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  • : Vladimir Poutine est un homme d'envergure, grand visionnaire pour son pays et le seul chef d'état au monde à ne pas trembler devant les Etats-Unis.
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 07:11

Un article de 1999 pour montrer l'Etat de la Russie avant que Vladimir Poutine ne parvienne au pouvoir. Le Maître du Kremlin étant voué aux gémonies par les dirigeants occidentaux et Américains. Il serait un Dictateur. Son Peuple vivrait dans une Misère  noire. Il n'y aurait pas de "démocratie" en Russie. On en passe et des meilleures...

 

Le problème des pseudos-élu qui règnent sur nos peuples, c'est qu'ils ont la mémoire courte, surtout lorsqu'ils se sont conduits de façon criminelle. Nous sommes obligés de nous coltiner leurs leçons de morale qui se résument à ceci : Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. En bons Pharisiens qu'ils sont...

 

Que les Etats-Unis veulent s'ériger en bel exemple de "démocratie", voilà qui est très surprenant. Ils ont perpétré tellement de crimes, depuis des décennies, que la liste de leurs méfaits et de leurs atrocités est infinie.

 

En remontant loin dans le temps, on pourrait leur rappeler le Génocide des Indiens... y rajouter l'Esclavagisme des Africains dont les descendants peuplent encore l'Amérique. Rien qu'avec ces DEUX CRIMES CONTRE L'HUMANITE, qui sont à la base même de la fondation de leur pays, les dirigeants Américains n'ont aucune leçon à donner à quiconque... ensuite, il y a tout le reste...   On pourrait leur parler de leurs honteux bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. Ont-ils hésité à larguer leurs bombes atomiques sur un Peuple entier ? Que faut-il être, déjà, pour se livrer à pareille ignominie ? Mais ce n'est pas tout...  Nous ne ferons pas la liste de tous les dictateurs qu'ils ont installé en Amérique du Sud, Pinochet à lui seul est tout un symbole... en remplacement de Salvador Allende dont  le seul tort fut d'avoir voulu nationaliser des éléments clefs de l'économie de son pays, notamment les mines de cuivre. ou en Iran, avec leur marionnette le Shah Reza Pahlavi qu'ils ont assis sur le trône après que la CIA ait fomenté un coup d'état envers Mohommad Mossadegh dont le grand tort fut d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Nous voyons là comment fonctionne leur "démocratie"... assurément, le mot "liberté" est sans doute réservé à l'Elite étatsunienne, mais qu'en est-il pour les Peuples du monde entier et pour leurs propres citoyens ? Faut-il avoir le regard biaisé et l'Esprit très très mal tourné pour se vouloir un exemple après tant d'atrocités...

Et nous ne pouvons pas oublier, bien entendu, toutes les guerres qu'ils ont mené dans les dernières décennies, toujours au nom de la "démocratie"... la ruine de l'Afghanistan, la destruction de l'Irak avec plus d'un million de morts... que font-ils au Pakistan avec leurs drones ? Qu'ont-ils fait en Libye ? Qu'ont-ils voulu perpétrer en Syrie ? Pour ce dernier pays, si Vladimir Poutine n'était pas intervenu avec opiniâtreté, nous assisterions au même spectacle de désolation et de chaos que pour tous les Etats souverains où leurs armées ont posé le pied. Les ramener à "l'Âge de pierre", voilà leur Oeuvre. Aussi, que les Etats-Unis et leur satellite ne viennent pas nous donner de leçon de morale. Ni à l'Europe, ni à la Russie. Que reprochent-ils à Poutine ?

D'avoir redressé son pays, ruiné par leurs agents du capitalisme et les oligarques corrompus à leur solde ? De ne pas vouloir se laisser imposer leurs diktats ? Comme, par exemple, le fameux bouclier anti-missiles dont le seul but est d'ENCERCLER LA RUSSIE ? Vladimir Poutine a raison. Il est à la tête d'un pays qu'il a rendu puissant. Il tient à protéger sa Nation et son Peuple. Ce qui n'est pas le cas ni des dirigeants Américains, ni des Européens. Acculer leurs peuples à la misère, c'est tout ce qu'ils savent faire. Mais comme cela ne suffit pas, il faut également qu'ils ruinent les peuples des autres pays dans des guerres incessantes. Il y en a plus qu'assez de tels comportements ! Assez de les voir s'immiscer partout. Qu'ils se mêlent donc de leurs oignons et qu'ils foutent la paix aux autres... pour commencer.

Donc, dans l'article ci-dessous, vous constaterez dans quel état se trouvait la Russie lorsque Vladimir Poutine est parvenu au pouvoir. Nul doute qu'il était bien conscient de la Désolation et de la Cause de cette ruine. Il ne s'est pas contenté de se pavaner en prononçant de beaux discours trompeurs comme les Occidentaux... il a agi. Et aucun Russe ne vous dira que la situation est pire aujourd'hui qu'il y a 25 ans. C'est certain. On ne peut pas dire la même chose de la France, ni de l'Amérique. La situation est même exactement à l'inverse. Si la misère à nettement diminué en Russie, elle a très nettement augmenté chez nous... et des millions de personnes sont à la rue aux Etats-Unis. Voilà le constat.     

