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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 06:38

Encore un article ancien pour démontrer que la pseudo révolution ukrainienne de 2004 avait été financée par des organisations américaines, canadiennes et européennes. Déjà, à l'époque, il s'agissait de déboulonner Ianoukovitch... comme quoi l'histoire se répète dix ans après...

La première question à se poser est : que foutent les Etats-Unis en Europe ? De quoi se mêlent-ils ?

Il est clair et net que tant que ce Système de déstabilisation des pays dans le monde entier, par les USA et consort, ne vise qu'à placer à la tête des nations des marionnettes qui participeront au pillage des Etats et à la ruine des Peuples, nous ne vivrons jamais en paix.  

En aucune façon, nous ne voyons la Russie se livrer à de telles pratiques. Il est à noter que les déstabilisateurs en 2004 sont les mêmes qui ont voulu mettre à bas Hugo Chavez.

Le chaos que l'on voit aujourd'hui en Ukraine est du même ressort. En pire. Car cette fois, ils ont porté au sommet des forces néo-nazies capables du pire envers les populations russophones notamment... nous y reviendrons...


 

La création de l'opposition «démocratique» en Ukraine

 

par Justus Leicht
Le 2 décembre 2004

 

 

Si l'on devait croire les médias occidentaux, on conclurait que le mouvement d'opposition ukrainienne s'est développé de façon indépendante en tant que résultat d'un mouvement populaire spontané pour la liberté et la démocratie contre un régime corrompu. En vérité, la couverture des événements récents par les médias a été caractérisée par une absence de journalisme critique. Pratiquement aucune agence médiatique ne s'est donné la peine de faire enquête sur les créateurs des soi-disant «mouvements pour la démocratie» ou sur la nature de leur programme politique.

Les forces dirigeantes du mouvement d'opposition, elles, ne cachent pas qui les appuient. Toute l'information est sur leurs sites Internet.

On se rend vite compte, en considérant les organisations qui y participent, que le mouvement n'est pas né spontanément. Un réseau de droitistes néo-libéraux, établi en grande partie par des organisations américaines a exploité l'insatisfaction généralisée envers le régime autoritaire du président Leonid Kuchma pour mettre en oeuvre un plan préparé longtemps à l'avance. Le but était de placer plus fermement l'Ukraine sous le contrôle des États-Unis et d'ouvrir davantage le pays au capital international.

Le groupe d'opposition le plus actif est le réseau Pora («Le temps est venu»). Il consiste surtout d'un groupe d'étudiants universitaires et a une influence considérable dans l'organisation de manifestations, de concerts de rock et d'autres événements contre le camp du gouvernement et de son candidat présidentiel, Viktor Yanukovich.

Le réseau Pora se décrit comme étant né de la décision de la «Coalition pour la liberté du choix», un regroupement d'organisations non-gouvernementales ukrainiennes «de créer un vaste réseau de volontaires pour mener une campagne nationale d'information et d'éducation visant à protéger les droits des citoyens lors des élections».

Le réseau Pora se réfère expressément aux «activités couronnées de succès des réseaux de volontaires» en Serbie («Otpor» en 2000), en Georgie («Khmara» en 2003) et dans d'autres pays. Le réseau Pora affirme fièrement qu'il a reçu des conseils de ces groupes.

«Liberté de choix» est une coalition fondée en 1999, regroupant apparemment plus de trois cents différents groupes. Selon ses propres sources, elle est appuyée par les institutions suivantes : les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada; le National Democratic Institute, présidé par l'ex-secrétaire d'État des États-Unis (sous Clinton) Madeleine Albright; la International Renaissance Foundation (IRF), ramification ukrainienne de l'Open Society Institute financé par George Soros; l'Eurasia Foundation, également financée par Soros et par le gouvernement des États-Unis; la Banque mondiale; l'Organization for Security and Cooperation in Europe; l'Agency for International Development des États-Unis; la Freedom House, présidée par l'ex-directeur de la CIA James Woolsey; et l'organisation de droite Konrad Adenauer Institute de l'Union démocrate-chrétienne allemande.

Le néo-libéralisme est le modèle politique défendu par le réseau Pora. Cette organisation loue le règne bref de Viktor Yushchenko en tant que premier ministre d'Ukraine parce qu'il a pris des mesures pour ouvrir le pays aux capitaux internationaux et qu'il a appliqué un programme radical de privatisation. Pora déclare : «Pendant la brève période où le gouvernement a été au pouvoir, l'équipe de réformateurs en 2000 a provoqué une réduction de l'économie souterraine et contribué à l'établissement d'un accès égal au marché ukrainien non seulement pour les entreprises russes, mais aussi pour les entreprises occidentales. De plus, l'Ukraine a augmenté ses liens de coopération euroatlantique et a ajusté ses relations d'affaires avec la Russie (en particulier, en ce qui concerne le transport des ressources énergétiques).»

Les membres et les militants les plus connus du réseau Pora ont reçu une formation de spécialistes des États-Unis. Un rapport rédigé par la Fondation de Jamestown, centre d'études et de recherche dont le comité exécutif comprend James Woolsey et l'ex-conseiller en sécurité nationale des États-Unis (sous le président Jimmy Carter) Zbigniew Brzezinski, affirme : «L'Otpor a entraîné des membres du réseau Pora sous les auspices du programme Citizen Participation in Elections in Ukraine (CPEU), dirigé par la Freedom House, le National Democratic Institute et l'International Republican Institute et financé par l'Agency for International Development, une organisation basée aux États-Unis

En 2000, l'organisation serbe Otpor a organisé des manifestations qui ont conduit à la chute de Slobodan Milosevic. Aujourd'hui, la même organisation est utilisée pour provoquer le changement de régime en Ukraine, appuyée par un institut proche du Parti démocrate américain et un autre proche du Parti républicain et financé par une agence du gouvernement états-unien.

Le Centre pour l'éducation politique et le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante ont également formé des militants politiques du «mouvement pour la démocratie». Le Centre pour l'éducation politique reconnaît qu'il collabore avec l'Association des jeunes entrepreneurs d'Ukraine et avec l'International Republican Institute dirigé par le Parti républicain, alors que, selon ses propres déclarations, le Centre ukrainien pour une recherche politique indépendante a été financé pendant de nombreuses années par l'American National Endowment for Democracy, par l'IRF de George Soros et par les gouvernements britannique et canadien.

En plus des militants de l'opposition, nombre d'observateurs aux élections ont également été financés par les institutions américaines. Cela devrait suffire à prouver leur manque total d'impartialité lors des élections ukrainiennes.

Un grand nombre d'entre eux ont été organisés par le Comité des électeurs d'Ukraine (CEU), sous la présidence d'Igor Popov et par l'organisation Nouveau Choix-2004. Cette dernière a été fondée par le CEU et développée par l'IRF de Soros. Les forces dirigeantes qui se cachent derrière le CEU sont la Eurasia Foundation et le National Democratic Institute. En février de cette année, Nouveau Choix-2004 a tenu une réunion de travail avec Madeleine Albright.

Selon ses propres chiffres, depuis 1990, la International Renaissance Foundation (IRF) a injecté plus de 50 millions de dollars dans la construction de diverses organisations non gouvernementales ukrainiennes. Au cours des quelques dernières années, l'IRF avoue avoir soutenu des organisations non gouvernementales en versant plus de 5 millions de dollars par an.

