Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de SARAH MARKUS
  • Le blog de SARAH MARKUS
  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Archives

28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 16:19

Un grand Shalom à Toi, Ilan, Juste parmi les Vrais Justes, pas les justes de pacotille. Fais attention aux agents secrets sionistes, ils sont capables de te faire un sale coup... tel qu'on les connait...

 

 

 

Un Juif devient membre du Fatah

 

 

GAZA, 28 octobre - RIA Novosti - Sur recommandation du chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le Conseil révolutionnaire du Fatah a admis jeudi dans les rangs du mouvement le célèbre militant pro-palestinien Ilan Halevi, a annoncé vendredi l'agence WAFA.

 

Né en 1973 en France, Ilan Halevi est journaliste et homme politique. Il est une des très rares personnalités juives haut placées dans l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

 

Connu par son hostilité envers l'idéologie "sioniste", M. Halevi a pris part à de nombreux mouvements palestino-israéliens conjoints luttant contre l'occupation israélienne.

 

Conseiller d'un ministre du gouvernement du Fatah par le passé, Ilan Halevi est actuellement représentant du Fatah auprès de l'Internationale socialiste et membre du Conseil national palestinien.

Sources Ria Novosti

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 11:29

Le traitement des Palestiniens par le régime criminel sioniste en 2001... où l'on voit que pas grand-chose n'a changé jusqu'à aujourd'hui... et les sionistes osent nous faire la morale en France... qu'ils regardent donc vers leur pays préféré et ses exactions...

 

Les Palestiniens sous un siège militaire et économique

 

Par Jean Shaoul

20 août 2001

 

L'Israël a augmenté sa pression militaire sur les Palestiniens et menace de réoccuper la Cisjordanie et le Gaza.

Les armes les plus avancées, hélicoptères d'assaut, avions de chasse F-16, chars, blindés, artillerie, sont employées contre un des peuples les plus pauvres au monde. La semaine dernière, l'Israël a déployé des avions F-16 pour larguer des bombes d'une tonne sur un bâtiment de la police palestinienne à Ramallah en Cisjordanie, a occupé la Maison de l'Orient ­ le QG de l'OLP dans Jérusalem-Est, le quartier arabe ­ et a commencé une invasion aérienne et terrestre de Jenin. Ses troupes se préparent à envahir Bethléhem.

L'Israël s'est équipé de matériel électronique avancé de surveillance et d'autres technologies sophistiquées pour obtenir les données de surveillance, d'intelligence, et de balistique nécessaires pour poursuivre sa politique d'assassinats de leaders et de militants palestiniens. L'Israël a systématiquement assassiné des dizaines de personnes, dont beaucoup étaient des enfants ou des passants innocents, au cours de ses assauts contre les leaders politiques.

La violence de l'Israël dépasse de loin celle utilisée pour supprimer l'intifada de 1987, quand on utilisait du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et en plastique, des grenades incapacitantes, et des balles perforantes. Moins de deux semaines après le début de l'Intifada d'el-Aqsa, les forces de l'ordre de l'Israël avaient tué plus de personnes que dans les quatre premiers mois de l'insurrection de 1987. Jusqu'ici, 609 Palestiniens sont morts et 15 000 ont été blessés.

L'Israël a été critiqué par des organisations internationales comme Human Rights Watch et Amnisty      international pour un usage aveugle de la force, des tueries arbitraires, l'usage de punitions collectives telles que la confiscation de biens ou de démolitions de maisons, et la violence et les destructions imposées par les colons.

 

Le blocus économique

 

Mais pendant que l'attention du monde se concentre sur les confrontations et les manoeuvres militaires, on parle peu de la guerre économique menée par l'Israël et l'importance du désastre humain en Palestine.

L'Israël assiège les territoires palestiniens depuis presque onze mois. Son blocus maritime, aérien, et terrestre a isolé la Cisjordanie et le Gaza de tout commerce intérieur et extérieur. Les frontières avec l'Égypte et la Jordanie sont fermées. Le commerce extérieur est presque nul, et les produits palestiniens restent dans les douanes israéliennes.

Des points de contrôle sur toutes les entrées en Israël empêchent les Palestiniens d'entrer dans le pays, y compris les 120 000 ouvriers qui avaient des postes dans des chantiers ou sur des fermes en Israël, ou dans des hôtels et des usines. D'autres points de contrôle sur des routes à l'intérieur des territoires occupés font que des trajets de quinze minutes prennent deux heures, à condition de pouvoir les effectuer. Plus de 200 000 ouvriers ne peuvent pas arriver à leur travail.

Les fermetures sont même plus désastreuses pour les Palestiniens de Gaza. Étant donné que Gaza a la densité d'habitants la plus élevée au monde, quasi aucune ressource naturelle et très peu d'industrie, il dépend totalement de l'Israël. Le blocus a transformé Gaza en une sorte de prison.

Les usines ont cessé de fonctionner, ne pouvant pas faire parvenir leurs produits sur les marchés. Les prix des produits de base ont monté en flèche à cause du prix de transport par des chemins détournés pour éviter le blocus. Des centaines de bus ont cessé de fonctionner, rendant même plus difficile la tâche d'arriver au travail ou d'aider des proches.

L'Israël a mis en oeuvre plusieurs moyens pour tenter d'étrangler l'économie palestinienne et plonger les Palestiniens encore plus loin dans la pauvreté et l'endettement. Il n'a pas payé la plupart des impôts et des paiements de TVA de l'Autorité palestinienne (AP) depuis le début de l'intifada, empêchant l'AP de payer ses employés. C'est en contravention directe aux accords de Paris, qui insistent que l'Israël doit rembourser l'argent qu'il obtient sur la part de l'AP dans un délai de six jours.

Le taux officiel de chômage avant l'insurrection était de moins de quinze pour cent. Ce chiffre, cependant, est trompeur, car il excluait les jeunes et les travailleurs intermittents. En réalité, le taux était plus proche de trente pour cent. À présent il est à plus de cinquante pour cent.

En novembre 2000, on calculait que l'économie palestinienne perdait 3,4 millions de dollars par jour à cause de la perte des salaires de ceux qui travaillaient normalement en Israël et six millions de dollars en impôts et frais de douane retenus par l'Israël. La perte des revenus touristiques obtenus grâce aux Lieux Saints, anciennement une grande source de revenus, empirait la situation.

Selon l'ONU, après deux mois seulement il y avait eu une réduction de dix pour cent du PNB palestinien et le taux de croissance est passé de quatre pour cent à moins dix pour cent. Au mois de mai, les revenus palestiniens avaient chuté jusqu'à la moitié de leur niveau précédent, et le chômage officiel était à trois fois son niveau en septembre.

Une détérioration si nette et si rapide du niveau de vie est presque inouïe. Et pourtant, cela arrive à un des peuples les plus pauvres du monde. En 1999, les revenus par personne de la Cisjordanie étaient de 2000 dollars ­ comparé à 18 300 dollars en Israël ­ mais même le chiffre pour la Cisjordanie était le double de celui pour Gaza.

La situation actuelle souligne la dépendance des Palestiniens sur l'Israël mise en place par les Accords d'Oslo et l'Accord économique de Paris. Sous ces arrangements, on ne prévoyait aucun plan pour le développement d'une économie palestinienne viable : une Palestine autonome et finalement « indépendante » devait rester sous la domination économique de l'Israël.

Selon le Bureau de statistiques palestinien, soixante-quatre pour cent des trois millions de Palestiniens vivent sous le seuil de la pauvreté, comparé à vingt-trois pour cent avant l'intifada, la pauvreté étant définie comme moins de 434 dollars pour une famille de deux adultes et de quatre enfants. Au début du mois de mai, les revenus de l'AP étaient tombés de quatre-vingt-dix millions de dollars par mois à vingt millions.

Chaque mois la United Nations Relief Works Agency (UNRWA ­ Agence pour les travaux de secours de l'ONU) donne un colis alimentaire de base ­ farine, riz, huile, sucre, et lait ­ à un demi-million de familles. Cependant, la malnutrition se répand et atteint les quatorze pour cent. Un nombre grandissant d'enfants souffrent de développement physique et mental attardé.

L'Israël a mis en place une politique de terre brûlée et a déraciné presque 400 000 orangers, oliviers, et amandiers. L'Institut de recherches appliquées de Jérusalem (ARIJ) rapporte que la destruction de l'économie agricole palestinienne comporte : la fermeture et la séparation de villages et de districts, des destructions au bulldozer, l'incendie d'arbres fruitiers, l'intimidation et l'assassinat des bergers pour les empêcher d'arriver aux pâturages, la destruction de champs et de matériel agricole, la fermeture des ports de pêche et la restriction des déplacements des pêcheurs, et une réduction dramatique de la production animale et laitière.