 

 

Huit ans après les réformes capitalistes : une crise sociale en Russie «sans parallèle»

 

Par Patrick Richter
Le 2 février 1999

 

La crise d'août dernier a porté le coup de grâce aux dernières illusions que les réformes capitalistes imposées en Russie revitaliseraient à un certain moment l'économie et le niveau de vie de la population. La situation sociale a plutôt empiré de façon dramatique.

Un gouvernement Eltsine désespéré avait eu recours de plus en plus au crédit pour chercher à concilier les intérêts des gens ordinaires, du capital international et de l'oligarchie financière (les nouveaux riches de Russie qui contrôlent le gros du capital financier). Mais la pyramide de dettes s'est effondrée comme un château de cartes le 17 août. En quelques jours, le rouble perdait deux tiers de sa valeur, et des milliards de dollars en capital international fuyaient le pays.

Depuis la dissolution de l'Union soviétique, les réformes appliquées par le gouvernement ont causé une chute de près de 50 pourcent de l'économie russe. Le niveau de vie de la majorité de la population a subi un recul considérable. L'espérance de vie pour les hommes est tombée à 55 ans, jetant la Russie plus bas qu'au centième rang parmi les nations du monde. La période de «réformes» a été ponctuée d'actes de désespoir, de mouvements de protestation et de grèves permanentes.

Les rêves d'enrichissement étaient surtout entretenus au sein des nouvelles classes moyennes. Concentrées à Moscou et à Pétrograde, et composées d'employés de banque, de petits commerçants et de spéculateurs, elles étaient considérés comme les piliers du nouvel ordre et comme de véritables pionniers. Lorsque l'économie a connu pour la première fois en 1997 une croissance de 0,5 pourcent avec une inflation de moins de 20 pourcent, c'était vu comme le signe annonciateur d'une période de prospérité.

La crise d'août a vite dissipé de tels espoirs. Rien qu'à Moscou, entre 200 000 et 400 000 personnes ont depuis perdu leurs emplois. La plupart travaillaient dans le secteur bancaire, le commerce ou une des nombreuses branches de la nouvelle industrie des services. Seule une petite minorité a une chance de pouvoir se replacer ailleurs. Les autres devront se débrouiller dans le milieu du travail informel et d'occupations à temps partiel. Depuis le début de 1998, le nombre de banques est passé de 1700 à 1476. Un autre contingent de 700 est menacé de faillite imminente. Les agences de voyage, les compagnies privées de construction, les bureaux d'avocats et de conseillers financiers, qui ont tous des liens étroits avec les banques, sont aussi dans le trou.

Le pouvoir d'achat a chuté avec la dévaluation du rouble. Avant la crise, un dollar valait 6,10 roubles. Le taux de change est maintenant de 21 roubles pour un dollar. Les prix des produits importés sont montés en flèche. Le pourcentage de ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté est passé de 8 à 30 pourcent. Le salaire mensuel moyen de $120 est tombé à $42; la pension de $54 à $18. Sans compter ceux qui passent des mois sans recevoir leurs chèques de paye ou de pension. Les professeurs reçoivent $30 à Moscou, beaucoup moins dans les provinces.

Les perspectives sont tout aussi noires pour les régions qui dépendent du budget de l'état. Des zones entières telles que Kamchatka, l'extrême-orient de la Russie ou des parties de la Sibérie n'ont pas assez de nourriture et de moyens de chauffage cet hiver. Dans de nombreux villages, le chauffage et l'électricité ont été coupés à cause de l'état lamentable des installations ou l'épuisement total des matériaux de chauffage.

La crise dans les services de santé s'est aussi intensifiée. Dans le budget de 1999, qui comprend les pires coupures des 10 dernières années dans le budget de la santé, 10 pourcent de moins est prévu pour le réseau de la santé par rapport à l'année précédente. Le pourcentage du budget annuel alloué à la santé, soit à peine 2,3 pourcent, est de loin le plus bas dans toute l'Europe. Par comparaison, il est de 14 pourcent aux États-Unis.

Depuis la fin de 1998, les salaires dûs au personnel médical totalisent plus de 4 milliards de roubles (environ $180 millions), et les arriérés de salaires sont de six ou huit mois. Depuis le mois d'août, plus d'une douzaine de cliniques à Moscou refusent les nouveaux patients de plus de 65 ans, à cause du manque de fonds.

La Russie dépend maintenant à 60 pourcent de médicaments venus de l'extérieur, après la destruction d'une bonne partie de son «inefficace» industrie pharmaceutique par les réformateurs. Ces derniers ont agi sous la pression des grosses compagnies étrangères qui ont pris contrôle du réseau de distribution afin de vendre leurs propres produits. Depuis la dévaluation, les prix des médicaments ont quadruplé en moyenne.