Il n'est pas étonnant que les sondages avant les élections, qui avaient montré une nette avance du candidat de l'opposition Yushchenko immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, aient été financés par les mêmes sources. Les sondages ont été réalisés par la Fondation pour des initiatives démocratiques et financés conjointement par le Centre de Razumkov pour la Fondation nationale pour la démocratie (financée par l'IRF) et par l'Institut international de sociologie de Kyiv, La Fondation pour des initiatives démocratiques est affiliée à Nouveau Choix-2004 et au Mouvement mondial pour la démocratie, création de la Fondation nationale pour la démocratie. L'un de leurs plus récents projets a été d'appuyer les tentatives de renverser le gouvernement de Hugo Chavez au Venezuela.

Les sondages tenus à la sortie des bureaux de scrutin ont eux aussi été financés par l'IRF, la Eurasia Foundation et les ambassades des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de la Suisse.

Le fait que ceux qui ont organisé les sondages électoraux et ont été des observateurs aux élections aient été financés par les forces qui ont subventionné l'opposition et ont soutenu la campagne de leur candidat réduit à néant leur prétention d'impartialité. Qu'il y ait eu fraude, et de bonnes raisons permettent de croire qu'il y a eu trucage d'un côté comme de l'autre, toute l'élection et ce qui en a suivi ont été un exercice grotesque en matière de manipulation et de provocation des États-Unis et de l'Europe. La tentative des dirigeants d'opposition et de leurs appuis occidentaux de se draper du manteau de «la démocratie» ne peut mériter que du mépris. En tout cas, aucune des réclamations faites par le camp de l'opposition ne peut être acceptée comme de l'argent sonnant.

Sources WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:44

La lutte pour le pouvoir continue en Ukraine

 

Par Peter Schwarz
13 décembre 2013

 

L’issue de la lutte pour le pouvoir en Ukraine reste ouverte. Mardi soir, la police anti-émeute a tenté de dégager les zones occupées par les manifestants sur la place de l’Indépendance et à l’Hôtel de ville qui a été occupé par les adversaires du gouvernement. La police s’est cependant retirée au petit matin. L’opposition a appelé à de nouvelles protestations pour mercredi soir.

Apparemment, la police avait reçu l’ordre d’agir avec modération. Elle a démonté les barricades en cherchant à faire refluer les manifestants à l’aide de leurs boucliers et en ne recourant qu’occasionnellement à la matraque et aux gaz lacrymogènes. Le 30 novembre, un traitement bien différent et brutal qui avait été infligé par l’unité spéciale Berkut (Aigle doré) à des manifestants avait donné lieu le lendemain à une manifestation de plus d’une centaine de milliers de personnes contre le gouvernement.

Mercredi, le premier ministre, Mykola Azarov, et le ministre de l’Intérieur Vitali Zakharchenko, ont assuré qu’il ne serait fait usage d’aucune violence contre des manifestants pacifiques. « J’aimerais rassurer tout le monde – la place ne sera pas prise d’assaut, » a dit Zakharchenko.

Le président Viktor Ianoukovitch, dont les protestataires exigent la démission, a rencontré mardi lors d’une réunion diffusée en direct par la télévision ses trois prédécesseurs, Leonid Kravchuk, Leonid Kouchma et Viktor Ioutchenko. Le trio a réclamé une solution négociée. Kravchuk a invité l’opposition à participer à une « table ronde » avec le gouvernement ce que celle-ci a immédiatement refusé.

Julia Tymochenko a demandé la démission immédiate du président et de sa suite. « Aucune négociation, aucune table ronde avec cette bande, » pouvait-on lire dans le texte issu par la dirigeante emprisonnée du parti Batkivchtchina (la Patrie). Oleg Tiagnibok du parti d’extrême droite Svoboda (Liberté) a qualifié la proposition d’un jeu arrangé d’avance.

Vitali Klitchko a déclaré il « ne peut y avoir de compromis avec des coupe-gorge et des dictateurs. » Le boxeur professionnel et dirigeant du parti UDAR a exigé « la démission de Ianoukovitch et de son gouvernement pourri. »

Les dirigeants de l’opposition se sentent renforcés par le soutien de l’Union européenne et du gouvernement américain. La représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est arrivée mardi à Kiev et, après une réunion avec le président Ianoukovitch, a traversé la place de l’Indépendance assiégée, bras dessus bras dessous avec le porte-parole du parti Patrie, Arseny Iatseniouk.

Jeudi, le parlement européen votera une résolution conjointe présentée par ses quatre plus grands groupements – les conservateurs du Parti populaire européen (EVP), les socialistes, les Libéraux et les Verts. Tous exigent une solution pacifique « qui réponde aux attentes de la société ukrainienne. » A cette fin, un groupe de représentants « au plus haut niveau politique » de la Commission européenne, du Conseil et du parlement européen faisant fonction de médiateur doit être envoyé à Kiev.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a publié un communiqué disant : « Les Etats-Unis expriment leur dégoût devant la décision des autorités ukrainiennes de répondre à la manifestations pacifique sur la place Maidan, à Kiev, avec la police anti-émeute, des bulldozers et des matraques, plutôt qu’avec le respect pour les droits démocratiques et la dignité humaine. Cette réaction n’est ni acceptable ni bénéfique pour la démocratie. »

L’adjointe de Kerry, Victoria Nuland, qui est également arrivée mardi à Kiev, a distribué des biscuits et du thé aux manifestants ; elle a eu des pourparlers avec les dirigeants de l’opposition dans la mairie occupée par les manifestants.

L’épreuve de force entre l’Etat et les manifestants sur la place de l’Indépendance n’est que la surface sous laquelle l’UE et les Etats-Unis d’une part, et la Russie de l’autre, règlent leur querelle géopolitique au sujet de l’Ukraine et que divers groupes d’oligarques ukrainiens mènent une lutte d’influence.

En dépit de ses propres affirmations, l’opposition ne représente pas le « peuple ukrainien » ou « la société civile ukrainienne ». Une étude réalisée par le Centre européen pour une Ukraine moderne pro-UE a constaté que seulement 13 pour cent de la population dans la partie orientale du pays soutiennent les protestations contre le gouvernement contre 84 pour cent dans la partie occidentale. La décision de Ianoukovitch de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE, qui a été au départ des manifestations, est rejetée par une majorité à l’ouest mais appuyée par 70 pour cent à l’est.

Un certain nombre d’études montrent clairement qu’il existe parmi les manifestants une grande méfiance à l’égard des dirigeants de l’opposition. Selon un récent rapport issu par la fondation Friedrich Naumann, de nombreux manifestants considèrent les politiciens de l’opposition comme de « potentiels collaborateurs de l’élite dirigeante. »

Ce qui a fait descendre nombre d’entre dans les rues ce ne sont pas tellement les objectifs politiques de l’opposition mais plutôt une colère profonde à l’égard de la décrépitude économique, de la corruption au sommet hiérarchique de l’Etat et de la société et de la brutalité de la police à l’égard des forces de l’opposition.

Les décisions politiques essentielles ne sont ni prises par le gouvernement ni par l’opposition mais par les oligarques qui, en Ukraine et plus encore qu’en Russie, dominent la vie économique et politique.