Le docteur Azzen Tbeleh, ministre député de l'agriculture pour l'AP, a dit au magazine d'affaires Globes que les actes des forces de sécurité avaient causé au mois de mai plus de 300 millions de dollars de dommages à l'économie palestinienne depuis le début de l'intifada.

 

On refuse l'accès aux soins médicaux aux Palestiniens

 

Les fermetures, les blocus, et les couvre-feux ont eu un impact dévastateur sur tous les aspects de la vie sociale, y compris la santé et l'éducation. Chaque voyage comporte des risques. Les voitures et les camions sont arrêtés et fouillés. Quand un Palestinien quitte sa maison, il n'y a aucune certitude qu'il reviendra à l'heure prévue.

Les fermetures sont en réalité le plus pénibles pour les plus vulnérables : les jeunes, les personnes âgées et les malades. Les fermetures ont un prix énorme en santé et en vies humaines, en contravention aux lois internationales, comme la Quatrième convention de Genève de 1949.

L'Article 17 dit : « Les partis aux conflits travailleront pour conclure des accords locaux afin d'évacuer des zones assiégées ou encerclées les personnes malades, blessées, infirmes, ou âgées, les enfants et les femmes enceintes, et pour le passage du personnel religieux ou médical et du matériel médical à destination de telles zones ».

Dix-sept Palestiniens nécessitant des soins médicaux sont morts depuis le mois de septembre à cause de délais aux points de contrôle israéliens. Le problème ne s'arrête pas là, car plus de soixante-dix pour cent de la population palestinienne vivent dans des zones rurales desservies par les services médicaux les plus restreints.

Les Palestiniens ne peuvent se rendre à Jérusalem-Est, le coeur même de la Cisjordanie. L'Israël a de fait divisé la Cisjordanie en deux cantons, séparant les familles et leur refusant les soins médicaux secondaires et tertiaires. Ceci touche particulièrement les urgences et les naissances, puisque même les ambulances se voient arrêter à main armée.

Quelques exemples montrent les conséquences horribles de cette atteinte aux droits humains élémentaires. Des femmes en fin de grossesse ont dû faire des kilomètres à pied pour éviter des points de contrôle afin de recevoir des soins et donner naissance. UNRWA rapporte une augmentation de cinquante-huit pour cent du nombre de morts-nés et quatre naissances à des points de contrôle militaires. L'Union palestinienne des comités de secours médicaux rapporte une augmentation de cent pour cent des naissances à domicile. UNRWA indique aussi une baisse des services de prévention, comme la baisse de cinquante-deux pour cent du nombre de femmes qui ont accès aux soins après naissance.

Les deux organisations rapportent qu'elles ne peuvent aucunement mener leurs programmes de vaccination d'une manière suivie. Le taux de participation est tombé de douze pour cent dans les quatre premiers mois de l'intifada, ce qui ne fera qu'aggraver les problèmes médicaux à l'avenir.

Des patients qui nécessitent des soins constants, pour les maladies rénales ou les cancers, doivent affronter de longues queues pendant des heures aux points de contrôle israéliens. La fermeture des frontières internationales a empêché les Palestiniens de recevoir des soins médicaux spécialisés dans au moins quatre-vingt-dix cas.

Recevoir la permission de voyager à l'étranger pour des raisons médicales ne constitue pas forcément un succès. Fatima Sharafi, âgée de soixante-quatre ans, est morte au poste de frontière de Rafah, à Gaza. Elle revenait d'un traitement à l'hôpital Nasser en Égypte mais avait été fatalement retardée quand elle essayait de rentrer à Gaza pour se rendre à son domicile.

On dénombre au moins 164 incidents où on a refusé l'accès aux ambulances de la Société palestinienne du Croissant rouge (PRCS). La PRCS a fait de nombreux rapports d'attaques directes par des soldats israéliens sur le personnel médical. Pour citer qu'un exemple, en janvier, quatre assistants médicaux du PRCS ont été interceptés à un point de contrôle israélien, arrachés à leur véhicule, fouillés, mis à nu, et battus pendant quatre heures.

Il faut aussi tenir compte des souffrances mentales et émotionnelles provoquées par le climat constant de violence et de peur. Le plus souvent, les avions et les hélicoptères israéliens survolent les Palestiniens, terrorisant tout le monde en attente de la prochaine attaque.

Le docteur Eyad Sarraj, chef du programme de Santé mentale communautaire de Gaza, a dit : « Tout le monde à Gaza est traumatisé, y compris moi-même. Les plus traumatisés sont les enfants. Ils ont perdu leur monde de sécurité. Ils vivent dans une cage sans toit et sont traumatisés par le ciel et le regard de leurs parents. Certains vivent en un état de panique constante. Chaque famille a au moins une personne qui mouille les draps. Même les adolescents de quatorze ou quinze ans subissent ces effets. Les enfants répondent au traumatisme en le recréant, en écrivant des histoires là-dessus, et en dessinant ce qu'ils ont vu ».

La confrontation avec l'Israël « devient un jeu horrible » qu'ils jouent en manifestant et en jetant des pierres. Ils meurent, « mais ils n'ont pas de conception de la mort », a-t-il observé.

Un membre de l'UNRWA a dit qu'il avait vu au moins un enfant, une fillette de dix ans, qui cherchait la mort dans une manifestation pour que sa famille reçoive une aide financière. Un docteur de clinique a ajouté qu'il voyait un grand nombre de cas de stress, de dépression, d'hypertension, et de troubles sexuels.

 

Les assauts sur les écoles

 

Les fermetures et les blocus ont durement touché le système d'éducation. Plus de la moitié de la population palestinienne a moins de seize ans, mais des centaines d'écoles et d'autres institutions pédagogiques ont dû fermer ou bien ne peuvent fonctionner que de façon intermittente. Les instituteurs et les élèves ne peuvent arriver à leurs écoles. Ses revenus lui étant refusés, l'AP n'a pas les fonds nécessaires pour payer les salaires.

Des écoles dans les zones partiellement ou totalement contrôlées par l'Israël ont été visées par les forces de sécurité et des dizaines d'élèves et d'instituteurs ont été tués ou blessés. News from Within rapporte bon nombre d'incidents. Une école s'est vue encerclée et attaquée plus de vingt fois par des balles et du gaz lacrymogène. L'armée israélienne a converti beaucoup d'écoles en bases militaires, promulguant des décrets qui fermaient les écoles pour une période indéfinie. En décembre elle a entouré l'école pour filles d'al-Sharageh et a ouvert le feu, blessant des dizaines d'élèves. Elle a fait la même chose à l'école Sadeh al Hartheyeh, près de Jenin.

La jeunesse se voit refuser une éducation normale, sous des conditions où l'éducation est à mi-temps au meilleur des cas. La situation est particulièrement difficile pour les plus vulnérables, les enfants handicapés.

Geraldine Shawa, chef de la Société Atfaluna pour les enfants sourds, a indiqué que beaucoup des élèves de l'organisation sont non seulement traumatisés, mais aussi affamés. Ils doivent être nourris, réduisant encore ressources déjà maigres de la Société. En plus, les enfants des familles pauvres ne peuvent payer les frais de ramassage scolaire et les dix ou quinze dollars par mois pour les piles de leurs appareils.

Les enfants sourds sont souvent plus traumatisés que les entendants parce que les sourds ne comprennent pas ce qui se passe. Quand ils entendent les explosions, ils peuvent sentir les vibrations et remarquer la tension. « Quelqu'un doit leur expliquer la situation par des gestes » a-t-elle dit. « Souvent leurs instituteurs doivent le faire ».

Si la plupart des universités restent ouvertes, les étudiants qui ne vivent pas près de leurs universités sont fréquemment absents; les cours sont souvent annulés, entraînant des pertes de temps et d'argent. L'année scolaire a été prolongée pour permettre à certains de finir leurs études.

Les forces d'occupation ont souvent visé les étudiants, avec des attaques fréquentes et des arrestations sur les routes et aux points de contrôle. Les étudiants de l'Université de Bethléhem arrivant du sud de la Cisjordanie se voyaient si souvent maltraités par les forces armées qu'ils ne pouvaient plus assister aux cours.

 

La violence des colons

 

Le nombre de colonies et de colons continue à augmenter malgré les accords internationaux.

Selon Peace Now, le nombre de colons a augmenté de cinquante-trois pour cent depuis les Accords d'Oslo en 1993 et se trouve actuellement à plus de 200 000. Ce chiffre ne tient pas compte d'un nombre comparable de colons dans les quartiers de Jérusalem-Est qui ont été incorporés à la ville de Jérusalem.