L'état n'est plus capable de payer les coûteux médicaments importés, y compris l'insuline et les médicaments pour le coeur. «Les trois quarts des médicaments nécessaires devront à l'avenir être achetés par les patients eux-mêmes», a fait savoir le ministre de la santé Starodubov. Mais qui peut se permettre de telles dépenses? Rien qu'à Moscou, 1,5 million de personnes âgées ou malades chroniques dépendent de médicaments fournis gratuitement.

Ceux qui souffrent du diabète doivent débourser en moyenne $40 par mois pour l'insuline qui, en roubles d'aujourd'hui, coûte trois fois plus cher. La Russie ne produit pas elle-même de l'insuline et ses réserves couvrent à peine deux mois. Il faudrait deux cents millions de dollars rien que pour équiper le pays d'une réserve d'insuline d'un an.

L'appauvrissement de la population a entraîné une rapide propagation de maladies sociales comme la dépendance à la drogue, l'alcoolisme, le sida et la tuberculose. Le nombre de tuberculeux a doublé au cours des cinq dernières années et la maladie frappe aujourd'hui 73 habitants sur 100 000. Selon les standards internationaux, un taux de 50 sur 100 000 est assez pour constituer une épidémie. Dans les prisons et les camps de punition, un prisonnier sur dix est atteint de la maladie.

En 1998, 365 000 personnes ont contracté la syphilis et 10 000 ont été contaminés par le virus du sida. Selon les estimations, d'ici l'an 2000 près de 800 000 personnes seront atteintes de maladies sexuellement transmissibles. En tout, 40 pourcent de la population montre des signes d'affaiblissement du système immunitaire. Un habitant sur deux boit de l'eau qui ne satisfait pas aux normes internationales. Plus de 11 millions de personnes, ou 7 pourcent de la population, sont considérés invalides. De ce nombre, un sur six est âgé de moins de 45 ans.

Entre-temps la crise sociale assume des formes inconnues depuis le temps de la Deuxième guerre mondiale. Même l'un des plus avides promoteurs des réformes capitalistes, le professeur Richard Pipes de Harvard, admet que «la situation est sans parallèle».

La crise asiatique, combinée à la chute du prix des matières premières dont dépend tellement l'économie russe, rend de plus en plus inévitable une confrontation ouverte avec de larges couches de la population. Yegor Yavlinsky, président du Parti Libéral Yabloko, a décrit en termes clairs ce que signifierait aujourd'hui la poursuite des réformes économiques libérales: une réduction drastique des taxes sur les employeurs, la réduction du budget de l'état à un minimum, et la fermeture de toutes les usines restantes jugées «inefficaces». De telles mesures ne peuvent vraiment pas être imposées sous le sceau de la «démocratie».

Dans ce contexte, des forces nationalistes et chauvines lèvent la tête. Tant le Parti communiste que Yuri Lushkov, maire de Moscou et fondateur du parti «Mère-patrie», jouent la carte nationale. Les slogans anti-américains et anti-sémites ont depuis quelque temps servi de thème à une telle campagne. Ces forces cherchent ainsi, de façon similaire à la campagne nationaliste de Lukashenko dans la Russie blanche, à défendre les intérêts de la bourgeoisie locale, qui est elle-même touchée par la crise.

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 02:52

 

 

Une enquête à la Banque de New York révèle les liens entre les financiers occidentaux et la mafia russe

 

Par James Brookfield


Le 27 août 1999

 

Quand on écrit l'histoire des dix premières années de la restauration capitaliste en Russie, deux points fondamentaux doivent être mentionnés. D'abord, jamais auparavant dans l'histoire autant de richesses n'ont été usurpées par un si petit nombre de personnes dans un laps de temps aussi court. Ensuite, les pilleurs ne se retrouvent pas qu'au sein de la vieille nomenclature stalinienne et de la nouvelle génération de gens d'affaires-gangsters russes, mais également dans les rangs des hauts fonctionnaires et des banquiers occidentaux.

Un chapitre important de cette histoire se déroule actuellement aux États-Unis où des fonctionnaires fédéraux, travaillant de concert avec leurs homologues du Royaume-Uni et de la Suisse, sont engagés dans une enquête sur ce qui pourrait être la plus grande affaire de blanchiment d'argent de l'histoire des États-Unis. Ils allèguent en effet que des milliards de dollars provenant de Russie, certains de la fortune même des mafieux, ont été acheminés dans des comptes de la Banque de New York. Deux vice-présidents de la BNY ont déjà été suspendus depuis le début de cette enquête. Les enquêteurs évaluent également la possibilité que des éléments de la mafia russe aient détournés 200 millions $ qui auraient été prêtés par le FMI au gouvernement russe.

C'est une série d'articles de Timothy L. O'Brien dans le New York Times qui a jeté la lumière sur ces faits saillants. Tout a commencé à l'été 1998 lorsque des représentants britanniques enquêtant sur les activités des criminels russes ont alerté les autorités américaines que des liens existaient entre YBM Magnex, une société de façade du gangster russe allégué Semyon Yukovich Mogilevich, et Benex, une entreprise de Peter Berlin, le mari de l'un des deux vice-présidents suspendus de la BNY. D'octobre 1998 à mars 1999, 4,2 milliards $ douteux ont ainsi transigé vers les comptes de Benex et d'autres entreprises à la BNY. Les enquêteurs ayant laissé le compte ouvert pour poursuivre leur enquête, le montant total d'argent blanchi pourrait actuellement s'élever jusqu'à 10 milliards $.