La tentative de l’opposition de faire voter en toute hâte le 3 décembre au parlement une motion de défiance à l’encontre du gouvernement était basée sur l’espoir qu’un oligarque soutenant le président rompe les rangs. Le chef du secrétariat de la chancellerie, Sergei Levochkin, un homme de confiance de l’oligarque Dimitri Firtash, avait critiqué la violence employée par la police à l’égard des manifestants et Inna Bogoslovska, qui fait également partie du camp Firtash, a même donné sa démission du parti du président en signe de protestation.

Firtash doit ses milliards au négoce de gaz et à l’industrie chimique grâce à ses étroites relations avec le monopole gazier russe Gazprom et son virement de cap avait été quelque peu surprenant. Lors du vote de défiance toutefois, suffisamment de ses députés ont soutenu le gouvernement pour que la motion de défiance se solde par un échec.

Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine, qui contrôle des mines de charbon et des aciéries dans l’est du pays et qui est étroitement lié à la « famille » du président est également resté loyal envers le gouvernement. Akhmetov a aussi cependant clairement fait comprendre qu’il était intéressé par des relations plus étroites avec l’UE.

Le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung a cité un « initié » pour avoir dit que face à la rivalité entre le Kremlin et l’UE, les oligarques ukrainiens cherchaient à protéger leur richesse en « mettant des œufs dans tous les paniers. »

A l’issue de sa réunion avec Ashton, le président Ianoukovitch a signalé que lui aussi était prêt à coopérer plus étroitement avec l’UE. Dans une discussion télévisée en compagnie de ses trois prédécesseurs, il a annoncé vouloir envoyer mercredi une délégation à Bruxelles afin de s’assurer que l’accord d’association avec l’UE pourrait être signé en mars prochain.

Comme condition préalable, toutefois, le premier ministre Mykola Azarov a réclamé une aide en prêts à hauteur de 20 milliards d’euros pour prévenir une faillite imminente du pays et compenser l’impact économique de l’accord avec l’UE. Sa proposition fut immédiatement rejetée par un porte-parole du gouvernement allemand.

En vertu des termes de l’accord d’association, l’UE exige des « réformes » globales – une dévaluation de la monnaie nationale, une hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs et une réduction des salaires et des retraites. De plus, l’on s’attend à ce que de nombreuses entreprises industrielles ukrainiennes s’effondrent sous la pression des concurrents européens. La peur des conséquences d’une telle politique a été la raison pour laquelle Ianoukovitch n’avait, dans un premier temps, pas signé l’accord d’association.

Le camp gouvernemental comme l’opposition n’a rien à offrir à la classe ouvrière. Les partis de l’opposition sont tout disposés à soutenir et à appliquer le programme de « réforme » radicale de l’UE qui signifie une extrême pauvreté pour la grande majorité de la population. Le gouvernement est également prêt à emprunter la même voie mais sans vouloir compromettre ses relations avec les oligarques milliardaires en Ukraine et en Russie.

L’unique voie pour aller de l’avant pour la classe ouvrière ukrainienne est une lutte commune avec les travailleurs en Europe et en Russie en faveur d’une société fondée sur le principe de l’égalité sociale au lieu de l’enrichissement de quelques-uns aux dépens de la vaste majorité, c’est-à-dire la lutte pour les Etats socialistes unis d’Europe.

(Article original paru le 12 décembre 2013)

SOURCES WSWS

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:27

Les protestations de masse en Ukraine exigent le départ du président Ianoukovitch

Par Alex Lantier
10 décembre 2013


Les manifestants défilant dimanche à Kiev et réclamant l’éviction du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, prenaient part à la plus importante d’une série de protestations pro-Union européenne contre la décision d’Ianoukovitch d’abandonner un accord d’association avec l’UE.

Les partis droitiers qui ont pris la tête des protestations en coordination avec des responsables et des politiciens de l’UE avaient appelé à une « marche du million ». Finalement, entre 250.000 et 300.000 personnes se sont rassemblées sur la place Maïdan (Indépendance). Il s’agissait de la plus importante manifestation ayant eu lieu à Kiev depuis la « révolution de couleur » organisée en 2004 par l’impérialisme américain et européen – la soi-disant Révolution orange qui avait évincé Ianoukovitch, pro-russe, et amené au pouvoir le tandem pro-occidental du président Viktor Iouchtchenko et du premier ministre Julia Tymochenko.

Les manifestants de la place Maïdan ont scandé « Démission ! Démission ! » tout en écoutant les discours prononcés sur la place. Ensuite, certains d’entre eux sont partis pour occuper des bâtiments gouvernementaux à Kiev.

Le rassemblement réactionnaire des orateurs sur la place Maïdan incluait des représentants de différents oligarques milliardaires, des groupes de l’extrême-droite et des patriarches de l’église orthodoxe russe.

Evguenia Tymochenko, la fille de l’ancien premier ministre milliardaire et magnat du gaz naturel, Julia Tymochenko, que Ianoukovitch a fait emprisonner, a lu un message de sa mère appelant au renversement « immédiat » de Ianoukovitch.

Oleg Tyagnibok, un néo nazi du parti nationaliste d’extrême droite Svoboda (Liberté) et qui est tristement célèbre pour ses déclarations antisémites, a accusé le gouvernement de Ianoukovitch d’avoir élaboré des accords commerciaux avec la Russie plutôt qu’avec l’UE. Il a déclaré : « Aujourd’hui, ils s’agenouillent devant le président de la Russie et nous livrent à l’union douanière [russe]… Nous exigeons que soit rendu public le contenu de ces négociations secrètes. Ils nous ramènent au temps du stalinisme. »

Un groupe de manifestants brandissant des drapeaux du parti Svoboda a abattu et détruit une statue de Vladimir Lénine, le codirigeant avec Léon Trotsky de la Révolution d’octobre de 1917 qui avait fondé l’Union soviétique.

La situation demeure explosive, des manifestants bloquent des bâtiments gouvernementaux et redoutent une répression des forces de sécurité. Une lutte factionnelle amère a lieu entre des oligarques tels Tymochenko qui est axée sur l’UE et d’autres, ralliés autour de Ianoukovitch qui cherchent à nouer des liens plus étroits avec Moscou.

Après le rejet la semaine passée par le parlement de la motion de censure contre Ianoukovitch, l’on peut observer des signes de démoralisation au sein de l’opposition.

Le quotidien français, Le Monde a ainsi écrit, « Sur les réseaux sociaux, la marche du million a vite été rebaptisée ‘marche de la dernière chance’... Les chefs qui s’expriment chaque jour à la tribune de la place Maïdan n’appellent plus à la ‘révolution’, comme ils le faisaient en début de semaine, et des négociations ‘de couloir’ ont déjà débuté avec le pouvoir, croyait savoir samedi le journaliste Vitali Portnikov », un journaliste à la Radio Europe libre qui est appuyée par le gouvernement américain.

