Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de SARAH MARKUS
  • Le blog de SARAH MARKUS
  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
  • Contact

Texte Libre

Il y a  

  personne(s) sur ce blog

Recherche

Archives

10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:03

L'entreprise criminelle de l'OTAN a encore frappé et assassiné HUIT ENFANTS. La grande excuse étant qu'il y avait des talibans dans ces maisons. Ils peuvent bien critiquer Assad, dont le pays est infiltré par les mêmes mercenaires qui ont commis des exactions en Libye, ils sont pires que lui car il défend son pays contre des forces terroristes qui veulent reproduire le même schéma qu'avec Kadhafi, tandis que les l'OTAN massacre des innocents en toute impunité, le plus naturellement du monde sans qu'aucun media prestitué ne s'en offusque.

 

La vie ne coûte pas cher à notre époque, savez vous ? L'Occident se prend pour un exemple et ose encore donner des leçons de morale au monde entier alors que la plupart de ses pays ne cessent d'employer la force pour subjuguer des peuples entiers afin de leur voler leurs richesses naturelles. Et ce, depuis plus de soixante ans dans le contexte sioniste, mais bien plus encore si l'on se réfère à l'Histoire colonisatrice des anglais, portugais, espagnol, français, dans toutes les contrées où les "autres" étaient des "barbares" et eux, des peuples civilisés. Souvenons-nous de ce qu'ils ont fait aux Incas, Mayas, Aztèques, puis plus tard les Américains aux Indiens, et enfin la France en Algérie. Vraiment, nous avons de quoi être fiers ! Et ils ont belle mine de faire la leçon à Poutine ou à Assad !

 

La moutrade monte au nez de Vladimirovitch. Il a été très patient, mais il semblerait que le vase commence à déborder. Et il a raison de rabattre leur cacquet tant à Sarkozy, que Cameron ou Obama. Qu'il ne s'en laisse point compter car il est le seul rempart contre l'Ordre Noir qui règne sur ce monde...

 

 

 

 

Le président Karzaï accuse l'Otan d'avoir tué 8 enfants dans un bombardement

 

 

 

KABOUL - Le président afghan Hamid Karzaï a accusé l'Otan d'avoir tué huit enfants mercredi lors d'un bombardement en Kapisa, une province sous contrôle français au nord-est de la capitale Kaboul, jeudi dans un communiqué.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'Isaf, le bras armé de l'Otan, a confirmé l'incident  sans confirmer son bilan. Une équipe composée de militaires étrangers et afghans s'est rendue sur les lieux pour étudier les circonstances de l'incident et évaluer les dégâts, a ajouté ce porte-parole.

D'après des informations données par le gouverneur par la province, huit enfants ont été tués en conséquence d'un bombardement aérien conduit le 8 février dans le village de Geyawa, dans le district de Nejrab appartenant à la province de Kapisa, affirme le communiqué présidentiel.

Il y a deux nuits, les forces spéciales étrangères ont mené un raid contre une maison de Geyawa. Le lendemain, leurs avions ont procédé à une attaque aérienne contre une maison situé dans la même zone, a raconté Abdul Hamid Erkin, le chef de la police de Kapisa.

Sept enfants, âgés de 8 à 15 ans, ont été tués, ainsi qu'un adulte de 20 ans, handicapé mental, a-t-il poursuivi, interrogé par l'AFP.

Le bombardement était dirigé contre des équipements talibans se trouvant dans ces maisons, a expliqué M. Erkin, une information provenant d'un centre de commandement que le policier n'a pu identifier.

Mais nous avons vérifié la zone et il n'y avait pas de taliban. En fait, les gens dans ce territoire ont un fort sentiment anti-taliban, a affirmé Abdul Hamid Erkin, ajoutant avoir rencontré le commandement français le jour suivant et lui avoir montré des images des victimes.

D'après le communiqué de la présidence afghane, une délégation composée de parlementaires et de représentants des ministères de la Défense, de l'Intérieur et du gouvernement local a été envoyée sur place pour enquêter sur l'incident.

La province de Kapisa, où sont déployés une partie des quelque 3.600 soldats français servant sous la bannière de l'Otan en Afghanistan, est un territoire complexe fortement infiltré par les talibans.

Le 20 janvier, quatre soldats français ont été tués et quinze blessés, dont huit gravement, par un militaire afghan qu'ils formaient. Les instructeurs étaient en train de faire un footing, sans arme ni protection, quand l'homme a ouvert le feu sur eux.

A la suite de cet incident, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé le retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan pour fin 2013, au lieu de fin 2014.

La France va transférer la sécurité de la Kapisa aux forces afghanes à partir de mars 2012, a annoncé le 27 janvier le chef de l'Etat français. Quelque 1.000 soldats français, sur les 3.600 actuellement dans le pays, rentreront en 2012.

Quelque 400 à 500 formateurs resteront toutefois en Afghanistan après la fin 2014, a déclaré début février le ministre français de la Défense Gérard Longuet.