Cependant, les traces de délits criminels vont au delà des maîtres du crime organisé telles que Mogilevich et mènent jusqu'à de hauts fonctionnaires aux États-Unis et en Russie. Les enquêteurs cherchent à savoir si des fonds de la banque russe Menatep aujourd'hui insolvable auraient aussi été utilisés dans le blanchiment d'argent à la BNY. Propriété de l'oligarque russe Mikhail Khodorkovsky, Menatep compte depuis peu Konstantin Kagalovsky comme cadre dirigeant.

Le rôle allégué de Kagalovsky dans ces opérations de blanchiment d'argent témoigne du caractère criminel des nouveaux riches en Russie, la plupart provenant de l'ancienne bureaucratie stalinienne, de même que de la complicité des institutions financières, des gouvernements et des conseillers universitaires de l'Occident. Kagalovsky travaillait en effet comme conseiller au plus haut niveau du gouvernement russe et comme représentant du pays auprès du FMI avant de travailler à la Menatep en 1994. Des photographies de ses rencontres avec George Bush, John Major et autres leaders occidentaux ornaient les murs de son bureau à la Menatep.

Kagalovsky a quitté Menatep pour devenir vice-président du conglomérat pétrolier Lukos. Cette entreprise a été acquise à bon marché par Menatep dans le cadre du programme de prêts aux actionnaires dans lequel une banque peut accorder un crédit au gouvernement russe en échange de parts dans une entreprise. Selon un rapport publié dans le Wall Street Journal du 26 août 1999, Lukos s'est emparé de beaucoup de biens, notamment du siège social de la banque à Moscou et de plusieurs sociétés de portefeuille extraterritoriales lorsque la banque a fait faillite.

Ces sociétés de portefeuille sont soupçonnées d'avoir été utilisées pour piller d'autres entreprises russes également propriété de Menatep. Dans ce qu'on appelle une procédure de prise ferme, les biens ou les produits des entreprises de production ont été vendues à des sociétés de portefeuille à des prix inférieurs au marché. Les sociétés de portefeuille extraterritoriales ont ensuite vendu ces biens aux prix normaux, privant ainsi la Russie du profit. L'article du Wall Street Journal cite un autre exemple de prise ferme dans lequel 20 millions $ ont été retiré d'une usine de titane russe en seulement un an.

Grâce à de telles transactions, Kagalovsky serait devenu rapidement très riche. C'est du moins ce que laisse entendre la description suivante faite par John Lloyd, écrivain de retour de Moscou depuis peu et ayant préparé un article pour le New York Times Magazine (Qui a perdu la Russie ? - la dévolution russe, 15 août 1999) :

« [Kagalovsky] est le premier réformiste que j'ai connu lorsque je suis parti vivre en Russie au début de 1991. À cette époque, il vivait dénué de tout confort dans un appartement de deux pièces de l'un de ces immenses projets immobiliers qui ceinturent Moscou. Maigre et vif, il me fit asseoir à la table de cuisine et, de peine et de misère avec son anglais et mon russe saccadé, nous parlâmes d'Adam Smith, de Milton Friedman et de Jeffrey Sachs... Il m'entretint de la futilité des réformes de Gorbatchev, de la nécessité d'adopter des politiques monétaristes strictes et du mal qu'incarnait le communisme.

« L'homme qui [aujourd'hui] avait quitté son bureau pour venir me rencontrer - après que j'eusse passé deux contrôles de sécurité stricts et parcouru plusieurs corridors tapissés d'un manoir de Moscou du XIXe siècle rénové à grand frais - avait pris du poids depuis et portait un complet bien taillé et une cravate onéreuse

« En 1991 et en 1992, me dit-il, nous en étions encore à notre période romantique. Notre vision et nos sentiments étaient basés sur nos lectures, nos discussions, nos idées - dont certaines me semblent bien naïves maintenant. Après cela - dit-il avec un sourire en coin - la vie nous change tous.

« Nous constatons maintenant de simples vérités : un pays basé sur le vol et la corruption est beaucoup moins efficace qu'une société normale. Et que la fin ne justifie pas les moyens. Après 1996, la corruption est devenue un élément systématique de l'État. Elle a pénétré jusqu'au coeur même du nouvel État russe... » Duquel, a-t-il omis d'ajouter, il est devenu l'un des rouages.

Kagalovsky représente bien ceux qui ont travaillé activement au démembrement de l'URSS et qui en ont profité. Qu'importe l'exposition à l'idéologie marxiste qu'ils aient pu connaître dans les derniers jours de l'Union Soviétique, les « nouveaux Russes » comme Kagalovsky n'ont retenu qu'un seul concept : la cupidité de la société capitaliste. Une valeur qu'ils ne considèrent point comme un aspect socialement nuisible du système de profit, mais bien comme la base positive de leur enrichissement personnel.