Depuis 1993, quarante-deux colonies non-officielles ont été établies. Douze ont été établies après les accords de Wye malgré les promesses faites par le premier ministre israélien de l'époque, Benyamin Netanyahu, au président américain Bill Clinton. Sous le premier ministre Ehud Barak, 22 419 colons se sont installés en Cisjordanie.

Entre juin 1999 et octobre 2000, on a préparé 3499 nouvelles unités d'habitation. Depuis octobre 2000 et le début de l'insurrection actuelle, on a commencé la construction de 954 unités d'habitation payées par l'état dans les colonies. Depuis l'élection d'Ariel Sharon comme premier ministre en février, 6000 nouvelles maisons ont été autorisées dans les territoires occupés et en mars 2832 ont été autorisées à Har Homa.

L'Israël a implicitement soutenu l'action de groupes de milices coloniales qui agissent comme une extension des forces d'occupation. Ces groupes ont organisé des assauts meurtriers contre des Palestiniens, vandalisé leurs maisons, leurs possessions, et leurs terres, et les ont empêché de semer et de récolter. Malgré leurs activités criminelles, les colons qui font partie de tels groupes sont rarement traduits en justice ou même réprimandés, même quand des preuves de leurs actions existent en vidéo.

Ils jouissent du soutien tacite de l'armée israélienne, qui punit souvent les Palestiniens qui contreattaquent en citant le besoin de « rétablir l'ordre ». Par exemple, les militaires ont déclaré les domiciles vandalisés une « zone militaire fermée » pendant trois mois, empêchant ainsi les familles d'y retourner.

Les colons décident de beaucoup des conditions les plus répressives, frustrantes, et humiliantes de la vie quotidienne des Palestiniens. Une de leurs actions les plus notoires consiste à avoir poussé le chef d'état-major de l'armée, Shaul Mofaz, à promulguer un décret interdisant aux hommes palestiniens de conduire leurs voitures en Cisjordanie si un des passagers n'est pas une femme.

 

L'aide internationale

 

Malgré ces conditions économiques et sociales désastreuses, les promesses d'aide internationale ont été rares et fort mal tenues.

La Banque mondiale a promis une allocation dérisoire de cinq millions de dollars. L'Union européenne (UE) a promis cinquante millions de dollars pour payer les salaires des employés de l'AP et pour empêcher l'AP de faire banqueroute. Mais ceci dépendait presque totalement de la confirmation du Fonds monétaire international que l'AP adhère à un budget d'austérité. L'UE a aussi exigé que les salaires soient payés par le ministère des Finances, non pas directement par les employeurs de services de sécurité.

Les États-Unis ont promis des millions de dollars d'aide à long terme. Cette somme est honteuse comparé au cadeau annuel de trois milliards de dollars que Washington fait à l'Israël. De toute façon, les capitaux destinés aux Palestiniens sont gelés depuis des mois.

Le Programme alimentaire mondial a demandé 3,9 millions de dollars aux pays industrialisés pour l'alimentation en novembre, mais cette somme n'a pas été atteinte. Même quand les denrées arrivent, les autorités israéliennes imposent des délais interminables.

Les sociétés et corporations du Golfe ont mis en place un fonds pour le chômage palestinien de vingt millions de dollars. Les gouvernements arabes ont promis 693 millions de dollars depuis le début des combats et se sont engagés à une aide supplémentaire de 240 millions de dollars en mars. Les Palestiniens n'ont presque rien reçu.

Voir aussi :

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 10:50

 

 

Israël prend le contrôle de Jérusalem Est

 

par Chris Marsden


11 août 2001

 

Vendredi dernier, les forces de sécurité israéliennes ont pris contrôle de la Maison d'Orient, le quartier général de l'Organisation de libération de Palestine (OLP) à Jérusalem Est. Le même jour, des chasseurs de type F-16 ont lancé deux missiles sur un poste de police palestinien d'une ville de la Cisjordanie, Ramallah, alors que des tanks et des bulldozer rasaient un avant-poste de police dans la Bande de Gaza. À Abu Dis, en lisière de Jérusalem Est, plusieurs immeubles abritant l'Autorité palestinienne (AP) furent aussi saisis par les forces israéliennes.

L'offensive fut justifiée comme étant une réponse à l'horrible attentat suicide à la bombe de la veille à l'intérieur d'une pizzeria dans un secteur commercial très achalandé de Jérusalem Ouest par un membre du mouvement fondamentaliste islamiste Hamas. L'attentat a fait quinze morts, dont six enfants, et au moins quatre-vingt-dix autres personnes ont été blessées. Trois survivants à l'explosion ont plus tard succombé à leurs blessures à l'hôpital. Parmi les morts, on compte cinq membres d'une même famille.

Toutefois, le premier bombardement depuis des années à Jérusalem était lui-même une réponse au meurtre de huit Palestiniens à Nablus le 31 juillet par l'armée israélienne. Lors de ce bombardement dans la ville de Cisjordanie, deux dirigeants du Hamas avaient été tués, une conséquence directe de la politique de l'Israël d'assassinat des activistes palestiniens qui a déjà fait plus de soixante morts. Des sources palestiniennes avaient déclaré lors de l'établissement de cette politique qu'Israël cherchait à provoquer une réaction du Hamas pour justifier la fin du cessez-le-feu imposé par les États-Unis et accroître son offensive militaire sur la Bande de Gaza et la Cisjordanie.

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a rejeté la condamnation du bombardement par Yasser Arafat, à la tête de l'AP ainsi que ses appels pour un effort conjoint pour imposer au nouveau le cessez-le-feu. Eli Yishai, le ministre de l'Intérieur de la coalition menée par le Likoud et président du Shass, un parti d'extrême droite, a dit que Sharon devrait maintenant mettre en oeuvre son plan de grande envergure contre l'AP qui avait déjà été approuvé après l'attentat à la bombe suicide d'une discothèque de Tel Aviv, mais qui avait été mis sur la glace après qu'Arafat ait appelé pour un cessez-le-feu.

Le président de la coalition et membre du Likoud, Ze'ev Boim, a dit qu'avec l'attaque à Jérusalem «les heures de l'Autorité palestinienne sont comptées». Boim a appelé Sharon à appliquer sa politique «d'assassinats ciblés» au plus haut niveau de l'AP. Le membre de la Knesset (le parlement israélien) Michaël Kleiner, du parti Herut, est allé encore plus loin, demandant la tête d'Arafat. «Sharon a besoin d'oublier la réaction du monde et de faire reculer l'horloge d'Oslo en s'emparant des territoires contrôlés par l'AP et en libérant le Moyen Orient de la présence d'Arafat» a dit Kleiner. Même s'il ne va pas aussi loin dans sa rhétorique, le plus important partenaire du Likoud dans la coalition gouvernement, le Parti travailliste a endossé les actes de vengeance contre l'AP.

L'action d'Israël se veut autant symbolique que pratique parce qu'ainsi, il prend contrôle sur le secteur même que l'AP avait désigné comme la capitale du futur État palestinien. Abdel-Rahman, un des plus influents adjoints d'Arafat, a dit que l'occupation israélienne de la Maison d'Orient et de neuf autres bases du gouvernement palestinien «vise à détruire tous les accords signés depuis 1993», alors que les israéliens et les Palestiniens avaient conclu l'entente que l'on appelle depuis les accords d'Oslo.

Il y a peu de doute que l'extrême droite au sein de l'élite dirigeante israélienne, y compris le Shass, les partis des colons sionistes et une bonne partie du Likoud mène une campagne pour une solution militaire qui pourrait aller jusqu'à occuper de nouveau toute la Cisjordanie et la Bande de Gaza. Le président de l'Infrastructure nationale, Avigdor Lieberman, proche de l'ancien premier ministre Binyamin Netenyahu, le principal rival de Sharon au sein du Likoud, a appelé pour que l'AP soit déclarée organisation terroriste. Shlomo Benizri, le ministre des Affaires sociales et du Travail et député parlementaire pour le Shass a dénoncé ceux qui demandent des négociations et demandé que les attaques contre l'AP soient intensifiées : «Nous devons commencer à les frapper d'une façon qu'ils comprendront», a-t-il dit.

Le dirigeant des travaillistes, Simon Peres, qui est ministre des Affaires extérieures dans la coalition gouvernementale, a lui insisté sur la nécessité de continuer à discuter avec Arafat, donnant voix à la crainte que les tensions au sein de l'AP atteignent bientôt le point d'inflammabilité. Il a donné l'avertissement que trois millions de Palestiniens avaient dû «enduré les restrictions depuis dix mois» et que «cela représentait un problème fondamental qui pourrait nous exploser au visage». Toutefois, Peres et d'autres qui ont déclaré qu'il fallait laisser la chance aux négociations sont de plus en plus marginalisés. Peres s'est plaint que le refus de Sharon de commencer à négocier avec les Palestiniens tant qu'il y aura de la violence a donné un droit de veto aux éléments les plus radicaux. Répondant aux timides critiques du Likoud par Peres, Lieberman l'a dénoncé pour être «complètement déconnecté de la réalité».