Sources Romandie

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Problèmes OTAN-RUSSIE
commenter cet article
25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 14:59

 

 

 

 

L'Empire des bases américaines

 

 

par Chalmers Johnson

 

 

 

Se distinguant des autres peuples, la plupart des Étasuniens ne reconnaissent pas – ou ne veulent pas reconnaître – que les États-Unis dominent le monde au moyen de leur puissance militaire. À cause du secret gouvernemental, nos citoyens ignorent souvent que nos garnisons encerclent la planète. Ce vaste réseau de bases américaines, établi sur chaque continent à l’exclusion de l’Antarctique, constitue en fait une nouvelle forme d’empire, un empire de bases ayant sa propre géographie peu susceptible d’être enseignée dans une classe de géographie du secondaire. Pour qui ne saisit pas les dimensions de cet «Univers de bases» qui ceinture le globe, il est impossible de se rendre compte de la taille et de la nature de nos aspirations impériales, ou à quel point un nouveau type de militarisme est en train de miner notre ordre constitutionnel.

Notre armée déploie dans d’autres pays bien au-delà d’un demi-million de soldats, d’espions, de techniciens, de professeurs, de personnes à charge, et d’entrepreneurs civils. Dans le but de dominer les océans et les mers du monde, nous formons environ treize groupes de travail navals autour de porte-avions dont les noms résument notre héritage martial – Kitty Hawk, Constellation, Enterprise, John F. Kennedy, Nimitz, Dwight D. Eisenhower, Carl Vinson, Theodore Roosevelt, Abraham Lincoln, George Washington, John C. Stennis, Harry S. Truman et Ronald Reagan. Nous gérons de nombreuses bases secrètes à l’extérieur de notre territoire pour surveiller ce que disent, télécopient ou écrivent par voie électronique les gens du monde entier, y compris nos propres citoyens.

Nos installations à l’étranger rapportent des bénéfices aux industries civiles qui conçoivent et fabriquent des armes pour les forces armées ou qui, telle la compagnie Kellogg, Brown & Root, filiale de la Halliburton Corporation de Houston et actuellement fort médiatisée, assurent des services de sous-traitance pour construire et entretenir nos lointains avant-postes. Une des tâches de ces entrepreneurs est de loger les membres en uniforme de l’Empire dans des quartiers confortables, de bien les nourrir, de les amuser et de leur fournir des installations pour des vacances agréables et abordables. Des secteurs entiers de l’économie américaine en sont arrivés à dépendre de l’armée pour leurs ventes. À la veille de notre seconde guerre en Irak par exemple, alors que le département de la Défense commandait une ration supplémentaire de missiles de croisière et d’obus perforants à uranium appauvri pour chars d’assaut, il faisait également l’acquisition de 273 000 flacons d’écran solaire Native Tan, soit presque le triple de sa commande de 1999 et certainement une aubaine pour le fournisseur, la compagnie Control Supply de Tulsa, en Oklahoma, et son sous-traitant, la Sun Fun Products de Daytona Beach en Floride.

Au moins sept cents bases à l’étranger

Il n’est pas facile d’établir avec précision l’étendue ou la valeur de notre empire de bases. Les rapports officiels sur ces sujets sont trompeurs, bien qu’instructifs. Selon le « Base Structure Report » annuel du département de la Défense pour l’exercice financier 2003, qui publie une liste détaillée des biens immobiliers militaires américains au pays et à l’étranger, le Pentagone possède ou loue actuellement 702 bases outre-mer dans environ 130 pays et il possède 6 000 autres bases aux États-Unis et sur ses territoires. Les bureaucrates du Pentagone estiment qu’il faudrait au moins 113,2 milliards de dollars pour remplacer les bases étrangères seulement –un montant certainement sous-évalué mais tout de même plus important que le produit national brut de la plupart des pays – et une somme estimée à 591 519,8 millions de dollars pour toutes les remplacer. Le haut commandement militaire déploie sur nos bases d’outre-mer quelque 253 288 militaires en uniforme, plus un nombre égal de personnes à charge et de fonctionnaires civils du département de la Défense, et il emploie un nombre additionnel de 44 446 étrangers embauchés localement. Pentagone déclare que ces bases comptent 44 870 casernes, hangars, hôpitaux et autres bâtiments qui lui appartiennent et qu’il en loue 4 844 autres.

Quoique vertigineusement élevées, ces données n’incluent même pas toutes les bases que nous occupons à l’échelle planétaire. Le « Base Status Report » de 2003 omet de mentionner, par exemple, les garnisons au Kosovo – bien que l’énorme Camp Bondsteel y ait été construit en 1999 et qu’il soit entretenu depuis lors par Kellogg, Brown & Root. Ce rapport omet également des bases en Afghanistan, en Israël, au Koweït, au Kirghizistan, au Qatar, et en Ouzbékistan quoique l’armée étasunienne ait établi des structures colossales pour des bases à travers toute la zone du soi-disant arc d’instabilité au cours des deux ans et demi qui ont suivi le 11 septembre 2001.