Kagalovsky est marié à Natacha Gurfinkel Kagalovsky, deuxième vice-présidente à être suspendue de la BNY. C'est elle qui a supervisé la grande majorité des comptes russes de la banque. Tout comme son mari, Natacha Kagalovsky a rapidement gravi les échelons de la société. Né en 1954 en Union Soviétique, elle a émigré aux États-Unis en 1979, obtenu un diplôme à Princeton, puis est entrée au service de la Irving Bank en 1986, qui s'est porté acquéreur de la BNY deux ans plus tard. Elle a occupé la direction est-européenne de la banque en 1992 et s'est rapidement enrichie, à telle point qu'elle a pu se payer comptant en 1997 un condominium de 796 000 $ situé à Manhattan.

Le pillage attesté par le cas de la BNY est d'une magnitude immense, notamment si l'on tient compte de la taille de l'économie russe. Selon les évaluations, les 10 milliards $ qui auraient été blanchis l'an dernier représente 6 p. 100 du produit intérieur brut russe, soit l'équivalent de 40 p. 100 du budget du gouvernement fédéral russe. Et cela ne représente que la somme connue que pour une année seulement. Un article dans le Financial Times de Londres du 21 août cite un rapport préparé par Fitch IBCA, une agence internationale de cotation des titres qui évalue qu'un total de 136 milliards $ a quitté la Russie entre 1993 et 1998. Selon les évaluations effectuées par la Lloyd's et publiées dans le Times, le total varierait plutôt entre 200 et 500 milliards $.

Bien que la somme exacte n'ait pas été déterminée, cette vaste somme non seulement garnit les poches de la nouvelle kleptocratie russe, mais elle fuit également vers les coffres des institutions financières américaines et européennes. (Le cas de la BNY pourrait en effet bien impliquer plusieurs grandes banques européennes. À cet effet, le Wall Street Journal du 24 août cite justement des sources au courant de l'enquête et soutenant que les activités du Crédit Suisse, de l'Union de Banques Suisses, de la Dresdner Bank, de la Westdeutsche Landesbank et de la Banque Internationale à Luxembourg étaient passées à la loupe pour connaître le rôle qu'elles auraient pu jouer dans cette affaire).

Les affirmations selon lesquelles les banques américaines et européennes n'auraient servies que de points de transition par les entrepreneurs et mafieux russes sont démenties par les vastes profits qui garnissent les comptes russes. Comme Natacha Kagalovsky le faisait remarqué en 1995 dans une note adressée à Thomas Renyi, président-directeur général de la BNY, « Inkombank [une autre banque maintenant insolvable tout comme Menatep] est notre principal générateur de revenus et représente maintenant la principale banque de compensation en Russie pour les transactions dans ce pays » (mise en relief ajoutée).

Les nouveaux oligarques russes ressentent la fragilité de leur mainmise sur toutes ses richesses récentes tant qu'elles restent au pays, et c'est pourquoi ils ont besoin des banques occidentales pour faire sortir l'argent. Ils ont eu peu de difficultés à trouver de grandes banques prêtes à fermer les yeux en présence d'infractions évidentes afin d'ouvrir des comptes bien garnis et profitables pour leur clients russes.

Depuis que le scandale de la BNY a éclaté la semaine dernière, des articles critiques à l'endroit de l'administration Clinton, du gouvernement Eltsine et des banques occidentales sont apparus dans la presse américaine. Mais aucun n'ira même jusqu'à aborder la possibilité que le pillage de la Russie puisse organiquement découler de la restauration du capitalisme en Union Soviétique, ou encore que l'Occident soit responsable de quelque manière que ce soit pour le désastre économique, social et moral qui s'est abattu sur ce pays au cours des dix dernières années.

Néanmoins, les faits sont là et parlent d'eux mêmes. Il y a dix ans, des décideurs capitalistes des États-Unis et d'Europe, appuyés par le FMI, ont exigé la privatisation accélérée de l'économie russe, la libéralisation des prix, l'élimination des programmes sociaux et le retrait de tous les freins à la production de profits en ex-URSS. Ces politiques ont mis entre les mains d'intérêts privés ce qui, du moins légalement, était de propriété collective. C'est ainsi qu'une nouvelle classe possédante devant faire appel à la criminalité a été créée. Qui sinon des gens des plus avares, brutaux et inconséquents pouvaient appliquer de telles politiques ? Les représentants de l'Occident et des banques ont collaboré (et continuent toujours) avec les nouveaux oligarques russes et leurs alliés politiques.

Il y a dix ans, les politiciens procapitalistes ont pu prendre avantage du mécontentement des masses soviétiques à l'endroit du régime stalinien pour réintroduire des relations de marché capitalistes. À l'époque, leur promesse de liberté et de prospérité qui allaient s'ensuivre étaient plus ou moins prises comme une bonne parole. Mais après dix ans, le prix humain du pillage capitaliste en Russie - chômage massif, déclin abrupt de l'espérance de vie, réduction du cinquième de la population à un niveau de pauvreté pratiquement inconnu à l'extérieur du tiers monde - constitue déjà un indice historique dévastateur du résultat de la restauration capitaliste, et plus généralement des perpectives que le système de profit offre à la vaste majorité de la population mondiale.

