnationales pousse sans cesse les gouvernements nationaux à démanteler les programmes sociaux.

Au cours de la dernière décennie, les défenseurs du capitalisme ont prétendu que la désintégration de la bureaucratie des États staliniens marquait le triomphe ultime du marché et ouvrait la porte à une nouvelle ère de prospérité. Cependant, le rapport reconnaît: "La réduction des dépenses militaires de la période d'après guerre froide aurait dû être une opportunité majeure pour augmenter les dépenses sociales. Mais il semble qu'au lieu de cela, la priorité a été de sauver de l'argent et de réduire les services. L'idée même d'un État-providence est remise en question et est menacée."

Le dernier rapport de l'ONU sur le développement des ressources humaines est le huitième du genre depuis 1990. Chacun d'eux demandait un assouplissement dans la politique de croissance brutale et le réinvestissement d'une fraction des profits dans la lutte contre la pauvreté. Mais au cours de cette période, l'écart entre les riches et les pauvres n'a fait qu'augmenter. Le cinquième le plus pauvre de la population mondiale reçoit aujourd'hui 1,1% du revenu global, comparé à 1,4% en 1991 et 2,3% en 1960.

Au même moment, les conditions des travailleurs vivant dans les pays capitalstes avancés se sont continuellement dégradées. Il est clair de tout ceci, que la crise sociale à laquelle sont confrontés les travailleurs peu importe où ils vivent, est l'innévitable produit du développement du système capitaliste global.

La classe ouvrière ne pourra commencer à faire face à cette crise que par le biais d'une lutte internationale unifiée visant à réorganiser l'économie autour d'un nouveau principe: les richesses créées socialement doivent être utilisées pour répondre aux besoins de ceux qui les ont produites.

Un tel programme ne peut être mis en oeuvre par des appels à l'oligarchie financière et à ses représentants politiques pour qu'ils adoptent des politiques plus humaines. Pas plus qu'il ne pourra être mis en oeuvre par le biais des vieilles organisations de la classe ouvrière -- syndicats et partis sociaux-démocrates et ex-staliniens --, qui sont tous devenus les principaux agents par lesquels le capital global impose sa politique.

Dans les pays arriérés, les partis bourgeois, qui proclamaient il n'y a pas si longtemps, que la voie vers l'élimination de la pauvreté et de la misère sociale passait par le développement économique national, ont maintenant tous rejeté cette perspective pour imposer les programmes de "restructuration" exigés par les banques et les institutions financières internationales.

Dans l'ancienne Union soviétique et les États de l'Europe de l'Est, les partis staliniens sont les principaux organisateurs de la restauration du capitalisme.

Et dans les pays capitalistes avancés, les politiques de destruction du système de sécurité sociale ont été introduites par les partis sociaux-démocrates, alors que les syndicats imposent la politique de la "compétitivité globale" sur les lieux de travail.

La classe ouvrière ne pourra se défendre qu'en construisant un parti international luttant sans compromis pour des emplois et des salaires décents, des logements adéquats, des services sociaux de qualité, et l'accès à l'éducation -- ce qui nécessite une remise en question du système capitaliste lui-même. C'est le programme du Comité International de la Quatrième Internationale et de sa section canadienne, le Parti de l'égalité socialiste.

 

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 03:23

 Ecoutez bien ce que dit Olivier Delamarche sur les traficotages du nombre de chômeurs aux USA. Pour lui, c'est du grand banditisme, une pure escroquerie. D'ailleurs, chez nous, c'est la même chose, n'en doutons pas, même si c'est à une échelle moindre.

 

Les vendeurs de "démocratie" peuvent faire la morale aux autres, ils sont jugés à leurs oeuvres et à leurs fraudes innombrables. 1,3 millions de chômeurs ont "disparu" des statistiques. Cela ne vous dit rien ? Ils disent que le chômage est à 8,3 % alors qu'il est à plus de 12. Et en comptant ceux qui n'ont pas de travail fixe et ceux qui ne sont plus indemnisés, on monte à 20 %. Voilà le travail. Ainsi, cela laisse croire que la politique d'Obama a créé des emplois, fait baissé le nombre des chômeurs. Mais c'est un GROS MENSONGE ! Et comment arrivent-ils à ce tour de passe-passe ? En baissant le nombre de la population active. La population stagne en quelque sorte. Les enfants qui naissent tous les jours ne sont pas comptés. 

 

Les personnes bénéficiant de l'aide alimentaire sont au nombre de 47 millions, soit 15 % de la population qui mangent avec l'argent de l'Etat. Voyez le malaise. Donc en constatant cela, il est bien évident qu'il ne peut y avoir que 8 % de chômeurs, c'est logique. 

 

La situation américaine est donc bien plus mauvaise qu'il n'y paraît. Ils maquillent les chiffres afin d'endormir le populo, avec l'aide du faussaire Bernancke qui n'est pas le dernier à pratiquer la Tromperie...

 

Mais pendant que le Peuple crève la faim, on dépense des milliards à vouloir "démocratiser", c'est à dire ruiner des pays et tuer leurs habitants.

 

Nous en sommes rendus au point qu'il y a plus de pauvreté aux USA qu'en Russie, largement...

 

 

 

  

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 03:11

 Voilà la vie que mènent désormais des centaines de milliers de famille grâce aux bons soins de leurs dirigeants qui dépensent des milliards à ruiner des pays par des guerres ou à semer le désordre dans des Etats souverains comme la Syrie ou la Russie. Notez le 300 $ pour les allocations chômage et 800 $ pour un travail rémunéré moitié moins qu'un salaire normal. Vous avez là la Justice américaine qui donne des leçons de morale au monde, alors qu'elle n'a aucune moralité...

 

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 09:32

 

L'ONU avertit la grande entreprise:

des soulèvements sociaux à l'horizon

(article mai 1998)


 

L'insécurité économique croissante et la baisse des salaires, à côté de profits gigantesques des compagnies, sont en train de nourrir l`hostilité populaire à l'endroit des classes privilégiées et de créer les conditions pour des explosions politiques dans plusieurs pays, a averti l'ONU dans un rapport rendu public le 15 septembre.

L'étude en question, le rapport 1997 de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCD), arrive à la conclusion que «la faible croissance économique et la montée des inégalités deviennent des caractéristiques permanentes» du système de profit suite à la mondialisation croissante de l'économie mondiale.