Les dirigeants des protestations eux-mêmes sont conscients qu’il n’existe, même parmi les couches plus droitières qu’ils ont mobilisées, qu’un soutien limité pour une intégration au libre marché de l’UE. « Les gens ont leur dignité, » a dit au New York Times Svitlana Zalischuk, une organisatrice des protestations. « C’est pourquoi ils sont ici : et pas parce qu’ils sont contre Ianoukovitch, pas parce qu’ils sont pour l’Union européenne, mais parce qu’ils ont une dignité, et ne veulent pas vivre sans dignité. »

Un autre manifestant a ajouté qu’il s’opposait avant tout à la décision du gouvernement de « tabasser les étudiants et les gens innocents. » Il a continué, « La question de l’Europe ne motive personne. Nous espérons que les gens seront entendus et que le gouvernement démissionnera. »

La capacité pour de telles manifestations droitières de progresser et de gagner l’appui de vastes couches de la population qui ne soutiennent pas nécessairement le programme d’austérité sociale de l’UE, reflète la profonde crise de perspective politique à laquelle la classe ouvrière de l’Europe de l’est est confrontée.

L’anticommunisme qui a réussi à dominer la vie politique dans les anciennes républiques soviétiques a fait de ces pays une proie facile à piller pour le capital international et à manipuler pour l’impérialisme occidental et les oligarques ukrainiens et russes. Le profond mécontentement qui existe s’exprime principalement à travers des mouvements qui sont exploités par des forces réactionnaires, voire fascistes et des agences de l’impérialisme. Ces mouvements sont à leur tour utilisés pour faire virer la situation politique encore davantage vers la droite et pour monter de nouvelles attaques sociales contre la population.

L’Ukraine est l’un des pays les plus pauvres de l’Europe et détient le deuxième plus haut taux de mortalité du monde (15,5 pour 1.000, le second après l’Afrique du sud.) La colère sociale est en train de s’amplifier après une crise budgétaire qui a amené le gouvernement Ianoukovitch à supprimer en juin l’assurance chômage à des centaines de milliers de travailleurs.

Les principales banques et marchés financiers ont suspendu les prêts à l’Ukraine qui en mars devrait avoir besoin de 18 milliards de dollars de financement d’urgence. L’Etat ne dispose actuellement que d’un financement suffisant pour couvrir deux mois d’activité. Il y a une crainte de plus en plus grande d’une éventuelle nouvelle dévaluation de la monnaie nationale, la hryvnia, qui s’était effondrée durant l’hyperinflation au début des années 1990, suite à la dissolution de l’URSS en 1991 et à la restauration capitaliste par la bureaucratie stalinienne.

L’UE collabore avec le Fonds monétaire international (FMI) en exigeant de sévères mesures d’austérité – une augmentation de 40 pour cent des prix du gaz et du chauffage, des coupes dans les budgets publics et le gel des salaires minimums et moyensen échange d’un prêt de 15 milliards de dollars. Ces coupes visent à intensifier l’exploitation de la classe ouvrière et à rendre l’Ukraine plus rentable pour les entreprises européennes qui veulent s’implanter une fois que l’Ukraine aura établi d’étroites relations avec l’UE.

Les factions oligarchiques pro-UE et pro-russe manoeuvrent toutes deux dans le but de conserver les milliards qu’elles ont pillés en volant les biens publics et grâce à la restauration du capitalisme, et pour faire porter à la classe ouvrière l’ensemble du fardeau de la crise financière. Telle est la raison plus fondamentale pour laquelle le gouvernement Ianoukovitch n’a pas cherché à mobiliser d’autres couches sociales contre les protestations droitières pro-UE.

La rivalité entre ces différentes factions oligarchiques donne libre jeu aux manipulations de l’impérialisme européen qui – alors qu’il pille sauvagement la Grèce, et sur le plan intérieur passe outre à l’opposition des masses populaires à l’austérité – se présente de manière hypocrite en défenseur de la démocratie en Ukraine.

Hier, le magazine allemand Der Spiegel, a rapporté que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait décidé de « constituer » le boxeur professionnel ukrainien Vitali Klitschko en tant que « principal oppositionnel et candidat rival du président Viktor Ianoukovitch. » Klitchko doit se rendre à Bruxelles vers le milieu du mois pour rencontrer Merkel et les représentants du parti populaire européen, la fédération des partis droitiers et chrétiens démocrates des pays de l’UE.

Le parti UDAR (‘Coup de poing’) de Klitchko bénéficie d’ores et déjà d’un « soutien logistique » de l’Union chrétienne-démocrate de Merkel et de la Fondation Konrad Adenauer proche du CDU, a rapporté Der Spiegel.

En ce qui concerne Svoboda, il entretient des liens étroits avec le Front national néofasciste français (FN) et collabore au sein de l’Alliance européenne des mouvements nationaux avec Bruno Gollnisch du FN et le parti antisémite Jobbik en Hongrie.

(Article original paru le 9 décembre 2013)

SOURCES WSWS

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 08:03

La lutte pour l'Ukraine

 

Par Peter Schwarz
8 décembre 2013

 

La vague de manifestations en cours en Ukraine porte les étiquettes « Made in Germany » « Made in UE » et « Made in America ». Les médias occidentaux font de laborieux efforts pour dépeindre les manifestations de Kiev comme une lutte pour la démocratie et la primauté du droit. En fait, elles font partie d'un conflit sur des questions géostratégiques. Le but est de repousser l'influence de la Russie et de soumettre l'Ukraine à la domination de l'Allemagne, de l'Union européenne et de l'OTAN.

Il y a neuf ans, la révolution 'orange' a été organisée avec le soutien politique et financier massif du gouvernement américain et des ONG américaines telles que l'Open Society Institute du milliardaire George Soros. Ces forces ont réussi à faire annuler l'élection présidentielle et à s'assurer que le tandem pro-UE et pro-US de Viktor Yushchenko et Julia Tymoshenko prenne le pouvoir en tant que chef de l'Etat et chef du gouvernement à la place de Viktor Yanukovich, qui était considéré comme l'homme de main de la Russie. Le duo est cependant rapidement tombé en défaveur et Ianoukovitch a été en mesure de se faire élire au poste de Président en 2010.

Maintenant une autre tentative est mise en œuvre pour amener au pouvoir un régime qui subordonnera à l'UE l'ancienne république soviétique et le grenier à blé de l'Empire russe. Un examen de la direction politique des protestations révèle leur caractère réactionnaire. Elles sont conduites par trois partis, dont deux ont des relations étroites avec le camp conservateur au sein de l'UE, tandis que le troisième est ouvertement fasciste.

Le parti Batkivshchyna (Patrie), dirigé par Julia Tymoshenko, actuellement emprisonnée, a le statut d'observateur dans le Parti populaire européen, l'association des partis chrétiens-démocrates et conservateurs de l'Europe. UDAR (Coup), dirigé par le champion de boxe Vitali Klitschko, qui réside en Allemagne, est une création de l'Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel et de son groupe de réflexion, la Fondation Konrad Adenauer. Cette dernière annonce publiquement sur son site Web des séminaires consacrés à l'éducation politique des membres de l'UDAR.

Selon une étude intitulée « L'extrême droite en Ukraine (texte en anglais) » par la Fondation allemande Friedrich Ebert, le troisième parti, Svoboda (Liberté), est « le porte drapeau d'une idéologie d'extrême-droite radicale ». Le nom original du parti était Parti social-national d'Ukraine (SNPU). Il utilisait comme emblème un logo qui rappelle la croix gammée nazie. Sur les conseils du Front National (FN) français, avec qui il travaille en étroite collaboration, il a décidé d'adopter un nom moins provocateur.

Arseniy Yatsenyuk (Patrie) and Vitali Klitschko (le dirigeant d'UDAR) tiennent des conférences de presse communes avec Oleh Tyahnybok de Svoboda. Tyahnybok est un néo-nazi notoire connu pour son ultranationalisme, sa xénophobie et son antisémitisme.