Sources WSWS

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 21:24

 

La Russie à la veille des élections à la Douma

 

Par Peter Schwarz

(traduit de l'anglais - paru le 18 décembre 1999)

 

Les élections à la Douma auront lieu le 19 décembre. Avec celles de 1993 et de 1995, ce seront les troisièmes élections en Russie depuis la dissolution de l'Union Soviétique. Ces élections se déroulent à l'ombre de la guerre qui fait rage en Tchétchénie, un conflit que le gouvernement russe mène avec la plus grande des brutalités depuis des semaines. La guerre a rapproché les partis politiques et suscité une vague de nationalisme reléguant à l'arrière plan les problèmes sociaux dont la société russe est criblée. Parmi les 28 partis, listes de candidats et blocs qui totalisent quelques 3000 candidats en lutte pour 450 sièges, aucune voix ne s'élève véritablement pour dénoncer le conflit.

La distinction présente au début de l'ère post-soviétique entre les camps pro-occidental dit « démocratique » et « nationaliste » (ou « patriotique » comme disent les Russes) qui regroupaient généralement les partis russes a perdu toute signification en grande partie. Le krach financier d'août 1998 a eu d'importantes répercussions sur la mince couche de nouveaux riches parvenus et politiquement influents dont l'enthousiasme pour l'Ouest, et plus particulièrement pour les États-Unis, a nettement diminué.

La guerre du Kosovo au printemps dernier et la poussée agressive des États-Unis dans le Caucase et la riche région pétrolière de la mer Caspienne ont généralement été perçues comme des tentatives d'encerclement, d'affaiblissement et de déstabilisation de la Russie. Alors que la première guerre en Tchétchénie de 1994-1996 avait suscité une grande opposition en Russie, principalement pour des raisons intérieures, les grands camps politiques soutiennent maintenant la guerre actuelle qui incarnent à leurs yeux la défense de l'unité de l'État russe et sa place en Asie centrale.

Les développements économiques actuels ont également encouragé le sentiment qui prévaut actuellement selon lequel la Russie se porterait mieux si elle reprenait confiance dans ses propres forces. La chute du rouble a entraîné une baisse des importations de l'étranger et une croissance à court terme de la production nationale, une croissance économique de 2 p. 100 est prévue pour l'année et enfin, la montée du prix du brut sur le marché mondial a également augmenté les revenus d'exportation de la Russie, ce qui permet au gouvernement de payer les salaires et les pensions en souffrance, en plus d'augmenter le budget de la défense.

En matière de politique étrangère, l'éloignement croissant de la Russie par rapport aux États-Unis s'exprime dans la recherche de nouveaux alliés tels l'Union européenne et la Chine. La fondation Koerber d'Allemagne qui suit de près les développements en Russie, écrivait dans un récent numéro de CIS Barometer :

 « Moscou voit maintenant sa fixation passée sur les États-Unis comme une erreur stratégique, car ces derniers ne sont pas intéressés à renforcer leur ancienne rivale sur la scène politique mondiale. La Russie considère la pénétration économique et politique substantielle des États-Unis dans la région de la mer Caspienne comme son plus grand défi pour l'avenir. Moscou pense pouvoir contrebalancer cette situation en améliorant son partenariat stratégique avec l'UE ».

En matière de politique sociale, les cercles influents s'adaptent de plus en plus à la rhétorique qui prévaut en Europe. Toujours selon CIS Barometer, « la Russie promet enfin d'aligner ses réformes économiques plus fermement vers les politiques de marché sociales des principaux États de l'Union européenne, ce qui doit être compris comme une dissociation du modèle libéral du libre marché en vigueur aux États-Unis. »

Devant l'unanimité de tous les partis sur ces questions, les programmes politiques ne peuvent que difficilement jouer un rôle dans cette campagne électorale. Ce qui prédomine plutôt, c'est une lutte acerbe et sale pour le pouvoir et l'influence opposant deux puissants clans financiers - le parti Unité, représentant le groupe sortant du Kremlin, avec l'oligarque Boris Berezovsky en coulisse, et l'alliance La patrie-Toute la Russie, soutenue par Vladimir Gusinsky, un autre oligarque tout juste un peu moins opulent.

Cette lutte s'est surtout déroulée sur les deux chaînes télévisées du pays, ORT, la chaîne d'État (contrôlée par Berezovsky) et NTV, la chaîne privée (propriété de Gusinsky). Pour 90 p. 100 de la population, la télévision constitue la seule source d'information. Dans cette lutte, tous les coups sont permis. Ceux sous la ceinture ne sont jamais assez bas et les pires accusations ne sont jamais assez malhonnêtes. Les accusations de corruption, de coercition, d'extorsion et de meurtre à forfait sont quotidiennement lancées contre les principaux candidats par les deux côtés.