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 14:14

 

 

En réponse aux violences israéliennes contre les Palestiniens,

les attaques anti-juives se multiplient en France et en Grande-Bretagne

 

Par Francis Dubois


25 octobre 2000

 

Une des conséquences du conflit israélo-palestinien fut une série d'attaques antisémites en Europe. À Londres, David Myers, un étudiant en théologie de vingt ans fut grièvement blessé à coups de couteau par un homme originaire d'Algérie. Mais c'est en France, où vivent cinq millions de musulmans, pour la plupart d'origine arabe, et sept cent mille juifs, vivant dans les mêmes quartiers en paix depuis des décennies, que la situation est la plus tendue.

À Paris, cinq mille personnes manifestèrent sur les Champs-Elysées en soutien à Israël à l'appel d'organisations sionistes. Dans les jours qui suivirent, des manifestations en faveur des Palestiniens eurent lieu dans plusieurs grandes villes, plus particulièrement à Lyon, Marseille et Strasbourg.

Les conflits prirent un caractère de plus en plus ethnique et plus particulièrement antisémite. La police française fit état de quelque 80 attaques en l'espace de trois semaines contre des synagogues, des commerces et des écoles juives. Il y eut des tentatives d'incendie contre plusieurs synagogues. Certaines furent détruites partiellement, celle de Trappes, dans la région parisienne, le fut entièrement. Des tombes furent profanées et des graffiti antisémites firent leur apparition sur les murs. L'heure est aux actes d'intimidation contre la population juive et un climat de peur s'est ainsi instauré. Les représentants d'organisations juives ont demandé au gouvernement la protection de la police et même celle de l'armée.

La plupart de ces attaques se sont produites dans les banlieues de grandes villes et en particulier dans la banlieue parisienne, où les communautés juives et maghrébines vivent côte à côte et où les tensions sociales sont les plus aigues. Il semble que les attaques soient plus spécialement le fait de jeunes d'origine maghrébine et pauvres.

Une grande partie des jeunes originaires du Maghreb vivant en France s'identifient aux jeunes Palestiniens en lutte contre l'État d'Israël. Comme l'ont noté nombre de reportages parus dans des journaux français, cette identification s'explique par leur propre situation sociale : ils sont eux aussi opprimés politiquement et socialement, une majorité d'entre eux souffre de la pauvreté et du chômage et ils sont régulièrement victimes d'agressions racistes de la part de la police française, agressions qui ont souvent des conséquences mortelles.

Une partie de ces jeunes sont sous l'influence des islamistes fondamentalistes qui ne font pas de différence entre la politique de l'État sioniste et du peuple juif en général. Ils diffusent des slogans antisémites et poussent l'indignation ressentie devant la brutalité de l'armée israélienne dans une direction réactionnaire, ethnique et religieuse.

Selon la police, les auteurs des attaques sont plus particulièrement des jeunes venus de la petite criminalité, « sans liens avec des organisations politiques ». En général, ils ne sont pas musulmans pratiquants et ne fréquentent pas les mosquées. Cela indique que les événements en Israël viennent faire exploser encore une fois la poudrière sociale, qui a déjà explosé à maintes reprises au cours des dernières années dans les banlieues, prenant la forme de confrontations entre des jeunes et la police.

Dans de nombreux établissements scolaires, les élèves originaires du Maghreb se sont solidarisés avec les Palestiniens. Une partie du corps enseignant réagit en tentant de réprimer toute discussion politique, mais certains enseignants s'efforcèrent de révéler l'arrière-plan historique et politique du conflit et de contrecarrer ainsi les interprétations religieuses.

Les attaques antisémites sont de l'eau au moulin du sionisme, qui prétend représenter les intérêts de tous les juifs. Les organisations sionistes en France ont toujours présenté la révolte contre Israël comme une attaque contre le judaïsme en tant que tel.

L'extrême droite a elle aussi tenté de tirer profit de cette situation tendue en faisant de l'agitation contre l'une ou l'autre communauté. L'organisation d'extrême droite GUD (Groupe d'union et de défense) a ainsi brûlé le drapeau israélien devant l'université d'Assas à Paris et s'est heurtée au syndicat étudiant juif. Le MNR (Mouvement national républicain), né d'une scission du Front National, appelle au contraire à une mobilisation contre le « danger arabe ».

Le gouvernement, certains journaux et de nombreuses organisations de défense des droits civils, réagirent à cette situation en ignorant son arrière-plan politique, en voyant dans ces attaques uniquement du « racisme » et en revendiquant, au nom de la défense de la République, une intervention massive de l'État. Le gouvernement montra qu'il craignait que la crise du Moyen-Orient ne radicalise aussi la vie politique en France.

Voir aussi :
Les mesures de guerre en Israël et l'héritage du sionisme 16 octobre 2000
50 ans depuis la fondation d'Israël 29 mai 1998

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 16:01

 

 

Les mesures de guerre en Israël et l'héritage du sionisme

 

Par Chris Marsden et David North


16 octobre 2000

 

Tandis que le président américain Bill Clinton se rend à Sharm-el-Sheik en Égypte pour participer au sommet d'urgence qui tentera de mettre fin à deux semaines et demie de combats, les politiques du régime israélien ressemblent de plus en plus à celles d'une junte militaire qui a perdu tout sens de réalité politique. Malgré tous les efforts des apologistes du régime israélien de jeter la responsabilité de la crise sur Yasser Arafat, le dirigeant de le l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), il est évident des circonstances qui ont mené à ses deux dernières semaines de combat que la violence a été provoquée par des éléments de droite de l'élite israélienne, auxquels le premier ministre Ehud Barak a capitulé.

Le comportement des forces armées israéliennes, qui ont blessé 3 000 Palestiniens, ont fait presque 100 morts et ont même attaqué des villages palestiniens à la roquette à partir d'hélicoptères de combat, est symptomatique d'une direction politique qui a perdu le nord. Les alliés de l'Israël en Europe et aux États-Unis eux-mêmes sont abasourdis. C'est cette incompréhension au sein des milieux les plus haut placés de l'impérialisme mondial qu'un récent éditorial du Financial Times exprima en décrivant l'attaque par hélicoptère contre le quartier général d'Arafat comme « démente ».

En politique, même ce qui peut parfois sembler être la folie est en dernière analyse dicté par une logique objective. Pour comprendre pourquoi les évènements au Moyen Orient ont pris le cours actuel, il faut, comme toujours, commencer par étudier leurs origines historiques.

Les gouvernements occidentaux et les médias décrivent généralement la lutte actuelle comme un conflit israélo-palestinien, ou un conflit entre l'Israël et un bloc arabe monolithique. Mais les journalistes qui lancent feu et flammes contre les Palestiniens pour avoir osé se révolter contre une répression militaire feraient mieux leur travail s'ils examinaient sérieusement la société israélienne et les conditions historiques qui l'ont formée.

La nature de l'État israélien

Ce qui ce passe en Israël est le produit de contradictions profondes, autant politiques qu'idéologiques, au sein de l'État sioniste. Plus d'un demi-siècle s'est écoulé depuis sa création, qui avait ses racines dans les événements catastrophiques qu'ont subis les juifs européens au cours des années 1930 et 1940, le paroxysme étant l'extermination de six millions de juifs européens dans l'holocauste nazi.

Ces événements étaient la conséquence horrifiante de la défaite des ouvriers européens par le fascisme. La dégénérescence stalinienne de l'URSS et de l'Internationale Communiste, et le sabotage par la bureaucratie soviétique de la lutte pour le socialisme mondial, sont la cause politique de la victoire du fascisme. En plus, les méthodes répressives du Kremlin et l'antisémitisme qui teintait ses politiques ont joué un rôle profond dans l'aliénation des intellectuels et ouvriers juifs envers l'alternative socialiste.

Dans les années 1920, les Juifs et les Arabes en Palestine, inspirés par la Révolution russe, s'étaient unis pour créer le Parti communiste palestinien (PCP) et soutenir une lutte unifiée pour le socialisme contre la bourgeoisie juive naissante et les féodaux arabes. Tout au long de la Deuxième Guerre, les ouvriers juifs et arabes ont lutté ensemble contre leurs oppresseurs étrangers, ce qui a mené à la création de plusieurs syndicats communs. Le PCP aurait pu combattre efficacement contre les sionistes, mais les politiques de division de la bureaucratie stalinienne et ses manoeuvres avec les puissances impérialistes ont empêché qu'il se développe sainement. Le PCP s'est finalement scindé en deux selon l'appartenance ethnique avant la fin de la Deuxième Guerre.