Les dirigeants politiques européens et américains ont exprimé leur solidarité avec les protestations en Ukraine. Les mêmes forces qui ont tacitement soutenues la brutalité de la police, qui passe à tabac sans pitié les opposants aux politiques d'austérité de l'UE à Athènes, Madrid et ailleurs, proclament maintenant leur indignation face à la brutalité de la police ukrainienne.

Le Secrétaire d' État des USA, John Kerry, a exhorté le gouvernement ukrainien à « écouter la voix de son peuple », tandis que son homologue allemand, Guido Westerwelle, est intervenu personnellement mercredi pour se mêler à des manifestants à Kiev. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a demandé que le gouvernement ukrainien garantisse le droit à la liberté d'expression et de réunion. Le gouvernement allemand, qui vient de lancer de nouvelles poursuites contre le Parti national-démocrate d'Allemagne, néo-fasciste, défend le droit de manifester des fascistes ukrainiens.

Bien qu'elle réclame la démission du Président et des nouvelles élections, l'opposition ne jouit pas du soutien de la majorité des Ukrainiens. Une motion de censure contre le gouvernement a échoué mardi au Parlement. L'Accord d'association de libre-échange avec l'Union européenne que l'opposition veut mettre en œuvre aurait un effet dévastateur sur de larges couches de la population ukrainienne.

L'accord avec l'UE exclut l'adhésion simultanée dans une union douanière menée par la Russie et couperait donc l'Ukraine de son principal partenaire commercial, avec lequel son industrie et ses voies de transport sont étroitement connectées. La suppression des droits de douane sur les produits européens signifierait aussi la faillite pour de nombreuses industries ukrainiennes.

Les termes de l'accord, qui comprennent l'introduction des règles de l'UE en matière de déréglementation du marché du travail, de privatisation des entreprises publiques et de réduction de la dette publique, auraient un impact social semblable au programmes d'austérité imposé à la Grèce, à la Roumanie et à d'autres pays. Le Fonds monétaire International (FMI) a déjà refusé à l'Ukraine un crédit indispensable parce que le gouvernement refuse une hausse du prix du gaz de 40 %, ce qui entraînerait inévitablement la mort de nombreux chômeurs et retraités, incapables de payer leurs factures de chauffage.

L'Accord d'association transformerait le pays en un vaste atelier pour les entreprises allemandes et européennes, qui pourraient produire à des taux de salaires inférieurs à ceux de la Chine. Dans le même temps, les ressources naturelles du pays, son territoire vaste et fertile et son marché intérieur de 46 millions d'habitants font de l'Ukraine une cible alléchante pour les entreprises allemandes et européennes.

L'accord renforcerait également le jeu de l'UE contre la Russie. Une union douanière ou une union eurasienne comprenant la Russie et l'Ukraine aurait eu une position beaucoup plus forte dans les négociations commerciales avec l'UE qu'une Russie isolée.

L'Allemagne, l'Union européenne et les Etats-Unis poursuivent des objectifs non seulement économiques, mais aussi géopolitiques en Ukraine. Étant donné la perte d'influence en Europe de l'est de la Russie depuis la dissolution de l'Union soviétique, l'intégration de l'Ukraine dans l'UE pousserait la Russie à la périphérie de l'Europe.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, l'Ukraine a constitué une partie importante de l'État russe et soviétique. Par ailleurs, la flotte russe de la mer Noire est située en Crimée dans un port, loué à la Russie par l'Ukraine.

Tant les États-Unis que l'UE ont intérêt à l'affaiblissement de la Russie, qui est considérée comme une alliée importante de la Chine. Immédiatement après son élection en mars, le Président chinois Xi Jinping s'est rendu à Moscou pour renforcer le « partenariat stratégique » entre les deux pays. Les deux pays se sentent menacés sur le plan économique et stratégique par les incursions agressives des Etats-Unis et de ses alliés en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique.

La Chine développe également ses liens économiques avec l'Ukraine, dont les échanges commerciaux avec la Chine atteignent actuellement environ 5 % de son commerce extérieur. En octobre, le South China Morning Post a rapporté que l'entreprise publique chinoise XPCC avait conclu un accord avec la société ukrainienne agricole KSG Agro pour avoir accès à 100.000 hectares de terres arables pour la production d'aliments destinés à la Chine. Cette zone doit être étendue à 3 millions d'hectares, la taille de la Belgique ou du Massachusetts.

La Chine a déjà accordé au pays des prêts de 10 milliards de dollars. L'Ukraine considère ses relations économiques avec la Chine comme si importantes que le Président Yanukovich est parti mardi pour une visite d'Etat de quatre jours à Pékin, malgré la crise politique en cours.

Tel est l'arrière-plan des tentatives de l'Union européenne et du gouvernement allemand d'utiliser les manifestations de Kiev pour déstabiliser le gouvernement ukrainien. Leur initiative a été lancée en tandem avec les États-Unis, qui étendent systématiquement leur présence militaire en Asie pour encercler la Chine et miner son influence dans la région. À cette fin, les États-Unis ont massivement intensifié leur pression sur la Chine ces dernières semaines.

L'offensive contre l'Ukraine soulève de profondes questions historiques. Au cours de deux guerres mondiales, l'Allemagne a cherché à placer l'Ukraine sous son contrôle et a commis des crimes abominables au cours de ces entreprises. L'audace actuelle du gouvernement allemand soulève de nouveaux dangers. Les tensions internationales croissantes peuvent rapidement se transformer en un conflit armé.

Ce danger ne peut être contré que par un mouvement indépendant de la classe ouvrière internationale, luttant pour une Europe socialiste unie.

(Article original publié le 6 décembre 2013)

SOURCES WSWS

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 07:35

 

 

Les protestations pro-Union européenne continuent à Kiev

 

Par Peter Schwarz
5 décembre 2013


Plus de 100.000 manifestants ont protesté dimanche à Kiev pour exiger la démission du président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Ils ont protesté contre la décision de celui-ci de renoncer à l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) qui devait être signé lors du sommet du partenariat oriental à Vilnius dans la capitale lituanienne.

Samedi, une unité des forces spéciales de la police est intervenue brutalement contre les manifestants anti-gouvernement. Bien qu’Ianoukovitch ait ensuite cherché à se distancer de l’intervention policière, ceci a clairement contribué à rassembler un grand nombre de personnes sur la Place de l’Indépendance, dans le centre de Kiev, malgré l’interdiction des autorités de manifester dimanche.

La police s’était tout d’abord retenue et la manifestation s’était passée pacifiquement. Mais, dans la soirée il y eut de nouveaux et sérieux affrontements qui ont fait plus d’une centaine de blessés. Cette fois-ci les attaques étaient parties de manifestants masqués qui tentaient de prendre d’assaut le siège du président.

Environ 5.000 protestataires anti-gouvernement ont passé la nuit dans le centre de Kiev en dressant des tentes et des barricades. Vitali Klitschko, l’un des dirigeants de l’opposition, leur a instamment demandé de ne pas abandonner le contrôle du centre-ville et de bloquer les bâtiments administratifs. « Nous devons mobiliser tout le pays, nous ne pouvons pas perdre l’initiative, » a-t-il dit.