Quant à Okinawa, l’île japonaise la plus méridionale – une colonie militaire américaine depuis 58 ans – le rapport n’inscrit trompeusement sur sa liste qu’une seule base de la marine, le camp Butler, alors qu’en réalité Okinawa « abrite » une dizaine de bases des Marines, y compris leur station aérienne Futenma qui occupe 1 186 acres au centre d’une ville qui est la deuxième en importance dans cette île aux dimensions modestes (en comparaison, le Central Park de Manhattan ne couvre que 843 acres). De la même façon, le Pentagone néglige de mentionner toutes les installations militaires et d’espionnage en Grande-Bretagne, dont la valeur s’élève à 5 milliards de dollars et qui ont opportunément été déguisées en bases de la Royal Air Force. Si l’on faisait un calcul honnête, la taille réelle de notre empire militaire à l’étranger dépasserait probablement le nombre de 1 000 bases distinctes. Personne cependant – pas même le Pentagone, peut-être – n’en connaît avec certitude le nombre exact, qui a considérablement augmenté au cours des dernières années.

Pour leurs occupants, ces bases ne sont pas des lieux de résidence et de travail désagréables. Aujourd’hui, le service militaire, qui est volontaire, n’a presque rien en commun avec les fonctions qui revenaient au soldat pendant la Seconde Guerre mondiale ou pendant les guerres de Corée ou du Vietnam. La plupart des corvées, comme la lessive, la surveillance des cuisines, le service postal et le nettoyage des latrines ont été sous-traitées à des compagnies militaires privées telles Kellogg, Brown & Root, DynCorp et la Vinnell Corporation. Un bon tiers des fonds récemment affectés à la guerre en Irak (environ 30 milliards), par exemple, se retrouvent dans des mains privées américaines précisément pour de tels services. Lorsque c’est possible, tout est organisé de façon à rendre l’existence quotidienne semblable à une version hollywoodienne de la vie chez soi. Le Washington Post raconte qu’à Falloujah, à l’ouest de Bagdad, des serveurs en chemise blanche, pantalon noir et nœud papillon noir servent le dîner aux officiers de la 82e division aéroportée dans leur enceinte étroitement surveillée et que, déjà, le premier Burger King a été construit sur l’énorme base militaire que nous avons établie à l’aéroport international de Bagdad.

Certaines de ces bases sont gigantesques au point qu’il faut neuf lignes d’autobus pour que les soldats et les entrepreneurs civils puissent circuler à l’intérieur des bermes de terre et des barbelés. C’est le cas du camp Anaconda, quartier général de la 3e brigade, 4e division d’infanterie, dont la tâche consiste à surveiller quelque 1 500 milles carrés du territoire irakien au nord de Bagdad, de Samarra à Taji. Anaconda occupe 25 kilomètres carrés et hébergera finalement 20 000 militaires. Malgré des mesures de sécurité considérables, la base a fréquemment été l’objet d’attaques au mortier, notamment le 4 juillet 2003, au moment même où Arnold Schwarzenegger bavardait avec nos blessés à l’hôpital de campagne local.

L’armée préfère des bases ressemblant aux petites villes fondamentalistes de la ceinture biblique (Bible Belt) aux grands centres densément peuplés des États-Unis. Par exemple, même si plus de 100 000 femmes habitent nos bases d’outre-mer – y compris les effectifs féminins qui travaillent dans les services, les épouses et les membres des familles des militaires – il est interdit de pratiquer l’avortement dans un hôpital militaire local. Or, quelque 14 000 agressions sexuelles ou tentatives d’agressions sexuelles sont perpétrées dans l’armée chaque année. Les femmes qui deviennent enceintes outre-mer et qui voudraient se faire avorter n’ont pas d’autre choix que de recourir aux ressources locales, chose ni facile ni agréable ces temps-ci à Bagdad, ou ailleurs dans notre empire.

Nos missionnaires armés vivent dans un monde replié sur lui-même, autonome, disposant de sa propre ligne aérienne – l’Air Mobility Command – avec sa flotte de C-17 Globemasters de longue portée, de C-5 Galaxies, de C-141 Starlifters, de KC-135 Stratotankers, de KC-10 Extenders, et de C-9 Nightingales qui lient nos avant-postes lointains, du Groenland à l’Australie. L’armée fournit aux généraux et aux amiraux 61 Learjets, 13 Gulfstream III et 17 jets de luxe Cessna Citation pour les transporter à des endroits tels que le centre de ski et de villégiature des forces armées à Garmish, dans les Alpes bavaroises, ou à l’un des 234 terrains de golf militaires gérés par le Pentagone à travers le monde. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld se déplace avec son Boeing 757 personnel qui, dans l’Air Force, est appelé un C-32A.