Le sionisme a canalisé le découragement et le désespoir créé par la destruction presque totale des juifs européens en une campagne pour former un État juif indépendant, campagne menée à bien en 1948 lorsqu'était partitionné le protectorat britannique de la Palestine.

Des millions de personnes à travers le monde, dégoûtées par les crimes du nazisme contre les juifs, ont été sympathiques à la création de l'Israël. On a décrit l'Israël comme une nouvelle entité progressiste qui avait pour but d'offrir un refuge démocratique et même égalitaire pour le peuple le plus horriblement opprimé de l'Europe et au monde.

Mais l'État sioniste n'a jamais pu répondre à de telles attentes. L'Israël a été établi au moyen d'une lutte armée pour saisir des terres des habitants arabes, commençant par une campagne systématique de terreur qui a chassé plus de 750 000 Arabes palestiniens de leurs foyers. Le principe fondateur de l'État israélien était la primauté des intérêts ethniques et religieux des Juifs sur ceux des Arabes musulmans. Toute critique de cette position intrinsèquement anti-démocratique et répressive était dénoncée par les dirigeants sionistes et leurs apologistes comme une expression d'antisémitisme.

Pour justifier la création de l'Israël, les dirigeants sionistes ont pendant 40 ans nié l'existence même d'un peuple palestinien. Leur slogan central était : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Dans les déclarations officielles, le territoire qui est devenu l'Israël était décrit comme très peu peuplé avant l'arrivée des colons juifs.

Ainsi, dès ses débuts, l'Israël a été en guerre avec ses voisins arabes et par sa structure, a été même incapable de développer une société vraiment démocratique. Il n'y avait aucune séparation entre l'État et la religion juive, et ainsi aucun concept de citoyenneté qui donnait des droits égaux à tous. Israël est rapidement devenu un État militarisé, et un véhicule par lequel les États-Unis pouvaient promouvoir leurs intérêts au Moyen Orient au prix de subventions financières massives, qui servaient principalement à nourrir le système militaire israélien.

La guerre de 1967 entre Arabes et Israéliens

Inévitablement, les contradictions qui existaient entre la propagande officielle et la réalité sociale et politique devaient faire surface. La guerre de 1967 a été un point tournant de l'évolution de l'Israël, et ses ramifications se font toujours sentir aujourd'hui. Israël, qui prétendait être un État faible, forcé à défendre ses frontières contre des voisins puissants, a été démasqué lorsqu'il occupa des terres appartenant à la Jordanie, la Syrie, et à l'Égypte : la Cisjordanie, le Plateau du Golan, et la bande de Gaza. Des colonies juives furent établies dans les territoires occupés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Le prétexte officiel pour les colonies était qu'elles constituaient une défense temporaire, mais l'opposition de droite du Likoud a réclamé que les territoires occupés soient incorporés dans l'Israël, position qu'elle a défendue jusqu'à ce jour. L'État sioniste s'est donc ouvertement remodelé en puissance agressivement expansionniste.

Le développement d'une population d'extrême droite au sein des colons sionistes des territoires occupés a eu un impact durable sur la société et la politique israélienne. Avec les groupes ultra-orthodoxes encouragés par la propagation de justifications pseudo-bibliques pour l'expansion de l'Israël, ils sont devenus la base sociale et politique qui a permis le développement de tendances semi-fascistes dans l'élite militaire et politique.

Les colons constituent une faction militante et active dont les intérêts sociaux sont intimement liés à la gouvernance israélienne des territoires capturés et la perpétuation de la machine de guerre du pays. Ces couches ont été renforcées par des vagues d'immigrants, tout d'abord des États-Unis et ensuite de la Russie, qui ont été attirés en Israël par une perspective chauvine et explicitement anti-socialiste qu'elle a projetée de plus en plus ouvertement depuis 1967.

Au courant des deux décennies précédentes, les tensions sociales et politiques à l'intérieur de l'Israël ont grandi à cause d'un écart grandissant entre les riches et les pauvres, aggravé par un chômage en hausse et des salaires en baisse. La majorité de la population devenant de plus en plus aliénée en  face de la politique, l'État dépend de plus en plus des colons de droite et des fanatiques religieux nationalistes. Aucun parti ne peut aujourd'hui former un gouvernement sans leur soutien. Depuis une décennie, ils ont saboté toute tentative d'arriver à une entente négociée avec les Palestiniens, malgré le fait que la bourgeoisie israélienne et Washington pensent à présent qu'un tel accord est essentiel à la survie de l'Israël.

Les masses palestiniennes n'ont jamais accepté leur statut de réfugiés permanents. La création de l'OLP après la guerre de 1967 visait à donner expression à leurs aspirations pour une solution juste et pour une patrie. Les sionistes ont répondu en dénonçant l'OLP pour être des terroristes et des agents de puissances étrangères et ont été intransigeants en leur refus de reconnaître l'existence d'un peuple palestinien.

Les déclarations de l'Israël, si souvent répétées, que ses actions militaires étaient dictées par la nécessité de défendre ses frontières contre des puissances arabes hostiles ont été définitivement réfutées par sa victoire décisive contre l'Égypte, la Syrie, et les autres puissances arabes en octobre 1973. À la fin de cette guerre, l'Israël était la seule vraie puissance militaire régionale. Depuis cette époque, toutes les guerres menées par l'Israël ont eu pour cibles les Palestiniens.

La base de la stratégie sioniste a été détruite par l'intifada qui a fait irruption en 1987, un mouvement révolutionnaire embryonnaire que l'Israël n'a pas pu supprimer sans l'aide de l'OLP, en promettant des compromis et une forme de patrie palestinienne.

La menace révolutionnaire posée par l'intifada coïncidait avec des changements économiques mondiaux qui rendaient impossible toute tentative de préserver par la seule force des armes un État israélien isolé politiquement et économiquement. L'élite dirigeante en Israël devait depuis longtemps composer avec les énormes coûts économiques et sociaux associés à l'occupation, autant à cause des dépenses militaires que cela implique que du statut de paria de l'Israël à travers le monde arabe et le monde. L'impasse sur la question des territoires occupés avait empêché la croissance de liens économiques entre l'Israël et les pays arabes, liens considérés comme essentiels pour le développement économique de l'Israël en cette époque où les compagnies doivent organiser la production des biens sur une base qui dépasse le simple territoire national et vendre leurs produits sur un marché mondial.

Après l'effondrement de l'URSS, les États-Unis ont commencé à établir de nouvelles relations avec les régimes arabes anciennement pro-soviétiques pour assurer leur propre hégémonie et préserver la stabilité à l'intérieur de cette région pétrolière. Les premiers fruits de cette politique ont été réalisés par le soutien tacite de la plupart des régimes arabes pour la guerre des États-Unis contre l'Irak en 1991.

Les États-Unis n'ont laissé aucun choix à l'Israël : à moins qu'il se réaligne avec les réalités d'après la guerre froide au Moyen Orient et arrive à s'accommoder avec ses voisins, Washington ne continuerait pas à financer indéfiniment pour son déficit budgétaire. Les dirigeants israéliens se trouvaient donc confrontés à la nécessité de participer à des pourparlers menés par les États-Unis pour tenter un rapprochement avec leurs voisins arabes, et offrir une forme limitée de reconnaissance aux Palestiniens.

Sept ans d'échec

Cependant, depuis Oslo en 1993 jusqu'à Camp David cette année-ci, aucun gouvernement israélien n'a pu ou n'a voulu arriver à une vraie solution démocratique de la question palestinienne. Si d'infimes compromis ont été offerts aux Palestiniens, ils ont eu l'effet d'ouvrir des gouffres immenses à l'intérieur de l'État et de la société israélienne.

Sept ans de négociations ont été chaque fois frustrés par l'opposition de la droite en Israël. Aucun effort diplomatique n'a pu réconcilier les masses palestiniennes aux exigences et aux conditions préalables du régime sioniste, ou les forcer à accepter une existence dénuée de tout droit démocratique. L'importance de l'opposition à tout compromis appréciable explique pourquoi la position d'Israël dans ses négociations avec Arafat a surtout consisté à exiger qu'Arafat prenne la responsabilité directe pour la répression du peuple palestinien. Finalement, leurs demandes n'ont servi qu'à rabaisser le prestige d'Arafat parmi de grandes sections des Palestiniens.