Le capital peut circuler rapidement à travers le monde à la recherche des conditions les plus favorables pour la réalisation de profits, ce qui élargit le fossé social existant entre l'élite économique et la classe ouvrière internationale. Comme le souligne le rapport de la CNUCD:

* Les riches ont fait des gains partout, non seulement aux dépens des sections les plus pauvres de la société, mais aussi aux dépens des classes moyennes, qui ont beaucoup souffert dans plusieurs pays.

* L'abolition de tout contrôle gouvernemental sur la circulation du capital financier international a mené à une augmentation de la dette publique et privée et à la création d'une nouvelle classe globale de rentiers, qui profite du gonflement des flux de capitaux et de la hausse des taux d'intérêt. Ces parasites financiers achètent et vendent des biens existants, profitant de la spéculation sur les prix, au lieu d'investir dans le développement des forces productives.

* La part du revenu qui revient au capital a augmenté par rapport à celle qui va aux travailleurs, laquelle a baissé depuis les années 80 dans la plupart des pays dits en voie de développement. Le salaire réel a chuté jusqu'à 30 p. cent dans certains pays d'Amérique Latine, alors que la richesse nationale est de plus en plus monopolisée par les 1 p. cent les plus riches de la population.

* Dans les sept plus importantes économies capitalistes: les États-Unis, le Japon, l'Angleterre, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Canada, le taux de rendement sur le capital est passé de 12,5 p. cent au début des années 80 à plus de 16 p. cent au milieu des années 90. Ce gain s'est fait aux dépens de la classe ouvrière.

* La hausse des taux d'intérêt a grugé dans les revenus des compagnies, entrainant des restructurations, des vagues de licenciements ( « downsizing ») et la diminution des salaires. Pendant ce temps, la croissance économique mondiale est trop lente pour absorber les travailleurs expulsés de leurs emplois.

La CNUCD est une agence vouée à la défense du capitalisme. Sa « solution » à la crise dont elle trace les contours dans des centaines de pages de statistiques est de subordonner encore plus directement l'économie mondiale aux exigences des compagnies transnationales.

Mais sa servilité au système de profit donne encore plus de poids à son avertissement que la croissance de l'inégalité et la dégradation du niveau de vie des travailleurs sont en train de créer les conditions d'un mouvement politique dirigé contre le capitalisme.

Le rapport vise clairement à alerter la classe dirigeante et à lui faire comprendre que sa propriété et ses profits sont en danger. « La hausse des profits, combinée à la stagnation des investissements, à la montée du chômage et à la réduction des salaires, suscite déjà un large mécontentement et pourrait amener beaucoup de gens à se demander s'il est acceptable de céder une part croissante du revenu national à une petite minorité. À moins que les revenus de la minorité ne soient utilisés pour créer une plus grande prospérité générale, ils risquent de perdre leur justification sociale. »

Le secrétaire-général de l'agence, Rubens Ricupero, a déclaré que les récents développements politiques étaient comme « des feux jaunes synchronisés à travers le monde » et qu'il fallait s'attendre à des contrecoups. « Les années 20 et les années 30 nous laissent un souvenir vif et troublant sur la rapidité avec laquelle la confiance dans les marchés peut être minée par les événements politiques », a-t-il affirmé.

Ricupero a cité la grève à UPS aux États-Unis autour de la question du travail à temps partiel, les grèves françaises de novembre-décembre 1995 contre les coupures dans les pensions de vieillesse et d'autres programmes sociaux, ainsi que les récents revirements électoraux en Europe occidentale, notamment la défaite de gouvernements conservateurs en France et en Angleterre.

Tournant vers la récession

Le rapport de la CNUCD a été rédigé avant la dernière série de chocs économiques à l'échelle globale, à commencer par la crise financière en Asie du sud-est déclenchée par la dévaluation de la monnaie thailandaise le 2 juillet dernier. Depuis lors, une demi-douzaine de pays ont été forcés de permettre une dévaluation de leurs propres monnaies. Puis le 11 septembre il y a eu le surprenant rapport que l'économie japonaise s'est contractée à un taux annuel de 11,2 p. cent durant le deuxième trimestre de l'année.

En Europe occidentale et au Canada, le chômage reste à un niveau très élevé, le nombre total de sans-emploi atteignant en août dernier un nouveau record d'après-guerre en Allemagne. Le taux de chômage en France est encore plus élevé, et d'importants employeurs européens tels Philips, Electrolux et Kellogg's continuent d'annoncer des licenciements massifs.

Les conditions de vie de la classe ouvrière dans les pays sous-développés continuent d'empirer, alors qu'une couche privilégiée de la classe moyenne amasse d'immenses fortunes. Au Mexique par exemple, 22 millions de personnes, soit le quart de la population, vivent dans l'extrême pauvreté, ce qui représente une hausse de cinq millions rien que dans les deux dernières années.

Aux États-Unis, malgré l'euphorie officielle concernant la montée en flèche des indices financiers, la marge de profit des compagnies subit une pression constante due à la valeur croissante du dollar américain, qui mine leur compétitivité sur le marché global. Un analyste a écrit sur le danger d'un « effet ciseaux», où « la compétition amenée par une hausse des importations, combinée à une faible croissance à l'étranger », aurait pour effet de « fractionner les profits ».

La volatilité croissante du marché boursier, on enregistre couramment des hausses et des baisses de 100 points dans une seule journée, ou même une heure, est elle-même un indice historique du fait que la hausse effrénée du marché boursier touche à sa fin et qu'une récession pointe à l'horizon. Même en pleine « économie parfaite », pour reprendre l'expression adoptée par les médias capitalistes américains pour décrire le boum du marché boursier et le taux officiel de chômage de moins de 5 p. cent, la pauvereté et la faim touchent de larges couches de la population et continuent de croître.

Une récession majeure jetterait en peu de temps des millions de travailleurs dans la misère, non seulement aux États-Unis mais aussi au Canada, car le filet de sécurité sociale établi durant la période de l'après-guerre a été réduit en lambeaux sous les gouvernements Mulroney et Chrétien à Ottawa, et les Reagan, Bush et Clinton à Wahsington. La grève à UPS aux États-Unis, le large mouvement d'opposition aux féroces coupures du gouvernement conservateur de Mike Harris en Ontario, ne sont que les premiers indices du type de puissant mouvement de classe qu'une récession économique peut déclencher en Amérique du nord.