Notre empreinte sur le monde

De toutes les métaphores, insensibles bien qu’éloquentes, qui font partie de notre vocabulaire, aucune ne décrit mieux l’impact militaire de notre empire que le terme « empreinte »1. Le général Richard Myers, président du Joint Chiefs of Staffs (chefs d’état-major) et les membres supérieurs du Sous-comité de la construction militaire du Sénat tels que Dianne Feinstein (démocrate-Californie) semblent incapables de compléter une phrase sans y avoir recours. Le souci de laisser maintenant une empreinte plus marquée est un nouveau prétexte pour justifier une extension majeure de notre empire – ainsi qu’un repositionnement annoncé de nos forces et de nos bases à l’étranger – dans la foulée de notre conquête de l’Irak. La personne qui a la responsabilité de ce projet est Andy Hoehn, l’adjoint du sous-secrétaire à la Défense pour la stratégie. Ses collègues et lui sont censés établir des plans pour mettre en oeuvre la stratégie de guerre préventive du président Bush contre les « États voyous » , les « méchants », les « malfaiteurs ». Ils ont identifié quelque chose qu’ils ont appelé « l’arc d’instabilité ». Cet arc partirait de la région andine de l’Amérique du Sud (lire : la Colombie), pour traverser l’Afrique du Nord et ensuite balayer le Moyen-Orient jusqu’aux Philippines et à l’Indonésie. Cette région est, bien entendu, plus ou moins identique à ce qu’on appelait auparavant le Tiers Monde et – ce qui n’est sans doute pas moins fondamental – elle recouvre les principales réserves de pétrole. Hoehn admet que « lorsque nous y superposons notre empreinte, nous ne semblons pas être particulièrement bien placés pour régler les problèmes qu’il nous faudra maintenant affronter ».

Autrefois, il suffisait de compter les colonies pour suivre l’expansion de l’impérialisme. La version étasunienne de la colonie est la base militaire. En suivant les politiques changeantes de notre réseau mondial de bases, nous pouvons en apprendre beaucoup sur notre position impériale toujours croissante et le militarisme qui croît en conséquence. Militarisme et impérialisme sont des jumeaux siamois joints à la hanche. Chacun vit aux dépens de l’autre. Déjà très avancés dans notre pays, ces deux phénomènes sont sur le point de faire un bond quantique qui amènera presque immanquablement notre armée au-delà de ses capacités, entraînant la faillite fiscale et causant très possiblement des dommages irréparables à nos institutions républicaines. Les médias traitent cette situation uniquement par le biais de reportages sur des mystérieux projets de changements dans les politiques d’établissement de bases et de positionnement des troupes à l’étranger – et ces projets, tels que rapportés par les médias, ne peuvent être pris au pied de la lettre.

Le brigadier général de la Marine, Mastin Robeson, qui commande nos 1 800 militaires sur la vieille base de la Légion étrangère française au camp Lemonier de Djibouti, à l’entrée de la Mer Rouge, déclare que pour déclencher une « guerre préventive » il nous faut une « présence globale », signifiant par là que nous devons nous assurer l’hégémonie sur toute région qui n’est pas déjà sous notre coupe. D’après l’American Entreprise Institute, un organisme de droite, il s’agit de créer « une cavalerie mondiale » qui pourrait franchir des « palissades frontalières » et tirer sur les « méchants » dès que nous obtenons des renseignements sur eux.

Des « feuilles de nénuphar » en Australie, en Roumanie, au Mali, en Algérie...

Afin de placer nos forces à proximité des points chauds ou des zones dangereuses dans cet arc d’instabilité nouvellement découvert, le Pentagone a proposé ce qu’il nomme habituellement un « repositionnement», c’est-à-dire l’établissement d’un grand nombre de nouvelles bases incluant au moins quatre, peut-être même six, bases permanentes en Irak. Certaines sont déjà en voie de construction – à l’aéroport international de Bagdad, à la base aérienne Tallil près de Nasariyah, dans le désert occidental près de la frontière syrienne et sur le champ d’aviation de Bashur dans la région kurde au nord. (Cette énumération ne tient pas compte de la base Anaconda, mentionnée plus haut, qui est présentement appelée « base opératoire » bien qu’avec le temps elle puisse fort bien devenir permanente). De plus, nous projetons de conserver sous notre contrôle tout le quart nordique du Koweït – 1 600 de ses 6 900 milles carrés – que nous utilisons actuellement pour réapprovisionner nos légions en Irak et comme lieu de détente pour les bureaucrates de la Zone verte.

D’autres pays mentionnés comme sites possibles dans ce que Colin Powell nomme notre nouvelle « famille de bases »: dans les zones appauvries de la « nouvelle » Europe – la Roumanie, la Pologne et la Bulgarie; en Asie – le Pakistan (où nous avons déjà quatre bases), l’Inde, l’Australie, Singapour, la Malaisie, les Philippines et même, aussi incroyable que cela puisse paraître, le Vietnam; en Afrique du Nord – le Maroc, la Tunisie et plus spécialement l’Algérie (scène du massacre de quelque 100 000 civils depuis 1992, lorsque l’armée prit le pouvoir afin d’annuler une élection avec l’appui de notre pays et de la France); et en Afrique occidentale – le Sénégal, le Ghana, le Mali et la Sierra Leone (bien que celle-ci soit déchirée depuis 1991 par la guerre civile). Toutes ces nouvelles installations, selon des sources au Pentagone, auraient comme modèle le cordon de bases que nous avons construit au cours des deux dernières décennies autour du Golfe persique dans des autocraties aussi anti-démocratiques que Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman, et les Émirats arabes unis.