Les sections de droite qui dominent l'élite sioniste ont décisivement démontré qu'ils considéreraient tout compromis avec les Palestiniens comme une trahison. Leur première attaque contre les accords d'Oslo était l'assassinat du signataire, le premier ministre travailliste Yitzhak Rabin, en novembre 1995 par un fanatique religieux. Lors des élections qui suivirent, le Likoud sous Benyamin Netanyahou est arrivé au pouvoir en stimulant le sentiment anti-arabe et les craintes parmi les Juifs israélites. Netanyahou a passé les trois années suivantes à essayer de saboter tout accord définitif avec l'OLP.

La victoire électorale écrasante d'Ehud Barak en mai de l'année dernière était l'expression d'un appui grandissant pour la paix parmi les Israéliens ordinaires. Mais le gouvernement de Barak, qui dépendait des partis religieux et qui voulait désespérément éviter des accusations de capitulation, n'a jamais eu les mains libres.

Aucune solution démocratique avec les Palestiniens n'est possible sans déclarer que Jérusalem est une ville ouverte, permettre aux Palestiniens de revenir dans leurs demeures ancestrales et d'établir une souveraineté partagée des Arabes et des Israéliens sur l'ensemble des terres saintes. Une telle solution est publiquement condamnée en Israël. Les mesures proposées par Barak évitaient toutes ces questions critiques. Handicapé dès le début par sa crainte de soulever l'opposition de l'extrême droite, il ne pouvait même pas faire participer des partis d'Israéliens arabes, qui jouissent du soutien de 20 pour cent de la population, à son gouvernement, parce que cela aurait pu lui coûter le soutien de ses partenaires orthodoxes. Sous l'impulsion du Likoud, et avec l'appui des États-Unis, il a exigé qu'Arafat accepte des compromis qui signifiaient l'arrêt de mort pour l'OLP.

Menant aux négociations de Camp David, les hésitations de l'Israël relativement à tout compromis significatif avec les Palestiniens ont été utilisées par les éléments extrémistes d'une droite nourrie par toute l'histoire du pays, surtout depuis 1967, pour monter une opération de sabotage. Sous la pression de ces couches sociales, le gouvernement de Barak s'est effondré à cause des défections des membres de son propre parti et de partenaires de la droite dans la coalition gouvernementale. Entretemps, les Israéliens qui espéraient que Barak amènerait la paix devenaient de plus en plus désillusionnés.

Tandis que l'élite politique aux États-Unis était préoccupée par l'élection présidentielle, le Likoud a décidé qu'il était temps de saboter toute chance que pourraient avoir les négociations. Le dirigeant du Likoud, Ariel Sharon, s'est rendu au Mont du Temple avec une escorte armée dans l'intention de provoquer, et le massacre des Palestiniens par les forces israéliennes a commencé.

Barak a refusé de dénoncer la provocation de Sharon et a maintenu que la violence grandissante était la faute d'Arafat. Et le gouvernement Barak et le Likoud semblent avoir calculé que les manifestations que provoquerait la visite de Sharon leur serviraient d'arme contre Arafat. Ils ont tous sous-estimé la force de la colère et de l'opposition que ces gestes ont engendrées, mais la réponse de Barak a été d'ouvertement appuyer le Likoud.

Une nouvelle perspective

Qu'en l'espace de quelques jours, Barak soit passé de pacifiste à guerrier, démontre qu'aucune section de l'élite politique israélienne ne peut renoncer aux méthodes de répression policière et de violence militaire qui ont caractérisé l'État sioniste depuis sa création. La diplomatie dirigée par les puissances occidentales ne peut non plus mettre fin aux atrocités sionistes. Il est impossible de réconcilier l'existence d'États basés sur l'exclusivisme ethnique, racial, ou religieux avec l'existence de la vraie démocratie. Les efforts de l'impérialisme de maintenir un tel État en Israël, en le suppliant de donner des droits démocratiques limités aux Palestiniens, n'ont fait que démontrer leur propre futilité.

Le caractère fondamentalement réactionnaire de la perspective nationaliste du sionisme a plutôt trouvé son expression la plus achevée. Après presque une décennie de soi-disant « processus de paix », le danger d'une guerre ouverte entre l'Israël et les Palestiniens est au plus haut de l'histoire récente, et l'Israël risque toujours de provoquer une conflagration qui embraserait tout le Moyen Orient. La société israélienne elle-même est menacée de désintégration et la possibilité d'une guerre civile. Il y a des signes grandissants que les Arabes israéliens, qui constituent 20 pour cent de la population, pourraient pour la première fois se retrouver du côté des Palestiniens.

En Israël, la responsabilité de s'opposer à un cours menant à d'autres massacres repose sur le mouvement ouvrier, les activistes démocratiques et les intellectuels socialistes. Tous ceux qui ont appuyé le processus de paix avec leurs voisins arabes doivent reconnaître que leur cause est incompatible avec un soutien de l'État sioniste ou de l'idéologie nationaliste qui lui a donné naissance. Quelles qu'aient été les illusions de ces couches, l'État israélien a montré qu'il ne diffère en aucun aspect fondamental de l'ancien régime d'apartheid en Afrique du Sud.

Le choix est clair : ou bien carrément donner l'initiative politique à Sharon et ses semblables et se préparer à la catastrophe militaire et à la guerre civile sanglante, ou bien essayer d'unifier les Juifs et les Arabes sur une base démocratique, séculière, et socialiste, pour les États Unis Socialistes du Moyen Orient où tous les peuples de la région peuvent vivre ensemble en harmonie.

Voir aussi :
50 ans depuis la fondation d'Israël 29 mai 1998

 

 

Sources WSWS

 

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:39

 

50 ans depuis la fondation d'Israël

 

Par Bill Vann


Le 29 mai 1998

 

Le 50ème anniversaire de la fondation d'Israël a été célébré dans un contexte de crise politique et sociale, et de tensions croissantes avec le peuple palestinien des territoires occupés et les états arabes voisins.

Aucune des commémorations officielles organisées par Israël, ou par ses amis aux États-Unis et ailleurs, n'a abordé les grandes questions historiques qui sous-tendent la fondation de l'état israélien.

Toutes les grandes contradictions non-résolues du 20ème siècle se retrouvent sous une forme concentrée dans la naissance et l'évolution d'Israël. Son origine essentielle remonte à l'un des crimes les plus atroces du 20ème siècle : l'holocauste Nazi. L'extermination de 6 millions de juifs européens a constitué le terrible prix payé pour la crise du mouvement ouvrier. Cette crise a été elle-même causée par la dégénérescence stalinienne de l'Union Soviétique et de l'Internationale Communiste. Les crimes du stalinisme et sa domination sur le mouvement ouvrier ont empêché la classe ouvrière de mettre un terme au système capitaliste, lequel a trouvé dans le fascisme sa dernière ligne de défense.

Les défaites de la classe ouvrière, les crimes du stalinisme et les horreurs de l'holocauste ont créé les conditions historiques pour la création d'Israël. Ces mêmes conditions ont aussi permis au mouvement sioniste, avec l'aide des États-Unis, d'identifier le sionisme au monde juif. C'était un mouvement et un état ultimement fondés sur le découragement et le désespoir. Les crimes du stalinisme ont désillusionné la classe ouvrière juive internationale qui avait été si puissamment attirée par l'alternative socialiste. Les crimes du fascisme allemand furent présentés comme la preuve ultime de l'impossibilité de vaincre l'antisémitisme en Europe ou ailleurs dans le monde. La réponse des sionistes a été de combattre les armes par les armes en se dotant d'un état et d'une armée, et de vaincre l'oppresseur historique du peuple juif sur son terrain. La tragique ironie de cette prétendue solution a été d'associer le peuple juif - traditionnellement et historiquement identifié à la lutte pour la tolérance et la liberté - à la sauvage répression d'une autre population opprimée.

David Ben-Gurion a lu la déclaration d'indépendance d'Israël le 14 mai 1948, la journée précédant la fin du mandat britannique sur la Palestine. Moins d'un an plus tard, les forces militaires israéliennes avaient réussi à imposer de nouvelles frontières (celles qui sont aujourd'hui internationalement reconnues) en expulsant de leurs maisons, dans une campagne systématique de terrorisme et d'intimidation, un quart de million d'Arabes palestiniens.

Ben Gurion a qualifié la formation de l'état israélien d' « aboutissement de la révolution juive ». Elle représentait l'aboutissement de l'objectif politique central du sionisme, le mouvement nationaliste juif fondé à la fin du 19ème siècle. Avant la seconde guerre mondiale, le sionisme était un mouvement relativement isolé, qui s'appuyait sur certaines sections de la classe moyenne juive. Il existait, en Palestine même, parmi les travailleurs juifs, un puissant sentiment de classe favorable à l'unité des travailleurs juifs et arabes dans une lutte commune contre le capitalisme.