Les protestations ont été organisées à la fois par le parti de l’ancien champion du monde de boxe, Klitschko, l’Alliance ukrainienne démocratique pour la réforme (UDAR dont le sigle signifie aussi « coup »), par le parti de la dirigeante, Yulia Tymochenko, aujourd’hui emprisonnée, du parti d’opposition « Patrie » ainsi que par l’union pan-ukrainienne « Svoboda » (Liberté). Ces trois partis ont formé une alliance appelée Groupe d’action pour la résistance nationale.

Alors que UDAR et Patrie entretiennent des liens étroits avec les partis conservateurs en Europe, notamment l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU), Svoboda représente ouvertement des positions d’extrême-droite et antisémites. Ce dernier acclame le collaborateur nazi Stepan Bandera comme un héros national et est un membre de l’Alliance européenne des mouvements nationaux qui est menée par le politicien du Front national français, Bruno Gollnisch, et qui comprend le parti hongrois Jobbik et le BNP (Parti national britannique).

Les manifestations sont aussi soutenues par d’influents politiciens européens et américains, par l’UE et l’OTAN.

Les ministres des Affaires étrangères de Pologne et de Suède, Radoslav Sikorski et Carl Bildt, ont dans un communiqué commun exprimé leur solidarité aux manifestants. L’ancien premier ministre polonais et le dirigeant du parti national conservateur PiS (Droit et Justice), Jaroslav Kaczynski, ont pris personnellement part à la manifestation à Kiev.

La chancelière allemande Angela Merkel a mis en garde lundi le président ukrainien contre le recours à la violence contre des manifestants pacifiques. Elle l’a exhorté à mettre tout en œuvre pour maintenir la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement. Le porte-parole de Merkel, Stefan Seibert, a ajouté que les manifestants envoyaient un message clair. « Il est à espérer que le président Ianoukovitch comprenne lui aussi ce message, » a-t-il dit.

Jen Psaki, la porte-parole du département d’Etat américain, a exhorté la direction ukrainienne à respecter le droit à la liberté d’expression. « La violence et l’intimidation ne doivent pas avoir de place en Ukraine aujourd’hui, » a-t-elle déclaré à l’adresse du gouvernement. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a lui aussi exprimé des points de vue identiques.

Si l’on compare ceci au soutien public ou tacite venu de ces mêmes politiciens pour la répression fréquente et brutale des manifestants en Grèce, en Espagne ou au Portugal pour leur opposition aux dictats d’austérité de l’UE, leur parti pris est évident.

Ce qui a lieu actuellement en Ukraine ce n’est pas une lutte pour la démocratie et un Etat de droit comme les médias européens et américains essayent de le prétendre mais une lutte entre différentes factions d’oligarques ukrainiens et un conflit pour le pouvoir entre l’Europe, en premier lieu l’Allemagne, et la Russie pour le contrôle de l’Ukraine.

Les Etats-Unis et l’UE avaient fortement soutenu la soi-disant Révolution orange de 2004 qui était menée par Viktor Iouchtchenko et Yulia Tymochenko et qui entraîna la tenue de nouvelles élections après qu’Ianoukovitch ait été élu président.

Les promesses de liberté et de démocratie ont cependant été rapidement désavouées. Alors qu’Iouchtchenko a gagné les élections présidentielles et nommé Tymochenco premier ministre, le pouvoir des oligarques est resté intact. Le niveau de vie de vastes sections de la population a continué de baisser et Iouchtchenko et Tymochenko se sont rapidement séparés. En 2006, Ianoukovitch retourna au poste de premier ministre et fut réélu président 2010.

Bien qu’Ianoukovitch ait agi à l’origine comme un allié de Moscou, il est rapidement devenu évident que les oligarques de Donetsk dans l’est de l’Ukraine et dont Ianoukovitch représente les intérêts ont aussi vu certains avantages dans une coopération renforcée avec l’UE.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, l’UE a sans relâche cherché à dégager l’Ukraine de la sphère d’influence russe pour l’attirer dans sa propre sphère. En 1994, l’UE avait conclu un accord de coopération et de partenariat avec l’Ukraine. En 1995, le président ukrainien de l’époque, Leonid Kouchma, avait déclaré que l’intégration dans les structures européennes et euro-atlantiques était un objectif stratégique pour son pays.

Sous Iouchtchenko, le successeur de Kouchma, des négociations ont débuté sur l’accord d’association et de libre-échange. Ces négociations furent achevées sous la direction d’Ianoukovitch jusqu’au moment où il devait l’abandonner à la dernière minute.

La pression exercée par la Russie a joué un rôle dans cette évolution. Le président russe, Vladimir Poutine, avait menacé d’imposer des sanctions économiques et de mettre un terme à la coopération avec les fabricants d’armes ukrainiens au cas où l’accord était signé. L’explication avancée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a été que le recul d’Ianoukovitch était dû au fait que les manifestants pro-UE étaient contrôlables mais qu’un nouveau déclin économique entraînant des milliers de chômeurs additionnels aurait scellé son sort politique durant la période pré-électorale de 2015.

Cependant, ce n’est pas seulement la pression exercée par la Russie qui a été décisive. L’accord d’association avec l’Union européenne (UE) aurait conduit à un désastre. L’accord vise à transformer l’Ukraine en un secteur à bas salaire pour les entreprises européennes et exigé de profondes « réformes » qui réduiraient davantage encore et pendant de nombreuses années le niveau de vie d’ores et déjà bas de la classe ouvrière.

Une étude de la fondation sociale-démocrate allemande Friedrich Ebert a constaté : « Les réformes exigent du temps, du courage et de la persévérance. » Elle a fait l’éloge du gouvernement ukrainien qui avait accepté en 2010 « un ambitieux programme de réforme adopté sous la pression de l’UE et du Fond monétaire International (FMI) et visant à modifier fondamentalement la législation sur l’impôt et les retraites et à promouvoir les privatisations et la déréglementation de l’activité de l’Etat. »

Afin de répondre aux normes techniques de l’UE et de vendre les marchandises ukrainiennes sur le marché européen, les entreprises ukrainiennes devraient aussi faire d’énormes investissements. D’après les calculs du premier ministre Mykola Azarov, entre 100 et 160 milliards d’euros seraient nécessaires pour la reconversion technique sur une période de dix ans. L’UE, toutefois a tout juste promis un milliard de fonds sur une période de sept ans.

Durant cette période de reconversion, les entreprises ukrainiennes auraient à faire face à une concurrence féroce de la part d’entreprises européennes et devraient lutter pour leur survie. La conséquence en serait une massive perte de la capacité productive, des emplois et des recettes fiscales, ce qui serait plus exacerbé encore par la suppression des actuels privilèges tarifaires du pays avec la Russie.

Pas plus tard qu’en février dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait clairement dit qu’une association entre l’Ukraine et l’UE excluait toute adhésion à une union tarifaire avec la Russie. Le pays devait donc choisir l’un ou l’autre.

Avec l’accord d’association, l’UE poursuit clairement outre des objectifs économiques aussi des objectifs géopolitiques. L’Ukraine, avec sa vaste campagne fertile, sa population de 46 millions d’habitants, ses matières premières et son emplacement stratégique entre l’Europe et le Caucase, la Russie et la Mer noire, a à maintes reprises été la cible de l’impérialisme allemand.