La plupart de ces nouvelles bases deviendront ce que l’armée, jouant des métaphores, appelle des « feuilles de nénuphar » vers lesquelles nos troupes pourraient sauter, comme autant de grenouilles bien armées, depuis notre patrie, depuis les bases de l’OTAN qui nous restent, ou depuis nos bases dans les satellites dociles que sont le Japon et la Grande-Bretagne. Pour compenser les coûts d’une telle expansion, le Pentagone laisse couler des informations sur des projets de fermeture d’un grand nombre des énormes réserves militaires datant de la Guerre froide en Allemagne, en Corée du Sud, et peut-être à Okinawa, qui feraient partie du plan du secrétaire à la Défense, Rumsfeld, pour « rationaliser » nos forces armées. À la suite de la victoire en Irak, les É.-U. ont déjà retiré presque toutes leurs forces d’Arabie saoudite et de Turquie, en partie en guise de représailles pour leur appui trop tiède à la guerre. Ils veulent faire de même en Corée du Sud qui, actuellement, est peut-être la démocratie la plus anti-américaine au monde. Ceci libérerait la 2e division d’infanterie dans la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud pour un déploiement probable en Irak où nos troupes sont franchement débordées.

En Europe, ces projets impliquent qu’il faudrait renoncer à plusieurs bases en Allemagne, partiellement à cause de l’opposition, appuyée par le peuple allemand, du chancelier Gerhard Schröder à Bush relativement à la question irakienne. Mais, en fait, notre capacité à agir ainsi peut se révéler fort limitée. À un niveau élémentaire, les planificateurs du Pentagone ne semblent pas vraiment se rendre compte du nombre de bâtiments qu’occupent les 71 702 soldats et aviateurs en Allemagne seulement. Ils ne semblent pas être conscients des dépenses qu’entraînerait le repositionnement de la plupart d’entre eux et la construction de bases, même à peine comparables, avec les indispensables infrastructures, dans des pays ex-communistes, telle la Roumanie, un des pays les plus pauvres d’Europe. La lieutenant colonel Amy Ehman, à Hanau en Allemagne, a déclaré à la presse qu’« il n’y a pas d’endroit où mettre ces gens » en Roumanie, en Bulgarie ou à Djibouti et elle prédit que 80% d’entre eux resteront finalement en Allemagne. Il est certain aussi que les généraux du haut commandement n’ont pas la moindre intention d’aller vivre dans des trous perdus comme Constanta, en Roumanie, et qu’ils maintiendront le quartier général à Stuttgart tout en conservant les bases de l’Air Force de Ramstein et de Spangdahlem et l’aire d’entraînement de Grafenwöhr.

Un des motifs du Pentagone pour songer à quitter de riches démocraties telles que l’Allemagne et la Corée du Sud et lorgner avec convoitise du côté de dictatures militaires et de dépendances miséreuses, c’est de profiter de ce que le Pentagone appelle « leurs réglementations environnementales plus permissives ». Le Pentagone impose toujours aux pays où nos troupes sont déployées des soi-disant « Accords sur le statut des forces », ce qui dispense généralement les États-Unis d’avoir à nettoyer les lieux ou à payer pour les dégâts environnementaux qu’ils causent. À Okinawa, où le dossier environnemental américain était rien moins qu’abominable, cette situation constitue un grief de longue date. Cette attitude est due en partie au désir du Pentagone de se soustraire aux contraintes qui gouvernent la vie civile, une attitude de plus en plus courante dans « la patrie » également. Ainsi, selon la loi autorisant des crédits de 401,1 milliards de dollars pour la défense en 2004, approuvée par le président Bush en novembre 2003, l’armée est dispensée de se soumettre à la Loi sur les espèces menacées et à celle sur la protection des mammifères marins.

Alors qu’on a toutes les raisons de croire irrépressible le désir de créer de plus en plus de feuilles de nénuphar dans le Tiers-Monde, on peut douter que certains projets plus grandioses, d’expansion ou de réduction, soient jamais mis en œuvre et, s’ils le sont, ils ne pourront qu’exacerber le problème du terrorisme. Tout d’abord, la Russie s’oppose à l’expansion de la puissance militaire des É.-U. à ses frontières, et se prépare déjà à contrecarrer l’émergence de bases américaines dans des endroits tels que la Géorgie, le Kirghizistan, et l’Ouzbékistan. La première base aérienne russe post-soviétique au Kirghizistan vient d’être achevée à une quarantaine de kilomètres de la base étasunienne à Bishkek et, en décembre 2003, le dictateur de l’Ouzbékistan , Islam Karimov, déclarait qu’il n’autorisera pas un déploiement permanent des forces étasuniennes dans son pays bien que nous y ayons déjà une base.