Il a fallu l'holocauste pour transformer le sionisme en pouvoir d'état : le vrai rapport entre les crimes commis par le nazisme contre les juifs européens et le mouvement sioniste a été l'objet de déformations historiques systématiques. Israël a été présenté comme le refuge nécessaire pour accueillir les juifs fuyant les camps de la mort allemands. L'attitude des sionistes face à la lutte pour sauver les juifs de l'extermination n'a pas cependant été si claire et si simple.

C'est un des nombreux sujets que les historiens israéliens ont commencé à examiner. L'apparition d'historiens connus sous le nom de « nouveaux historiens école « post-sioniste » ou « révisionniste », et l'attitude critique qu'ils adoptent face à l'histoire d'Israël, constituent certainement le signe le plus profond de la crise croissante de la société israélienne et du sionisme en tant qu'idéologie.

Parmi ces nouveaux historiens il y a Zeev Sternhell, auteur du livre Les mythes fondateurs d'Israël, récemment publié en anglais. Le livre de Sternhell s'attaque à plusieurs des mythes les plus puissants des sionistes, principalement celui voulant que les dirigeants sionistes qui fondèrent Israël, tentaient d'établir un nouveau type de société basé sur des principes égalitaires et même socialistes.

Cet historien a établi que le sionisme n'était en aucun cas unique. C'était plutôt l'expression particulière d'une tendance nationaliste en l'Europe de l'est au 19ème siècle, tendance basée non pas sur des principes démocratiques universels mais sur l'exclusivisme racial et religieux, et l'hégémonie linguistique. Ironiquement, ce mouvement qui prétendait défendre la cause de la libération des juifs avait beaucoup de points en commun avec l'antisémitisme et les mouvements d'extrême-droite de ses persécuteurs en Allemagne fasciste.

Le sionisme, écrit l'auteur « était dès le début la préoccupation d'une minorité, qui comprenait le problème juif non pas du point de vue de l'existence physique et de la sécurité économique, mais du point de vue de la sauvegarde de la nation face au danger d'extermination collective ». Le plus grand danger d'annihilation, toujours selon le point de vue sioniste, venait de l'assimilation des juifs dans la société moderne, particulièrement par l'intégration d'un nombre croissant de travailleurs juifs attirés vers le mouvement socialiste.

Dans la mesure où les fondateurs de l'état sioniste ont tenté d'identifier le sionisme avec le mouvement ouvrier, l'égalité et le socialisme, c'était selon Sternhell, « le mythe mobilisateur » utilisé pour gagner la classe ouvrière juive à la cause du nationalisme. Il mentionne que l'utilisation de cette phraséologie socialiste avait beaucoup en commun avec le mouvement « national-socialiste » qui cherchait à faire revivre en Europe le nationalisme et qui a ultimement donné naissance au nazisme.

Il serait certainement permis de dire que beaucoup d'autres mouvements nationalistes au cours du 20ème siècle, y compris le nationalisme arabe, qui se sont présentés sous un visage égalitaire et socialiste, ont utilisé ce « mythe mobilisateur ». Dans tous les cas, une telle idéologie avait pour objectif de camoufler les intérêts de la bourgeoisie nationale et d'étouffer la lutte indépendante de la classe ouvrière.

Sternhell et d'autres historiens tel que Tom Segev, auteur de The Seventh Million, the Israelis and the Holocaust ont démontré que l'argument présenté par les dirigeants sionistes pour justifier l'existence d'Israël, à savoir que c'était le seul endroit sécuritaire pour les juifs en fuite, était frauduleux. En fait, d'après ces historiens, le sort des juifs fuyant l'Europe était une question de seconde importance pour les dirigeants sionistes, et Ben-Gurion et d'autres dirigeants sionistes ont réagi avec indifférence à leur sort.

Avec le début de la seconde guerre mondiale et la menace de plus en plus claire du nazisme contre les juifs, Ben-Gurion a énoncé les principes qui allaient guider le mouvement sioniste tout au long de l'Holocauste: « Les considérations sionistes doivent avoir préséance sur les sentiments juifs... Nous devons agir conformément aux considérations sionistes et non pas simplement à partir des considérations juives, puisqu'un juif n'est pas automatiquement un sioniste. » Tout au long de la guerre, il a mené avec succès la lutte contre ceux qui voulaient que l'Agence juive en Palestine concentre ses énergies pour sauver les juifs du nazisme au lieu de construire « Eretz Israël ».

Les sionistes ont immédiatement profité de la catastrophe en Europe pour leurs propres fins. Leurs efforts ont été couronnés de succès alors que, sans patrie et sans refuge, la population juive survivante était dirigée vers la Palestine pour des raisons géopolitiques bien précises. Washington, qui avait fermé ses frontières aux juifs en fuite, voyait l'émergence d'un état juif au Moyen-Orient comme un instrument pour assurer son hégémonie dans la région aux dépens des vieilles puissances coloniales, l'Angleterre et la France.

Fondée dans la lutte pour arracher le contrôle de la terre aux habitants arabes, Israël a été dès le début un état militaire, avec l'armée comme principal pilier de la société. Entouré d'états arabes hostiles, et se voulant un nouveau modèle de société fondé sur l'égalité et de vagues principes socialistes, le nouvel état s'est attiré la sympathie populaire.

Mais la réalité et la perception de la réalité ont changé alors qu'Israël augmentait sa force de frappe et devenait la première puissance militaire et la seule puissance nucléaire de la région. Il y a d'abord eu la guerre du canal de Suez en 1956, qui a vu Israël occuper la péninsule du Sinaï; puis, la guerre de 1967 qui a changé une fois de plus la carte géopolitique du Moyen-Orient et établi les paramètres du conflit actuel. Avec l'appui des États-Unis, Israël a envahi l'Égypte, la Syrie et la Jordanie, prenant le contrôle d'une bande à l'ouest de la rivière du Jourdan, le Mont Golan et la bande de Gaza, qu'il occupe toujours. Le sionisme et l'état d'Israël sont devenus des forces agressives et expansionnistes. D'autres guerres ont été menées par Israël contre le Liban dont elle occupe toujours, au sud, une « zone de sécurité ».

L'expansion initiale d'Israël a été rendue possible grâce à l'aide économique et militaire continuelle des États-Unis. La « relation spéciale « qui justifiait l'aide annuelle de 3 milliards de dollars accordée par les États-Unis, n'avait rien à voir avec une communauté de principes avec Israël ou une prétendue sympathie pour la répression historique du peuple juif. Les États-Unis ont soutenu Israël parce qu'il lui servait de gendarme pour étouffer les mouvements révolutionnaires des masses du Moyen-Orient, en plus de lui permettre d'étendre son influence sur cette région pétrolifère stratégique.

La montée du militarisme Israélien a donné naissance à des tendances politiques et sociales réactionnaires en Israël même. L'occupation et l'administration par Israël du West Bank et de la bande de Gaza, véritable dictature politique sur près d'un million de Palestiniens, a non seulement exposé le caractère oppressif de l'état israélien mais aussi mis à nu les contradictions du sionisme en tant que mouvement.

En 1968 la colonisation sioniste a commencé dans la région occupée du West Bank et de la bande de Gaza sur la base de la théorie que ces avant-postes para-militaires allaient servir de ligne de défense contre les attaques des guérillas palestiniennes en terre israélienne. Alors que le gouvernement du Parti Travailliste avait présenté ces colonies comme de simples lignes de défenses, qui n'empêcheraient pas le retour des territoires saisis à la Jordanie et à l'Égypte, la question du statut du West Bank et de la bande de Gaza est rapidement devenue le point central de la vie politique israélienne.

L'opposition de droite, sous la direction de Menachem Begin, a exigé que ces territoires soient annexés au territoire israélien parce qu'il s'agissait des terres bibliques de Samarias et de Judée promises au peuple juif par Dieu. Trente ans plus tard, cette question n'est toujours pas réglée, malgré l'entente de paix au Moyen-Orient qui a été concoctée par l'administration Clinton et signée par Israël et l'Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP). Cent quarante colonies sont dispersées à travers les territoires, et habités par 160 000 colons dont plusieurs sont des nationalistes extrémistes et des fanatiques religieux lourdement armés.