L’étude citée ci-dessus de la Fondation Friedrich Ebert déclare ouvertement : « Pour les investisseurs européens, un marché sous développé disposant de 45,7 millions de consommateurs potentiels et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée ouvre des portes à d’autres Etats dans la région. » L’étude de la Fondation Friedrich Ebert continue en disant qu’afin d’assurer le succès du partenariat avec l’Ukraine, « l’Union européenne doit être à la hauteur en tant qu’acteur mondial. »

Günther Nonnenmacher, un des directeurs de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, a également adopté un ton martial. La population ukrainienne doit décider où elle veut se situer : « dans la sphère d’influence d’une Russie néo-impériale ou de la communauté de nations libres d’Europe. »

(Article original paru le 3 décembre 2013)

SOURCES WSWS

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 00:55

Nous tenons là une autre marionnette manipulée par les USA. Le fameux Iouchtchenko. Lui son ambition est d'accéder à l'Union Européenne. Il est taraudé en cela par l'équipe Bush. Ca nous fera un cheval de troie de plus au sein de l'Europe. Tous les pays qui se rajoutent à l'Union sont "démocratisés" par l'oncle Sam, on y installe des bases de l'Otan et l'Europe se trouve de plus en plus inféodée aux criminels de guerre qui dirigent notre monde. Insupportable.

 

 

Viktor Iouchtchenko a examiné avec Dick Cheney la situation politique en Ukraine après les législatives

 

KIEV, 31 mars 2006 - Olga Bernatskaia, RIA Novosti. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a examiné jeudi par téléphone avec le vice-président des Etats-Unis Dick Cheney la situation politique qui s'est créée en Ukraine après les élections législatives.

 

Selon le service de presse de la présidence ukrainienne, au cours de l'entretien, Viktor Iouchtchenko a souligné que les élections du 26 mars témoignaient de la démocratisation de l'Ukraine. Il a fait remarquer que le pouvoir ukrainien avait créé toutes les conditions pour que les citoyens puissent exprimer librement leur volonté.

 

Viktor Iouchtchenko est certain que les résultats du vote confirment que la politique d'intégration de l'Ukraine à l'UE est irréversible.

 

Parlant du parlement ukrainien nouvellement élu, Viktor Iouchtchenko a souligné qu'en tant que chef de l'Etat il coopérerait aussi bien avec la majorité parlementaire de la Rada suprême qu'avec l'opposition.

 

Le président ukrainien et le vice-président américain ont également abordé les questions ayant trait à la coopération bilatérale entre les deux pays, en soulignant qu'elle se trouvait à un haut niveau.

 

Le chef de l'Etat ukrainien a remercié les Etats-Unis pour l'annulation de l'amendement Jackson-Vanik à l'égard de l'Ukraine et pour l'octroi à la république du statut de pays à économie de marché.

 

Sources : RIA NOVOSTI

 

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 00:50

Nous avons décidé de consacrer une section à l'Ingérence des USA dans la politique de nombreux pays. Nous commençons bien sûr par l'Ukraine dont il s'avèrera dans un futur très proche que le soit disant démocratique Ioushchenko ne l'est pas autant qu'il le paraît. Il se murmure même dans les coulisses que sa "défiguration" ferait partie d'une mise en scène dans le seul but d'assurer sa montée au pouvoir... les voies du dit pouvoir sont parfois impénétrables mais la Vérité finit toujours pas se savoir... donc attendons et voyons venir.

 

 

Subversion


LA RUE CONTRE LE PEUPLE

28 mai 2005

 

 

Pour changer le régime en Ukraine, la CIA a commandé des sondages sortie des urnes qu’elle a présentés comme certains avant même le dépouillement. Elle a dépêché un millier d’observateurs, recrutés par l’entremise d’associations d’Europe centrale, pour crier à la falsification du scrutin. Enfin, elle a salarié des milliers de cadres de l’opposition et les a formés aux manifestations de rue. La révolution la plus riche du monde a été conçue comme un spectacle pour télévisions occidentales.

Dès avant le premier tour de l’élection présidentielle en Ukraine, nous avions alerté nos lecteurs sur le déploiement d’agents des États-Unis chargés de peser sur le scrutin [1]. L’opération est dirigée pour la CIA par le colonel Robert Helvey qui a déjà supervisé les révolutions en Yougoslavie et en Géorgie. Elle est officiellement financée à hauteur de 13 millions de dollars pour sa partie publique.

 

Pour compléter l’information de nos lecteurs, nous avons reconstitué une chronologie des évènements à partir des dépêches de l’agence Interfax et nous l’avons accompagnée d’informations sur les protagonistes.

Les trois jours qui firent basculer l’Ukraine

Le dimanche 21 novembre 2004, aux environ de 15 h, le quartier général du candidat Yushchenko informe les agences de presse que plus de 2 500 observateurs étrangers ont été empêchés d’entrer dans les bureaux de vote. Immédiatement, quelques centaines de jeunes supporters se rassemblent devant le siège de la Commission électorale pour dénoncer « le trucage des élections ».

 

À la clôture du scrutin, à 20 h, Richard G. Lugar, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat états-unien et envoyé spécial du président George W. Bush, déclare à la presse que les élections doivent être invalidées. Au même moment, l’institut Socis publie un sondage sorti des urnes donnant Yushchenko vainqueur à 49,4 % devant Yanukovych avec 45,9 %. De son côté, le Centre Razumkov de l’Institut international de sociologie crédite Yushchenko de 58 % contre 39 % pour Yanukovych. Sans attendre le dépouillement, 3 000 partisans de Viktor Yushchenko descendent lors dans le centre de Kiev pour crier leur victoire. Leur nombre atteint plusieurs dizaines de milliers dans la soirée.

 

Vers minuit, les manifestants se dispersent. À 1 h du matin, la Commission électorale annonçe qu’un quart des bureaux de vote ont terminé le dépouillement et proclame les premiers résultats. Mais, contredisant les sondages, c’est Yanukovych qui arrive en tête avec 51,13 % contre 45,48 % pour son adversaire. Immédiatement, Viktor Yushchenko, dénonçant un trucage, se rend au siège de la Commission pour exiger un nouveau décompte dans ces premiers bureaux.

 

Le matin du lundi 22, la foule se retrouve sur la place de l’Indépendance où Yushchenko avait fait dresser une grande scène. Lui-même arrive vers 11 h. La Commission électorale devait publier le point du dépouillement à midi. Mais à 11 h 55, prenant la parole devant ses militants, Yushchenko dénonce à l’avance des résultats truqués et appele à la résistance non-violente contre la dictature.

 

À midi, la Commission a reçu plus de 98 % des résultats. L’écart s’est resserré entre les deux candidats, mais Yanukovych reste en tête avec 49,57 % des voix contre 46,57 % pour son adversaire.

 

Vers 15 h, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déclare que l’Ukraine a failli aux standards internationaux des élections démocratiques. À 16 h, le sénateur Lugar diffuse un communiqué accusant les autorités d’avoir falsifié le résultat.

 

Pendant ce temps, le Conseil municipal de Kiev dénonce le résultat et proclame Yushchenko président d’Ukraine. Puis, il vote une motion de défiance à l’encontre de la Commission électorale et appelle le Parlement à reconnaître le nouveau président.