D’autre part, lorsqu’il s’agit de réduction, des politiques intérieures peuvent entrer en jeu, La loi oblige la Commission du Pentagone sur le réalignement et la fermeture des bases à soumettre à la Maison Blanche au plus tard le 8 septembre 2005 sa cinquième et dernière liste de fermeture de bases intérieures. Le secrétaire à la Défense Rumsfeld dit qu’à des fins d’efficacité, il aimerait se débarrasser d’au moins un tiers des bases intérieures de l’armée et du quart des bases intérieures des forces aériennes, ce qui ne manquerait pas de déclencher une tempête politique sur la colline du Capitole. Afin de protéger les bases de leurs États respectifs, les deux mères poules du Sous-comité sénatorial sur les crédits budgétaires pour la construction militaire, Kay Bailey Hutchinson (républicaine-Texas) et Dianne Feinstein, exigent que le Pentagone ferme d’abord des bases outremer et ramène les militaires au pays dans des bases intérieures qui pourraient alors rester ouvertes. Hutchinson et Feinstein ont inclus dans la Loi sur les crédits budgétaires militaires de 2004 des fonds pour une commission d’enquête indépendante chargée de faire rapport sur les bases outremer qui ne sont plus nécessaires. L’administration Bush s’opposait à cette disposition de la Loi qui fut néanmoins adoptée et le Président l’approuva le 22 novembre 2003. Le Pentagone est probablement assez habile pour bloquer la commission, mais il est clair que la fermeture des bases intérieures risque de causer bientôt du grabuge.

Cependant, le plus grand défaut de la stratégie de « cavalerie globale » c’est qu’elle accentue le penchant de Washington à appliquer au terrorisme des remèdes inappropriés. Comme le fait remarquer le célèbre historien militaire britannique, Correlli Barnett, les attaques des É.-U. en Afghanistan et en Irak n’ont fait qu’accroître la menace d’al-Qaïda. Entre 1993 et les attaques du 11 septembre 2001, il y a eu cinq attaques majeures d’al-QaÏda dans le monde; au cours des deux années suivantes il y a eu 17 bombardements de cette nature, y compris les attaques-suicides à Istanbul contre le consulat britannique et une banque HSBC. Les opérations militaires contre les terroristes ne sont pas la solution. Comme le dit Barnett : « Plutôt que de défoncer les portes d’entrée à coups de pied et de faire irruption dans des sociétés anciennes et complexes avec des panacées simplistes de « liberté et démocratie », nous devons employer des tactiques astucieuses et subtiles, fondées sur une profonde compréhension des peuples et des cultures avec lesquels nous traitons – une compréhension qui, jusqu’à présent, fait absolument défaut aux décideurs politiques de haut rang à Washington, surtout au Pentagone ».

Dans son tristement célèbre mémo « corvée longue et pénible » du 16 octobre 2003 sur l’Irak, le secrétaire à la Défense Rumsfeld écrivait : « À l’heure actuelle, nous n’avons pas de métrique pour évaluer si nous sommes en train de gagner ou de perdre la guerre mondiale contre la terreur». La « métrique » de Corelli-Barnett indique le contraire. Mais la « guerre contre le terrorisme » n’est au mieux qu’une petite partie des motifs qui sous-tendent notre effort de stratégie militaire. Le motif réel pour construire ce nouveau cordon de bases américaines le long de l’équateur est d’étendre notre empire et de renforcer notre domination militaire sur le monde.

1 le terme anglais footprint signifie littéralement l’empreinte du pied... de la botte militaire en somme !

 

«The Sorrows of Empire: Militarism, Secrecy, and the End of the Republic» (Metropolitan) est le dernier livre de Chalmers Johnson. Son livre précédent, « Blowback : The Costs and Consequences of American Empire » vient d’être mis à jour avec une nouvelle introduction.

 

Sources ECHEC A LA GUERRE

 

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Problèmes OTAN-RUSSIE
commenter cet article
19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 02:10

 

 

 

Un général de l'OTAN a ordonné un assaut contre les troupes russes

à la fin de la guerre en Yougoslavie

 

Par Jerry White

Le 4 août 1999

 

Le général Wesley Clark, commandant suprême de l'OTAN a ordonné aux troupes britanniques et françaises de lancer un assaut en juin dernier contre les troupes russes pour les empêcher de prendre le contrôle de l'aéroport de Pristina suite à l'arrêt des bombardements de l'OTAN en Yougoslavie. Mais les ordres du général américain ont été rejeté par le commandant britannique des forces terrestres de l'OTAN au Kosovo (KFOR), qui lui a par ailleurs déclarer ultérieurement qu'il ne voulait pas courir le risque de déclencher une guerre mondiale en confrontant les Russes.

Cette controverse a été révélée par le magazine Newsweek du 2 août, soit moins d'une semaine après que Clark ait été informé qu'il sera relevé de ses fonctions au printemps prochain, un geste généralement attribué aux différends répétés qu'il a eu avec les dirigeants militaires et civils à Washington et en Europe relativement à sa conduite pendant les onze semaines de campagne aérienne.