La mondialisation et la classe ouvrière

L'intégration globale sans précédent de la vie économique citée dans le rapport de la CNUCD est un processus historique objectif, alimenté par les développements révolutionnaires dans le domaine de l'informatique, des télécommunications et des transports, développements qui ont permis aux compagnies transnationales d'organiser la production à l'échelle de la planète.

La question qui se pose aux travailleurs est de savoir si la mondialisation va se faire sur une base capitaliste ­ c'est-à-dire en montant les travailleurs d'un pays contre leurs frères et soeurs de classe des autres pays, dans une compétition dégradante pour déterminer qui acceptera de vendre sa force de travail au salaire le plus bas ­ ou plutôt si la mondialisation va se faire sur une base socialiste, sous le contrôle de la classe ouvrière elle-même, qui utilisera l'énorme croissance de la productivité et des richesses pour le bien de tous.

L'intégration croissante de l'économie mondiale signifie que les emplois et les conditions de vie des travailleurs américains, canadiens, allemands ou thailandais sont liées aussi solidement que jamais. Il est impossible de maintenir un niveau de vie et des salaires décents pour les travailleurs de n'importe quel pays sur la base des étroites méthodes syndicales, dans un contexte où le capital a acquis une mobilité sans précédent et peut déménager de plus en plus facilement là où il pourra exploiter une force de travail moins coûteuse et plus vulnérable. Ce qui est nécessaire, c'est une lutte politique contre le système de profit en son entier.

La classe ouvrière ne peut repousser les attaques des multinationales capitalistes en embrassant le programme réactionnaire du nationalisme économique et du protectionnisme, tel que prôné par les dinosaures politiques qui dirigent les syndicats canadiens et québécois, et le NPD. Leur opposition à la mondialisation ne contient rien de progressif, et ne fait que refléter les intérêts des sections les plus arriérées de la classe capitaliste, qui craignent d'être balayées par leurs rivaux internationaux, et avant tout leurs rivaux américains, depuis la signature de l'accord de libre-échange.

Au Canada anglais, les syndicats et le NPD cherchent à subordonner la classe ouvrière aux intérêts commerciaux des sections les plus faibles de la classe capitaliste sous la bannière du chauvinisme anti-américain, tout en s'accommodant au chauvinisme anti-québécois prôné par des populistes de droite comme le chef réformiste Preston Manning.

Au Québec, ils cherchent à faire des travailleurs une force politique docile au service de la section de la grande entreprise québécoise qui pense mieux tirer son épingle du jeu en se « ploguant » directement à l'économie globale par l'établissement d'un État québécois indépendant.

Le nationalisme canadien et le nationalisme québécois sont les deux faces d'une même médaille: ils servent tous deux à diviser les travailleurs au sein du Canada sur la base de la langue ou de l'origine ethnique, et à les isoler de leurs frères et soeurs de classe des autres pays.

Le Parti de l'égalité socialiste

La classe ouvrière se dirige vers de grandes luttes politiques contre le système de profit. Les vieilles organisations syndicales ne veulent, ni ne peuvent, mener une telle lutte. Le Parti de l'égalité socialiste a été fondé pour ouvrir une voie de l'avant à la classe ouvrière, en armant celle-ci d'un programme socialiste et internationaliste visant à unir les travailleurs canadiens avec les travailleurs des États-Unis, du Mexique, du Japon, d'Allemagne et d'ailleurs dans le monde.

Le Parti de l'égalité socialiste lutte pour bâtir un mouvement politiquement conscient de la classe ouvrière contre le système de profit sur la base de politiques socialistes, visant à garantir à tous un emploi décent et assuré, des soins de santé, une éducation et un logement de qualité.

La vie économique doit être réorganisée pour mettre fin aux privilèges de classe et créer une véritable égalité sociale et économique. Nous appelons à la transformation des principaux leviers économiques ­ les banques, les grosses compagnies transnationales, l'industrie lourde, les services d'utilité publique et le transport en commun ­ en propriété publique sous le contrôle démocratique des travailleurs.

Ces changements nécessaires ne peuvent être réalisés que par le biais d'une lutte politique au cours de laquelle la classe ouvrière arrive à prendre le pouvoir politique entre ses propres mains. Le succès d'une telle lutte requiert une nouvelle orientation et une nouvelle direction, une direction révolutionnaire, représentée par le Parti de l'égalité socialiste. Nous appelons les travailleurs à considérer les implications de la crise du capitalisme et à prendre la décision de joindre les rangs du Parti de l'égalité socialiste et à bâtir ce dernier en tant que nouveau parti politique de masse de la classe ouvrière.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 10:01

 

 

Explosion des inégalités sociales

 

Par Lee Parson
4 novembre 1998

 

Le Centre pour la Justice sociale, un organisme supporté par l'Église, les syndicats et les groupes communautaires, vient de produire une étude illustrant l'impressionnante croissance des inégalités sociales au Canada survenue au cours des 25 dernières années, et plus particulièrement au cours des cinq dernières.

Rédigé par l'économiste Armine Yalnizan, ce rapport, intitulé « La croissance des écarts », fournit une grande variété d'informations puisée dans les études du gouvernement fédéral pour soutenir sa thèse selon laquelle un nombre de plus en plus élevé de Canadiens sont poussés dans la pauvreté, et cela même si les riches ont vu leurs revenus et leur richesses croîtrent.

Parmi les chiffres les plus révélateurs :

* En 1996, la moyenne des revenus du marché (salaires, dividendes, rentes, etc., par opposition aux revenus provenant de l'État tels les crédits d'impôts, l'aide sociale, les subventions, etc.) des familles canadiennes ayant des enfants de moins de 18 ans à charge et composant la couche de 10 % la plus riche, était de 314 fois plus élevés que celle des familles constituant la couche de 10 % la plus pauvre.

* Le revenu net personnel de Ken Thomson, magnat de la presse, est de 14.4 milliards de dollars, soit l'équivalent de la richesse collective du tiers le plus pauvre des familles canadiennes.

* Entre 1995 et 1997, les chefs d'entreprises au Canada ont obtenus en moyenne une augmentation salariale de 39 % - alors que le salaire des ouvriers a augmenté en moyenne de moins de 2 %, et bien souvent moins que le taux d'inflation.

* En 1997, la compensation des 100 chefs d'entreprise les mieux payés à augmenté de 56 %.