 

À 17 h 40, le secrétaire à la défense, Rudkovski, rappelle les militaires dans les casernes. À 19 h 40, le bureau du Procureur général diffuse un communiqué indiquant qu’il se tient prêt à réprimer toute violation de l’ordre constitutionnel, mais quelques minutes plus tard, Lytvyn, le président du Parlement, assure qu’il n’était pas question de proclamer l’état d’urgence.

 

À 20 h 15, le président russe, Vladimir V. Poutine, est le premier chef d’État étranger à reconnaître un vainqueur. Il adresse un message de félicitations à M. Yanukovych.

 

Le mardi 23, Lyvtyn se pose en médiateur. Il invite les deux candidats et les membres de la Commission électorale à une rencontre au Parlement. On parle de 100 000 manifestants à Kiev.

 

À midi et demie, Freedom House appelle les gouvernements étrangers et les organisations intergouvernementales à condamner la fraude. Quelques minutes plus tard, l’Union européenne demande une révision des résultats. À 13 h 30, le National Democratic Institute déclare ne pas reconnaître de légitimité au scrutin.

 

À 14 h 55, le ministre de l’Intérieur dément la rumeur selon laquelle les troupes spéciales russes seraient entrées en Ukraine.

 

À 16 h 00 le président du Bélarus est le second chef d’État étranger à féliciter M. Yanukovych pour son élection.

 

La foule se meut vers le Parlement. Bien que la session soit close, une centaine de parlementaires déclarent Yushchenko élu et lui font prêter serment. Le nouveau « président » prononce alors un brève allocution au cours de laquelle il accuse le président sortant Leonid Kuchma de conduire le pays à la guerre civile.

 

À 20 h, la Pologne est le premier État étranger à dénoncer le résultat officiel. Le « président » Yushchenko annonce la création d’un Conseil de coordination pour protéger la Constitution et faire office de gouvernement provisoire.

 

Le mercredi 24, la foule est toujours aussi dense place de l’Indépendance. À 12 h 30, le ministre des affaires étrangères du Canada invite les autorités ukrainiennes à recompter les résultats. À 13 h, la Commission électorale proclame le résultat complet et définitif : Yanukovych élu avec 49,53 % des voix, Yushchenko battu avec 46,66 %. Viktor Yanukovych se déclare prêt à assumer les fonctions que le peuple vient de lui confier.

 

À 16 h 00 le « président » Yushchenko appelle la police et l’armée à fraterniser avec les manifestants. À 20 h 30, le secrétaire d’État Colin Powell annonce que les États-Unis ne reconnaissent pas le résultat de cette élection.

Décryptage

Durant la campagne électorale, Viktor Yanukovych a abusé de sa position de Premier ministre en exercice pour utiliser des médias privés et publics comme soutiens de sa campagne. Dans la même période, Viktor Yushchenko a salarié et formé des milliers d’activistes grâce à des fonds provenant des États-Unis.

 

Contrevenant aux règles de l’OSCE, le Code électoral ukrainien ne reconnaît comme observateurs internationaux que des délégations officielles, pas des ONG. Selon l’état-major de M. Yushchenko, 2 500 observateurs auraient été refoulés des bureaux de vote. Il semble qu’il s’agisse en fait de 1 000 observateurs de l’European Network of Election Monitoring Organizations (ENEMO).


Les scrutateurs désignés par les candidats et les observateurs internationaux de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, du Conseil de l’Europe, du Parlement européen et de l’OSCE ont pu régulièrement surveiller le scrutin.


L’ENEMO est un collectif d’associations d’Europe centrale. Chacune d’entre elles est financé par le National Democratic Institute de Madeleine Albright, le secrétariat commun du collectif est financé par l’Open Society Institute de George Soros et animé par des diplomates britanniques. Le collectif comprend l’association ukrainienne Committee on Voters of Ukraine (CVU), éditeur du journal Tochka Zory. Le déplacement des 1 000 observateurs a été conjointement financé par la Freedom House de James Woolsey, le National Democratic Institute de Madeleine Albright et l’International Republican Institute de John McCain. Rappelons que ces deux organismes sont des appendices de la National Endowment for Democracy, vitrine publique de la CIA [2]

 

Les sondages sortis des urnes, publiés par l’Insitut Socis et le Centre Razumkov, ont été financés par les États-Unis. Le même procédé avait été utilisé lors du référendum révocatoire au Venezuela où un sondage sorti des urnes avait été réalisé par Penn Shoen & Berland Associates pour le compte de l’association d’opposition Sumate avec un financement des États-Unis. Le sondage donnait l’opposition gagnante à 59 %, alors que la Commission électorale annonçait qu’elle perdait avec 41 %. Sur la foi de ce sondage, une foule s’était massée dans le centre de Caracas pour chasser le président Chavez. En définitive, les observateurs internationaux agrées, dont le Centre Carter et le Réseau Voltaire, avaient confirmé les résultats officiels [3]

 

Plus de 10 000 cadres de l’association de jeunes Pora et du Committee on Voters of Ukraine perçoivent un salaire à hauteur moyenne de 3 000 dollars par mois, ce qui représente en Ukraine un revenu plus que confortable. Ces émoluements sont financés par les États-Unis, via l’USAID et la NED. Le fait d’engager des milliers de figurants pour jouer une manifestation devant la presse a été expérimenté pour la première fois par le MI6 britannique et la CIA lors de l’Opération Ajax : en 1952, ils recrutèrent 6 000 figurants pour marcher sur le palais royal et renverser Mossadegh [4].


Des milliers de tentes et de couvertures ont été mises à disposition des manifestants pour camper place de l’Indépendance où des repas gratuits sont servis. L’ensemble de la logistique a été préparée par l’USAID.

 

La déclaration de l’OSCE selon laquelle l’Ukraine a failli aux standards internationaux d’une élection démocratique porte en fait essentiellement sur le déséquilibre de la campagne électorale et non sur le scrutin lui-même qui, bien qu’entâché de nombreux incidents, ne semble pas irrégulier pour autant.

 

Les diverses déclarations du sénateur Richard G. Lugar demandant l’annulation des élections ne sont accompagnées d’aucune description précise des fraudes alléguées.

 

Le président polonais, Kwasniewski, après avoir dénoncé le résultat officiel, a proposé sa médiation entre les deux candidats. Simultanément, il a mis à disposition de son prédécesseur, Lech Walesa, des moyens publics pour se rendre à Kiev, où celui-ci participe aux meetings de M. Yushchenko place de l’Indépendance.

 

Cette « révolution », la plus riche du monde, a été conçue pour le public états-unien. Le site internet du candidat Yushchenko est entièrement traduit en anglais. Les manifestations de rue sont mises en scène pour les télévisions occidentales avec un savoir-faire qui ne s’est pas démenti depuis le renversement des Ceaucescu et le charnier de Timisoara.

 

[1 « Washington et Mocou se livrent bataille en Ukraine » par Emilia Nazarenko et la rédaction, Voltaire, 1er novembre 2004.

 

[2] « NED : La nébuleuse de l’ingérence démocratique » par Thierry Meyssan, Voltaire, 22 janvier 2004.

 

[3] « Les sondages ou les urnes ? » Voltaire, 23 août 2004.

 

[4] « BP Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne » par Arthur Lepic, Voltaire, 10 juin 2004.

Sources : http://www.reseauvoltaire.net/article15658.html

 

Posté par Adriana Evangelizt

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