Les colonies continuent de croître à un rythme de 9% par année malgré l'entente signée avec l'OLP. Israël insiste sur la nécessité pour elle de contrôler les voies d'accès et d'entrée aux colonies enclavées. Ce fait illustre en lui-même le caractère bidon de l'état palestinien « indépendant » qui va peut-être naître de ce processus. L'autorité palestinienne se retrouve à faire la police dans de petits bouts de territoire disparates, généralement composés d'une population appauvrie, alors qu'elle demeure encerclée et isolée par les troupes israéliennes. Il est clair, compte tenu du cul-de-sac dans lequel se trouve les pourparlers organisés par les États-Unis, qu'Israël n'a pas l'intention de modifier quoi que ce soit à la situation actuelle.

Israël a signé l'accord de paix surtout pour mettre un terme au soulèvement révolutionnaire des masses palestiniennes des territoires occupés, lequel avait pris une forme embryonnaire avec l'intifada commencé en 1987. Malgré une répression brutale et soutenue, Israël n'a pas été capable d'arrêter le soulèvement sans faire appel à la collaboration directe de l'OLP.

De plus, la classe dirigeante israélienne tenait à échapper aux coûts économiques et sociaux associés à l'occupation des territoires, tant au niveau des dépenses militaires qu'au statut de paria que s'était attiré Israël dans le monde arabe et ailleurs. Mais l'assassinat d'Yitzahak Rabin en novembre 1995 et le retour de la droite au pouvoir avec Benjamin Netanyahu ont montré qu'il n'est pas si facile d'échapper aux contradictions du sionisme. La politique de colonisation, développée sous la direction du Parti Travailliste, a provoqué un mouvement nationaliste de droite et donné naissance à une couche sociale semi-fasciste qui a produit l'assassin de Rabin. Le débat sur l'avenir des colonies, et la question reliée du conflit entre les juifs religieux et les juifs séculiers, sont de plus en plus associés à une situation de « guerre civile ». Les partis religieux ultra-orthodoxes détiennent un pouvoir politique disproportionné au sein du gouvernement et imposent de plus en plus leur agenda politique religieux dans des domaines jusqu'à maintenant considérés comme séculiers. À la grande consternation des juifs séculiers conservateurs et réformistes, tous les pouvoirs administratifs reliés au contrôle des naissances, des mariages et des décès ont été mis entre les mains des rabbins orthodoxes. Les membres orthodoxes du Knesset, lequel joue un rôle-clé dans la formation des gouvernements de coalition, demandent une loi qui forcerait la fermeture des routes et l'interdiction des vols aériens de la compagnie d'aviation nationale, El Al, les samedis. Plusieurs communautés sont amèrement divisées entre juifs orthodoxes et juifs séculiers, au point d'en arriver à la confrontation physique.

Les divisions sociales qui émergent en Israël ne sont pas moins profondes. Plus de 8% de la population est au chômage selon les statistiques officielles, et cela dans un pays qui réclamait toute la main-d'oeuvre juive immigrante possible pour la construction nationale. Le chômage est concentré dans les « villes en développement » comme Ofkim dans le Negev. Des émeutes ont éclaté là il y a six mois alors que le taux de chômage atteignait 14,3%.

Les juifs éthiopiens se sont aussi soulevés l'an passé pour protester contre leur statut de citoyen de seconde classe. Les ressentiments des juifs d'origine arabe (Sepharadim), contre l'establishment juif d'origine occidentale (Ashkenazim), sont de plus en plus marqués dans la politique israélienne. Si Menachem Begin a pu manipuler ces tensions à ses fins réactionnaires, c'est dans une large mesure à cause des contradictions flagrantes entre les prétentions socialistes des fondateurs sionistes d'Israël et l'immense polarisation sociale qui existe dans la société israélienne d'aujourd'hui.

Une contradiction économique essentielle continue de miner le projet sioniste, ainsi que l'accord de partenariat économique entre la bourgeoisie israélienne et la bourgeoisie du monde arabe qui se trouve à la base de l'accord de paix au Moyen-Orient. L'industrie de la haute technologie est celle qui croît le plus rapidement aujourd'hui en Israël et elle ne produit ni pour le marché national ni pour le marché régional. Plus de 96% des exportations d'Israël et 93% de ses importations sont effectuées avec l'extérieur.

Bien que l'impasse sur la question des territoires occupés ait court-circuité le développement des liens économiques entre Israël et le monde arabe, le développement éventuel de ces relations ne pourra se faire qu'aux dépens des masses de travailleurs tant arabes que juifs. Le monde arabe offre à Israël la perspective d'avoir accès à une nouvelle source de main-d'oeuvre à bon marché qui pourrait être utilisée pour attaquer et diminuer encore plus le niveau de vie des travailleurs israéliens.

Dans les territoires administrés par l'OLP, les travailleurs palestiniens réalisent que leur niveau de vie ne fait qu'empirer, alors qu'une clique de bureaucrates et d'hommes d'affaires ayant des connections avec le pouvoir politique est en train de faire fortune.

Cinquante ans après la fondation d'Israël, l'utopie réactionnaire sioniste d'un état national qui garantirait aux juifs du monde entier un sanctuaire de sécurité, d'unité et d'égalité, a été réalisée sous la forme d'un état capitaliste érigé suite à l'expropriation d'un autre peuple et maintenu par la guerre, la répression et l'inégalité sociale. L'assassinat de Rabin et les autres actes de violence perpétrés par les extrémistes de droite encouragés par l'état sioniste, soulignent le danger de voir Israël lui-même reproduire une dictature et une guerre civile similaires à celles qu'a fuies la génération précédente de juifs européens.

Le cul-de-sac du sionisme est une expression particulière de l'échec de tous les mouvements qui se sont basés sur une perspective nationaliste pour résoudre les questions fondamentales auxquelles est confrontée la masse des travailleurs. Ce n'est pas moins vrai pour les pays arabes, où des cliques dirigeantes ont manipulé les sentiments nationaux et les ressentiments contre Israël pour détourner la lutte sociale de la classe ouvrière. Il n'y a qu'une seule voie pour sortir des contradictions insolubles de la société israélienne. Il faut unir les travailleurs juifs et arabes dans une lutte commune contre le capitalisme et pour la construction d'une société socialiste. Une telle société éliminerait les frontières artificielles qui divisent les peuples et les régions économiques. C'est seulement sur cette base que la région pourrait se libérer de la guerre et de l'oppression, toutes deux alimentées par la quête de profit des capitalistes étrangers et de la bourgeoisie locale.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article
23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 00:12

Nous aimerions beaucoup que les chefs d'Etat occidentaux aient le même courage et la même franchise envers Bush et sa clique que Poutine. Et c'est bien dommage qu'il se traîne la casserole de la Tchétchénie... oui bien dommage. Car il n'est pas dupe sur ce qui se trame dans le monde, lui, il sait très bien ce que mijote l'Elu de Dieu avec ses sbires envers son pays et il ne se gêne pas pour leur montrer tout le mépris que ces satrapes lui inspirent. Chirac pourrait prendre de la graine au lieu de suive l'Amérique.

 

 

 

Vladimir Poutine: La victoire du Hamas a porté un coup dur

 aux efforts américains déployés au Proche-Orient

 

 

 

 MOSCOU, 31 janvier 2005 - RIA Novosti. La victoire remportée par le mouvement islamique radical Hamas aux élections législatives en Palestine a porté un coup dur aux efforts américains déployés au Proche-Orient, estime Vladimir Poutine.

 

"Si nous voulons régler les problèmes mondiaux complexes, nous devons agir obligatoirement en commun, au lieu d'inviter les participants à tel ou tel processus à "tirer les marrons du feu". Tout d'abord, nous devons être à l'écoute les uns des autres et adopter des décisions concertées", a ajouté Vladimir Poutine.

 

"Notre position diffère de celle des Etats-Unis et de l'Europe occidentale. Notre diplomatie n'a jamais considéré le Hamas comme une organisation terroriste... Mais cela ne veut pas dire que nous approuvons et soutenons toutes les actions du Hamas et les déclarations qui retentissent ces derniers temps", a souligné le chef de l'Etat russe.

 

Vladimir Poutine estime que le Hamas doit abandonner le radicalisme.

 

Selon lui, quand cette force politique était dans l'opposition et luttait pour le pouvoir, c'était une chose, c'en est une autre maintenant qu'elle a obtenu le vote de confiance du peuple et doit faire en sorte que les gens croient à ce mouvement et ressentent les résultats positifs de sa direction.

 

Pour cela, le Hamas doit cesser de faire des déclarations radicales, il doit reconnaître le droit d'Israël à l'existence et établir des contacts avec la communauté internationale, selon Vladimir Poutine.

 

"En ce qui concerne l'aide aux Palestiniens, nous estimons qu'il serait erroné de la suspendre", a souligné le chef de l'Etat russe.

 

Sources : RIA NOVOSTI

 

Posté par Adriana Evangelizt

 
Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans PALESTINE-ISRAEL
commenter cet article