Dix de ces 100 chefs d'entreprise ont gagné plus de 10 millions de dollars. À lui seul, Robert Gratton de Power Corporation a reçu un total de 27,4 millions de dollars, incluant ses bonus et ses options en valeur mobilières.

* Malgré le fait que la participation des femmes sur le marché du travail ait considérablement augmentée, 60 % des familles ayant des enfants, gagnent tout de même moins que ce qu'elles gagnaient en 1981.

Bien que la croissance des écarts mette l'accent surtout sur la polarisation sociale qui est abondamment documentée, l'étude démontre aussi comment le démantèlement de l'assurance-chômage et d'autres programmes gouvernementaux a contribué à la progression et à l'approfondissement de la pauvreté. Les cent dernière pages du rapport sont consacrées aux solutions mises de l'avant par Yalnizyan à ce qu'il considère comme étant une redistribution sociale des richesses si inéquitable qu'elle risque de provoquer des soulèvements sociaux.

Le rapport indique que l'encensement du marché capitaliste par l'élite corporative et politique a eu pour effet de relâcher l'attention et les préoccupations du public concernant la croissance de l'inégalité sociale. Il suggère même que cela influence Statistiques Canada sur le type d'informations qu'elle recueille. Bien que Statistiques Canada soit formellement tenue de faire une étude quinquennale sur le niveau de richesse et d'endettement de la population, la dernière étude à ce sujet remonte en fait à 1984.

La distribution des revenus de marché

La croissance phénoménale dans la différence entre les revenus du marché des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres des familles canadiennes ayant des enfants ­ en 1973 les premiers gagnaient 21 fois plus que les seconds, rapport qui est passé en 1996 à 314 fois ­ est essentiellement causé par deux phénomènes reliés entre eux. D'abord, un grand nombre de pauvres a été expulsé du marché du travail suite au processus incessant de restructuration corporative. Enfin, les riches s'approprient une part de plus en plus grande de la richesse nationale. «  En 1989, explique le rapport, la moyenne des revenus provenant du marché du travail des 10 % les plus pauvres des familles de la société variait autour des 4 000 $. Mais en 1996, cette moyenne est tombée à moins de 500 $ par année.

Alors qu'en 1973, 3,7 % des familles étaient sans salarié, en 1996 ce nombre passait à 8,4 %.

Pendant ce temps, les revenus de l'élite corporative grimpaient à un point tel que la moyenne salariale des chefs d'entreprises était de 48 fois supérieure à la moyenne de celle des ouvriers. Entre 1989 et 1996 le nombre de millionnaires au Canada a triplé, et ce nombre devrait tripler encore une fois d'ici 2005.

Le nouvel « écart des générations »

Le rapport contient également des informations sur les changements survenus dans la composition de la force de travail et sur les différences salariales entre les générations.

Près d'un emploi sur cinq est à temps partiel, alors qu'il y a vingt ans, ce rapport était de un sur vingt. Au cour des années 90, le segment du marché du travail comprenant les emplois temporaires à contrat et saisonniers a connu la plus forte croissance, passant de 5 à 12 % de l'ensemble des emplois sur le marché du travail.

L'autre changement majeur ayant affecté la composition de la force de travail est l'augmentation rapide du nombre de travailleurs autonomes provoqué par les rationalisations et la sous-traitance. Sur le million d'emplois créés cette décennie, » écrit Yalnizyan, «  plus de la moitié sont des emplois autonomes ­ allant jusqu'à représenter 76 % de la croissance de l'emploi en 1996 et 83 % en 1997. Ce type d'emploi varie beaucoup de l'un à l'autre et diffère beaucoup du monde salarié. Ainsi, 16 % des travailleurs autonomes ont gagné moins de 5 000 $ en 1996 comparé à 3 % des employés salariés, et 2,3 % ont fait plus de 100 000 $ comparé à seulement 1 % parmi les salariés. »

Tout comme la génération précédente, la majorité des Canadiens travaille en moyenne 37 heures par semaine, mais « à la différence que c'était la majorité de la génération précédente qui travaillaient ce nombre d'heures... En 1976, près des deux tiers des Canadiens (65 %) travaillaient entre 35 et 40 heures par semaine ». En 1997, à cause de la généralisation du travail à temps partiel et de l'augmentation du temps supplémentaire généralement impayé, il n'y a plus que la moitié qui travaillent ce nombre d'heures ( 54 % ) ».

Les jeunes, surtout chez les hommes, ont été les plus durement touchés par ces changements. « Bien que tous les groupes d'âges aient connu une perte de revenu entre 1990 et 1995, le groupe des 15-24 ans a connu une chute de 20 %, soit la plus radicale. Entre 1970 et 1980, les jeunes recevaient en moyenne la moitié des revenus nationaux. En 1995 ils n'en reçoivent plus que le tiers ( 31 % ) ».

Le rapport souligne que « les hommes de moins de 35 ans ont vécu une érosion remarquable et peut être sans précédent de la valeur de leur travail, par rapport aux groupes plus âgés et en comparaison de ce que valait les moins de 35 ans durant les années 1980. »

La disparition des salariés à revenu moyen et l'assaut contre les programmes sociaux

La disparition de la couche médiane des salariés située entre les riches et les pauvres est l'une des questions centrales soulevées dans le rapport. Elle explique la polarisation sociale et les dangers de troubles sociaux. Par le biais d'une comparaison des revenus tirés du travail en 1973 et en 1996, le rapport dévoile que 17 % de la population avait des revenus en 1996 qui, en termes réels, les auraient placés parmi le dixième le plus pauvre en 1973. Dans le même ordre d'idées, 18 % de la population avaient des revenus en 1996 qui les auraient placés dans le dixième le plus riche de 1973.

La croissance des écarts révèle l'importance des transferts de revenu ­ bénéfices sociaux et crédits de taxes ­ pour de larges sections de la population et le danger de voir la pauvreté s'étendre à grande échelle alors que les gouvernements à tous les niveaux coupent et imposent des restrictions dans les programmes sociaux.

En 1996 les transferts de revenus ont permis d'augmenter les revenus familiaux du cinquième le plus pauvre de la population de près de 11 000 $, passant de 6 000 $ par année à près de 17 000 $. Mais depuis, le gouvernement fédéral à considérablement coupé l'accessibilité au régime d'assurance-chômage. En 1990 près de 87 % des travailleurs canadiens avaient accès aux prestations (87 % des sans emplois). Cette proportion a diminuée à 42 % en 1997 et continue de baisser en 1998.