Par ailleurs, le fait que les élections à la Douma sont perçues comme la répétition générale des élections présidentielles de juin 2000, beaucoup plus importantes au niveau politique, alimente encore plus l'acrimonie de la lutte. Deux des principaux candidats de La patrie-Toute la Russie, le maire de Moscou Yuri Lushkov et l'ex-premier ministre Yevgeny Primakov, sont considérés comme les adversaires les plus prometteurs au camp Eltsine, ce dernier mettant tous ses espoirs dans le premier ministre actuel Vladimir Poutine.

Le groupe La patrie-Toute la Russie a été créé à l'origine à l'automne de 1998 par Yuri Lushkov, l'une des personnalités les plus importantes du pays. En plus de diriger l'administration municipale de Moscou, il préside sur son empire médiatique. En 1999, le groupe « La patrie » accueillait l'ancien premier ministre Yevgeny Primakov (récemment limogé par Eltsine) alors que le groupe Toute la Russie était créé par 16 gouverneurs provinciaux influents. Ces dirigeants régionaux qui, dans une certaine mesure agissent comme les Boyars médiévaux, acquièrent de plus en plus d'importance dans la vie politique russe depuis qu'ils disposent de leur propre budget et de structures économiques autonomes.

De nombreuses grandes entreprises actives dans le secteur du gaz et du pétrole soutiennent le nouveau parti La patrie-Toute la Russie. Parmi les bailleurs de fonds de ce parti, on retrouve en effet le géant pétrolier Lukoil, le transporteur aérien Transaero et la société Sistema, propriétaire de nombreuses entreprises présentes dans les domaines des télécommunications, de la micro-électronique, du pétrole, de la construction, du tourisme, de l'alimentation, de même que des entreprises commerciales, les banques et les médias. Le géant gazier Gasprom, qui supportait auparavant le parti Notre maison la Russie de son ancien président Viktor Tchernomyrdine, est également perçu comme un commanditaire plausible du camp Lushkov-Primakov.

La patrie-Toute la Russie était considéré en novembre comme le parti présentant les meilleures chances aux élections. Les sondages d'opinion ont prévu qu'il récolterait 30 p. 100 des votes. Mais la popularité croissante du nouveau premier ministre Vladimir Poutine et la campagne de salissage du camp Eltsine l'ont depuis relégué en troisième position.

En septembre, juste avant la date limite pour l'inscription des partis, l'appareil du président Eltsine établissait sa propre alliance électorale en créant le parti Unité. Tout comme le parti La patrie-Toute la Russie, il a été créé par un groupe de 39 gouverneurs provinciaux. Il est dirigé par le ministre des Affaires urgentes Sergej Schoigu, membre du cabinet Eltsine depuis 1994 venant à l'origine du parti de l'ex-premier ministre Viktor Tchernomyrdine.

Le premier ministre Poutine n'est pas officiellement membre du parti Unité mais ce dernier est généralement considéré comme le véhicule qui lui permettra d'accéder à la présidence et de protéger la richesse du groupe Eltsine et de son financier Boris Berezovsky.

Le fait que cette campagne électorale soit plus une lutte d'influence, de pouvoir et de privilèges plutôt que de questions politiques est clairement démontré par la régularité avec laquelle les divers politiciens en vue changent de camps, par le développement de nouveaux partis et la disparition des anciens. C'est ainsi que 200 des 450 délégués de la Douma sortante avaient changé d'allégeance parlementaire depuis la dernière élection, et il est facile de prévoir que l'achat de députés et de votes continuera après l'élection. Dans le cas des cinq derniers premiers ministres nommés par Eltsine - Victor Tchernomyrdine, Yevgeny Primakov, Sergei Kiryenko, Sergei Stepachin et Vladimir Poutine - chacun présente maintenant un parti différent.

Tchernomyrdine est actuellement le chef du parti Notre maison la Russie, autrefois soutenu par Eltsine, mais qui ne devrait plus atteindre maintenant que très péniblement la barre des 5 p. 100 nécessaire pour être reconnu à la Douma. Kiryenko quant à lui figure parmi les dirigeants de l'Union des forces de droite, formée en août 1999 par divers partisans des politiques économiques libérales - notamment Boris Nemzov, Yegor Gaidar et Anatoly Chubais. Tous n'ont que de faibles chances de l'emporter aux élections.

Stepachin a joint le parti Yabloko de Grigori Yavlinski, également partisan de politiques économiques libérales, mais plus modérées. Ces derniers ayant rejeté toute collaboration avec le gouvernement, les sondages leur accordent environ 10 p. 100 des voix.

Les autres partis et personnalités ayant joué un rôle lors des élections précédentes ont perdu toute influence ou attendent leur tour. Le mouvement ultra-nationaliste de l'extrémiste de droite Vladimir Jirinovsky, qui avait récolté 12 p. 100 des voix, soit le deuxième plus grand nombre de votes aux dernières élections, est terriblement discrédité du fait des nombreux liens qu'il entretient avec le crime organisé et de sa proximité du groupe du Kremlin. En effet, lors des votes cruciaux à la Douma, le groupe parlementaire de Jirinovsky vote habituellement pour le président, et aurait à plusieurs occasions reçu des paiements en retour.