Selon Newsweek, « à la fin de la guerre, Clark voulait tellement empêcher les Russes de marcher sur l'aéroport de Pristina qu'il a ordonné un assaut aéroporté pour leur ravir le terrain. Mais le général britannique Michael Jackson commandant des forces de maintien de la paix au Kosovo a refusé d'exécuter ses ordres. Frustré, Clark a par la suite demandé à l'amiral James Ellis Jr., l'officier américain responsable du commandement sud de l'OTAN, d'envoyer des hélicoptères se poser sur les pistes de l'aéroport pour empêcher que les immenses avions de transport russes Ilyushin puissent les utiliser. Ellis s'est dérobé en déclarant que Jackson n'apprécierait pas un tel geste. « Je ne commencerai la Troisième Guerre mondiale pour vous » aurait déclaré Jackson à Clark. Tant Jackson que Clark ont fait appel aux dirigeants politiques de leur pays respectif pour leur demander leur appui. Jackson a reçu tout l'appui nécessaire, contrairement à Clark. Effectivement, les ordres de ce dernier en tant que commandant suprême ont été annulés ».

Selon l'agence d'information britannique ITN, des hélicoptères américains et des troupes britanniques et françaises avaient déjà été mobilisées en Macédoine pour l'assaut et auraient été déployées n'eut été le refus de Jackson d'exécuter les ordres de Clark.

Une source militaire a confié au Washington Times qu'après que les Russes eurent atteint l'aéroport, le général Clark ordonna à nouveau au commandant de la KFOR d'envoyer des chars et des véhicules blindés à l'aéroport pour empêcher tout nouveau déploiement russe. Toujours selon la même source, le général Jackson a rejeté toute utilisation d'unités blindées britanniques après que les dirigeants politiques à Londres aient refusé de déplacer des chars aussi près de véhicules blindés de transport de troupes russes.

C'est douze jours plus tard, soit le 24 juin, que Clark quitte le quartier général de l'OTAN en Belgique et débarque au Kosovo avec la ferme intention de revoir le déploiement des forces de la KFOR. Selon le Sunday Times britannique, Clark s'est alors plaint que ses ordres n'avaient pas été exécutés. Le général américain s'est également plaint que Jackson ait fait appel aux hommes politiques. C'est lors de cette rencontre que Jackson a justement fait sa remarque à propos de la Troisième guerre mondiale.

Les 11 et 12 juin, quelques 200 hommes de troupes russes stationnés en Bosnie pénétrèrent rapidement au Kosovo immédiatement après le retrait des troupes serbes à la fin de la campagne de bombardement. Elles ont été accueillies par des foules de civils serbes en liesse plusieurs heures avant que les troupes de l'OTAN n'entrent à leur tour dans la province. Les forces russes se sont alors retranchées au nord de l'aéroport de Slatina, défiant ainsi les demandes de l'OTAN de quitter la zone.

Washington était très préoccupé des déplacements rapides des russes et par leurs demandes de pouvoir administrer leur propre secteur de « maintien de la paix » au nord du Kosovo et que leurs forces ne soient pas subordonnées au commandement de l'OTAN. L'administration Clinton a tenté de diminuer l'importance de ce fait en préférant passer par la « voie diplomatique », notamment en menaçant de couper tout prêt du FMI à la Russie et en tentant d'acheter des représentants civils et militaires russes. Les États-Unis ont également persuadé la Hongrie et la Roumanie d'interdire leur espace aérien aux Russes, empêchant ainsi ces derniers d'envoyer des avions de transport pour renforcer leurs troupes à l'aéroport de Pristina. Ce n'est finalement qu'au début de juillet que les Russes ont accepté d'intégrer leurs forces dans le cadre des opérations de l'OTAN.

Alors même que Clark ordonnait un assaut contre les troupes russes, un haut responsable de l'administration Clinton déclarait le 12 juin au New York Times « je ne crois pas que nos militaires aient été outrés par cet événement. Certes ils n'apprécient pas avoir été floués par les Russes, mais d'un autre côté, il ne faut pas oublier qu'il y a tellement de changements au sein du gouvernement russe que personne ne sait vraiment ce qu'ils veulent ».

Clark a lui aussi déclaré en public qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter outre mesure de la possibilité d'une confrontation entre les forces de la Russie et de l'OTAN, tout en signalant cependant le fait que Jackson « avait tous les pouvoirs » pour chasser les troupes russes. Mais comme le publiait récemment le magazine The New Yorker : « Clark avait beau prétendre que tout cela ne le dérangeait pas, il écumait en fait de rage ».

Il est difficile de dire si Clark avait l'appui de certains représentants à Washington, mais plusieurs soupçonnent que oui, notamment parmi les Européens. Jonathan Eyal, directeur d'études au Royal United Services Institute de Londres a déclaré : « il est facile de jeter tout le blâme sur Clark, mais je doute fort qu'il aurait prit un tel risque sans jouir d'un soutien aux États-Unis. La controverse relative à une possible confrontation armée avec les Russes constitue l'épisode le plus tendu et le plus étouffé des relations entre les États-Unis et l'Europe en général et aurait entraîné la plus importante crise diplomatique depuis la fin de la guerre froide ».

Au sein de l'establishment de la politique étrangère des États-Unis, plusieurs personnages politiques ont réclamé cette confrontation, dont notamment l'ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski qui signait l'éditorial du 14 juin dans le Wall Street Journal intitulé « L'OTAN doit mettre fin au jeu de puissance des Russes ».