Yalnizyan consacre plusieurs pages de son rapport à dresser un portrait du Canada, le dépeignant comme étant une société historiquement plus équitable que les États Unis et les autres pays capitalistes avancés. En vérité, alors que durant les années 1980 la bourgeoisie canadienne était plus réticente à imposer des coupures de salaires et à démanteler les programmes sociaux que la bourgeoisie américaine, ce retard a été largement rattrapé depuis l'assaut mené par la grande entreprise durant les années 90. Contrairement au mythe véhiculé par les nationalistes canadiens, le Canada a historiquement été caractérisé par ses grandes inégalités sociales et la concentration de la richesse productive entre les mains d'une petite élite corporative.

Croyant en la possibilité de régulariser le marché capitaliste et faire renaître l'état providence, Yalinizyan est incapable d'expliquer les causes de la présente polarisation sociale. Son rapport est un signal d'alarme lancé à la classe dirigeante sur les risques encourus de voir la polarisation sociale pousser les travailleurs vers des alternatives politiques radicales. La croissance des écarts est aussi une requête adressée à la bourgeoisie pour qu'elle laisse les syndicats et les sociaux-démocrates réoccuper leur rôle de contrepoids » aux forces du marché.

La polarisation sociale et la paupérisation qui font l'objet du rapport sont surtout apparues durant une période de soi-disant prospérité économique. Si les preneurs de décision et privilégiés jouissant du pouvoir a qui le rapport est dédié ne veulent et ne peuvent s'empêcher de ruiner la position sociale des travailleurs pendant une telle période, à quoi peut-on s'attendre pour la prochaine période, alors que nous entrons dans une nouvelle crise économique.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 10:14

 

 

Un abîme entre l'establishment politique et la population

 

par Guy Charron


30 août 2000

 

La campagne électorale américaine de l'an 2000 est marquée, comme jamais elle ne le fut au vingtième siècle, par le peu de différence entre le Parti démocrate et le Parti républicain.

Les deux partis célèbrent les « nouveaux sommets de prospérité, de paix et de progrès ». Les deux se tournent vers les mêmes couches sociales qui se sont incroyablement enrichies au cours des dernières années et les grandes entreprises qui les ont littéralement inondés de donations. Gore et Bush ont soigneusement évité la question la plus cruciale pour le peuple américain : la très grande croissance de l'inégalité sociale, exacerbée par le boum boursier et la frénésie des fusions.

L'impossibilité dans laquelle se trouve le système bipartite de la grande entreprise de discuter des questions sociales qui préoccupent la grande majorité de la population américaine donne un aspect irréel à la campagne présidentielle. Les médias se concentrent sur les aspects les plus futiles de la campagne, gonflant les incidents mineurs et les scandales mesquins, tout en ignorant le fait incontournable que la nation américaine est divisée en deux.

La réalité aux États-Unis en l'an 2000 n'est jamais mentionnée : alors que quelques millions de personnes ont pu accéder au club des millionnaires grâce à la Bourse, et que les investissements des biens nantis ont rapporté des profits stratosphériques, des dizaines de millions d'autres peuvent à peine garder la tête hors de l'eau en travaillant toujours plus longtemps et en s'endettant encore plus. Les problèmes sociaux se sont exacerbés, comme en témoignent les 45 millions d'Américains sans assurance santé, la détérioration du système public de l'éducation et la croissance de la faim et du nombre des sans-abri.

Le peu de différences entre Gore et Bush n'est qu'une autre manifestation d'un vaste virage vers la droite du système politique bipartite des États-Unis au cours des vingt dernières années qui ont vu le Parti démocrate abandonner toutes ses politiques libérales de réforme. Cette ruée à droite des démocrates a atteint sa vitesse de croisière avec l'administration Clinton. Sous son égide, les différences entre les deux partis en ce qui a trait aux politiques sociales se résument à une question de virgules.

Et tout au long de sa campagne électorale, Gore a voulu bien établir qu'il continuerait sur cette voie. Par exemple, il a déclaré qu'il maintiendrait un budget équilibré même dans le cas d'une récession importante en diminuant les dépenses du gouvernement fédéral.

Lors des primaires américaines, tous les candidats à la présidence ont endossé les banalités de la religion et de l'anticommunisme. Après que Bush eut déclaré que Jésus Christ était son philosophe politique préféré, les autres prétendants républicains déclarèrent que l'évangélisme était une condition d'admissibilité à la présidence. Gore a lui aussi cherché l'appui des fondamentalistes religieux.

Gore et Bush ont tous deux appuyé la décision des cours de ne pas rapatrier le jeune Cubain de six ans à Cuba, où l'attendait son père, cédant à l'hystérie anticommuniste des exilés cubains du sud de la Floride. Les républicains ont invoqué la liberté des États pour refuser de condamner le fait que le drapeau des confédérés flotte sur le Capitole de Columbia, de peur de se mettre à dos les racistes du sud des États-Unis. Les démocrates ont invoqué eux aussi la liberté des États pour refuser de condamner la décision du Kansas de limiter l'enseignement de l'évolution dans les écoles publiques pour ne pas déplaire aux fondamentalistes religieux.

Les deux candidats à la présidence des États-Unis, et leurs colistiers vices-présidentiels, personnifient la domination de la société américaine par une aristocratie de la richesse et du privilège qu'un gouffre social infranchissable sépare des masses de la classe ouvrière. Gore et Bush sont tous les deux des enfants de l'élite dirigeante : Al Gore, le candidat présidentiel des démocrates est le fils d'un sénateur, alors que Georges W. Bush, candidat pour les républicains est le fils d'un président.

Bush vient d'être catapulté à la tête du Parti républicain, lui qui selon les normes habituelles de la politique américaine, a une feuille de route bien mince. Après cinq années et demie comme gouverneur du Texas, virtuellement aucune expérience de la politique nationale et encore moins de connaissance de la politique mondiale, ne lisant pas et sans intérêt intellectuel particulier, il a quand même de bonnes chances d'habiter la Maison blanche.

Alors que les deux partis avaient toujours un appui important dans la population, le vice-président était choisi pour donner l'apparence d'une certaine diversité de la réalité politique et géographique et voulant réconcilier les différentes factions. Mais le choix des vices-présidents est une manifestation que la base sur laquelle repose toute la superstructure politique américaine devient de plus en plus étroite.