Alexandre Lebed ne se présente pas aux élections. L'ancien général qui était perçu comme un candidat présidentiel prometteur après son rôle de négociateur bien réussi lors de la première guerre en Tchétchénie, est subséquemment devenu gouverneur de Krassnoyarsk. Lebed entretient son image d'« homme fort » et espère intervenir en sauveur populaire lors d'une prochaine crise politique. Selon certaines rumeurs, il se serait entendu avec le groupe Eltsine pour intervenir afin de remplacer Poutine dans l'éventualité d'une nouvelle débâcle en Tchétchénie.

La seule exception apparente dans tout ce mouvement constant de va-et-vient entre les partis est le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF). Comptant environ 540 000 membres (pour la plupart très âgés) répartis dans 27 000 organisations régionales et détenant 40 p. 100 des sièges dans la Douma sortante, l'ancien parti d'État présente une certaine stabilité. Avec les partis Unité et La patrie-Toute la Russie, le parti communiste est perçu comme l'un des plus prometteurs pour remporter la victoire électorale. Certains avancent même que l'écoeurement général de la population face à l'orgie de calomnies télévisées pourrait bien bénéficier au KPRF qui reçoit beaucoup moins de couverture médiatique.

Par contre, au niveau de son programme, le KPRF se distingue difficilement des autres partis. Du fait de ses racines en Union Soviétique, le parti obtient des appuis parmi les couches sociales les plus durement frappées par les changements des dix dernières années : retraités, familles nombreuses, travailleurs des entreprises non profitables et du secteur agraire, fonctionnaires, militaires et anciens combattants. Le KPRF canalise l'opposition sociale de ces couches dans la voie nationaliste.

Le parti a nommé sa campagne électorale « Debout grand pays ! ». Cette dernière préconise que la Russie doit redevenir une grande puissance et opposer sa civilisation à « l'influence néfaste de l'Ouest ». En plus des thèmes de « justice » et de « pouvoir du peuple », le programme du parti présente comme valeurs fondamentales le « pouvoir impérial » (l'appel à un État fort), la « spiritualité » (la lutte pour atteindre « les plus grandioses des idéaux traditionnels russes que sont la vérité, la bonté et la belle vie ») et le « patriotisme » (l'amour de la mère patrie et la volonté de chacun de subordonner ses intérêts à ce dernier). Les références aux idées socialistes ou marxistes ont pratiquement disparu au complet du programme.

Sur la question de la guerre en Tchétchénie, le KPRF préconise l'autorité absolue des généraux pour prendre les décisions et les met en garde de la possibilité que le gouvernement pourrait bien les poignarder dans le dos au dernier moment pour les empêcher de remporter une victoire totale. En matière de politique étrangère, le Parti communiste souligne l'importance d'établir d'étroites relations avec l'Allemagne et l'Union européenne. Gennady Zyuganov, le chef du KPRF, a d'ailleurs déjà visité l'Allemagne à maintes reprises afin de faire valoir ce point.

Pour ce qui est de la politique intérieure, le KPRF a prouvé qu'il était un solide pilier du régime en lui accordant à maintes reprises une majorité parlementaire pour le sortir des situations critiques. Presque tous les chefs de gouvernement nommés par Eltsine ont été élus avec l'appui du KPRF, et ce dernier a régulièrement voté pour les budgets proposés. Par ailleurs, des membres ou des représentants du KPRF ont occasionnellement obtenu des postes de ministre dans le gouvernement.

Selon l'analyse faite par l'Institut fédéral d'études internationales et scientifiques sur l'Est (BIOst) de Cologne, le KPRF forme « une opposition aux réactions très prévisibles au sein du système actuel ». Cette étude conclut : « dans un certain sens, on peut même parler de l'existence d'une grande coalition en Russie avec le parti de Zyuganov tenant le rôle de composante officieuse... Ainsi le PC contribue-t-il à la stabilisation de l'ensemble du système en canalisant les protestations politiques et sociales pour ainsi empêcher qu'elles ne sortent des lignes constitutionnelles. »

Il est évident qu'aucun des partis briguant les suffrages en Russie ne se préoccupe des énormes problèmes sociaux du pays et des préoccupations sociales de la population, et encore moins de proposer des solutions. La vague nationaliste suscitée par la guerre en Tchétchénie permet de reléguer temporairement ces questions au second plan. Le camp Eltsine et le premier ministre Poutine savent particulièrement bien comment utiliser ce facteur avec adresse. Ce n'est sans doute pas une coïncidence que l'offensive contre la capitale tchétchène Grozny survient au même moment que les élections.

À la longue cependant, les questions sociales ne pourront pas toujours être contournées. C'est cette préoccupation qui fait dire aux auteurs de l'étude de la fondation Koerber que « sans une amélioration à long terme du niveau de vie, la population russe ne soutiendra pas Poutine indéfiniment. Les experts affirment d'ailleurs que la reprise économique sera de courte durée en Russie et que le problème tchétchène ne peut être résolu par la guerre ».

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

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Published by Adriana Evangelizt - dans RUSSIE AVANT POUTINE
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