Finalement, Clark a apparemment reculé après que ses supérieurs au Pentagone et à la Maison Blanche semblent avoir tenu compte des avertissements des Britanniques selon lesquels toute confrontation avec les Russes, toujours munis d'armes nucléaires, était déconseillée.

Tout au long de la guerre, Clark est entré en conflit à maintes reprises avec les autorités militaires et civiles. Il a toujours soutenu les actions militaires les plus agressives, sans tenir compte du nombre de victimes tant civiles qu'au sein des troupes de l'OTAN que cela entraînait, ni des conséquences politiques possibles, notamment en Europe où les gouvernements de Grèce, d'Italie et d'Allemagne auraient pu être renversés si le sentiment anti-guerre avait continué de se développer.

Bien avant que ne commence la campagne de bombardement de l'OTAN, Clark est entré en conflit avec le secrétaire à la défense William Cohen et d'autres représentants américains en demandant que les États-Unis se servent des allégations des massacres d'Albanais perpétrés par les Serbes près de la ville de Racak en janvier dernier comme prétexte pour lancer des frappes aériennes immédiates. Les responsables américains préférèrent plutôt présenter leur ultimatum à Milosevic (les accords de Rambouillet) de façon à donner l'impression que tous les efforts diplomatiques avaient été épuisés avant que les avions de l'OTAN ne commencent les frappes aériennes.

Le 24 mars, première journée de la campagne de bombardement, les dirigeants politiques de l'OTAN décidèrent de limiter les types d'objectifs, croyant que la première vague de frappes aériennes forcerait Milosevic à capituler. Mais de leur côté, Clark et l'état-major des forces aériennes voulurent frapper les centre-villes dès la première nuit pour couper l'alimentation électrique et le téléphone, détruire les sites de commandement et de conduite des opérations de Belgrade et des autres grandes villes, de même que les résidences privées de Milosevic.

Dès le début du conflit, Clark demanda la création d'une force opérationnelle formée d'hélicoptères d'attaque Apache, après avoir été à la Maison Blanche malgré les protestations du chef d'état-major des États-Unis, le général Dennis Reimer. Ce geste s'inscrivait dans ses efforts pour pousser le Pentagone à préparer un assaut terrestre au Kosovo qui engagerait l'armée - sa propre branche de service - mais également l'aviation et la marine des États-Unis.

C'est à la fin de mai que les pressions de Clark lui ont permit de frapper les postes de transformateurs du réseau électrique yougoslave, privant ainsi d'électricité et d'éclairage les hôpitaux et les usines d'épuration des eaux. Dans l'édition du mois d'août du magazine The New Yorker, Michael Ignatieff cite Clark faisant part de sa frustration à propos de « la seule campagne de bombardement aérien de l'histoire où les amoureux ont pu jusqu'à présent se promener au bord des cours d'eau au crépuscule et dîner aux terrasses des cafés tout en admirant les feux d'artifices ».

Bien que la brutalité du général Clark ait bien servi les intérêts des États-Unis pendant la guerre, sa réputation d'imprévisibilité semble avoir mit fin à sa carrière militaire. Choisi pour commander l'OTAN en 1997 après avoir dirigé les forces américaines en Amérique Latine et avoir été l'officier supérieur en rang le plus élevé détaché pour la mission de Richard Holbrooke de 1995 qui aboutit aux accords de Dayton, Clark s'est finalement fait dire par le président de l'Instance collégiale des chefs d'état-major qu'il serait relevé de son commandement.

Même s'il devait servir trois ans à titres de commandant des forces américaines en Europe et de général en chef de l'OTAN jusqu'en juillet prochain, Clark devra maintenant quitter ses fonctions en avril. Sept de ses dix prédécesseurs ont servis plus de trois ans à ce poste. Bien que le Pentagone ait présenté cette mutation comme un simple changement de routine, Clark n'a laissé aucun doute par ses déclarations publiques depuis que la nouvelle de ce changement a fuit dans les médias qu'il a ressenti cette décision comme une surprise et un affront.

Lors d'une séance de breffage tenue à Washington le 2 août, le porte-parole du Département d'État des États-Unis, James P. Rubin, a éludé toutes les questions relatives au différend de juin dernier survenu entre Clark et Jackson, affirmant que « c'est aux historiens de parler de ce qui s'est passé ou de ce qui ne s'est pas passé pendant cette période. Cela n'a plus d'importance maintenant ».

En fait, ces événements démontrent justement combien la politique téméraire et le militarisme des États-Unis sont porteurs du danger d'une conflagration beaucoup plus importante qui pourrait même aller jusqu'à l'utilisation des arsenaux nucléaires. Pour le moment, la guerre s'est bien terminée pour l'administration Clinton, malgré qu'elle ait engendré un désastre humanitaire, une violence ethnique constante et la ruine économique des peuples de la région. Une guerre balkanique totale et la confrontation des forces de l'OTAN et russes ont été évitées. Mais cet incident révèle jusqu'à quel point une telle confrontation a failli arriver et constitue un avertissement : la prochaine guerre pourrait bien ne pas se terminer de manière aussi « ordonnée ».

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Repost 0
Published by Adriana Evangelizt - dans Problèmes OTAN-RUSSIE
commenter cet article