Richard Cheney, millionnaire de l'industrie pétrolière du Texas comme Bush, sera son colistier à la vice-présidence. Il connaît bien les corridors du pouvoir, ayant été sénateur et secrétaire à la Défense sous Bush lors de la guerre du Golfe. Après l'élection de Clinton, il a fait des millions en tant que CEO d'une pétrolière du Texas. Il est connu pour s'être opposé à toutes les réformes sociales depuis trente ans : l'aide fédérale à l'éducation, l'avortement, les droits à l'égalité pour les femmes.

En choisissant le sénateur Joseph Lieberman comme colistier à la vice-présidence, Al Gore semble avoir été dicté surtout par deux considérations : premièrement, choisir un vice-président dont les prises de position sur les politiques sociales et économiques se trouvent à l'extrême droite du spectre politique des démocrates ; deuxièmement, contrer les conspirateurs du Parti républicain et de la droite chrétienne qui ont organisé pendant plus d'un an une campagne pour faire tomber l'administration Clinton.

Étonnamment, par rapport à l'importance immense qu'il a eue dans la vie politique américaine, le procès en destitution de Clinton est un sujet tabou dans la campagne présidentielle.

Dans leurs discours d'acceptation, Bush et Cheney n'en ont pas soufflé mot, à cause de la très grande hostilité du public américain à la tentative des républicains de forcer Clinton à démissionner pour avoir menti sur la nature de ses relations avec Monica Lewinsky.

Le choix de Lieberman n'en devient que plus significatif du gouffre qui sépare l'élite dirigeante de la population. Lieberman s'est surtout fait connaître en devenant le premier démocrate à condamner publiquement Clinton dans l'affaire Monica Lewinsky alors que l'enquête de Kenneth Starr atteignait son apogée, contribuant à lui donner de la crédibilité.

Au cours de ses deux mandats au Sénat, Lieberman a appuyé plusieurs projets républicains, y compris la privatisation partielle de la sécurité sociale et la prière à l'école. Membre du comité sénatorial sur les forces armées, il a appuyé l'invasion américaine du Panama, a participé à l'écriture de la déclaration de guerre contre l'Irak et fut l'un des rares démocrates à voter pour l'invasion américaine.

Les congrès de nomination des deux partis avaient plus l'air de publireportages que d'un rassemblement politique, au cours desquels les médias jugèrent de la performance des candidats par l'habileté de leur organisation à suivre un scénario détaillé.

On a à peine tenté de cacher le fait que les congrès sont en fait complètement financés par des dons des grandes entreprises. Chaque congrès a eu sa ligne aérienne attitrée (US Airways pour les républicains, United pour les démocrates), un partenaire officiel pour les transports (GM dans les deux cas) et une myriade d'autres liens avec le monde des affaires. En tout, les républicains ont eu dix donateurs de la catégorie « platine », c'est-à-dire qui ont donné un million ou plus, les démocrates en ont onze.

Alors que sur la scène principale se succédaient des orateurs livrant leurs discours soigneusement vidés de tout contenu réel par des conseillers en communication, dans les fêtes ou derrière les portes closes l'influence politique était négociée et marchandée.

Au cours du congrès du Parti démocrate, Gore a abandonné sa stratégie électorale qui jusqu'alors avait consisté à occasionnellement lancer un slogan populiste et le plus souvent en appeler aux classes les plus aisées en leur promettant que la politique des diminutions d'impôts adoptée par Clinton continuerait. Il a plutôt adopté un ton résolument populiste, se présentant comme le champion des travailleurs et un opposant « des forces puissantes et des intérêts puissants. »

Tout en prenant bien garde de ne pas effrayer l'élite financière en affirmant qu'il ne dévierait pas du cap du conservatisme fiscal, Gore a dirigé ses appels à ce qu'il appelle les « familles travaillantes ».

Bien que plusieurs commentateurs aient prédit que le risque populiste de Gore ne lui rapportera pas, notant que la prospérité et la satisfaction sociale reléguaient aux oubliettes les appels à la lutte sociale, les sondages ont plutôt démontré que Gore touchait une corde sensible en parlant d'une lutte contre le pouvoir et les privilèges.

Malgré qu'il ne soit qu'une hypocrisie, le populisme de Gore représente un changement important de la stratégie de ce dernier dont les conséquences pourraient bien dépasser les calculs électoraux à court terme. Une fois que l'indignation profonde et le sentiment d'oppression des masses sont articulés, même si c'est de façon cynique par Gore, il s'enclenche un processus qui a sa propre logique et sa propre dynamique. Et l'appareil ossifié du Parti démocrate, qui a beaucoup changé depuis les derniers vingt ans où il a imposé les politiques de droite économiques et sociales de la grande entreprise, sera beaucoup moins capable de contenir la lutte de classe que le Parti démocrate d'autrefois.

Même en la comparant avec la façon traditionnelle de faire de la politique aux États-Unis, la campagne actuelle est une manifestation de l'abîme qui sépare l'establishment politique et la population. La plus longue période de croissance économique de l'histoire a mené à une immense polarisation de la société. Cette polarisation se reflète dans la campagne électorale américaine où les aspirations et les intérêts de l'immense majorité de la population n'ont aucune façon de s'exprimer.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article
7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 08:04

 

 

Rapport mondial sur le développement humain de l'ONU :

Augmentation des inégalités sociales et de la pauvreté dans le monde

 

Par Michael Conachy

Le 6 août 1999

 

Selon le dernier rapport mondial annuel des Nations Unies sur le développement humain (UNHDR) publié le mois dernier, « les inégalités dans les revenus et les niveaux de vie dans le monde ont atteint des proportions grotesques ».

Alors que 1,3 milliard de personnes luttent pour survivre avec moins d'un dollar par jour, les 200 personnes les plus riches de la planète ont doublé le montant net de leur richesse entre 1994 et 1998 pour atteindre plus d'un billion $US. Les trois plus gros milliardaires de la planète possèdent à eux seuls plus de biens que le produit intérieur brut de tous les pays les moins développés et leur population totale de 600 millions de personnes.

Environ 840 millions de personnes souffrent de malnutrition et près d'un milliard ont de la difficulté à satisfaire leurs besoins de consommation essentiels. Plus de 880 millions de personnes n'ont aucun accès à des soins de santé et 2,6 milliards à un système d'assainissement de base.

Loin de se rétrécir, l'écart entre les riches et les pauvres ne cesse de croître. Selon le rapport même, « certains avaient prévu une convergence des différences. Or, la dernière décennie a vu l'écart entre les revenus, les ressources et les richesses s'accroître parmi la population, les entreprises et les pays » .

L'écart des revenus entre le cinquième de la population mondiale des pays les plus riches et le cinquième de la population mondiale des pays les plus pauvres était de 74 pour 1 en 1997, en progression constante par rapport à 1990 (60 pour 1) et 1960 (30 pour 1). Les habitants des pays qui affichent les revenus les plus élevés possèdent 86 p. 100 du produit intérieur brut mondial, 82 p. 100 des marchés d'exportation internationaux, 68 p. 100 des investissements étrangers directs et 74 p. 100 des lignes téléphoniques de la planète. En contrepartie, les habitants des pays les plus pauvres ne représentent qu'un p. 100 de ces données.

Les pays de l'OCDE représentent 19 p. 100 de la population mondiale et contrôlent 71 p. 100 du commerce mondial des biens et services, en plus de consommer 16 fois plus que le cinquième le plus pauvre du globe.

Polarisation des biens et des revenus

Ces statistiques mondiales ne tiennent pas compte des énormes inégalités sociales au sein même des pays les plus riches. Certains données tirées des indices du développement humain du rapport montrent bien que cette polarisation des revenus affecte autant les pays industrialisés que les plus pauvres.

Aux États-Unis par exemple, le PIB réel par habitant en 1997 était de 29 010 $US, comparé à 992 $US pour les pays les moins développés. Cependant, le PIB réel du cinquième le plus pauvre de la population américaine n'était que de 5 800 $US, soit près de six fois moins que la moyenne, et neuf fois moins que le cinquième le plus riche qui s'élève à 51 705 $US. Selon les chiffres de 1989 à 1995, les indices montrent que 14,1 p. 100 de la population américaine subsiste avec seulement 14,40 $US par jour.

Des inégalités semblables se retrouvent dans tous les pays industrialisés. En Allemagne par exemple, ou le PIB moyen par habitant était de 21 260 $US en 1997, les 20 p. 100 les plus pauvres de la population affichaient un PIB moyen cinq fois moins important de 3 963 $US. Les 20 p. 100 les plus riches étaient près de dix fois plus riches avec un PIB réel par habitant de 38 164 $US. Au Royaume-Uni, la moyenne était de 20 730 $US, avec le cinquième le plus pauvre à 3 963 $US alors que le cinquième le plus riche était à 38 164 $US. À peine 13 p. 100 de la population du Royaume-Uni vit avec 14,40 $US par jour, tout comme font 11,5 p. 100 de la population allemande

Bien que les chiffres ne soient pas disponibles pour tous les pays pauvres, les inégalités y apparaissent encore plus criantes. En Zambie par exemple, le PIB réel moyen par habitant en 1997 était de 960 $US. Cependant, le cinquième le plus pauvre de la population enregistrait un PIB réel par habitant de seulement 216 $US, alors que le cinquième le plus riche affichait 2 797 $US. Près de 84 p. 100 de la population y subsiste avec un dollar par jour ou moins. En Guinée-Bissau, classé comme l'un des dix pays les plus pauvres au monde, le PIB moyen par habitant est de 810 $US. Quant au cinquième le plus pauvre, son revenu s'élevait en moyenne à 90 $US, et celui du cinquième le plus riche à 2 533 $US. Au moins 87 p. 100 de la population y vit avec moins d'un dollar par jour.

Les indices du Rapport mondial sur le développement humain servent à évaluer la pauvreté humaine des pays industrialisés en faisant appel à la combinaison de divers facteurs : pourcentage de la population dont l'espérance de vie est inférieure à 60 ans, taux d'alphabétisme fonctionnel adulte, pourcentage de la population vivant sous le seuil des 50 p. 100 du revenu personnel moyen disponible et taux de chômage à long terme. C'est ainsi que l'Allemagne se classe troisième sur 17 pays industrialisés avec un taux de pauvreté de 8 p. 100, alors que les plus élevés sont enregistrés aux États-Unis (16,5 p. 100), en Irlande (15,3 p. 100) et au Royaume-Uni (15,1 p. 100).

Bien que certains pays aient enregistré une croissance du revenu moyen par habitant au cours de la dernière décennie, plus de 80 pays affichent néanmoins un revenu par habitant plus faible depuis le début des années 1990 et 55 autres connaissent actuellement une tendance à la baisse. Les déclins les plus importants sont survenus en ex-URSS et en Europe de l'Est. Dans les pays de l'Afrique sud-saharienne, la chute du revenu moyen par habitant a été constante, ce dernier passant de 661 $US en 1980, à 550 $US en 1985, puis 542 $US en 1990 et enfin 518 $US en 1997 (chiffes exprimés en dollars américains de 1987).

Toujours dans l'ensemble de l'Afrique sud-saharienne, 50 p. 100 de la population n'a aucun accès à de l'eau potable, et 56 p. 100 est privée d'installations sanitaires. Un tiers des enfants âgés de cinq ans sont chétifs et plus du tiers de la population a une espérance de vie de moins de 40 ans.

Alors que des masses de personnes subsistent péniblement sans la moindre infrastructure sociale, les fusions et les acquisitions ont concentré de vastes ressources entre les mains de quelques transnationales seulement. En 1998, les dix plus grands fabricants de pesticides contrôlaient 85 p. 100 du marché mondial de 31 milliards $US et les dix plus grandes entreprises de télécommunications contrôlaient 86 p. 100 d'un marché de 262 milliards $US. Dans d'autres secteurs, les dix plus grosses entreprises contrôlent des parts de marché de près de 70 p. 100 en informatique, de 60 p. 100 en médecine vétérinaire, de 35 p. 100 en industrie pharmaceutique et de 32 p. 100 en semence commerciale.

Suite à cette concentration des ressources, les pauvres du monde entier ne profitent que peu des avancements technologiques et des connaissances. Dix pays seulement effectuent 84 p. 100 des dépenses mondiales en recherche et développement et contrôlent 95 p. 100 des brevets américains. La recherche est plus que jamais déterminée par le profit plutôt que par les besoins sociaux. « Lorsque vient le temps d'établir les programmes de recherches, c'est l'argent qui prime plutôt que les besoins. C'est ainsi que les produits cosmétiques et les tomates à mûrissement lent figurent en tête de liste des priorités, avant les plants résistants à la sécheresse ou le vaccin contre la malaria », toujours selon le rapport.

Le développement des échanges commerciaux, de nouvelles technologies, de l'investissement étranger et l'expansion des réseaux de communications ne sont pas également ou équitablement répartis à l'échelle mondiale. Ainsi, l'investissement étranger direct (IED) atteint 400 milliards en 1997, mais 58 p. 100 est allé aux pays industrialisés et seulement 5 p. 100 aux soi-disant économies de transition de l'Europe centrale et de l'Est. Et des sommes qui sont allées aux économies en développement ou de « transition » dans les années 1990, plus de 80 p. 100 est allé à 20 pays, dont principalement la Chine.

Crises financières

À la lumière des transferts massifs qui s'élèvent à 1,5 billion $US par jour sur les marchés de change mondiaux, le rapport signale que les marchés financiers internationaux produisent pour bien des gens « de brusques dérèglements douloureux dans leur existence quotidienne ». Loin d'être des incidents isolés, les crises financières provenant des accumulations et des redressements rapides des mouvements de capitaux à court terme sont « maintenant reconnus comme des caractéristiques systémiques du marché international des capitaux. »

Le tumulte financier en Asie orientale de 1997-1999 a entraîné des sorties de capitaux équivalentes à 11 p. 100 du PIB de l'Indonésie, de la Corée du Sud, de la Malaisie, des Philippines et de la Thaïlande. L'impact humain inclut la perte de 13 millions d'emplois seulement dans cette région et un déclin des salaires réels qui varie de 40 à 60 p. 100 en Indonésie.

La précarité de l'emploi n'est pas confinée aux régions de la planète frappées par la crise. La compétition mondiale affaiblit en effet la protection légale des emplois dans le monde entier, et des millions de travailleurs travaillent maintenant sans aucun contrat. En Europe, la croissance économique soutenue n'a pas entraîné de baisse du chômage, ce dernier étant resté à 11 p. 100 tout au long de la décennie, ce qui représente 35 millions de sans-emploi.

Dans les pays les plus pauvres, les paiements destinés à assurer le service de la dette combinés avec des revenus d'impôts la baisse ont entraîné de nouvelles compressions dans les services sociaux tels que la santé et l'éducation. C'est ainsi que la Tanzanie a dû dépenser neuf fois plus pour payer sa dette que dans la santé, et quatre fois plus que dans l'éducation primaire.

Les problèmes de santé et environnementaux ne cessent de croître. Plus de 16 000 personnes sont infectées par le virus HIV du SIDA tous les jours, 95 p. 100 des nouveaux cas étant recensés dans les pays en voie de développement. Neuf pays africains prévoient enregistrer une baisse de 17 ans de l'espérance de vie moyenne de leur population d'ici 2010 à cause du SIDA, ce qui les ramène aux niveaux des années 60. Chaque année, près de trois millions de personnes meurent de la pollution de l'air, et plus de cinq millions décèdent suite à des maladies diarrhéiques causées par la contamination de l'eau.

Selon le rapport, l'insécurité économique et sociale provoque l'éclatement de la cohésion politique de la communauté. Des 61 principaux conflits armés recensés entre 1989 et 1998, il n'y en avait que trois qui opposaient des États différents, tous les autres étant des guerres civiles.

Le rapport signale également la croissance du crime organisé. Il estime que six grands syndicats du crime contrôlent quelques 1,5 billion $US, rivalisant ainsi avec les transnationales en matière de biens possédés et d'influence économique. On estime que le commerce illégal des stupéfiants représente 8 p. 100 du commerce mondial, ce qui le place devant le commerce des véhicules automobiles, du fer et de l'acier. Le blanchiment d'argent est évalué correspondre à l'équivalent de 2 à 5 p. 100 du PIB mondial.

Les marchés sont incompatibles avec l'idée de l'égalité sociale

Sous-titré la mondialisation à visage humain, le rapport de l'ONU met l'accent sur l'interdépendance croissante de la population mondiale qui résulte de la mondialisation des processus économiques. Les auteurs se disent préoccupés par l'exclusion des pauvres, de régions et de pays entiers des aspects positifs de ce processus.

La mondialisation est « entraînée par l'expansion du marché qui ouvre les frontières nationales au commerce, à la circulation des capitaux et de l'information, faisant ainsi fi de la gestion des marchés et de leur répercussions sur les gens ». Les auteurs démontrent que le débat économique et les prises de décision actuels négligent « les préoccupations humaines plus vastes » telles la vie, la liberté, la justice, l'égalité et la tolérance. « Les marchés concurrents sont peut être la meilleure garantie d'efficacité, mais pas nécessairement de l'équité... Et les marchés ne sont pas la seule voix et ils ne doivent pas avoir le dernier mot en matière de développement humain » toujours selon les auteurs du rapport.

Bien qu'ils critiquent les excès du marché, les auteurs n'ont rien d'autre à offrir que quelques demandes de régulation et de contrôle. Leur prise de position est résumée dans l'avant propos du rapport qui est signée par l'administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mark Malloch Brown. « En dressant la liste des répercussions négatives des marchés sur les populations, il est important de ne pas donner l'impression de rejeter le marché comme principe organisateur central de la vie économique mondiale. Les marchés ont besoin d'institutions et de règles, et trop souvent ils ne sont pas adéquatement assujettis au contrôle de l'un et de l'autre sur l'arène mondiale. »

Ce qui manque dans ce rapport, cependant, ce n'est pas seulement une politique alternative, mais également les moyens de mettre en uvre même la plus petite des règles économiques mondiales dans des conditions où les rivalités nationales s'intensifient. Ayant présenté un acte d'accusation atterrant du fonctionnement du marché capitaliste, l'ONU est incapable de tirer les conclusions qui s'imposent : pour abolir la pauvreté et les inégalités sociales, il faut remplacer l'anarchie du marché et de la production pour le lucre personnel par un nouveau principe organisateur de la vie économique mondiale : l'utilisation planifiée des immenses ressources de la planète pour satisfaire les besoins sociaux de l'ensemble de l'humanité.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans MISERE USA-AILLEURS
commenter cet article